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Kinopoivre
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2,5
Publiée le 21 septembre 2009
Le titre est une référence au personnel des entreprises, qu’aujourd’hui on a hypocritement rebaptisé « ressources humaines ». Et c’est au film portant ce titre que le film fait penser, car le sujet est très voisin.
Cela commence en drame et finit en comédie : le personnel d’une entreprise fabriquant des produits pharmaceutiques a été invité à une soirée, dont le prétexte est pseudo-humaniste : se connaître les uns les autres. En fait, évaluer qui va être renvoyé, car le PDG, Philippe Muller, compte vendre ses parts dans un délai de dix mois, et le repreneur, s’il désire garder le personnel fabricant, entend bien faire des coupes claires chez les cadres. On a donc engagé des acteurs pour piéger, et par conséquent choisir, les futurs licenciés. Quand la soirée se termine, le PDG a été enfermé accidentellement dans les toilettes et on refuse de le délivrer, et le dossier des licenciements atterrit entre les mains d’un homme que les vigiles ont pris pour le patron, et qui en réalité est un simple employé (polonais) du service d’entretien. Le dossier explosif finira chez le responsable syndical du personnel...
On finit par s’amuser, mais le début est assez obscur, parce que le réalisateur et sa scénariste ont opté pour une façon de raconter cette histoire plutôt tarabiscotée : quelques scènes clés sont racontées plusieurs fois, donc les retours en arrière abondent, qui fournissent chaque fois les détails qu’on nous a cachés antérieurement. Autrement dit, on fait de la rétention d’information, non parce que c’est nécessaire, mais parce que les deux auteurs trouvent cela plus intéressant. Libre à eux, mais on rappellera que « Ressources humaines », via un récit linéaire, exposait très clairement la lente montée d’un drame moral auquel le spectateur participait, ce qui n’est pas le cas ici. Bref, on reste extérieur, et le but, la prise de conscience du spectateur, n’est pas atteint.
Faute d’émotion, demeure néanmoins le divertissement, qui n’est pas négligeable.
Simple et efficace, « Rien de personnel » nous fait découvrir une fable virtuose sur les travers du travail. Avec un jeu d’acteur saisissant, le film dérange, les victimes deviennent les bourreaux, et vice-versa. Reste juste à savoir de quel coté se ranger. En revanche la réalisation n’est pas toujours à la hauteur du contexte.
Une narration originale, et ensuite? Rien! Une histoire pénible avec des personnages tous plus antipathiques les uns que les autres. Certains, comme le balayeur qui prend la place du président, ou le président chantant sont ridicules. Passez votre chemin...
Rassurez-vous, cela n'a rien de personnel. Je sais bien qu'il s'agit de votre premier film, mais le sempiternel bon coeur de la critique a décidé, cette fois, de ne pas être au rendez-vous. Ne confondons pas empathie et respect pour le travail d'autrui. Pour être franc, votre film m'a paru détestable, mais pour autant, aucune raison de cracher dessus à titre vengeur (car, quelle vengeance?). Non, je me rends compte des moyens déployés, du travail qui a été nécessaire, des peurs, des doutes du métier quand l'on plonge la tête la première dans la cour des grands (casting quatre étoiles et festival de Cannes, s'il vous plaît!). Seulement voilà, vous avez beau être un jeune nouveau, qui plus est du cinéma français, je n'ai aucune raison, pas même une lichette de patriotisme mal dissimulé, pour défendre votre film, tout simplement parce que celui-ci m'a noyé dans un ennui massif contre lequel même la force de mes deux bras n'a pu lutter. Je vous reconnais une certaine assimilation de l'écriture à fragment (quoique plus d'ambition que de codes maîtrisés), et même un sens de la mise en scène qui, ma foi, n'a pas forcément à rougir de quiconque, car voilà, dans toute cette foule, votre objectif n'est jamais au mauvais endroit, sans être vraiment au bon non plus à vrai dire. Mais vous n'êtes pas Robert Altman. Peut-être d'ailleurs n'avez vous jamais voulu y ressembler ou prouver quoique ce soit, mais l'on ne peut s'empêcher, malgré la différence du style, de revenir à la comparaison de ce virtuose de l'architecture artistique. Votre film, lui, manque des fondations essentielles pour bâtir tel récit en un lieu commun qui aurait vite tendance à nous arracher bâillements et fléchissement de la colonne vertébrale. Il ne suffit pas (attention, cela n'a rien d'une leçon), de coller des vignettes de dialogues les unes aux autres en les répétant le nombre de fois qu'il vous chante pour créer tension et attention. Le principe des différents points de vue vir
Dans le contexte actuel de malaise profond au sein de l'entreprise, voici un film qui semble tomber à pic. Non que Rien de personnel ait l'ambition de proposer une analyse profonde du management en temps de crise mais sa façon, ludique, d'évoquer la situation est plutôt pertinente. Pour une fois qu'un film français s'intéresse à la structure de la narration et s'amuse à brouiller les pistes, en détruisant la linéarité du récit, avec son montage à plusieurs étages, on ne va pas se plaindre. Le problème est que la forme est largement supérieure au fond, somme toute banal avec cette soirée cocktail/coaching qui est une variation sur des thèmes déja vus (notamment dans Que les gros salaires lèvent le doigt). La mise en scène n'est pas non plus à la hauteur de l'ambition, un peu de plus de folie et de comédie auraient poussé le thème jusque dans ses retranchements. D'autant que la partition est jouée par des concertistes en tous point remarquables, Darroussin et Podalydès, en tête. A moitié convaincant donc, mais plus que recommandable.
étonnant de voir comme les personnes mettant zéro étoiles sont incapables de retenir un titre de film (ressources humaines et pas relations humaines!). ce film n'est pas parfait mais est loin d'être mauvais par son traitement:-répétitif pourquoi?parce que tout les employés deviennent des robots qui ne se rendent même pas compte que leurs gestes deviennent automatiques -confus en apparence pourquoi? parce que chacun joue un rôle qu'il modifie selon la personne avec laquelle il parle, laissant place à toutes les hypocrisies et les bassesses possibles. de plus, le patron a beau être une belle pourriture, le metteur en scène traite indirectement du problème de l'ouverture des marchés (le faux homme de ménage est bien le futur repreneur de la société. étant polonais, cela nous rappelle l'hypocrisie de l'"entreprise française"...). bref un film qui ose et qui user donc de figures reconnaissables (ce que certains appelleront clichés): la promotion canapé, le souffre douleur...
Comment faire d'un sujet intéressant un film qui ne l'est pas et pour lequel il manque une qualité essentielle : le rythme. C'est assez barbant, on a du mal a se passionner pour l'intrigue et les acteurs n'y sont pas étranger. C'est dommage mais espérons qu'un réalisateur plus talentueux saura exploiter un thème d'actualité et qui touche beaucoup d'entre nous.
Le procédé de la même scène vue sous l'angle des différents protagonistes n'est pas nouveau mais il est ici plutôt bien réussi. Le scénario est habile et dévoile au fur et à mesure les faits et l'évolution des personnages. On va de surprise en surprise et nos certitudes tombent les unes après les autres au fur et à mesure de l'avancée du récit. Les apparences sont parfois trompeuses et il faut bien s'en méfier. Chaque personnage le découvrira à ses dépends. Le casting est de choix. Outre les très bons Denis Podalydès, Jean-Pierre Darroussin, Zabou Breitman et Pascal Greggory, on retrouve Mélanie Doutey déjà à l'affiche d'une film d'entreprise (Fair play) en 2006 et l'excellent Bouli Lanners interprète et réalisateur du très réussi Eldorado. Un regard lucide et réaliste sur la vie en entreprise faisant bien écho à l'ambiance sociale actuelle. Mise en scène sans surprise mais un scénario malin. Une belle brochette d'acteurs très convaincants. Une bonne comédie acide sur le monde du travail. Un premier long métrage réussi.
Un film remarquable (quelle tristesse de voir des spectateurs mettre zéro étoile à une telle oeuvre) qui joue sur différents tableaux avec un scénario destructuré parfaitement adapté à ce jeu du chat et de la souris dans une entreprise sur le point d'être cédée à un nouveau patron... Bien sûr, les cadres ne sont pas mis au courant mais on leur offre une sorte de cocktail d'adieu humiliant et terrifiant... Le cinéma français est vraiment bien différent du cinéma américain où seuls les super-héros semblent désormais avoir droit de cité. Pathétique pour Hollywood...
Un bon sujet, bien qu'un rendu spécial. La volonté du réalisateur consistait à montrer combien une entreprise pouvait parfois ressembler à un panier de crabe tout en jouant entre manipulation des employés et manipulation des spectateurs. C'est pourquoi le raout organisé dans l'entreprise de pharmacie Muller, avec, en plus du personnel, la présence de "coachs" et de notateurs, se voit filmé sous des angles différents, certaines scènes revenant de façon récurrente avec, à chaque fois, des détails supplémentaires qui font évoluer la perception qu'on a des personnages. Tout cela est bel et bon. En prime, de ces bonnes intentions et une excellente distribution (Darroussin, Podalydes, Mélanie Dotey, Zabou Breitman, Bouli Lanners, Pascal Greggory, ...), lje trouve qu'il manque une fin.
Si le contexte narratif s'inscrit dans la lignée des films décrivant l'univers oppressant de la grande entreprise (Cantet, Moutout...), "Rien de personnel" bénéficie d'un scénario à tiroirs complexe et jouissif qui apparente ce vaudeville cauchemardesque à une véritable mise en abime de nos rapports sociaux. Pour un coup d'essai, un coup de maître !