Alors qu’on commence un peu à avoir fait le tour des Super-Héros de la A-list, c’est au tour du petit personnel d’avoir droit à ses deux heures de célébrité à l’écran : c’est en tout cas sans doute dans cette optique que Sony, qui tente tant bien que mal de faire survivre sa franchise liée à l’univers de Spider-man face au rouleau-compresseur du Marvel-verse chapeauté par la maison d’édition, lance ‘Venom’. Vu que je ne suis tout de même pas un lecteur compulsif de Comics, j’avais toujours cru que Venom était un simple décalque maléfique de Spider-man, et j’apprends ici qu’il s’agit d’un symbiote, un organisme extraterrestre informe qui, pour survivre, doit investir un hôte. Comme quoi, les films de Super-héros permettent aussi de ne pas mourir idiot. Du coup, c’est Eddie Brock, journaliste d’investigation au chômage, qui se retrouve à lutter, puis à cohabiter dans une relative bonne intelligence - dans son propre corps - avec l’entité. Potentiellement, on pouvait espérer que ‘Venom’ allait être un film sombre, en tout cas plus adulte, et que s’il n’allait pas forcément emprunter la voie de la déconne graveleuse à la ‘Deadpool’, il allait au moins s’écarter un peu du moule des production Marvel standardisées, qui suivent docilement les rails narratifs prévus à cet effet et évitent toute forme de débordement : après tout, les principales caractéristiques de Venom sont tout de même un caractère épouvantable, une nature potentiellement indestructible et un appétit inextinguible. C’est raté : le studio a sans doute eu peur de se couper du public (pré)adolescent puisqu’au final, Venom agit comme n’importe quel autre surhomme, pour les mêmes objectifs, dans la même état d’esprit (mais avec une grosse voix) et en faisant le même genre de vannes. Les déclarations de Tom Hardy, comme quoi les scènes les plus chouettes avaient été coupées au montage, semblent d’ailleurs privilégier un remontage/censure de dernière minute. En parlant de lui, on ne peut pas dire que les films de ce genre lui réussissent : aussi bon acteur soit-il dans d’autres contextes, il ne parvient pas plus à faire de Brock/Venom quelque chose qui sorte du lot qu’il n’y était arrivé avec Bane dans l’ultime volet du ‘Dark knight’. Bref, si le spectacle reste assuré à l’instar de n’importe quelle production Marvel (en dépit d’effets numériques un peu baveux), Venom manque d’originalité, de spécificité et de personnalité, et semble voué à se noyer dans la masse des copies génériques de copies génériques dont on aura déjà oublié le contenu et les détails endéans quelques semaines. A la place de Sony, au lieu de m’obstiner dans mon coin, j’essaierai de refourguer cet anti-héros à la Maison-mère pour un bon prix : il ferait sans doute bonne figure en arrière-plan dans le prochain Avengers.