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Patrick Braganti
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5,0
Publiée le 30 octobre 2010
Film-monstre à tous les sens du terme. Par sa mise en scène qui opère une succession de tableaux qui s'inscrivent dans la durée en privilégiant plans rapprochés et prévalence du texte (marque de fabrique avérée du réalisateur). Par son sujet intemporel et universel qui interroge le regard et la place du spectateur. Vénus noire est une charge féroce et sans concessions sur la nature humaine qui n'épargne ni le peuple vénal et ripailleur, ni la société du spectacle et des bons esprits et encore moins celle de la communauté scientifique, toutes personnes incapables d'exprimer la moindre compassion ou de regarder la femme martyrisée et bafouée comme un être humain. Les passerelles entre le début du dix-neuvième siècle et le nôtre sont évidentes et confèrent au film un authentique sens politique - là encore une caractéristique du cinéaste. Lequel réussit la performance inouïe de tenir sans relâche son sujet pendant 2h44 dans un crescendo qui refuse tout pathos ou tout sentimentalisme, jusqu'à la nausée finale que nous partageons avec une actrice hors normes, sur le visage de laquelle s'impriment au fur et à mesure lassitude extrême et retrait de sa propre vie, abrutie par les coups et l'alcool. Galerie de gueules, brochette d'individus que rien ne peut sauver, Vénus noire est donc un film extra-ordinaire, une aventure sensorielle, un voyage célinien au bout de la misère et de la bassesse humaine.
Le cinéma d’Abdellatif Kechiche, sculpté à la force de quelques rares films, comptait aujourd’hui comme l’un de ceux les moins suspects d’être motivés par des ambitions théoriques. Les torrents de réalité qui circulaient en flot dans «L’Esquive», l’émotion fertile qui florissait dans «La Graine et le mulet», tout cela abstrayait l’intellect au profit de la seule sensibilité du réel. Pourtant avec «Vénus noire» (France, 2010) -film appuyé par le grand manitou français du cinéma «indépendant», Marin Karmitz- Kechiche s’abandonne au message, si ce n’est à la thèse. La part sensible demeure, le tourbillon des images, des visages et des corps persiste, mais ce sont déjà presque ceux, théoriques par nature, inventés dans les précédents films du cinéaste et reproduits ici comme un moule efficace. L’histoire de Saartje Baartman, Vénus hottente immigrée du Cap Horn sur le Vieux Continent, appelait pourtant à une véritable invention du corps, nécessitait une représentation singulière. Manipulée par tout et par tous, y compris par ses propres désirs et ses propres illusions, Saartje Baartman n’avait que le film, et Kechiche à travers lui, pour recouvrer la liberté que tout lui a refusé (hormis un dessinateur de l’académie des sciences). Or même le cinéaste se refuse à lui octroyer cette liberté. La façon dont il la filme coule son personnage dans un moule, dans l’archétype kechichien. Grand paradoxe, peu salutaire au film, la première apparition de la Vénus hottentote se fait sous forme d’une statue, constituée par le moule du cadavre de Saartje. Ce moule là, qui sert l’exposé raciste de Cuvier, figure le joug qui a tenu en laisse Saartje pendant tout son séjour en Europe. Et le moule esthétique dans lequel Kechiche coule le personnage de la Vénus hottentote figure, a fortiori, aussi cette sujétion. Souffrant de cette contradiction récurrente du cinéma d'(h)auteurs, où tous les films d’un même cinéaste doivent être analogues, «Vénus noire» pense plus à Kechiche qui construit son oeuvre qu’à être un film qui regarde le fantôme de Saartje.
19ème siècle, cette femme noire aux formes ultra généreuse est donnée en spectacle pour montrer que le noir est sauvage, animal, qui ne ressent rien et qui ne peut être cultivé. Elle joue un rôle, accepte à contre cœur certaines conditions de son rôle, que faire d’autres en ces temps, en ce lieu ? Ca rapporte de l’argent, son « maître » lui fournit un petit logement, à manger, des serviteurs, des vêtements et son alcool quotidien pour tenir le coup. Lorsque des humanistes vont la défendre devant un tribunal, le maitre ne comprend pas bien de quoi on l’accuse. Elle va confirmer qu’elle n’est pas une esclave et que tout cela est un rôle. Il ne prendra conscience qu’au bout 1H20 de film du mal qu’il lui a fait que quand c’est son associé qui le fera à sa place. Son rôle de sauvage est devenu plus scandaleux. Sa culpabilité va être de courte durée devant la cupidité. Les scientifiques s’intéressent à ce « specimen » venu d’Afrique. Elle n’est plus un animal, elle devient un objet scientifique. Quand elle n’est pas un objet de foire en laisse à la merci de son maître , elle est un objet de mesure à la merci de scientifiques puis un objet sexuel. Elle n’est jamais l’humain. Elle est d’abord une noire, une sauvage, un outil marketing, un instrument scientifique, un fantasme sexuel alors même qu’elle révèle des prédispositions pour la musique, le chant et la danse..mais qui s’en soucie ? Kechiche est une nouvelle fois dans le voyeurisme de l’humiliation, le voyeurisme sexuel, le voyeurisme de violence ou celui des scientifiques caché derrière la recherche. Kechiche n’est jamais dans le subtil, dans l’allusion , avec lui tout doit être dans le pathos dans le sexe, dans la violence. C’est lent, c’est long, 2H44, c’est du kechiche …et on s’en rend surtout compte en 2eme partie de film par la longueur, le cadrage des gros plans, le pathos…dommage le début était intéressant. C’est toujours ça avec Kechiche il nous renvoie des choses en pleines gueules pour créer l’effet choc mais finalement l’essentiel est survolé.
Dérangeant. et bien sur voulu, car c'est un miroir que Kechiche tend au spectateur, à sa soif de voyeurisme, réfugié dans un rôle qui lui donne autorité et puissance. Démonstration de force, servie par un mise en scène alerte, naturaliste. Les costumes ne donnent pas l'impression d'être sortie du pressing et j'ai trouvé la Vénus plus émouvante que ce que j'avais pu en lire, notamment sur la fin. Maintenant 2h40, c'etait peut-etre un peu beaucoup mais le cinéaste signe une oeuvre forte, un "Elephant woman" et éduque le regard sans être moralisateur.
Un ratage total , et pourtant après "LA graîne et le mulet" je me disais que ce ne pouvait être pire !, et bien si et notre agonie dure 2 h30. Rien à sauver ...
Quatrième film d'Abdellatif Kechiche, évoquant la vie de Saartjie Bartman, authentique personnage du sud de l'Afrique, montrée en Europe au début du 19e siècle comme un monstre de foire, martyrisée et humiliée par une caste blanche prétendument supérieure, mais capable en fait des pires ignominies. Un film souvent dur et sans édulcoration mais dont certaines scènes s'étirent exagérément en longueur. Pas le meilleur Kechiche mais un sujet fort qui ne peut laisser indifférent.
Ce film est spectaculaire dans le pire sens du terme. Le réalisateur a pris l'histoire de cette femme comme prétexte. Sous couvert de dénoncer les pratiques dont il parle, il les applique sans faiblir. Fantasmes de domination du réalisateur ?.. Je me suis posé des questions. Et je m'en serais bien passée. Cela n’a aucun intérêt. J’aurais préféré voir un film sur le sujet annoncé. Ce film est non seulement machiste et misogyne (il instrumentalise la femme, et ici l'actrice, d'une manière éhontée) mais il est aussi raciste, à mon sens, en cela qu'il utilise la souffrance d'un peuple à des fins personnelles. Je suggère à l'auteur d'avoir l'honnêteté de faire des films pornos, des films sado-maso et autres réalisations où il pourra faire crier: Soumise, soumise! Tant qu'il voudra. D'accord, cela ne le sortira pas du rôle du souteneur, c'est vrai. Mais il aura au moins le mérite de ne pas se soulager sur les souffrances des autres en disant qu'il fait œuvre utile. Non, non, Monsieur Kechiche, nous n'avons pas besoin que vous fassiez vos besoins sur nous, et encore moins que vous les fassiez sur la mémoire de Saartjie Baartman. RIP
Horrible. Un film de pervers. Rien d'autre ici n'est mis en scène que le supplice et les humiliations faites au personnage. Il n'y a (presque) absolument rien d'autre (allez, 5 minutes dans le film). Le film de 2010 est égal en perversité au numéro de foire original. En dehors du spectacle de la souffrance, le film n'apporte rien : les personnages, l'histoire, ne sont pas développés. D'habitude je n'ai rien contre les mauvais films, mais ce film là à été un réel supplice pour moi, une pollution pour l'esprit. Si vous aimez la violence gratuite, orientez vous plutôt vers les sites trash d'internet (pour ne pas faire de pub)
C'est une grande pièce de théâtre macabre pour voyeuriste ( chambre et roulotte) .
beaucoup trop longue avec des scènes au ralentis repasser plusieurs fois. de surcroît il y avait des ricanements dans la salle.
le réalisateur devra assumer les conséquences de ces ricanements ainsi que cette humiliation.
il a bien profiter sur cette pauvre actrice, il l'a humilier.
Ce réalisateur a sali la mémoire de SAARTJIE BAARTMAN et déshonorer tout le continent Africain , Caraibéen et Américain .
j'ajouterai que c'est un film négationniste .
Il manque la moitié de l'histoire dans les 2 h 44 une 1h22 était nécessaire sur les réticences et plusieurs refus de la France qui ont duré 8 ans .
avant de restituer le corps à L' ANC de NELSON MANDELA .
avec des négociations tendus entre madame l'ambassadrice d'Afrique du sud à paris et l'état Français .
ensuite une cérémonie officielle dont il existes des images à la réception du corps en Afrique du sud afin de rendre à SAARTJIE enfin un hommage pour toutes ces souffrances ainsi que de la dignité pour une des notre.
Un des pire films que j'ai vu ! Première heure, plutôt bien, l'histoire est bien abordée... A partir de 1h30, Des scènes a la limites de la pornographie... pour un -12ans tout à fait choquant ! Des scènes qui se répètent sans arrêt mais avec encore plus de scènes horribles, jusqu'au point que les dernières minutes sont insoutenables ! Vraiment déçu. Un Enfant ne doit PAS regarder ce film !
Kechiche réalise un film mixte de "Man to man" de Régis Wargnier et "Elephant man" de Lynch... Mais il n'est ni Wargnier ni Lynch... Sa mise en scène abuse de la caméra portée qu'il ne maitrise que moyennement (pire encore que le surestimé "L'esquive") et qui se prête mal au sujet. De plus Kechiche râte sa cible car il est claire que le réalisateur a voulu dénoncer la thèse de l'inégalité des races vu par Cuvier mais encore faut-il y créer de l'émotion et une certaine compassion envers Hottentote ; mais il est tout aussi clair dans ce film que Vénus noire est libre (grand mot mais elle n'est pas esclave, son refus de se dénuder à l'académie en est une bonne preuve) car elle est prête à beaucoup de chose pour devenir riche malgré que ce soit de plus en plus dure. Cette façon de faire de Kechiche place le public comme témoin forcé de sa plaidoierie où il manque au final la dramaturgie et l'méotion nécessaire. Le seul bon point du film reste la révélation Yahima Torrès, mal dirigée mais prometteuse.
Ce n'est pas un film facile que nous livre Abdellatif Kechiche avec sa "Vénus noire". Certaines scènes sont très dures et assez éprouvantes comme le viol et même sans partir dans l'extrême toutes les scènes d'humiliations. Kechiche a choisit de filmer au plus près du corps, au plus près du visage cela se révèle être éprouvant pour le spectateur prit dans une sorte d'étau. Il se retrouve, lui même, en voyeur, mal à l'aise. Le sujet est pourtant très intéressant et absolument d'actualité. Kechiche cherche à délivrer un message de respect envers l'autre, envers la différence physique. Certaines scènes sont, à ce propos, superbes. Le passage dans lequel les scientifiques mesurent Saartjie est tellement choquant mais le personnage réussit à rester aussi digne qu'il le peut. Kechiche nous rappelle évidemment tous les dégâts que la colonisation a causé notamment vis à vis, à l'époque, d'un racisme ambiant et ne gênant que très peu le peuple. Yahima Torres est parfaite. La "Vénus noire" constitue son premier film et quel rôle. Dure, éprouvant, Kechiche réussit son pari. Le spectateur est révolté face à ce traitement infligé.
"Vénus Noire" est un bon film. Traitant du sujet quelque peu tabou en France (le rôle de la France dans le colonialisme et la "traite négrière), sans pour autant s'enfermer dans ce sujet, Vénus Noire nous livre une très belle (dramatique et poétique) histoire (vraie) celle de Saartjie Bartman. De Londres à Paris, elle subira les humiliations en tous genres (celles de ses maîtres, celle des londoniens et des parisiens, celles de la haute bourgeoisie française, et celles des chercheurs en Histoire Naturelle). Le casting est merveilleusement bien choisi, la réalisation est bonne. Un seul bémol pour ce film: la durée. 2h30 sont peut être trop longues sachant qu'il n'y a pas vraiment d'action car ce film se base principalement sur les ressentis de cette Vénus Hottentote (même si ses dialogues sont très restreints). Un bon film à voir, quelques images ou idées peuvent choquer mais dites vous que si elles parviennent à le faire c'est que, tout d'abord, l'histoire de cette femme est tragique et que, dans un deuxième temps, la réalisation et l'interprétation sont bonnes!