Après Coco avant Chanel et Lol, je finis mon tour du cinéma français par Celle que j'aime. Autant dire que mon périple est allé crescendo dans le ridicule et le niais. La famille recomposée. Comme si tout n'avait pas déjà été dit à ce sujet. Il fallait qu'Elie Chouraqui, avec la grâce d'un pachyderme, ressasse ce propos pourtant déjà souillé jusqu'à la moelle. Il aurait mieux fallu qu'il se consacre aux comédies musicales, Les dix commandements étant formidables ! Celle que j'aime est l'histoire d'une femme, séparée de son mari, et désireuse de refaire sa vie avec un autre homme. Seulement la relation fusionnelle qu'elle entretient avec son fils (idiote qu'elle est) va poser défaut, et celui-ci va tout faire pour mettre à mal leur idylle. Non mais franchement, comment peut-on nous imposer ça ? Parlons des acteurs : Marc Lavoine essaie d'être comique mais sombre dans le pathétique ; Anton Balekdjian est le gosse le plus tête à claques qui soit, et sa monstruosité provoque le mépris ; Barbara Schultz, outre se pavaner nue et afficher ses airs mélancolique et espiègle, affiche un jeu hystérique et fortement agaçant ; il n'y a que Gérad Darmon qui parvienne à tirer son épingle du jeu, en nous insufflant un brin d'émotion. Le propos est traité de la manière la plus risible et mielleuse qui soit, bien appuyé par des musiques pâteuses. C'est gluant, lourd, affreux. Mention spéciale à l'allergie aux fraises (façon Hitch), où Marc Lavoine nous revient d'aplomb, effaçant la douleur d'une femme venant de perdre un proche. Grotesque ! On sait en plus d'avance l'issue de cette chose abominable (aucun mauvais goût n'est évité). Le petit va s'excuser, s'attacher à son père de remplacement, et le couple vivra heureux et aura beaucoup d'enfants. Je ne brode pas, c'est exactement ça. Ce genre de cinéma, plat, convenu, pliant sous le poids des conventions sociales politiquement correctes, sans la moindre audace, me laisse dans la gorge un profond et implacable dégoût ! Ecoeurant.