Vénus noire
Note moyenne
3,1
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289 critiques spectateurs

5
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 décembre 2010
Un film éprouvant mais utile sur l'exploitation des corps et plus généralement de l'homme. Plus que jamais d'actualité.
Nathalie
Nathalie

3 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2020
Attention choquant par certaines scènes, mais par contre quelle claque cinématographique, il fallait oser le sujet.
Un scénario et une mise en scène parfaite, Olivier Gourmet est magistral !
Bravo !!!!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 9 décembre 2010
L'intention d'Abdellatif Kechiche a sans doute été de frapper au maximum la conscience du spectateur en lui contant ce destin hors norme, emblématique d'une certaine forme de racisme, typique du 19ème siècle, où l'autre suscite un mélange trouble de répulsion et de curiosité malsaine. Cela nous met fatalement mal à l'aise, en confrontant notre propre regard à ceux des nombreux acteurs et figurants dont les visages, saisis à la volée, expriment la surprise, l'excitation, l'incrédulité. C'est bien là tout l'intérêt de ce film, tant la caméra de ce réalisateur est virtuose pour capter les scènes de groupe. Nous pouvons ressentir presque physiquement l'instinct voyeur qui émane de la foule, en même temps que nous sentons notre propre voyeurisme quelque peu sollicité. D'où un sérieux malaise, évidemment.Mais là où le malaise peut vite se transformer en rejet pur et simple, c'est quand l'insistance se fait trop grande, et que les mêmes situations d'humiliation sont montrées encore et encore, jusqu'à la nausée. Quand la descente aux enfers touche à son terme, le film ne se rapproche pas seulement d'Elephant Man mais aussi ( un peu ) de Salo Ou Les 120 Journées De Sodome... Abdellatif Kechiche est un cinéaste surdoué, mais qu'il prenne garde au syndrome de la demi-heure de trop. Un peu plus de sobriété ne ferait peut-être pas de mal...
A noter une performance magistrale d'Olivier Gourmet en manipulateur pervers. D'autre part, Georges Cuvier, figure historique du racisme scientifique au même titre qu'un Paul Broca, en prend pour son grade !
Un film intéressant, donc, mais à réserver à un public très averti.
soixantetreiziste
soixantetreiziste

9 abonnés 132 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 août 2011
Cru, limite porno SM, joué sans conviction, réalisation voyeuriste sans subtilité. Le réalisateur nous montre manifestement ses fantasmes les plus malsains sous couvert de dénoncer le traitement inhumain subi par cette Vénus. Aucun intérêt, si ce n'est comme vomitif. Pourquoi la presse en a-t'elle fait un chef-d'oeuvre, je l'ignore.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 novembre 2011
Un récit long et dur sur la déshumanisation et le voyeurisme, filmé sans concession mais sans voyeurisme, c'est à dire sans esthétisation de l'exhibition. Espérant faire fortune et devenir une artiste, Saartje est piégée dans un rôle de bête de foire, tout comme les spectateurs avides de sensations fortes. Et nous aussi, qui ne pouvons pas nous départir d'un malaise profond devant l'humiliation de cette femme, contrainte de jouer un rôle de bête féroce dérangeant, dont les plaintes ne sont que parfois entendues, mais si maladroitement que ceux qui souhaiteront l'aider n'y parviennent pas. En effet, parfois les spectateurs ont de bref sursaut d'empathie et de compassion, quand soudain ils se rappellent être en face d'un être doté d'une sensibilité et d'une raison, mais cela ne suffit jamais à adoucir le calvaire : trop de choses, barrières sociales, barrières de la langue, barrière des conventions et des habitudes, empêchent de véritables rencontres, mais cela suffit à ne pas en faire des carricatures absolues de monstres colonialistes et esclavagistes sans coeur. Finalement, tous sont piégés par l’indifférence et le rôle que l'on fait jouer à la pauvre "Vénus". Finalement, les plus monstrueux, ce ne sont pas les curieux rieurs venus voir la créature exhibée enchainée mais les scientifiques discourant de sa proximité avec l’orang-outang et la manipulant sans lui témoigner de la plus petite once de respect, au nom de la Science !

Et chapeau bas à l'actrice, qui parvient, à l'aide de seuls regards traqués, de quelques bout de dialogues bougons, à faire passer toute l'humanité de cette femme rédute à si peu.
Hastur64
Hastur64

266 abonnés 2 289 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2012
Avec « Venus Noire » Abdellatif Kechiche s’attaque à un sujet à la fois caractéristique d’une époque et paradoxalement à l’implication universelle. Il y considère le traitement que reçu Saartjie Baartman (de son vrai nom Swatche) membre du peuple Khoïkhoï qui habitait en Afrique du Sud et qui fut amenée en Europe pour livrer un spectacle où elle jouait une sauvage à la limite de l’animalité. Le réalisateur montre ces spectacles qui avec nos yeux d’occidentaux du XXIème siècle paraissent absolument infâmes, mais qui malheureusement, à l’époque des zoos humains, reflétaient la vision de la majorité de la population vis-à-vis des peuples africains et extra-européens en général. Si la tragédie générale des peuples colonisés transparaît dans ce film elle n’éclipse pas celle d’une femme utilisée de façon brutale par des hommes soit à des fins pécuniaires soit pour de soit disant buts scientifiques. C’est d’ailleurs là que le film montre l’inhumanité de ces européens tant les promoteurs des spectacles et les spectateurs qui viennent les voir semblent moins abjects que ces prétendus scientifiques qui la regardent et la traitent comme un animal curieux à classifier dans leur échelle des types humains (avec l’homme blanc au sommet bien entendu…). Le film en est d’ailleurs dérangeant tant le réalisateur, en nous montrant quasiment à chaque fois les avanies que subit Swatche dans leurs intégralités, place le spectateur du film comme un voyeur qui passivement participe avec les habitants du XIXème siècle au calvaire de cette femme. Parfois je l’avoue j’ai détourné le regard tant certaines séquences me mettaient mal à l’aise. Si ce n’est cette réserve le film restitue fidèlement les mœurs et les conceptions très racialisées de cette époque et le destin infiniment tragique de cette femme qui même dans la mort ne sera pas respectée comme un être humain (ses restes demeurèrent d’ailleurs visibles au public jusqu’en 1974 !). Un film à voir et à méditer pour percevoir le chemin parcourut dans le respect de la différence et celui qui reste à parcourir encore.
wesleybodin

1 255 abonnés 3 864 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2011
Esthétiquement agréable, Vénus Noire se veut l'accusateur d'une mentalité européenne barbare et raciste du 19ème siècle. Pari amplement réussi puisque ce film proche du voyeurisme devient rapidement malsain à regarder et la très bonne interprétation de Yahima Torres ne fera qu'amplifier la chose.
Raphaël V
Raphaël V

29 abonnés 87 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 novembre 2012
Quel film ! Il a du en falloir de la ténacité pour le produire et le réaliser, bravo à l'équipe du film !
Je trouve la réalisation exceptionnelle, on vit ce qu'a vécu la "Vénus hottentote".
On est littéralement immergé dans son univers. C'est vraiment ce qu'il fallait pour que chacun puisse se faire son avis sur la complexité de sa situation. Cette pauvre femme aura été toute sa vie traitée comme un objet.
J’espère que ce film permettra à beaucoup de gens de comprendre la situation des gens déracinés et stigmatisés pour leurs différences...
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2013
"Vénus Noire" est un film dans la lignée d'"Elephant Man" de David Lynch, proposant une réflexion sur le monde du spectacle de foire et des cruautés qu'il a pu provoquer. Cruel est en effet un mot adéquat pour qualifier ce long-métrage difficile mais maîtrisé et très réussi. La Vénus du titre est une jeune femme exhibée comme phénomène de foire du fait de ses mensurations extraordinaires, pauvre créature qui vivra une progressive descente aux enfers, confrontée qu'elle sera au regard des autres et à différentes formes de racisme. Tout d'abord plutôt volontaire pour s'exhiber, se considérant même comme associée à part entière, Saartjie va voir ses libertés se réduire au fur et à mesure qu'augmente l'emprise de ses exploitants. Se plaignant au départ lorsqu'elle doit subir des humiliations non souhaitées, elle va peu à peu se taire, son silence croissant de façon inversement proportionnelle à ses souffrances. Il est d'ailleurs difficile de déceler le moment où tout bascule et où elle passe définitivement de la condition de femme libre à celle d'esclave implicite. Peut-être est-ce à l'instant où le procès destiné à l'éloigner de Hendrick Caezar tourne au non-lieu, légitimant son état, à moins que le déménagement en France soit le moment pivot. Quoiqu'il en soit, seuls les verres d'alcools avalés et les quelques larmes que verse la Vénus hottentote marquent son délitement psychologique, elle préférant sans doute cesser de se battre pour sa liberté et demeurer dans l'illusion qu'elle est une actrice standard. C'est d'ailleurs cet amour pour l'art du spectacle qui la pousse à rester d'abord fidèle à son employeur malgré les divergences d'opinion et le voyeurisme réel qu'implique sa performance. À partir de là, Saartjie devient une sorte de complice passive, légitimant inconsciemment ou non le regard colonialiste des spectateurs, qu'ils proviennent des rues pauvres de Londres, des salons bourgeois et libertins ou de l'Académie de médecine. Là où tous les regards sont tournés vers elle, le sien reste vide, ayant perdu sa joie de vivre. Et malgré ses souffrances, jamais personne ne sera amené à remettre en question son comportement, même ceux qui intentent un procès contre Hendrick et la considèrent comme une victime trop peu intelligente pour faire autre chose que répéter un texte à la manière d'un perroquet. Kechiche ne juge pas, mais il constate, et ses observations distantes ne réfutent pas la fin tragique : spoiler: Saartjie Baartman est morte sans que quiconque ne lui rende hommage, sans que quiconque ne voie en elle autre chose qu'un phénomène de foire, si ce n'est peut-être ce jeune scientifique qui l'a auparavant dessinée assise sur un tronc d'arbre et l'a accompagnée durant son déjeuner.

"Vénus Noire" est ainsi un film très marquant malgré la cruauté que le spectateur doit aussi subir. Il mise sur la représentation de diverses exhibitions, très longues pour la plupart et de plus en plus humiliantes, entrecoupées de peu de scènes de transition, même les plus anodines étant d'un certain point de vue des scènes d'exhibitions. Ce procédé peut être reproché à Kechiche dans le sens où le film semble assez statique malgré l'évolution de la condition de Saartjie, comme si l'héroïne était filmée sur un tapis roulant, et que le chemin parcouru semble être réduit au vu de la durée du film. De plus, la mise en scène reste relativement académique, de même que le jeu des acteurs, amenant une certaine froideur en même temps qu'une noirceur et un manque relatif d'émotion. Il est vrai qu'on peine à reconnaître l'étincelle de vie propre aux autres œuvres du cinéaste, ce film lorgnant plus du côté de Thanatos que d'Éros – au contraire de "La vie d'Adèle – Chapitres 1 et 2". Cela empêche peut-être de faire de "Vénus Noire" un chef-d’œuvre, mais certainement pas un grand film tant il reste exceptionnel.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 novembre 2012
Que penser de ce film que je viens tout juste de voir ? Peut-on le détester ? non. Peut-on l’aimer ? Difficile. C’est vrai, voilà un film dérangeant. Un énorme pu à gratter. Au moins de ce côté-là, c’est réussi. C’est nettement plus insupportable qu’un film d’horreur, et nettement plus efficace. Parce que c’est une histoire vraie, parce que le réalisateur Abdellatif Kechiche nous raconte l’histoire vraie de Saartjie Baartman une histoire sans complaisance, crue, violente. C’est courageux, c’est un parti pris artistique qui se défend et honorable. Marre d’être lisse, d’être conventionnel, marre de faire semblant d’être anti-conformiste, d’être rentre-dedans. Abdellatif Kechiche nous propose sa vision qui n’est rien d’autre une vision infernale d’une Hottentote, artiste noire manipulée aux formes généreuses, artiste noire consentante aussi ! Et là encore, on ne sait plus quoi penser. Alors, on se contente de regarder les faits. Et cette démarche artistique nous laisse ou me laisse nécessairement à distance. Démarche artistique volontaire. Le réalisateur ne s’implique pas totalement. Il ne parle pas au nom de la femme Hottentote, il ne parle pas au nom de Caezar, ni au nom de Cuvier. Tous parlent et tous défendent leur point de vue. Et le pire, ça fonctionne ! Certains propos de Ceazar sont acceptables et rassurants ! Cuvier, pourquoi le condamner, pourquoi s’en offusquer ? Il suffit de replacer le contexte ! La science se développait et malheureusement elle raisonnait mal. Cuvier se trompait lamentablement. Il faut se projeter dans l’époque et comprendre ce qu’elle était, ce qu’elle dégageait, ce qu’elle découvrait. Nous ne devons pas raisonner XXIè siècle. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce film ne me déclenche aucune empathie, seulement la gêne. Abdellatif Kechiche joue le rôle de Caezar, de Réaux, de Cuvier, et nous, spectateurs, ne sommes rien d’autres que des voyeurs ! C’est pourquoi, tout cela nous dérange. Et d’autant plus que l’on s’aperçoit que Saartjie participe au jeu et en souffre parallèlement. On ne sait plus quoi penser. Par trois fois, nous assistons au spectacle dans sa globalité. A Londres où j’ai ressenti assez vite que tout cela était joué, à Paris dans la Haute société où le nouveau jeu orchestré par Réaux me paraissait plus humiliant que celui sous la baguette de Ceazar, et enfin, le spectacle lors d’une soirée libertine où la descente vers l’enfer devenait de plus en plus insupportable. Et si Abdellatif Kechiche manipulait les spectateurs comme Caezar et Réaux ? Je ne suis pas loin de le penser. C’est pourquoi c’est réussi. L’émotion est venue pendant le générique, j’ignorai que Baartman avait été l’objet d’une restitution ! Elle a eu des obsèques dignes d’une star, ou d’un chef d’état. Je ne vois pas en quoi ce film est vulgaire, je ne vois pas en quoi ce film est dit sans intérêt. Il a sa place dans le cinéma. Il est tout de même étonnant que certains allocinautes s’indignent alors qu’il y a des tas de films insignifiants qui font l’apologie de l’horreur, qui font le soi-disant le buzz. Il y a comme un certain refus de la réalité crue. Un déni de la vérité filmée avec une froideur où n’y a aucun artifice, aucun fard. Tant mieux, si l’indignation est là ! C’est une qualité artistique. Pour moi, c’est le meilleur de Kechiche, c’est dire vu sa note !
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 31 octobre 2010
Un supplice. Ce film est un supplice décrivant l'humiliation d'une pauvre femme sans défense.
Le personnage rappelle un peu celui de "Precious" mais sans la fantaisie et sans l'espoir.
Sarah n'a aucun espoir. Elle a tout perdu, se fait manipuler et se laisse faire car elle n'a pas suffisamment de force pour croire à la vie et donc pouvoir se défendre. Elle proteste en chuchotant pour finalement se laisser faire.
Même si l'objectif de l'auteur était de dénoncer cette infamie (supposée être une histoire vraie), dénoncer la cruauté du fort par rapport au faible, la dépravation de la france du 19ème siècle, l'aveuglement de la plupart des gens devant le viol des droits de l'homme, il n'était sans doute pas utile d'être aussi cru, d'imposer des images aussi dures et des répétitions aussi inutiles.
Le film est à rallonge. On est mal à l'aise et crispé du début à la fin. Beaucoup ont quitté la salle avant la fin, ne pouvant supporter cette succession d'humiliations qui donnait finalement un grand "n'importe quoi".
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 avril 2014
Encore un film formidable signé Abdellatif Kechiche !
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 8 février 2013
techniquement c'est bien, mais le film est trop en contraste avec notre époque et tout le monde dans ce film passe pour des sauvages pouilleux
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 juillet 2012
Je ne savais pas trop à quoi m' attendre . Initialement , j' avais un peu pensé à Elephant Man or cela n' a rien à voir . Ce qui frappe ici est la séparation entre la vie de la vénus hottentote sur scène traitée comme un animal de foire (on est dans la lignée de "Freaks") et sa vie en dehors ou elle n' est pas mise à l' écart et a droit à un traitement "normal" (mème si la relation dominant -dominé est toujours présent). D' autre part , il y a une impression de descente au enfer, de chute assez marquante. Les bordels montrés dans le film sont "glauques"( on n' a pas affaire ici à des filles blondes de 20 piges ).
En fait , j' ai eu un peu l' impression de voir la désillusion et la chute d' une personne qui pensait pouvoir accéder à un statut , une reconnaissance sociale et qui petit à petit, va perdre toute ses illusions ( les séquences ou on la voit boire et fumer reflètent bien cela ). J' ai noté le contraste entre l' élite aristo puritain anglais et le libertinage d' une certaine partie francais montré à l' écran ( après bien sur , cela n' est peut être pas réprésentatif entièrement de l' époque).
J' évoquerais bien sur aussi les questions scientifiques évoqués dans le film : l' aspect éthique (inexistante bien évidemment à l' époque) sur l' utlisation du corp d' un etre humain sans son consentement et les théories racistes véhiculés à l' époque.
En dernier point, sur la durée , je trouve quand mème que c' est un poil trop long ( il y avait moyen de raccourcir de 10mn quand mème ) sans faire perdre au film son aspect "sombre"
khawaga
khawaga

14 abonnés 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2010
Magnifique, dérangeant, nécessaire, à voir absolument
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