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Un visiteur
2,5
Publiée le 24 septembre 2013
J'avoue : je l'ai vu parce que j'avais déjà vu tout le reste. C'est pour vous dire si je n'en avais pas envie DU TOUT. Pourtant, j'ai presque été agréablement surpris. C'est bien joué, bien filmé, ça s'enchaîne bien. On voit venir la fin à 10km mais ce n'est pas gênant. Mais malheureusement, ce n'était pas un film pour moi et le sujet n'a pas réussi à m'emballer plus que ça...
L’histoire d’une rencontre, d’un regard qui précédera une liaison amoureuse pendant cinq ans, celle du grand pianiste Liberace : Homme excentrique, interprété par l’incroyable Michael Douglas, ayant un goût prononcé pour le luxe, et celle d’un modeste jeune homme : Scott Thorson, n’ayant pour dessein premier que de devenir vétérinaire, rôle endossé par Matt Damon.Première apparition, première réaction « Woaw ! He’s incredible ! », cette fascination engendre une liaison que l’on sait prédestinée à l’échec. Comme nous le fait anticiper Billy et sa mine lassée par cette vie, Scott va prendre le relai. C’est pour cela que nous avons du mal à nous attacher à leur amour, mais qu’on en cherche tout de suite les premières rides. Cette excentricité, ce narcissisme, cette dimension presque incestueuse, la dominance des couleurs dorées scintillantes sont volontairement accentuées dans le film. Cependant, les questions sur l’amour, la sexualité ou encore la souffrance ressentie et la déchéance dans la drogue sont peu convaincantes, et les stéréotypes sur l’homosexualité ne sont pas si enterrés qu’ils auraient pu l’être. L’auteur nous annonce un film fort et tragique, cousin de celui d’Ang Lee, mais nous sert finalement La cage aux folles sur un plateau doré. La mise en scène volontairement kitch mais un peu trop hollywoodienne de Soderbergh enlève l’empathie que l’on pourrait ressentir envers les personnages. Le titre en anglais est sûrement plus représentatif du film, « Behind the Candelabra », puisqu’est en effet décrit ici la façon dont ce voleur de jeunesse, enfermant ses poupées dans une cage dorée, les refaçonne comme le jeune homme qu’il fut. C’est une variante des caprices de Dorian Gray avec Scott qui devient son tableau se vieillissant, tombant dans la débauche, et ce jusqu'à ce qu'il déchire lui-même le tableau pour se libérer de cette emprise qu’a pris Liberace sur luispoiler: , Lee que nous retrouverons peu de temps après sur son lit de mort, complètement transformé, et suivant le même destin que Dorian Grey. Le travail le plus remarquable est sûrement celui de la reconstitution. Les décors, les costumes et le mobilier personnel de Liberace sont tous incroyablement fidèles à ceux de l’époque. Tout autant que la première scène où le pianiste prouve sa performance avec le fameux Boogie Woogie, performance reproduite à l’identique de l’originale. Pour apprécier le film à sa juste valeur, il est capital de connaître le personnage. C’est un Liberace qui se réincarne et perdure à travers le temps qui nous est livré.
Énième film sur le milieu gay qui met toujours en avant les performances des acteurs hommes jouant les folles (Matt Damon encore plus impressionnant que Michael Douglas), sans laisser pour autant une impression de grand film. Ce biopic sur la vie de cet artiste, pianiste américain, excentrique, égocentrique, très connu dans les années 70 dans son pays mais méconnu par notre génération est incroyable. Le réalisateur filme l'intimité de ce couple d'une façon assez sobre sans trop utiliser la provocation...
Quel film !!! avec une interprétation extraordinaire de Michael Douglas et de Matt Damon. Steven Soderbergh a eu du mal à trouver un financement pour ce film "trop gay", il a bien fait de persévérer, et sa revanche à Cannes a été une belle victoire. Il nous offre un film magnifique sur une icône d'Hollywood le pianiste Liberace. Les costumes, les décors, le maquillages, la mise en scène magique de Steven Soderbergh sont sublimés par le jeu fabuleux de ces deux grands acteurs. Après Contagion, Magic Mike, et Effets secondaires, plonger dans ce monde du "gay" paillettes de la fin des années 70 au début des années 80, et cette fabuleuse histoire d'amour entre Scott et Liberace, poussée à l'extrême par celui-ci.
Dernier film de Soderbergh, Ma vie avec Liberace est une réussite car ce biopic sur la vie du célèbre pianiste est un film formidable tenant autant de la comédie outrancière que du mélodrame flamboyant. Si les personnages sont aussi caricaturaux que ceux de la cage aux folles, ils gagnent au profondeur au fur et à mesure que le film avance car ce que raconte Soderbergh c'est avant tout une histoire d'amour impossible dans une ambiance kitsch et clinquante auquel le cinéaste donne ses lettres de noblesse. Si tout est "trop" le film est un formidable écrin pour ses deux acteurs Michael Douglas, formidable, pathétique et terriblement humain et Matt Damon d'une incroyable justesse. Un film fort, souvent drôle et critique mais aussi souvent très émouvant. Du cinéma d'auteur populaire comme on en voit que peu souvent. Un excellent de la part d'un metteur en scène inégale mais néanmoins talentueux.
Ce que le film met surtout en relief, c’est la manipulation et la domination sociale de Liberace, mégalomane et égocentriste, pour attirer et prendre dans ses rets le jeune homme innocent, encore naïf, élevé par une famille d’accueil, avec un énorme besoin d’affection et de protection. Couvert de cadeaux (vêtements, bijoux et voitures de sport), Scott devient petit à petit la chose de Liberace, c’est-à-dire que ce dernier entreprend de le façonner à son image, lui imposant une chirurgie esthétique pour qu’il lui ressemble le plus possible à son âge. Dominé par l’artiste, rajeunissant grâce, lui aussi, à quelques coups de bistouri, Scott maigrit, se drogue et dépérit à vue d’œil, en perdant sa personnalité, aussi fade pouvait-elle sembler. Ployant sous l’excès et le kitsch des paillettes, des dorures et des costumes de scène – on demeure perplexes que le public ait pu ou voulu gober que Liberace était attiré par l’autre sexe – le film abandonne peu à peu la dimension spectaculaire – on voit de fait assez peu la vedette en représentation et en show – pour devenir un mélo cruel, puis déchirant. À l’amour sincère du jeune Scott s’oppose le goût du pouvoir et de la conquête de l’homme riche et célèbre (inclinaison obsessionnelle pour la chair fraiche et le sexe, aussi) qui sait se montrer généreux et terriblement séduisant. Ma vie avec Liberace rappelle aussi une période guère lointaine d’homophobie (mais est-elle vraiment éteinte ?), ou, tout au moins, de non-acceptation de la différence (qu’elle soit d’ailleurs sexuelle, ethnique ou religieuse) qui oblige les gays, y compris un des plus connus et idolâtrés d’entre eux, à vivre cachés et terrorisés par la crainte d’être découverts. C’est aussi un film sur le passage du temps, la dureté à vieillir, à ne plus être aimé que pour l’argent qui offre à peu près tout, mais qui, en la circonstance, pourrit la pureté et la véracité des sentiments. Brillamment mis en scène, avec une précision des détails qui confère à l’ensemble une justesse étonnante, le film doit aussi beaucoup à ses deux comédiens qui livrent une prestation exceptionnelle. Michael Douglas joue la folle tordue sans tomber dans l’outrance et il faut notamment saluer son travail vocal. En face, Matt Damon déploie une partition plus étendue, passant de la fascination à l’amertume et à l’aigreur, souffrant les mille maux de l’abandon et du rejet, brûlé vif à force d’avoir été un jouet modelable et influençable. Au final, ils ne sont que les tristes victimes d’une société qui les ostracise et les condamne. Les candélabres finissent par ne plus éclairer qu’un théâtre des ombres et des fantômes. Déchirant.
Un Michael Douglas et un Matt Damon comme on ne les avait jamais vus auparavant, tout bonnement époustouflants ! Malheureusement, l'histoire d'amour entre Liberace et Scott ne suscite que peu d'émotion et le film se révèle plutôt longuet. Toutefois, on notera avec plaisir la présence de Scott Bakula, Dan Aykroyd et Rob Lowe comme seconds rôles et on se réjouira de trouver aux manettes un Steven Soderbergh en meilleure forme après le navrant "Effets Secondaires".
Soderbergh s'attaque à une période de la vie d'un excentrique et impitoyable tyran joué à merveille par Douglas. Sa relation avec Damon démontre bien le caractère trituré du personnage et la position de domination qui en découle le tout baigné dans un univers extrêmement kitch parfaitement mis en scène.
Quand Matt Damon fait la Folle, le public en redemande. Et je me demande si, plus encore que Michael Douglas, ce n'est pas lui, en assurant ce contre-emploi total, qui est le plus époustouflant du film de Steven Soderbergh.
Scott est un jeune bouseux homo (mais pas que); il s'occupe du dressage des chiens utilisés dans les films de Hollywood. Il a été élevé par une famille d'accueil, sa mère en étant incapable, un couple Joe et Rose, aimant et compréhensif. Et quand Scott rencontre Liberace, cette immense vedette -officiellement, l'éternel fiancé de Sonia Henje.... il se trouve plongé dans un monde qu'il ne pouvait même pas imaginer. Notre Cloclo, ses jabots et ses smokings pailletés, c'est petit bras à côté des costumes de scène du brillantissime pianiste. La maison à Las Vegas, grande comme un château, ruisselle du luxe du mauvais goût le plus sûr. Même dans l'intimité, entouré de ses quatre chiens-chiens blancs qui chient partout, ses tenues regorgent de dorures et chacun de ses doigts porte une énorme bague. Scott est embauché comme secrétaire, dans la foulée amant, puis chouchou couvert de cadeaux et de bijoux, décoloré, relooké, transformé par le chirurgien esthétique qui assure à Liberace ses liftings réguliers (il ne peut plus fermer les yeux pour dormir...), gavé de pilules pour maigrir (d'où il va passer à la vraie drogue), le favori n'a plus de vie à lui. Il accompagne l'idole qui arrive sur scène dans une limo dont Scott est le chauffeur en uniforme strass et paillettes....
Le couple a des divergences: Liberace est catholique fervent (mais sans états d'âme: il a vu la sainte Vierge à son chevet au cours d'une grave maladie); Scott a des pudeurs de rosière, il ne veut pas être la fille et les films pornos le font vomir. Mais il s'aiment. Liberace veut l'adopter, le mettre sur son testament, Scott croit à tout. Bien qu'il se sente enfermé, il est amoureux -et jaloux. Le jour où l'impressario (Dan Ackroyd) qui gère aussi le ballet des favoris, lui signifie sa disgrâce, il le prend très mal et ça se finira par un procès, pour récupérer quelques sous de l'héritage envolé.
C'est un peu long, et Soderberg s'est fait plaisir à filmer tous ces excès, toutes ces toilettes, ces fourrures, ces concerts devant un public en délire.... au détriment de l'histoire plus sombre, plus triste (car après tout, c'était la période où tous les gays à Hollywood était décimés par un sida plus ou moins dissimulé, et Liberace n'y a pas échappé). Sous l'histrion, il y avait peut être un être humain avec des problèmes, mais ça, ça n'intéresse pas le réalisateur, pourtant, avec ces deux acteurs là, on aurait sûrement pu faire plus.... qu'un spectacle des Folies Bergères. Plaisant, mais vite vu, vite oublié.
Quasi inconnu en France, le pianiste de music-hall Liberace a eu une vie comme les Américains les aiment : pleine de rebondissements. Ce virtuose à la personnalité hors normes a logiquement droit à son biopic. Toutefois, Steven Soderbergh (Effets secondaires) ne s’intéresse qu’à une petite partie de la vie de l’artiste, celle qu’il a passée avec le jeune Scott Thorson.
C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce long métrage, de nous raconter la vie de Liberace à travers les yeux de Scott. Le spectateur est en empathie immédiate avec ce personnage. Matt Damon (Elysium, Promised Land) étonne dans un rôle à des années-lumière de son registre habituel et surtout tient le choc face à un Michael Douglas en état de grâce. Ce dernier, iconoclaste, exubérant, scintillant dans tous les sens du terme, compose un Liberace aussi fascinant qu’exaspérant. Une figure de cinéma.
Après l’émerveillement et l’amour fusionnel, viennent le temps des doutes, des disputes et de la rupture. Si Soderbergh est à son aise dans la retranscription de cette relation fusionnelle, on aurait préféré une manière moins linéaire de raconter ces événements. Il se contente de passer d’une époque à l’autre, ponctuant chaque séquence de strass, de paillettes, de crises existentielles ou de chirurgie esthétique. Un montage décalé aurait, sans doute, insufflé plus de rythme.
L’amour, plus que l’homosexualité, est au coeur de Ma vie avec Liberace. Le décorum n’est qu’un prétexte pour évoquer ces relations à deux vitesses. D’un côté, celui qui abandonne tout et, de l’autre, celui qui prend tout. Au final, il en ressort quelque chose de profondément triste sur les passions amoureuses. Même quand on sait qu’elles sont vouées à l’échec, elles n’en restent pas moins indispensables à vivre.
"Liberace n'est pas Rubinstein. Oui, mais Rubinstein n'est pas Liberace." Les américains n'ont pas voulu du dernier Soderbergh (vraiment dernier ?) dans leurs salles et celui-ci n'a eu droit qu'à une diffusion sur HBO. Trop gay, trop sulfureux ! On croit rêver. Chez nous, Ma vie avec Liberace sort sur les grands écrans et c'est tant mieux, parce qu'il le vaut bien. C'est une histoire d'amour un peu folle (pas de jeux de mots svp) entre un artiste exubérant, excentrique, exhibitionniste et exceptionnel ... et un jeune homme subjugué par le charme de ce personnage au narcissisme aussi grand qu'un palace de Vegas. Soderbergh est à son affaire, la mise en scène est brillante, les dialogues sont étincelants, toujours à la limite du syndrome "Cage aux folles", avec l'humour et la tendresse qu'il faut pour se délecter du kitsch des décors et des costumes. N'empêche qu'il s'agit d'une liaison sous le manteau (de vison ?) dans l'hypocrisie générale de la société américaine de la fin des années 70. Il y a autant matière à s'amuser qu'à réfléchir dans cet opus maîtrisé de bout en bout. Matt Damon ? Il est formidable ! Michael Douglas ? Il n'y a pas de mots pour saluer sa performance hallucinante où le cabotinage devient pur génie. Impossible de croire qu'il s'agit de l'ultime film de Soderbergh, le cinéma américain a trop besoin de lui, même s'il lui arrive d'être fort inégal.
Belle histoire d'amour, ou l'on s'amuse, ou l'on se dispute, ou les années passent, doublé d'une radiographie d'un lieu et d'une époque que Steven Soderberg aime à filmer (la fin des seventies et le début des eigthies). Le quart d'heure final est très réussi. Les travers du milieu sont montrés autant qu'on montre des personnages pleins de tendresse, d'exhubérances, de narcissismes. On a dit beaucoup de bien des performances de Michael Douglas et Matt Damon mais toutes les éloges sont encore loin de la réalité. Un nouveau et, j'espère pas, dernier travail d'orfèvre de Soderbergh.
A en croire les dires du réalisateur, Ma vie avec Liberace serait son ultime réalisation cinématographique. Je ne me risquerais pas à verser une larme car bon nombres des œuvres de ce dernier m'ont laissée indifférente. Cependant, quelques perles savaient briller aux instants où on ne les attendaient plus. En voici une qui en fait suprêmement partie. Si le dernier Soderbergh ne brille pas par son absence de sujet concret et un manque d'aboutissement sur le plan humain, il aborde d'autres points par un chemin différent. Sous les monceaux de dorures et les kitcheries de monsieur Liberace se terre un monde rude et dépravé. Ce que semble nous déclamer l'oeuvrier est que si l'on y est pas né, si notre condition n'est pas d'en faire partie, on ne peut pas y survire et on se fait éjecter. C'est l'emprise du luxe, de l’excès, de la célébrité et du paraître qui ira jusqu'à pourrir un sentiment tel que l'amour. Et ce aussi fort soit-il. Tour à tour ami, amant, père/fils, les relation du virtuose pianiste et de son protégé sont d'une complexité très intrigante qui sera pourtant évacuée par les tords et penchants de chacun au sein de cet univers mal famé. Cependant les limbes du monde sentimental des deux protagonistes resterons trop académiques ou même bien trop survolées au profit d'un désir de tout montrer. Vouloir trop en faire c'est aussi bâcler. La recherche technique (presque trop mécanique ici) du réalisateur bloque l'émotion. La volonté d'épouser le thème du sujet n'est pas un tord, encore faudrait-il que ce ne soit pas raté. Dommage. Mais cette chronique aux allures de fadeur bling-bling illustre tout de même avec brio. Michael Douglas est d'une brillance que je ne lui connaissais plus. Quel gâchis malheureusement que de regarder Matt Damon refaire, durant la première moitié du film, sa moue qui comble le gouffre d'un faciès insipide. Le bonhomme se décoincera vers la fin, mais il reste étrange qu'avec autant d'ingrédients, l'ami ne l'ai pas fait avant. Je ne connaissais qu'un Soderbergh qui filmait comme une machine, si ce dernier n'a pas lâché tous ses vieux tics, la richesse et la diversité pointent bien plus souvent le bout de leur nez. Bien joué.
Accords parfaits entre un Damon dément et un Douglas pas dégueulasse. Ce dernier maîtrise son jeu et sa voix à la perfection pour camper ce pianiste de renom à l’ego surdimensionné. Brillant autant que son accoutrement si bien qu'on est en clin à détester ce qu'il devient à l'écran. L'incarnation même de la vanité. Pauvre Scott si naïf. Le trop plein d'amour qu'il vante à Liberace n'est surtout vrai que dans l'autre sens. Le jeune homme plaquera tout sans hésitation pour venir répondre aux demandes indécentes du pianiste. Sans jamais être sûr qu'il ne soit pas qu'un amant de passage. Aucune fausse note pour la mise en scène. Le décor et les costumes sont kitsch au possible mais avec un certain esthétisme. La musique un poil trop discrète rythme bien le film, certains morceaux mériteraient de durer plus longtemps. Mineur l'attachement aux personnages, majeur la dérision et la légèreté amenées au discours.