DES STATISTIQUES : Ce que sont devenus les joueurs avec cette nouvelle méthode de management directement inspirée de l'ouvrage de Michael Lewis : "Moneyball". C'est alors les moyennes de 'présences à la bases' et de 'puissance' qui sont prises en compte pour évaluer les performances des joueurs permettant ainsi de monter une équipe compétitive à petit prix. Billy Beane, manager des Athletics d'Oakland va pousser cette idée jusqu'au bout allant jusqu'à vendre les joueurs phares de son équipe pour en recruter correspondant aux critères requis. Le film en fait de même et de cette manière refuse totalement de tomber dans la pathos et la mièvrerie caractéristique de ce genre de film faisant l'apogée du sport collective et de l'union autour d'une même cause/but. Ici, ce n'est jamais le cas, jamais de grandes scènes sentimentales/larmoyantes ou de longs plans fixes avec fond sonore visant l'émotion et la stimulation des glandes lacrymales. Non, l'approche est originale voir carrément innovante. C'est un film sur une idée, une méthode et jamais sur les joueurs ou l'équipe, jamais en premier plan du moins. C'est relégué loin derrière que les personnages jouent leur rôle et devant, il y a cette vision, triste, des choses : les statistiques peuvent-elles vaincre la ferveur, la talent, le sport lui-même, ce qui fait le sport en tous cas dans notre conscience collective. La réponse est nuancée, certaines scènes le prouvent, mais c'est malgré tout l'avènement d'une désillusion aussi bien qu'une rupture d'avec la trame classique des films du genre. "Le stratège" est géométrique, mathématique, orienté dans une direction précise et ne s'y perd jamais, tout est si bien maitrisé que le sujet même du film se retrouve dans la manière de mener ce même film... Réalisation impeccable, visuellement très propre, les acteurs irréprochables, Brad Pitt une nouvelle fois époustouflant ( mais ce n'est pas une nouveauté ), un scénario qui tient la route tout du long et déjà quelques scènes/séquences totalement culte ( le manager qui refuse de regarder les matchs, enfermé dans le vestiaire notamment ). Un film à voir qui, étonnamment, n'a nullement défrayé la chronique. Sans doute pas assez de niaiserie et de larmes nauséeuses pour satisfaire les spectateurs venus chercher au cinéma le moyen de remplir le vide que la vie leur a laissé... Une belle plongée dans le monde du baseball dénaturé, transformé mais tourné vers un même objectif : la victoire. L'ultime?