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Un visiteur
3,0
Publiée le 14 juillet 2010
Ozon le cinéaste dérangeant approche encore une fois l'intime humain pour explorer des chemins d'une exceptionnel véracité. Celle tabou qui fait des êtres complexes et libres dans la douleur. Celle qui prend le plus de temps...
Du peu que je connais de lui, François Ozon le bourgeois, a toujours eu le chic pour m'horripiler. Voir cette apparemment cucul histoire de femme enceinte commencer dans un appartement du 16ème laisser présager le pire. Mais, en fait, l'extrême écart entre le ton romantique et bourgeois-libertaire et la question sociale ici présente sous la forme de l'incompatibilité entre grande et petite bourgeoisie ou de l'accoutumance à la drogue finit par produire un certain effet. Bien que tout y soit irritant -comme cette infâme Sonate au Clair de lune, le ton pédant des acteurs ou encore le caractère insupportable de la future mère-, on s'intéresse malgré tout à ce dénouement tout en douceur. Sobre et snob à la fois, fallait oser.
Un film intimiste, d'une grande sensibilité. François Ozon aime filmer les femmes, il les magnifie, et ici il s'est surpassé. Isabelle Carré est magnifique et son jeu est juste, sobre, impeccable. Louis-Ronan Choisy n'est pas en reste. Pour son premier rôle, il est épatant. A la fois très sensible et en même temps il apporte un élan de fraîcheur. Les personnages sont bien étudiés, fouillés, des personnages en marge, mal aimés, qui se ressemblent et se rapprochent. Le scénario ne déborde pas de grandes actions, tout est dans le ressenti et l'évolution des relations entre les personnages, l'évolution des personnages tout simplement. Globalement, et contrairement à ce que laissent penser le pitch et la bande-annonce, le film est plutôt positif. Pas larmoyant, mais touchant, et si on verse une larme, c'est avec le sourire. La musique est très jolie, même si faire chanter Louis-Ronan Choisy pendant le film n'était pas forcément nécessaire, puisque ça le fait un peu sortir du rôle. En revanche, le "rôle" du piano est une très bonne idée. La mise en scène est sobre et l'image est très belle. Comme quoi, même en tournant en numérique, on peut faire des images de cinéma, avec peu de profondeur de champ, de jolies couleurs, du contraste. Les gros plans sont assez nombreux et tous d'une grande beauté. Une fois de plus, François Ozon signe un film personnel, intimiste, un film d'auteur sans être intellectuel ou ennuyeux. Pour une fois, quand on sort du film, on se sent bien, plein d'espoir en la vie. Et ça fait du bien.
Un film qu'il faut prendre le temps de découvrir étape par étape sans précipitation sous peine de passer à côté de son fil conducteur. Un film à voir plusieurs fois pour en découvrir les moindres détails. Ne cherchez pas à savoir pourquoi, c'est du François Ozon tout simplement.
Mousse et Louis, héroïnomanes CSP , vivent un shoot mortel. Lui meurt, elle survit et apprend qu’elle est enceinte de 2 mois à son réveil. Elle se réfugie à Guétary (y’a pire) pour vivre seule sa grossesse. Quelques mois plus tard, le jeune frère du défunt la rejoint quelques jours. Ces quelques jours vont faire basculer leurs vies… une vraie rencontre inattendue. Ozon se plaît à transgresser les interdits et les tabous ; ici il aborde l’homoparentalité, le refus de la norme, la transmission, les tréfonds de la grossesse. Captivant, dérangeant, énigmatique ; ce film a la patte très particulière d’ « Ozon ». Il ne nous donne pas toutes les clés pour comprendre et nous laisse parfois désemparé. Son film repose aussi une la formidable Isabelle Carré. Enceinte durant le tournage, il émane d’elle une force mais aussi une fragilité dont on se demande ce qu’il peut advenir jusqu’au dénouement. Par contre, même tenu en haleine, l’émotion ne prend jamais. Ozon tient à faire passer des messages sur la psychologie de son personnage par des rencontres peu crédibles. Deux scènes sont particulièrement ratées et tombent comme un cheveu sur la soupe : l’homme au bar et la femme à la plage. Ces 2 scènes plombent son film et nous font sortir du film. 2 grosses faiblesses de scénario indignes d’Ozon. Après l’OVNI « Ricky », Ozon est plus conformiste. A voir pour la très sensible Isabelle Carré.
a part la toute 1ere scene assez récurante avec melvil poupaud qui ne réapparait meme pas en scene de souvenir , bien dommage , le reste du film n'apporte pas grd chose , scene a répétition sans grd interet , tres bon jeu de isabelle carré tout de meme , je crois que je vais arreter d'adherer a Ozon !
Un très beau film , mais qui confirme surtout Isabelle Carré comme une actrice remarquable . Elle réussi tout d' abord remarquablement bien sa performance à contre courant, dans ce rôle de JF à la dérive, droguée , avec sa frange d'adolescante, ses piercing, son maquillage outrancier au rimmel.On y croit ,elle est vraiment cette jeune fille paumée et nous fait oublier ses personnages habituels, lumineux . Ensuite et surtout c'est le risque énorme qu'elle prend en intreprétant cette femme enceinte , non pas tant du fait de sa propre grossesse, mais plutôt du fait du scénario très anticonformiste : montrant une JF enceinte qui se drogue, qui va danser de la techno, qui fait l'amour, qui se plie aux fantasmes "malsain"?! d'un amateur de ventres ronds, qui exprime librement une sexualité retrouvée , ou plutôt une sensualité dans son état de grossesse. Et là on est tout entier dans Ozon et sa "marginalité". On est bien loin de l'image "bien pensante, catholisante " de la douce femme enceinte .. Pour I. Carré le challenge intellectuel a sûremment du être énorme: "bonne mère " à venir , devoir s'identifier , jouer cette "différence" et le faire partager à son enfant , dans son propre ventre , cela devait parfois être très dur, très fort, très "enrichissant"?!... Même si ce n'est que du cinéma , le bébé , lui était bien vrai. En tout cas, c'est un travail énorme , jamais vu au cinéma et qui boulverse beaucoup de codes établis.. Le ventre rond comme objet du désir, comme objet de liberté, comme voie vers l'affirmation de soi. Isabelle Carré est sublime et probablement la meilleure actrice de sa génération. La mise en scène est toute en douceur, bien maîtrisée, les paysages sont superbes . Les autres acteurs sont aussi très bons..Le retournement final est plutôt décevant et ramène un peu le côté "militant" de Ozon, mais pourquoi pas après tout, c'est un élément de surprise qui boucle la boucle. Merci Ozon et Isabelle pour cette prise de risque éblouissante.
Un film qui respire le naturel, racontant une vie compliquée avec simplicité. Belle photo, une b.o agréable, des acteurs convaincants et un rôle principal bien maitrisé. Il y manque le truc, le ryhtme ou la bonne surprise qui en ferait plus qu'un énième film français, certes plein de charme mais qui, comme trop souvent, ne s'impose pas le minimum de pep's pour accrocher un large public qu'il ne semble décidément pas désirer ! Dommage !
"Le Refuge" est un come back au vrai savoir faire de François Ozon, après un "Ricky" pas génial , il nous refait un film digne de son réel talent. A travers ce film, nous découvrons le portrait d'une femme enceinte, une femme qui a tout perdu, à qui il ne reste plus rien, juste ce bébé qu'elle attend. Isabelle Carré joue son rôle à merveille: fragile, perdu, touchante, qui a perdu la "vie". François Ozon nous à crée un film sensible, touchant, d'une beauté unique.
le stéréotype du cinéma français bobo prétentieux et emmerdant. qui croit dégager des sentiments avec du vide . Je sais pas trop pourquoi j'ai regardé ça . je devais déprimer ce jour là . Le thème et l'histoire auraient mérité d'être mieux traité mais cette tranche de vie réaliste reste regardable si on supporte le style.
L'affiche laisse rêveur, le contenu beaucoup moins. Si Ozon arrive souvent à nous charmer, il est ici dans la demi-mesure. D'une banalité, peut-être pas, mais d'une platitude, çà oui! C'est simple, en 55 minutes, c'est plié. Il y a trop de subtilité, qui font que la violence présente, qui est vraiment réelle, passe comme une lettre à la poste, sans effleurer nos petits ébats. Du coup, la performance d'Isabelle Carré ne se voit même pas, tellement qu'elle est intégrée dans ce moule.
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1,0
Publiée le 5 octobre 2020
Deux toxicomanes ont un bébé mais le père meurt d'une overdose. C'est avant la naissance du bébé.spoiler: La mère (Isabelle Carré) parvient à se faire aider par quelqu'un qui lui fournit une maison dans un village. Elle rencontre un ami, puis plus tard, un amoureux d'une aventure d'un soir. La mère abandonne le bébé à l'ami. Espérons que cette amie sera un bon parent afin qu'elle puisse se retrouver (pour se défoncer ?). On peut prédire que le bébé deviendra probablement un futur toxicomane sans responsabilité comme ses parents. Le Refuge montre pourquoi une nation d'État nounou se dégrade avec le temps, la dépendance et l'irresponsabilité sont favorisées par cet État . De nombreux spectateurs peuvent être émus émotionnellement par le triste état des choses décrit dans le film mais moi je vois une situation qui aurait pu être évitée par une culture qui encourageait moins de dépendance et plus de responsabilité chez ses citoyens. Et pour moi c'est le dernier film de François Ozon que je regarde de ma vie...