The Irishman
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 décembre 2019
Frank Sheeran (1920-2003) a raconté sa vie dans un livre intitulé « J’ai tué Jimmy Hoffa » dans lequel il revendique l’assassinat en 1975 du chef des Teamsters américains. Le titre original de ces mémoires est moins tonitruant : « I Heard You Paint Houses ». Telles auraient été les premiers mots adressés par Hoffa à Sheeran. Il s’agissait moins de saluer ses talents de peintre en bâtiment que d’évoquer à demi mots sa profession de tueurs à gages, l’expression renvoyant au sang de ses victimes giclant sur les murs des maisons où elles étaient exécutées.

Un Irlandais devenu italien. Le sujet est posé. Il est de ceux que Scorsese affectionne, qui constitua déjà la toile de fond de quelques uns de ses plus grands films : "Les Affranchis", "Casino", "Les Infiltrés". Il opte pour un titre différent de celui, trop elliptique, du livre qu’il adapte : ce sera The Irishman, qui donne la vedette à Robert De Niro, son acteur fétiche, même s’il partage l’affiche avec deux autres acteurs d’anthologie, Al Pacino (qui n’avait jamais tourné avec Scorsese) et Joe Pesci (un fidèle de la première heure), sans oublier Harvey Keitel qui tenait un rôle dans le tout premier film de Scorsese tourné en….1967.

Petits meurtres entre amis. Autant dire qu’on est entre vieilles connaissances septuagénaires. Autant dire que "The Irishman" a des airs intemporels de testament. Martin Scorsese aurait pu signer le même film, avec les mêmes personnages, le même scénario, il y a vingt ou trente ans, à l’époque glorieuse des "Affranchis" ou de "Casino" – qui, lui, comptait une figure féminine (ah ! Sharon Stone !) dont hélas "The Irishman" est dépourvu.

Le maestro prend son temps. "The Irishman" dure plus de trois heures et avance à un rythme de corbillard. Scorsese veut bien qu’on l’enterre ; mais la cérémonie se fera au tempo qu’il aura décidé ; et le tempo n’est pas prestissimo. Du coup, on s’ennuie un peu. La première heure est languissante, qui met en place un procédé qui mélange trois temporalités (les confessions de Sheeran racontées en flashback depuis une maison de retraite, une virée automobile en 1975 des couples Sheeran et Buffalino, la vie proprement dite de Sheeran depuis la fin de la Seconde guerre mondiale), dont on peine à comprendre l’architecture. Tout s’accélère avec l’entrée en scène de Jimmy Hoffa, campé par un Al Pacino toujours aussi ébouriffant, quels que soient les toupets qui le coiffent.

Martin Scorsese fait des infidélités aux salles obscures en sortant son film sur Netflix. Le procédé, venant d’un des monstres sacrés du septième art, peut surprendre. Scorsese sur Netflix ? Et puis quoi encore ? Gracq publié en poche ? Chostakovitch en replay sur NRJ ? Soulages exposé aux Quatre Temps ?

Le problème de cette modalité de diffusion est qu’elle m’a privé du recueillement et de la concentration que la salle impose. Devant un (petit) écran d’ordinateur, distrait par toutes les sollicitations de la vie quotidienne, je ne me suis pas plongé dans le film. J’en ai saucissonné le visionnage en trois épisodes. J’ai du coup eu l’impression de regarder une mauvaise mini-série. L’aurais je vu en salles trois heures de rang, je me serais peut-être forgé une toute autre opinion.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 janvier 2020
Cela ressemblait à un projet maudit; "The Irishman" a finalement vu le jour grâce à une technologie enfin à la hauteur – selon les dires de Scorsese – et à l'appui de Netflix, puisqu'aucun studio n'a voulu produire ce magnifique chant du cygne. En reprenant ses acteurs fétiches, dont Joe Pesci sorti de sa retraite, et en signant une première collaboration avec Al Pacino, Scorsese rejoue ses meilleurs films de gangsters mais sur un mode mineur. Par "mode mineur", il ne faut pas penser qu'il y aurait un déficit d'ambition, mais plutôt l'abandon de la prédominance de la fiction et une volonté de moins appuyer la virtuosité de la mise en scène. Bien sûr que Scorsese garde son style, ses voix-off, ses montages parallèles et ses arrêts sur image mais il malaxe ces matériaux dans le sens où le curseur est légèrement déplacé, ajusté à une méditation inédite et bouleversante sur la mort. La voix est par exemple plus lente du fait du vieillissement des acteurs; le montage complexe est vertigineux pendant les deux tiers du film – puisqu'il faut quand même raconter une histoire, et celle-ci est dense, comme en attestent le nombre important de personnages et de revirements – mais finit par gagner en simplicité dans la conclusion; enfin, les arrêts sur image ont une dimension mortifère car en même temps qu'ils présentent un nouveau personnage, c'est aussi sa mort qui est indiquée à l'écran. Le film n'a donc pas la vitalité de "Casino" ou des "Affranchis" parce que l'histoire est déjà écrite : celle de Scorsese, dont la carrière est derrière lui, mais aussi celle de Franck Sheeran, qui n'a plus qu'à passer dans sa chaise roulante les derniers instants d'une vie de regrets, envahi par la honte de ne pouvoir avouer le meurtre de son ami Jimmy Hoffa. Ce dernier plan, l'un des plus beaux de l'oeuvre de Scorsese, résonne avec un autre, encore plus mélancolique, qui cadre de dos un Joseph Patrick Kennedy paralysé, en train de regarder inconscient le soleil déclinant. Dans un film qui aura sans cesse confronté la petite histoire à la grande et la soumission des gangsters aux politiques, enfin ces deux plans réconcilient deux personnages antagonistes, non dans un combat idéologique mais dans une mort certaine. Que ce rapprochement se fasse par une idée de mise en scène aussi simple et lumineuse déchire, il dit presque à lui seul la grande beauté de ce film qui compte parmi les plus importants d'un cinéaste définitivement immense.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 janvier 2020
Annoncé en 2008 déjà, le film voit enfin le jour, 11 ans après, sous la bannière de Netflix. Scorsese nous sert une nouvelle épopée mafieuse avec le brio qu’on lui connaît en nous contant la vie d’un syndicaliste, travaillant pour le compte du puissant syndicat professionnel des conducteurs routiers présidé par l’incontournable Jimmy Hoffa, qui entretient des rapports privilégiés avec la mafia. Dans la lignée des « Affranchis » (un pur chef d’œuvre) et de « Casino » (un très grand film), « the Irishman » est un long et passionnant métrage qui perd cependant de son accroche durant son dernier tiers, de par l’évidence de son dénouement qui se dessine. Comme l’histoire se passe sur plusieurs décennies, le réalisateur a eu recours au rajeunissement numérique de ses acteurs. Mais contrairement à sa mise en scène, cette pratique n’est pas totalement maîtrisée mais n’interfère nullement sur la qualité globale du film. Pour l’occasion, Joe Pesci est sorti de sa retraite et retrouve Robert De Niro et Harvey Keitel (participation décharnée) ainsi qu’Al Pacino pour ce qui est sa toute première apparition devant la caméra de Marty Scorsese. Après des années de disette, le jeu de ce dernier retrouve enfin de son éclat.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 16 décembre 2019
Parfaitement soporifique
Je l'ai regardé jusqu'à la fin, pour les acteurs.
C'est une suite de séquences interminables, totalement inintéressantes pour la plupart.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 janvier 2020
The Irishman est peut-être le film ultime de Martin Scorsese.

Le casting est au sommet. Scorsese reprend ses acteurs fétiches. Robert de Niro est impeccable en gangster vieillissant. Sa complicité avec Joe Pesci marche à la perfection (les deux acteurs ayant collaboré plus d'une fois, notamment sous la caméra de Scorsese). Al Pacino est tout bonnement génial. Il s'agit ironiquement de la première collaborateur entre l'acteur (l'acteur de films de mafia par excellence) et le réalisateur (le réalisateur de films de mafia par excellence). Le reste est de très haut niveau : Ray Romano, Bobby Cannavale, Anna Paquin, Stephen Graham, Harvey Keitel.
Les technologies de rajeunissement sont plutôt convaincantes (particulièrement pour Joe Pesci, un peu moins pour de Niro, notamment ses yeux).

L'intrigue est scorsesienne au possible. Toutes les thématiques sont là : les gangsters, l'amitié, la violence, les tempéraments impulsifs s'opposant aux tempéraments raisonnables. Les allers-retours dans le passé sont très cohérents. Les décors et la plongée dans le passé sont très convaincantes.
Le film est en revanche extrêmement long. Je l'ai vu en plusieurs fois et ça ne m'a pas manqué (le voir d'une traite est un sacré marathon).

C'est sans doute le plus scorsesien des films de Scorsese. Ce n'est pas le plus original ni le plus innovant (car du coup, tous les codes de sa filmographie sont présent), mais le réalisateur est clairement au sommet de son art. Dommage qu'il ne puisse être vu sur grand écran.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 décembre 2019
3h26 de grand cinéma. Martin Scorcese nous livre ici une oeuvre magistrale avec surement la dernière confrontation de ces géants du grand écran que sont Robert de Niro, Al Pacino et Joe Pecci. L'émotion m'a étreint jusqu'à la dernière minute (la fin est sublime) Je recommande ce chef d'oeuvre + + +
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 1 décembre 2019
Quoi de neuf ? Que du vieux !
Un casting raté, pour une histoire de plus sur la mafia, pas aidée par une narration laborieuse et des personnages sans relief...
Malgré tout le respect et l'affection que je porte à Scorsese, The Irishman nous fait tourner en rond, au déambulateur.
Déçu.
NotThatYouThink
NotThatYouThink

46 abonnés 281 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juillet 2022
“The Irishman” réunit tout le savoir-faire et l’atmosphère de Martin Scorsese. Un film très mature et complexe tant il y a un nombre important d’acteurs et de figurants. Il réunit également la crème de la crème des comédiens, notamment avec le solide trio DeNiro/Pesci/Al Pacino, tellement appréciable de les voir à nouveau à l’écran (notamment Joe Pesci). Un film historique sur fond de politique qui propose une structure qu’on a l’habitude de voir chez Martin et on y prend goût. Toutefois les 3h30 de films présentent des longueurs, mais surtout un nombre conséquent d'informations qu'il est bon de retenir pour la suite, de même que l’histoire est complexe car présente énormément de personnalités et d’importants enjeux politiques pour l’époque. Il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre et assimiler le lien étroit entre la mafia italo-américaines avec le syndicat de Jimmy Hoffa et les tensions entre John Fitzgerald Kennedy et Jimmy Hoffa. Mais c’est très appréciable de visionner des faits historiques tout en sachant qu’on propose ici du cinéma travaillé de bout en bout. Les effets de rajeunissement et d’évolution dans le temps des personnages sont également très réussis, les scènes prennent le temps d’être posées, pas de fioritures, les séquences de meurtres vont à l’essentiel. Le rythme est lent dans son ensemble pour laisser plus de profondeur aux personnages principaux. spoiler: J’ai d’ailleurs trouvé la dernière demi-heure très douce et mélancolique, axée sur la fin de vie.
“The Irishman” correspond tout à fait à ce qu’on attend de Scorsese, dans sa structure, dans sa narration ainsi que dans sa manière d’amener les choses, bien plus posés de ce que j'ai pu voir avec “Le Loup de Wall Street" (2013). Si vous avez adoré “GoodFellas” (1990) ou “Casino” (1995), vous apprécierez “The Irishman”.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

142 abonnés 557 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 décembre 2019
Bon, Scorsese et les films de mafieux c'est juste plus possible. Dans les années 90 je trouvais deja Casino" de trop dans la filmographie du bonhomme mais là c'est le summum. Je n'ai jamais vu un Scorsese aussi insipide et sans relief. Aucune fulgurance de mise en scène ou d'écriture, des tonnes de scènes sans intérêt qui n'apportent rien et ne font pas avancer le récit. C'est du cinéma à bout de souffle et de saturation. On dirait regarder un film de vieux copains qui se retrouvent pour nous dire qu'ils sont encore là et qu'ils ont encore à donner. Sauf, que c'est pour une histoire vue et revue sur les règlements de compte de la pègre italo-américaine traitée et narrée une énième fois de la même façon. MS n'a plus rien de neuf à raconter et se recycle, si vous en avez votre claque de son cinoche sur le grand-banditisme passez votre chemin.
VinceHanna
VinceHanna

86 abonnés 136 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2022
Al Pacino, De Niro, Pesci, Et le maître Martin, que peut-on vouloir de plus ? C'est ici la fresque d'une vie, le film prend son temps, et c'est une très bonne chose. Merci à Netflix d'avoir financé ce bijou dont aucun studio ne voulait, ce qui est une honte. Les effets de rajeunissement se voient parfois, seul petit bémol, autrement, merci messieurs,et bravo pour votre génie.
Nicolas S
Nicolas S

5 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2019
Tout simplement grandiose , retenez bien ce film car il restera dans l'histoire du cinéma pendant très longtemps. Ces un honneurs pour moi cinéphile d'avoir eu la chance de voir al pacino Robert de Niro et joe Pesci dans le même film!
Louis S.
Louis S.

2 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2019
Long.

Oui c'est long, mais qu'elle plaisir de voir un film complet comme celui-ci. Il ne manque rien, action, amour, trahison, amitié, regret. The Irishman est le final magnifique de l'énorme carrière du casting présent : Robert de Niro, Joe Pesci, Harvey Keittel et Al pacino.

The Irishman est et restera la perfection qui aura clôturé l'immensité de ce cinéma et de ces acteurs.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 15 octobre 2019
Vu en salle a Lyon, un grand film testament qui étire avec délectation les performances d'acteurs immenses. Un final poignant
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2019
Génial, passionnant, 3h30 de pur bonheur !!!! Ce film est un chef d'œuvre de Martin Scorsese, avec un trio d'acteur excellent et incroyable. Les trois acteurs méritent un oscars! Les costumes, la photographie, les décors et les coiffures sont une énorme réussite ce qui fait découvrir aux spectateurs un des plus beaux films de l'année 2019.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 décembre 2019
Magistral.
Tout est maitrisé à la perfection, rien n'est laissé au hasard. Le casting est incroyable, De Niro irréprochable, Al Pacino superbe dans un rôle à sa hauteur. Il y a ici 50 ans d'expérience et d'expertise cinématographique que Scorcese nous livre comme le dernier joyau de sa couronne, sans originalité particulière certes, mais avec une justesse incroyable.
Concernant les critiques sur la longueur et la lenteur, je regrette simplement que la génération zapping ne sache plus apprécier une histoire racontée patiemment, pleinement, sans cascades, scènes d'actions et rebondissements toutes les dix minutes. Les 3h30 du film servent le propos, à explorer toute la profondeur des personnages, tout le background, les enjeux, les rapports, les détails, la symbolique, et c'est bien là tout l'intérêt.
Du grand Cinéma avec un C (ou avec un grand N comme Netflix?).
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