Ce n'est clairement pas un grand film. Avec ce casting 5 étoiles on obtient rarement une œuvre inoubliable. Le scénario manque de subtilité, de finesse, de twists qui permettent à ces grands acteurs d'exprimer tout leur talent. On reste dans le Vaudeville de base, avec un trio Marielle-Rochefort-Noiret qui fait le job, un Blanc peu crédible mais une Jacob qui est au niveau. Elle est excellente mais a du mal à tirer le reste de la troupe à ses côtés. On passe un très bon moment, avec une musique entraînante. Mais le film reste une sorte de mousse chantilly. Une fois fondue il ne reste pas grand chose dans la bouche.
Bien car le film fait appel à ma nostalgie de ces acteurs. Je suis heureux de les retrouver dans ce grand cabotinage théâtral.
C'est bien là la force du film, comme au théâtre ils en rajoutent, ils en font des tonnes mais la force des grands acteurs réside dans le fait que malgré tout, ils restent justes. Avoir ces trois Messieurs plus Catherine Jacob et de très bon seconds rôles dans cette grande farce est un régal. Marielle tire son épingle du jeu et est hilarant.
Le scénario reste maigre donc je ne peux pas aller jusqu'au 4 étoiles mais je sais que je le regarderai encore et c'est bon signe.
On a bien compris que Patrice Leconte voulait recréer la magie du trio Noiret-Marielle-Rocherfort mais cette sous-comédie se prend les pieds dans le tapis. Un comble quand on a autant de talent sous la main - sans oublier Michel Blanc et Catherine Jacob - que de saloper autant le scénario et les dialogues. C'est encore plus mauvais que la pièce de boulevard dont ça se moque.
Mettez trois immenses acteurs sur une scène de théâtre, donnez-leur quelques répliques efficaces que Michel Audiard n'aurait pas reniées, un scénario solide sous la baguette de Patrice Leconte, et c'est parti ! George Cox (Jean-Pierre Marielle) se plaignant de ses voisins, se veut perspicace : "C'est le voisinage qui a détruit le civisme, les gens sont devenus mabouls !" Un peu plus tard, Eddie Carpentier (Jean Rochefort) succombant aux charmes Carla Milo (Catherine Jacob) : "Je ne déteste pas les femmes à lunettes sombres, ça leur donne un genre énigmatique, qu'il est assez agréable de profaner." Ou encore Victor Vialat (Philippe Noiret), truculent au restaurant : "À boire pour tout le monde, du cul, du nichon, des gâteaux !" Dans la même veine, qui pousserait les féministes de tous poils à demander l'interdiction du film, cette réplique délicieuse déclamée par Jean-Pierre Marielle pensif : "Il y a deux races de femmes, les frappées et les sournoises." Découvert en 2024, soit 28 ans après sa sortie, ce film est intemporel et n'a pas pris une ride. À (re)voir pour se délecter du jeu de ces acteurs exceptionnels.
Etant moi-même dans le spectacle j'y retrouve pas mal de personnalités, certes caricaturées à l'extrême, ainsi que des situations comme le sois de la première, là aussi très caricaturées, et c'est sans doute pourquoi j'ai vu ce film avec plaisir. Le scénario est assez succinct, presque tout est une affaire de comédiens, là bien sûr on est servi ! Mis à part le trio vedette, je souligne la performance de Catherine Jacob, et une petite déception quant à Michel Blanc qui ne semble pas à l'aise dans ce personnage. Mention spéciale pour la toute jeune Clotilde Courau qui, avec une petite place seulement dans ce film, montre sur une scène un talent déjà évident, sans oublier la scène où elle converse avec les trois "grands ducs" qui est à voir. Bref, c'est presque un complément au film "Le sens de la fête" dans le côté "coulisses du métier", même si ici la caricature est très délirante. C'est d'ailleurs comme ça qu'il faut se laisser embarquer : c'est un gros délire bien mené, avec des pointures qui jouent sans doute les "minables" en ayant bien intégré ceux qu'ils ont pu croiser au fil des ans ! Après, ce n'est pas le film du siècle bien que ce soit une bonne surprise. Ce qui pêche malgré tout selon moi c'est l'esthétique des années 1990, celle des années 70 aurait mieux collé, mais c'est comme ça, et dans un sens le côté "toc" de ces années colle parfois au délire. Pareil pour la musique, de qualité certes, mais un peu fatigante à la longue.
Malgré sa bouffonerie et certains moments qui peuvent paraitre digressifs, le film de Patrice Leconte exprime habilement et nons sans empathie la condition d'une certaine catégorie d'acteurs, comédiens ringards ou, au mieux, vieux routiers anonymes de la scène à l'affût d'un cachet. Au cours d'une tournée minable et alimentaire en province, l'orgueil des uns et la vanité mal placée des autres, le trac et le cabotinage caractérisent l'existence mouvementée de la troupe, compliquée par l'action d'un producteur ruiné (Michel Blanc, peu convaincant dans un rôle introduisant des situations excessives). Articulées autour de trois vieux professionnels, chacun exprimant à sa façon sa frustration de n'être qu'un comédien de second ordre, les représentations de la probablement indigeste comédie de boulevard "Scoubidou" accumulent les incidents. L'ronie de Patrice Leconte est acérée et le trio Noiret-Marielle-Rochefort s'en donne à coeur-joie. Certes, la comédie, rythmée comme du boulevard précisément, aurait mérité plus de subtilité mais on s'attache aux personnages et à leur délicate nature d'artistes en mal de reconnaissance.
"Les Grands Ducs," dirigé par Patrice Leconte et sorti en 1996, est une comédie française qui s'immerge dans les péripéties de trois vieux comédiens déclassés, interprétés avec brio par Jean-Pierre Marielle, Philippe Noiret, et Jean Rochefort. Le film tisse une trame narrative autour de ces acteurs au crépuscule de leur carrière, qui saisissent désespérément une ultime occasion de briller sur scène malgré les manigances d'un producteur véreux, incarné par Michel Blanc.
Là où "Les Grands Ducs" excelle, c'est dans son habileté à capturer l'esprit du théâtre et la camaraderie entre les acteurs. Le trio principal livre des performances empreintes de nostalgie, de dérision et d'une subtile mélancolie, évoquant une profonde réflexion sur le vieillissement, la gloire éphémère, et la quête incessante de reconnaissance. La dynamique entre Marielle, Noiret, et Rochefort est palpable, enrichie par leur longue et distinguée carrière, offrant des moments de pur délice cinématographique.
Cependant, le film peine à maintenir un équilibre cohérent. Si l'on apprécie les dialogues ciselés et le ton léger qui caractérise l'ensemble, "Les Grands Ducs" souffre par moments d'un rythme inégal et d'une direction qui semble hésiter entre la farce et le drame. Les tentatives de satire du monde du spectacle et de critique sociale se perdent parfois dans des scènes qui auraient gagné à être davantage développées ou affinées.
La mise en scène de Leconte, bien que compétente, manque parfois d'audace, se reposant largement sur le charisme de ses acteurs principaux pour compenser les faiblesses du scénario. La musique, signée Angélique Nachon et Jean-Claude Nachon, ainsi que la photographie d'Eduardo Serra, contribuent à créer une ambiance qui oscille entre la nostalgie et la comédie, sans toujours trouver le ton juste.
En somme, "Les Grands Ducs" est un film qui, malgré ses imperfections, se distingue par la qualité de son interprétation et par certains moments de grâce théâtrale. Il rend un hommage touchant, bien que parfois maladroit, à la vie d'artiste, capturant avec tendresse les rêves et désillusions de ses protagonistes. Un spectacle qui, sans atteindre les sommets de l'excellence, reste une pièce notable dans l'œuvre de Patrice Leconte, évoquant la fin d'une époque avec un sourire teinté de tristesse.
Avec ce trio génial d'acteurs (et non ce trio d'acteurs géniaux, tant Rochefort, Noiret et Marielle composent à eux trois une sorte de méta-acteur, une hydre prodigieuse de la comédie française), on a eu le magnifique Que la fête commence, de Tavernier, et ça. La comparaison est douloureuse, la faute sans doute à un traitement caricatural des personnages - seul Marielle est crédible - et à d'épouvantables seconds rôles. Catherine Jacob est malheureusement égale à elle-même, et; plus surprenant, Michel Blanc est tellement mauvais qu'il semble pour une fois vraiment déprimé (pas déprimé-combatif à la Jean-Claude Dusse, déprimé-déprimé). Alors il y a des moments divertissants, et puis c'est un bonheur de voir les trois acteurs principaux... Mais si on n'est pas un inconditionnel, on peut éviter.
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1,5
Publiée le 30 août 2021
Après une série de films tous excellents depuis Tandem Les grands ducs est la première vraie déception venant de Patrice Leconte. Que dire de ce film ce n'est pas un film vraiment mauvais non. Ce qui surprend c'est la rapidité avec laquelle Leconte l'a tourné. Il donne l'impression d'une histoire qui est vite faite et quelque peu bâclée c'est pourquoi il apparaît comme décevant. D'accord Patrice Leconte a adopté une réalisation vive et rapide pleine de liberté et de mouvements pour ses acteurs et il est évident qu'il a donné carte blanche à Jean Rochefort, Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle. Ces trois solides gaillards s'amusent énormément dans leurs rôles respectifs mais pas le spectateur malheureusement. Bref la mayonnaise ne prend pas car le rythme est trop rapide pour s'intéresser réellement à l'histoire. Leconte aurait dû faire preuve de plus de rigueur il y a trop de liberté et trop de gestes qui finissent par épuiser l'attention. Les grands ducs reste un film grandiloquent et excessif qui a ses séquences drôles mais qui n'est pas à classer parmi les œuvres majeures de Leconte...
Une comédie sympathique qui tourne un peu à vide mais qui vaut surtout le coup d'œil pour le cabotinage du savoureux trio d'acteurs Marielle/Rochefort/Noiret.