The Terrorizers
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 10 février 2012
Inédit chez nous lors de sa sortie, ce n’est qu’à la fin de l’année 2011 que The Terrorizers (1986), "Kong bu fen zi" de son titre original, a pu bénéficier d’une exploitation (certes sommaire) dans l’hexagone. Ne vous fiez pas au titre, le film n’est en rien un thriller ou polar auquel on pourrait s’attendre, du moins si vous ne connaissez pas Edward Yang. Grand cinéaste de la "Nouvelle Vague taïwanaise", Edward Yang à qui l’on doit Yi Yi (2000) a réalisé ici un polar assez complexe tant dans sa forme que dans son contenu (si vous n’avez jamais vu les films de Edward Yang, vous allez être surpris). A trop avoir voulu rendre ses scènes incomplètes ou abstraites, le spectateur fini rapidement par lâcher prise, perdant le fil conducteur et finissant complètement par abdiquer devant une œuvre soit disant "auteurisante".
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2025
"Dans The Terrorizers, Edward Yang ne filme pas des terroristes, mais des êtres ordinaires qui, par de simples gestes — un appel téléphonique, une phrase lâchée à la va-vite, un silence trop long — fissurent la vie des autres. Ce troisième long-métrage du cinéaste taïwanais s’ouvre sur une fusillade dans un immeuble, point de départ d’un récit choral où quatre destins s’entrecroisent sans jamais vraiment se rencontrer, comme si Taipei elle-même se chargeait de les rassembler pour mieux les disloquer. Un jeune photographe obsessionnel, une adolescente insaisissable, un médecin prisonnier de sa routine, et Zhou, écrivaine en panne d’elle-même : autant de trajectoires brisées que le film assemble patiemment, sans jamais prétendre qu’elles formeront une totalité."

"Dans ce Taipei moderne et oppressant, chacun se fait, malgré lui, « agent de la terreur », évoqué par le critique Jean-Michel Frodon. Le titre peut prêter à confusion. Il ne s’agit pas d’une terreur politique, mais d’une terreur intime, sourde, presque triviale. La terreur de l’appel qui perturbe, du choix qu’on regrette, de la vérité qu’on tait. La terreur aussi de cette ville qui fragmente les êtres, les place dans des cadres trop étroits ou trop larges, les éloigne malgré leur proximité physique. Yang filme Taipei comme un organisme indifférent, comme une modernité froide où l’on se perd plus vite qu’on ne se rencontre."

"C’est dans ce décor que les personnages évoluent, chacun enfermé dans sa propre logique, dans ses propres illusions. Le photographe traque une image qui le dépasse. Le mari se noie dans son ambition professionnelle. L’adolescente s’amuse à provoquer des chaos invisibles. Zhou, elle, essaie de sauver ce qu’elle peut encore écrire — ou ce qui reste de sa vie. Au fil du film, on se surprend à croire que les mots qu’elle couche sur le papier influencent la réalité elle-même, ou que la réalité se glisse dans son roman, à moins que ce ne soit l’inverse. Yang laisse volontairement la ligne trouble : son film suit le fil d’un manuscrit en cours, hésitant, vibrant, parfois contradictoire, toujours conscient de lui-même."

"Formellement, Yang orchestre un ballet de distances. Les personnages sont souvent séparés par un couloir, une vitre ou un cadre dans le cadre. Même lorsqu’ils partagent le même espace, ils demeurent isolés, comme s’ils n’avaient pas été filmés ensemble. Rarement le cinéma aura capté avec autant de finesse la manière dont la solitude s’installe entre deux corps, deux esprits et deux vies. Une scène de jeu d’ombres, où le jeune photographe renvoie le reflet de la White Chick, devient alors l’une des rares fulgurances de fusion — brève éclaircie dans un récit où les êtres se manquent toujours."

"On pourrait alors dire que The Terrorizers parle de modernité, de désir, de crise créative, de désorientation urbaine. C’est vrai. Mais le film parle surtout de la façon dont nos existences, aussi insignifiantes soient-elles, rebondissent les unes contre les autres. De la manière dont nous devenons, sans le vouloir, des perturbateurs, des « terrorizers » au sens le plus intime du terme. Et que cette chaîne d’interactions, que personne ne maîtrise vraiment, peut conduire à une secousse finale qui laisse le spectateur face à sa propre lecture du film."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2025
Je me suis encore pris une claque devant un film d'Edward Yang. Celui-ci est un peu moins maîtrisé et davantage laborieux dans sa narration que ses réussites ultérieures, telles que Mahjong, Confusion chez Confucius et bien sûr Yi Yi, ce qui fait que je m'acheminais plutôt vers le 7/10.

Mais la fin complètement incroyable m'a retourné la tête, et a remis en perspective l'ensemble du film, pour en faire une fois de plus une œuvre puissante et désenchantée. En effet, The Terrorizers ce ne sont pas les terroristes (nous ne sommes pas devant un film d'action), mais tout ce qui terrorise les contemporains de Yang, notamment cette angoisse moderne existentielle, dans un monde où l'argent est roi et où les relations de domination et de pouvoir brisent les individus.

Edward Yang, comme à son habitude, use d'un film choral, en s'attardant sur plusieurs personnages. Le long métrage met du temps à s'installer, et pendant un long moment, on peine à comprendre où le cinéaste veut nous emmener, et quels sont les liens entre les personnages. Mais peu à peu, le dispositif implacable se met en place, jusqu'à cette fin, véritable coup de poing dans le ventre, tout en étant brillante formellement.

Edward Yang n'est clairement pas juste le réalisateur de Yi Yi, sa filmographie est passionnante et démontre le talent fou qui était le sien. Je ne peux que vous inciter à vous plonger dans ses autres films, dont la plupart ressortent en ce moment en salles en France.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 406 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 février 2023
On ne présente plus Edward Yang, représentant majeur de la nouvelle vague Taïwanaise avec Hou Hsiao Hsien, qui à la différence de ce dernier passa une décennie aux usa avant de revenir sur sa terre de naissance.

Son décès prématuré n'empêcha pas le realisateur de " the terrorizers" de laisser une fimographie de premier ordre, récompensée dans des festivals internationaux ( Locarno et Cannes ou son dernier opus obtint le prix de la mise en scène :"yiyi" (2000), sans doute son film le plus vu dans l'hexagone).

Pourtant, " The terrorizers", son troisième film, peu diffusé sur le continent européen ( sorti en 1986, il ne fut projeté en salles en France qu'en 2011) malgré ses grandes qualités et son prix obtenu à Locarno.

Edward Yang ( peut-être grâce à son expérience vécue à l'étranger) compris à quel point les changements techniques et la modernité allaient modifier les comportements personnels et les relations à l'intérieur du couple.

Autour du portrait de trois couples ( l'un occupe tout de même l'axe central), c'est une photographie clinique de leur désagrégation intime, de leur solitude et de l'impasse dans laquelle leur existence se trouve plongée malgré eux.

On ne peut s'empêcher de penser que Tsai Ming Liang ( représentant de la seconde vague Tawainaise et résident à Hong Kong) ne s'inspira pas de l'univers décrit ici par Yang ( lui-même sans doute inspiré par Antonioni) .

Film admirable, d'une très grande maîtrise formelle, c'est un des fleurons de la filmographie de son auteur.

Toutefois, il faut avertir le spectateur éventuel : " the terrorizers" s'adresse en priorité aux aficionados du cinéma intimiste et psychologique.

Ajoutons que le titre du film renvoie aux tourments internes des personnages et doit être pris uniquement au sens métaphorique.
La_Mort_Dans_L_Oeil
La_Mort_Dans_L_Oeil

38 abonnés 248 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 décembre 2011
Attention, ici on passe un cran au dessus. Avec une précision inspirée et plastique, Edward YANG compose une construction presque abstraite, sophistiquée en tout cas, mais jamais froide (tout juste vêtus, t-shirt en coton à manches courtes, caleçon, fenêtres ouvertes, voiles qui se soulèvent) joue avec les angles des immeubles modernes en verre, des réseaux urbains de circulations, des appartements, les séparations nettes, distribue les cartes avec une adresse tranchante, à nous de les saisir, de recomposer l'image diffractée pour se recomposer un jeu. C'est un peu comme rester subjugué devant le plan graphique d'une ville inconnue dans laquelle vous seriez jeté sans prévenir, fasciné par ses structures portantes, la beauté de sa complexité. C'est entendu : une carte n'est pas le territoire... rien n'empêche de jouer avec les légendes, les échelles, les fantasmes, les représentations, les fragments redécoupés, rapprochés, recollés... Informations délivrées une à une, successives, cadrées ; des images, des sons, un coup de fil, un coup de feu, un corps face contre terre, à même la rue, sur le bitume. Des policiers qui déboulent. Là le jeune photographe shoote une jeune fille aux cheveux courts qui se sauve par la fenêtre ; ce couple où la communication coince, tombe invariablement sur un os : d'un côté le petit médecin hospitalier qui convoite le poste de chef de service et sa femme, écrivailleuse frustrée, dont la parole fuite, dérive entre fiction et réalité. Vous tentez de relier, rapprocher, renouer, et peu à peu l'image semble se reconstituer... Et c'est là que vous vous rendez compte qu'il y a en fait peut-être des dimensions supplémentaires, voilées... que les récits ont peut-être été fondus, déformés, la réalité infiltrée, contaminée... insaisissable fétiche...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 novembre 2011
J'ai vu le film à la cinémathèque française pour la retro Edward Yang, c'est vraiment une œuvre magnifique, pleine de poésie à la fois tortueuse et sentimentale. Ce film pose de nombreuses questions sur la mort, les relations entres les personnes, l'Amour à travers des portraits d'individus tous différents mais qui se retrouvent liés d'une manière ou d'une autre. C'est un film dans la même veine que Yiyi qui malheureusement n'a pas pu connaitre ce même succès...
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