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Un visiteur
3,0
Publiée le 19 janvier 2011
Joli travail que nous propose ici Iñárritu, avec une approche de l'Espagne comme on n'en voit pas assez souvent. Ses bas fonds, ses trafics, ses immigrés clandestins, la galère que vivent la plupart des Espagnols pour survivre aujourd'hui, dans un pays où la chaleur et la joie de vivre ne suffisent plus. C'est d'ailleurs probablement la raison pour laquelle tout est si sombre dans ce long métrage, à part quelques rayons de soleil qui laissent espérer une vaine sortie de la misère que traverse notre héros, l'ambiance générale est en accord parfait avec le propos du cinéaste. Certes, ça fout quand même un peu le cafard, mais de pertinentes touches de poésie et d'étrange nous permettent de ne pas laisser tomber Javier Bardem dans sa traversée du désert [...] Lire la suite : http://jediscajenedisrien.blogspot.com/2010/11/biutiful-alejandro-gonzalez-inarritu.html
Un film qui avait tout pour me plaire : un grand réalisateur, une intrigue sur le sol espagnol, un excellent acteur. Et pourtant je n'ai pas accroché. La faute à ce trop plein de misérabilisme : le père est forcément malade et pauvre, la mère hystérique et instable, le tout sur fond de sans-papiers et autres drames humains. Le tout s'enchaînant maladroitement en une série de scènes ne présentant pas une véritable cohérence. Heureusement, au milieu de tout ce fatras, Javier Barden s'en sort incroyablement bien. Il est ce personnage torturé, ce père aimant, ce pilier et ce sauvage prêt à tout pour survivre. Sa prestation relève généreusement le reste du film.
Inarritu dans tout son art : une tranche de vie découpée au couteau et à l'émotion. Un père galère et touchant au plus profond de nous pour un interprétation divine. Un film brut, une vraie claque.
Au delà des longueurs de ce film, ce qui est le plus dérangeant dans ce film est le parti pris de l'émotion à tout pris. Dans cette dérive d'un homme que tout condamne (non son cancer mais sa connerie), Inaritu se complait à filmer le sordide et la laideur d'une façon peu commune. il n'y a pas grand chose a sauver de tout cela, excepté quelques fulgurances dans la façon de filmer Barcelone. Une grosse déception, mais logique aprés Babel lui déjà trés en deça des deux précédents.
Je m'attendais à un grand film de la part de Inarritu .. Finalement, j'ai été déçu! J'ai trouvé que le film traînait en longueur. Heureusement, Javier Bardem sauve le navire au bord du naufrage.
Un film qui vous prend aux tripes dont on ne ressort pas indemne forcément ! une salle en larmes ! un ton juste à la limite parfois du "too much mélo" des acteurs incroyables Barcelone revisitée un grand Gonzalez Inarritu !
Un très grand film que je classe dans les meilleurs de 2010. Excellent Barden!!! Mais attention : dur, très dur. On ne sort pas indemne. A ne pas manquer.
Je me suis sentie mal à l'aise durant toute la durée du film, crispée, agressée. On n'est pas assis depuis plus de 5 minutes qu'on voit déjà des images d'une aiguilles piquant une veine. C'est un film fait de bruit, de saleté, de violence sourde, de maladie qui ronge, .... c'est éprouvant. Les personnages sont perdus, malades, fous, dépravés, toxico... on n'a donc pas un moment de répit dans cet univers glauque et déprimant. Seuls les enfants apportent une touche d'humanité et d'innocence, mais ce qu'ils subissent ne les laissera pas indemnes. Le chemin vers la mort du personnage principal, Uxbal (Bardem, plutôt impressionnant) est toutefois prenant et ne peut laisser complètement indifférent. Mais la bouffée d'air frais à la sortie du cinéma fait un bien fou !
Après l'excessivement douloureux "21 grammes"; après le pessimisme enragé de "Babel", voici le misérabiliste "Biutiful". En y allant, on sait qu'on va pas voir du cinéma subtile et enjoué. Non, Inarritu cultive l'excès inverse: du sentimentalisme cérébral qui pèse une tonne mâtiné d'un pessimisme outré. En l'occurrence, dans ce film-ci rien ne va dans la société populaire espagnole. Pour preuve la tête de Bardem: il fait la gueule pendant 2h30. Et pour cause, sa famille va mal, ses employés vont mal, sa ville va mal, sa santé va mal. En bref, tout ce qui est dans ce film sent bon la détresse calculée pour donner un "élan" dramatique. Et le cahier des charges pèse lourd. Au énième drame, plus rien n'est crédible. En plus il parle avec les morts malheureux ! Trop c'est trop.
Biutiful est un film superbe. Si l'on devait ne prendre qu'un mot pour qualifier ce film, ce serait "justesse". Biutiful traite d'un sujet douloureux et délicat, celui de gérer sa mort prochaine, afin que celle-ci ne cause plus de problèmes à ceux qui restent. Javier Bardem, qui mérite mille fois son prix d'interprétation à Cannes, nous prend et ne nous lâche pas dans ces rues étroites de Barcelone, où règnent corruption mais aussi humanisme. Ce film est à voir, ne serais-ce que pour ressentir une finesse rarement atteinte dans le traitement d'un sujet aussi sensible. A côté de Biutiful, les Petits Mouchoirs fait pâle figure avec sa brutalité. Si vous avez un choix à faire, soyez juste et allez voir Biutiful, vous en sortirez transformés.
Avec Biutiful, Alejandro Gonzales Inarritu fait son grand retour dans les salles obscures. Le cinéaste mexicain délaisse les dédales scénaristiques et les destins croisés qui structuraient Babel, son précédent film, pour se concentrer sur son personnage principal. Habitant paumé des bas-fonds de Barcelone vivant de trafics divers, Uxbal est un bon père de famille semblant lutter constamment pour survivre. Frappé par le cancer de la prostate, il décide de consacrer les mois qui lui restent à mettre de l’ordre dans sa vie et se lance sur le chemin de la rédemption. Biutiful s’inscrit dans la perspective d’un cinéma de l’effondrement. Son héros est en chute libre, pris dans une tempête qui l’entraine inéluctablement vers la mort. La figure du père est au cœur de ses préoccupations. D’un côté, son propre père mort avant sa naissance qui est exhumé par la force des choses et de l’autre sa propre paternité, et la peur d’abandonner ses enfants. L’angoisse de l’oubli est très présente et cela donne lieu à des séquences très fortes entre Uxbal et sa fille Ana, dont les émotions, la douleur, est filmée avec sensibilité et tendresse. La mise en scène des relations familiales est d’ailleurs probablement le point le plus lumineux du film. Inarritu montre à la fois la violence et l’amour qui lient cette famille instable et éprouvée. Mais le film ne se réduit pas à la sphère de l’intime, il se veut également être un regard posé sur une société en mal d’humanité. Dans les bas-fonds glauques de Barcelone, Uxbal sert d’intermédiaire dans des réseaux d’immigrés clandestins chinois et sénégalais. Cela donne lieu à des séquences remarquables, percutantes de réalisme et de crédibilité comme par exemple l’arrestation violente des clandestins en pleine rue. Inarritu réussit à donner à ses images un impact très fort. Chaque plan frappe par son contenu, sans détours, presque physiquement. Cependant, l’absence de modération du réalisateur en ce qui concerne l’acharnement du sort sur Uxbal ainsi que les détails sordides et misérabilistes crée une surcharge inutile et atténue la dimension spirituelle, la profondeur du film. Javier Bardem est formidable à cet égard car il va à l’inverse de la surenchère : il intériorise, joue tout en retenue, et réussit véritablement à porter le film sur ses épaules. Un prix d’interprétation à Cannes largement mérité, donc. Biutiful est un film saisissant, dense et angoissant offrant une large place au fantastique afin de mieux nous faire éprouver l’intériorité du personnage. Inarritu prend le parti de nous montrer un monde apocalyptique où la mort rôde et où la déshumanisation est proche. Un monde où seuls les liens rassemblant les êtres ou les Pyrénées sont « biutiful ».