Film sur Las Vegas made in Martin Scorsese (avec tout les effets de style que ça implique) : «Casino» (USA, 1995). Tout comme «GoodFellas» (USA, 1990), le film est tiré d'une histoire vraie et tout comme «GoodFellas», ça tourne autour de la mafia italienne. Mais là où le film de 90 n'était qu'un enchaînement de peintures mafieuses toute en rapport avec Henry Hill, ici «Casino» se trouve bien plus fluide, l'histoire faisant acte d'une véritable évolution, et trouvant son intérêt dans la simultation extrême qu'est Las Vegas. Histoires de perversions, d'ambitions démesurés, d'argents coulant en chute, l'histoire de «Casino» trouve son reflet dans la magnifique photo du film qui brille de milles feux autant que les hôtels de Las Vegas. Et c'est bien un feu qu'est «Casino», un immense brasier qui balaiera tout le monde, ou presque... L'histoire et ses annexes est celle de Sam 'Ace' Rothstein, détenteur d'un casino, qui doit fournir dans la plus pure illégalité de l'argent au Syndicat italien. Entouré de Nicky Santoro, ami d'enfance et protecteur, psychopathe joué une fois de plus par Joe Pesci, Ace va tomber amoureux de Ginger, catin de luxe et cher à combler. Ce sont principalement ces deux-là qui seront la cause des soucis de Ace et donc les moteurs principaux du film. Si certains points sont parfois difficiles à cerner, le tout se saisit et se délecte de tant de jouissance. Enfin, la réalisation de Scorsese, ici proche voire améliorer de celle de «GoodFellas», est à un apogée de génie, les plans séquences étant toujours de mises, la bande-son étant toujours de très hautes qualité. C'est surtout dans la lumière que le film excelle, illuminant chaque parcelle, conférant davantage de fausseté aux choses ce qui a pour effet de nous plonger dans un univers faux et violent. Bref, «Casino» est incontestablement un chef d'oeuvre de Scorsese parce qu'il excelle de maîtrise mais aussi parce que la grandeur du film et la familiarité de l'univers scorcesien nous enivre.