Parti avec quelques a priori sur cet Hercule version 2014, à commencer par son réalisateur, Brett Ratner (à qui l’on doit le X-Men le moins bon de la saga et 3 Rush Hour qui ne resteront pas dans les annales) et son acteur principal Dwayne Johnson (qui était un de mes catcheurs favoris…mais dont la filmographie reste très limitée), je dois reconnaitre que je ressors conquis par cette adaptation bien mieux pensée qu’elle ne pouvait y paraitre.
Aux vues de la bande annonce, tout laissait présager un beau spectacle visuel basé sur les 12 travaux mais rien de plus, pas de scénario ni de vision un peu originale de l’histoire, juste du visuel et un enchainement de scènes avec des créatures mythologiques. Et bien, pas du tout… Après 10 minutes de film, les travaux sont bouclés, et le vrai film commence, un film intelligent qui offre une vision bien plus surprenante du mythe ou plutôt du non-mythe d’Hercule. En effet, là où ce film se démarque du blockbuster classique d’action façon Choc des Titans, c’est dans son idée de démythifier Hercule, de le rendre humain et le considérant avant tout comme un homme. Oui ses travaux ont trouvé leurs échos par le talent de certains conteurs mais la vérité n’est-elle pas autre… Etait-il seul pour les réaliser ? Etait-ce vraiment des hydres, des centaures… ? Une idée vraiment originale qui apporte un intérêt énorme au film, une audace qu’il faut souligner et une vraie surprise qui risque de dérouter un public habitué aux super héros, aux mythes inébranlables…
Mais à part ça ? Bien le film offre un bon divertissement, visuellement réussi avec des scènes des combats de bonne facture (et aussi malheureusement bien sur avec l’éternel discours façon William Wallace qui commence à me fatiguer…), le tout parsemé de moments comiques et de dialogues à la limite de la parodie, très appréciables. Le casting est intéressant même si comme souvent les personnages secondaires ne sont pas assez exploités, dommage qu’il ne dure qu’une 1h30, car une demie heure supplémentaire aurait pu permettre d’en savoir un peu plus sur les compagnons du demi dieu (les personnages de Ian McShane ou Rufus Sewell par exemple).
En résumé, un péplum nouvelle génération de plus si l’on se réfère uniquement à la forme…mais un film bien plus original si l’on met en avant l’angle choisi de narration. Enfin des risques pris et de l’audace, dommage que les rênes du film n’aient pas été confiées à un réalisateur capable d’allier l’action et le psychologique, on serait passé d’une bonne surprise à une excellente surprise !
Auteur du livre "Guide de Survie du Cinéphile Amateur" (sortie janvier 2019)