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Un visiteur
2,0
Publiée le 9 avril 2011
Vu après l'excellent "La graine et le mulet". De trop rares scènes de grâce, comme celle, magnifique, du moulage, celle de l'interview au journaliste, celle où elle raconte son passé à une prostituée, celles où les larmes coulent...en bref celles (on peut les compter) où Kechiche lâche du mou sur son orgie de sordide. Il aurait du modérer cette exhibition du corps : par respect pour elle, pour nous (les fesses de Saartjie qui restent dans la tête après le film c'est pas logique.). "Vénus noire" est presque juste choquant et du coup manque à l'hommage qu'il s'était promis. Il laisse trop rarement son héroïne souffler, exister, dans des instants à elle seule et du coup castre sa légende en la réduisant fictivement à un simple corps. Indigestion de costumes, d'acteurs secondaires. En bref on arrive à saturation de tout et on reste en manque d'elle.
Ce film est une curiosité, non pas exotique mais cinématographique. Le sujet sent le soufre et le traitement est clinique. On a une désagréable impression d'une mise à distance, comme une totale absence d'émotion, qu'on suppose voulut par l'auteur pour ne pas tomber dans le piège de la complaisance dans la description des souffrances de Saartjie Bartman, la vénus hottentote avait un nom. Je n'ai pas ressenti la nausée de certains mais plutôt la sensation de voir un reportage anachronique très crû et réaliste avec une non-implication très pro du "journaliste" qui a filmé ça. C'est peut-être ça qui me manque, ce manque de risque qui nuit au film et le transforme en "foire aux monstres", et nous pauvres spectateurs on est bien obligés d'endosser le rôle et l'habit du voyeur malsain. C'est vrai que le sujet est casse gueule, l'histoire de cette femme est terrifiante mais à tout regarder à travers une loupe de naturaliste, les protagonistes deviennent des choses et de moins en moins sujets, qu'on a pas envie de juger bons ou mauvais voire même intéressants, et surtout pas sadiques, bêtes à la limite. Il faut dire que dès le départ les points sont mis sur les i. Le parterre de "scientifiques" qui déblatère autour du plâtre grandeur nature de feu la vénus hottentote, pose le postulat d'une époque et du film: cette femme est un objet. La mise à distance assumée (gros plans fuyants et rapides, constants champs-contrechamps, très courts) aboutit à des portraits et des scènes riches, certaines scènes de groupe visuellement sont "hardcore"mais sans pathos assez étonnant pour un film pareil. En gros, la vénus devient rat de laboratoire, la caméra scalpel. Pourtant la caméra est toujours collée à l'action, mais on n'a jamais le temps ou l'opportunité de sentir une empathie réelle, ça aussi ça me manque. On aurait pu faire le même film avec la femme à barbe ou les frères siamois, qu'est-ce-qu'elle a de plus? ni héroïne, ni intéressante, jouet des circonstances qui accepte son destin. Les autres, ceux qui jouissent de son calvaire ne sont même pas sadiques ou méchants, cela rend la situation insupportable et teintée de fatalité, misanthrope Kechiche? peut-être. En tout cas ce paradoxe entre mise à distance et exhibition comme on le verrait sous le chapiteau d'un musée de l'horreur rend le film intello et anecdotique. A trop s"adresser à ma tête, sans me laisser entrer dans la vie ou la tête de Saatjie, je deviens aussi voyeur que les autres, et j'attends impatiemment le moment où on montrera ce que tout le monde veut voir, ( sans oublier une légère érection à force de voir toutes ces chattes me passer sous le nez). Si acheter des êtres humains et les exhiber ça paraît normal, à quoi sert un tel film, je veut dire ici et maintenant? Arrive alors quelques moments de grâce, les seuls rares moments ou on fait réellement connaissance avec elle, et ou elle fait autre chose que boire. On conclut alors, c'est une artiste! et ses dons passeront par pertes et profits, mais là même le réalisateur n'y peut rien. A voir pour se faire une idée, ça reste un bon film, assez complexe, j'aime l'angle par lequel le sujet est abordé, mais le traitement me laisse dans le doute.
Ce film est super mais aurait pu être mieux; Néanmoins, chapeau bas à l'actrice principale qui joue son rôle a merveille et nous émeut tout du long de ce film en partie sur l'inhumanité et la cruauté.
Passé tous les commentaires sur les indéniables qualités du film, lues et relues ici et là, on ne peut pas faire l'impasse sur l'épuisante longueur des scènes, étirées aux limites du concevable, et sur la complaisance des scènes glauques : que Kechiche ait voulu créer le malaise, soit, mais il y a un problème de distance. Je ne suis pas certain comme certains, qu'il y ait du grand cinéma ici : l'image est celle d'un téléfilm, la construction et le scénario sont déséquilibrés. Dommage.
Je pourrais me contenter de dire que c'est de la merde et que Kechiche est le plus gros imposteur du cinéma français mais on nous matraque tellement avec chaque étron qu'il daigne nous pondre qu'il me faut contre-attaquer, c'est une question de santé publique.
L'histoire de Saartjie Baartman méritait largement un film, mais pas n'importe lequel et pas fait par n'importe qui. Si Kechiche s'est foulé un peu plus que d'habitude en livrant un film visuellement correct, il continue à faire preuve de son absence totale de talent en délivrant un amas de scènes d'une lourdeur rarement égalée.
Un peu à la manière de Samira Makhmalbaf dans son film l'Enfant-Cheval, Kechiche compense son incapacité à susciter la moindre émotion en étirant les scènes, les ressassant encore et encore pendant 2h40 où pas grand chose ne se passe. Après les deux premières scènes, déjà bien lourdingues, la messe est dite. Il n'y aura pas de développement, pas d'évolution si ce n'est la très prévisible vente de Saartjie à un mac.
Les scènes d'exhibition sont si répétitives, gratuites et inutiles qu'elles font passer la Passion du Christ pour un chef d'œuvre de subtilité. Au milieu, on voit l'actrice principale se rouler dans l'alcool et un ennui fort contagieux. Dans une ode à une femme brisée on ne l'a que rarement montrée aussi apathique, creuse, comme si tout c'était déjà joué avant la début du film et que l'on ne nous montrait que ce qui n'est déjà plus qu'un cadavre ambulant.
La Vénus Noire pèse sans toucher, et gêne par sa forme au lieu de son fond. C'est l'Elephant Man du pauvre, mais alors vraiment très très pauvre. Que des gens partent au début d'un film ça arrive, mais qu'ils partent vers la fin je ne l'avais encore jamais vu. Oui, les gens ne pouvaient plus supporter, non pas la dureté du propos (que l'on cherche encore), mais bien l'absolu ennui dans lequel nous plonge ce biopic colossalement raté.
Beau film qui mérite une bonne note. Les notes de 1 étoile sont donné par des personnes coincé et sans recul sur le cinéma. Ce film rend un hommage a cette femme en nous plongeant avec tristesse dans sa vie. Parfois choquant mais pour la bonne cause ...
On ne sort pas indifférent d' un tel film qui retrace l histoire de cette femme qui a réellement exister et dont la France vient de rendre son squelette a sa terre natale les instincts les plus vils face a la différence sont exprimes dans ce film qui montre que l homme face a ce qui ne lui ressemble pas devient un être plus que bestial
En voulant dénoncer l'exploitation , le realisateur se fourvoie . Il devient lui même exploiteur , de l'actrice .Pourquoi tant de scène choquante , cela nuit au discourt , le discrèdite même rendant sympathique les méchants . Le seul atout du film , la fin avec la déclaration du président sud africain.Une étoile .
Comme moi vous n'avez sans doute pas échappé aux nombreuses conversations sur ce film. Oui on en a beaucoup parlé. Pour ma part j'ai trouvé ce film très dure, pas vraiment au niveau de ce que l'on nous montre mais psychologiquement pour deux raisons : tout d'abord un histoire vrai et puis cette atmosphère pesante qu'Abdellatif Kechiche a sut créer. De plus on ne tombe pas dans l'excès du méchant esclavagiste et de la pauvre esclave, on y découvre une forme d'esclavagisme plus subtile, plus mentale. Le seul reproche que je ferai sera la durée, il y a des longueurs c'est indéniable, rien que la première partis est interminable. Toutefois malgré ces longueurs (qui finalement permettent de créer cette fameuse atmosphère) ce film ne peux pas laisser indiffèrent et même si le sujet est abordé de façon cru je ne regrette pas du tout d'avoir pris le temps d'aller le voir. Par contre âme sensible vous abstenir.
Pour son quatrième long-métrage, l'auteur le plus hors-cadres du cinéma français vient de frapper très fort – peut-être même un peu trop. Après "La Graine et le Mulet", formidable odyssée du quotidien qui a pris tout le monde de court en 2007, Abdellatif Kechiche confirme qu'il est un cinéaste avec lequel il faudra compter, soufflant un vent revigorant sur une production hexagonale souvent rivée à ses automatismes. Sauf que le grand bol d'air Kechiche a aujourd'hui le goût méchant de l'asphyxie. Sans concession aucune et avec une violence (physique et psychologique) inouïe, le réalisateur franco-tunisien nous plonge (c'est le cas de le dire) dans le destin dérisoire de Saartjie Baartman, plus connue sous le nom de ''Vénus Hottentote'', femme originaire d'Afrique qui fut amenée en Europe, au début du XIXe siècle, pour être ''exposée'' aux yeux des masses avides d'exotisme. L'une des particularités de Saartjie, outre celle d'incarner pour les contemporains le fameux « chaînon manquant » entre l'homme et le singe, est son hypertrophie des fesses et des parties génitales, attrait que ses ''maîtres'' s'empresseront d'exploiter lors de spectacles sordides, inlassablement réitérés, des bouges londoniens jusqu'aux salons parisiens. Avant que les scientifiques français, George Cuvier en tête, s'y intéressent à leur tour... Kechiche, fort de sa consécration critique et publique qui lui a donnée du poids, entame un premier tournant avec le reste de son œuvre, et pas le moins risqué : abandonnant les chroniques sociales ancrées dans leur époque, il s'essaie à la fresque historique. Mais on se doute bien que les grands panoramiques ne l'intéressent pas (d'ailleurs, le film n'est pas très heureux dans le domaine), et que ''reconstitution'' sera pour lui synonyme d'immersion, avec ce naturalisme qui le caractérise. "Vénus noire" ne néglige pas le décor mais favorise les plans serrés sur les corps, les longs blocs théâtraux, les exaltations en intérieur suintant de musique et de sueur. A la faveur de son filmage brut, l'Angleterre victorienne perd de son artificialité de façade pour en devenir tangible, palpable ; il faut remonter jusqu'à "Public enemies" de Michael Mann pour sentir s'abolir, avec une telle force, la distance entre reconstitution historique et temps concret de la projection. L'immersion fonctionne jusque dans les séquences les plus apaisées et les plus fraîches de "Vénus noire" : Kechiche, sans doute partagé entre ses envies de grand cinéma et son intransigeance d'auteur, opère ici un drôle de mélange, et ce n'est pas la moindre des surprises de sentir un vrai souffle romanesque (du moins dans la première partie londonienne) au sein d'une œuvre aussi anxiogène et aussi réaliste – et ce contrairement à ce qu'on a pu en dire. Mais c'est évidemment cette dernière dimension, celle de l'abjection et du traumatisme, qui triomphera à mesure que l'étau se resserrera, implacablement, autour de la Vénus Saartjie... (la suite de ma critique sur mon blog : http://mon-humble-avis.blogs.allocine.fr/)
Un film plutôt bon dans l'ensemble, et si certains sont rebutés par sa longueur, ce n'est pas mon cas. Je trouve en effet qu'aucune scène n'est en trop, elles permettent toutes de voir la peine et la souffrance de Saartjie, et c'est vraiment là le but du film. Yamina Torres est parfaite dans son rôle, sa beauté et sa justesse sont irréprochables. Seul bémol selon moi pour ce film : pas assez de scènes avec Saartjie seule, et on a finalement du mal à s'attacher au personnage, à le connaitre réellement. Et même si je sais bien que son histoire n'a rien de joyeux, un petit sourire aurait été le bienvenue pour égayer cette histoire franchement sordide ...
Des longueurs dans ce film, répétitif à l'outrance, qui tourne à la démonstration pure et simple. De bonnes choses également, à commencer par le jeu d'acteur et les décors. Malheureusement Kechiche semble, à grand renfort de très longues scènes, faire finalement la même chose que les spectateurs londoniens de l'époque. Une façon de culpabiliser le spectateur? Peut-être, mais le film s'en trouve largement alourdi.