Belle prouesse que celle de Daniel Barber d’être parvenu à ce point à mêler les genres, car c’est bien cela qui à mon sens fait la force de cet « Harry Brown ». D’abord dans la logique d’une immersion crue et épurée dans les quartiers déshérités de l’Angleterre, le film parvient à basculer subtilement, et par à-coups, dans des atmosphères totalement surréelles qui subjuguent par leur force d’immersion… voire de perdition. Pour faire le lien, ce personnage de Harry Brown, vétéran implacable caché derrière le papy-tout-le-monde ne peut que nous interpeller et nous faire adhérer à ce mélange des genres tant Michael Caine sait l’incarner avec brio. Ne le cachons pas, la démarche était osée et risquée car la mayonnaise aurait très bien pu ne pas prendre étant donnée la nature du mélange auquel se risque Daniel Barber. Car à ce mélange de genre s’y associe un sujet – la légitimité de la vendetta – qui aurait clairement pu déraper dans un résonnement malsain. Mais bon, si c’est pour reproduire ce qui a déjà été fait avant, à quoi bon aller voir de nouveaux films ? Pour ma part la mayonnaise a pris, le numéro d’équilibriste a tenu, si bien que la façon scabreuse d’aborder ce sujet, aussi bien dans le fond que dans la forme, m’a clairement fait porter un regard neuf sur la situation sociale décrite par ce film. Que les Dardenne en prennent de la graine, car cette « Harry Brown » a clairement démontré une fois de plus que c’est l’art qui ouvre les yeux et non les démonstrations.
C'est un très bon film, mais pour quelqu'un qui aime le cinéma divertissant, c'est un peu long à se mettre en place (50 minutes environ). Dans l'ensemble le film est cru et violent, ce qui change de ce qu'on peut voir habituellement, malheureusement il reste quelques clichés, et particulièrement la fin qui est d'une banalité sans nom... Michael Caine offre une très bonne prestation (comme dans l'ensemble des films où je l'ai vu jouer (c'est-à-dire les films de Nolan)) et joue parfaitement le rôle du vieux justicier... Autre petit point négatif: il passe du gars qui à du mal a tiré sur un type qui est à 2 mètres, au tir dans la tête à 50metres, en quelques jours...peu crédibles (heureusement, tout le reste du film est relativement crédible). Pourquoi cette note? Je note les films aussi par rapport à mon ressenti, pas seulement sur leurs qualités... et je me suis fait chier pendant les 50 premières minutes et la VF est à vomir!.... Cela reste un bon film.
Très bonne surprise de la part de ce film, bien rythmé, acteur crédible, seul hic: la voix de Michael Caine n'est pas la même que d'habitude... Je n'ai pas aimé cette voix qui doit être la doublure d'un jeune et non d'une personne âgée...
Ils, Death Sentence, Eden Lake, Il était une fois dans le Queens... Ces quelques récents films ont habilement montré la jeunesse des années 2000 dans sa plus grande décadence, en proie à une violence inouïe, ne se rendant pas forcément compte de la gravité de leurs actes. Avec Harry Brown, son premier film, Daniel Barber nous immerge à son tour dans la haine juvénile à travers un long-métrage froid, sombre, glauque, corrosif, réaliste, magnifique. Sorte de Justicier dans la ville du troisième âge, Harry Brown est un ex-marine vivant dans un quartier hélas mal famé de Londres. Il a ses habitudes et fait main basse sur les horreurs qui l'entourent, horreurs personnifiées en adolescents irrespectueux. Mais quand son meilleur ami tombe sous les coups de ces jeunes délinquants drogués jusqu'à la moelle et que la justice ne peut pas faire grand chose, Harry va se retrousser les manches et faire justice lui-même. Sanglant et sans pitié, Harry tombe lui aussi peu à peu dans une indifférence totale, à l'image de ses ennemis, ne comprenant pas les raisons futiles qui poussent cette jeunesse à tuer, à agresser, à se droguer, à gaspiller la vie. Et c'est à travers ce message réaliste que le metteur en scène anglais nous présente son film, un poids lourd aussi percutant que discret, filmé avec brio et simplicité. Une musique sobre, une lumière soignée à la perfection, une excellente interprétation (Michael Caine, comme à son habitude magistral), des scènes-choc ne tombant jamais dans l'excès... Harry Brown est une perle rare dans le film noir, un film noir avec un message positif, une belle claque dont on ne ressort pas indemne.
Bien meilleur que Gran Torino, sous bien des aspects. Une ambiance plus malsaine, des scènes plus crues, voir un peu gloques, un héros beaucoup plus torturé et seul, terriblement seul. Loin de la grande gueule de Clint (que j'adore au passage), Harry Brown fait presque pitié. Il n'y a pas une once d'optimisme dans ce film, tout est sombre et crasseux, sauf peut être la toute fin, lorsque le héros se retrouve devant ce petit tunnel, d'une grande importance dans ce film, vide et propre, blanc comme neige. Mais là encore l'optimisme n'est qu'à petite échelle. Un grand bravo à Michael Caine qui intérprête ce personnage merveilleusement, avec une justesse incroyable, qui réside essentiellement dans les mimics, car peu bavard. Encore une perle rare et méconnue qui sort du filet...
Je suis très déçu. C'est le retour d'un grand acteur dans un petit film. Les acteurs ne sont pas crédibles sauf M. Caine qui est toujours égal à lui même, c'est à dire grandiose. Le scénario est rempli d'incohérence, c'est inacceptable pour un polar qui se veut être pris au sérieux. Il y a une belle photographie qui nous plonge tout de suite dans une bonne ambiance dans laquelle on n'est pas resté longtemps à cause d'innombrables éléments d'incohérence du film.
C'est un bon film, qui dérange parce qu'il est le reflet d'une réalité qu'on a du mal à accepter, et pourtant, il décrit bien la misère, la folie vers laquelle notre société se dirige.
Excellent film. Vraiment prenant. Le cinéma britannique recèle bien des merveilles. La puissance d'un Clint Eastwood, genre Gran Torino, comme le souligne les autres critiques, mais avec plus d'action. A voir absolument!