Lorsque vous placez votre curseur sur la 5ème étoile en rédigeant votre avis, il est écrit "Chef-d'œuvre". Et en effet, bien au delà de quelques étoiles insignifiantes, c'est bien d'un chef-d'œuvre dont nous parlons ici.
2 monuments du cinéma américain, Robert De Niro et son charisme sans pareil dans le rôle du "méchant" qu'on aime dès le départ, et Al Pacino et ses airs mafieux en inspecteur vouant une étique absolue à son acte.
C'est un film où, quoi que vous puissiez penser, vous ne choisissez aucun camp. Vous êtes avec tout le monde. Et (spoiler alerte), que l'on perde De Niro ou qu'on ait perdu Pacino lors de la scène de fin, on est forcément attristé par celle-ci.
Ils s'étaient promis de ne pas se laisser entraver, ou de ne pas se laisser surpasser, et l'un d'eux a atteint son objectif quand l'autre a admis, criblé de balles, dans son dernier souffle, qu'il acceptait sa destinée, aussi tragique soit-elle.
2 âmes presque sœurs dans une société où tout les oppose. En y réfléchissant, l'on peut alors se dire qu'à un autre moment, dans un autre contexte, un autre monde, ces 2 là auraient été frères. Même ténacité, même pugnacité, même volonté de terminer le travail en cours selon les règles de l'art, mêmes valeurs, tout les rapprochait, et pourtant, seul l'un d'eux a terminé la course. L'un pour l'autre ils ont tout abandonné : leur femme, leurs amis, leurs limites. Pour chacun d'entre eux, plus qu'une chose n'existait : l'autre.
C'est cette histoire qui ne peut pas vous laisser indifférent. Ce parallélisme permanent, maitrisé à la perfection par un réalisateur qui pourrait renvoyer derrière les caméras tous les autres tant la maîtrise du détail se ressent de l'autre côté de l'écran.
Amateurs de réalisme et d'immersion, vous serez également servis. En plus de dialogues soutenus et intelligents, de voix Off particulièrement originales (loin des standards actuels), vous trouverez un monde ancré dans un Los Angeles presque naturel. Une police d'origine, des acteurs formés au braquage comme s'ils le commettaient vraiment, et une atmosphère aussi tendue que durant le chaos qu'un tel braquage provoquerait. Tout vous plonge là dedans.
Et enfin, cette scène de fin. Cette poignée de main. Cette cerise sur un gâteau déjà succulent, qui nous ramène à ce diner en tête à tête reconnu comme une des scènes les plus marquantes du cinéma américain. Fantastique.
Peut être ne suis-je pas totalement objectif tant heat a frappé mon âme de spectateur amateur, mais, à titre personnel, il est l'un des rares, pour ainsi dire l'un des seuls films à m'avoir autant surpris, sur tous les points.
Premier & dernier commentaire sur Allo-ciné pour un film qui le mérite, 30 ans après !