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inspecteur morvandieu
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3,0
Publiée le 24 octobre 2024
A la charnière des années 60 et 70, Michelangelo Antonioni fait un état des lieux de la société américaine. Induisant de façon implicite la question polémique du Vietnam, le réalisateur étend son propos aux valeurs institutionnelles de cette démocratie se muant au besoin en état policier face à la contestation étudiante et sanctifiant la société de consommation. Antonioni égraine tous les phénomènes de la démesure et du mode capitalistes (publicité envahissante, structures autoroutières, etc, etc...) auxquels s'oppose une partie de la jeunesse américaine. Soupçonné du meurtre d'un policier, Mark s'enfuit à bord d'un petit avion de tourisme et se pose quelques part dans le Grand Canyon. Il y rencontre une jolie secrétaire. Brève rencontre dans un un paysage aride et lunaire, tel un sanctuaire, qui est comme une trêve avant le retour aux réalités du monde. Indissociable du propos, l'esthétisme de la réalisation et de la photographie produit des images superbes, fascinantes, de l'Amérique. Comme si Antonioni voulait opposer une beauté formelle, paradisiaque, des Etats-Unis à leurs moeurs, à leur impérialisme économique dévoyant l'homme et dégradant la nature. Au terme du film, au propre comme au figuré, le cinéaste fait voler en éclats la civilisation capitaliste.
Un film d'époque qui fait preuve d'une liberté qu'on cherche aujourd'hui. Même s'il s'égare parfois dans le fantasme pur, c'est un film qui provoque un vrai frisson visuel.
Un film étrange entre ode hippie défoncé et voyage au bout de l’enfer de la Vallée de la Mort, particulièrement naïf. Ce film d’Antonioni déroute mais laisse un sentiment d’aigre-doux, quelque chose fait rester le spectateur devant l’écran.
Des belles images et un joli bronzage pour Daria Halprin. Heu, mais dites donc n'auraient ils pas oublié de construire un scénario, pour moi ça reste une ébauche. Je suppose que la réputation du film doit beaucoup au final explosif de la société de consommation sous fond de pink floyd.
Les A.G. qui discutent, beaucoup pour...fabriquer de l'ennui, des croyances, vider sa rancoeur et hurler son envie de changer le monde...Un cloaque. L'action mais la fuite. La liberté ou sa sensation. l'amour ? Le sexe oui . Un seul destin : la mort. Antonioni a compris qu'il était impossible de changer les choses. A moins de dérégler l'ensemble par la violence et dans un temps circonscrit, rien n'avance. Les manifestations comme moyen de se faire entendre ? Désillusions en chaîne. Beauté explosive de la bourgeoisie qui disparaît mais qu'en fantasme, rêve extraordinaire mais c'est l'argent qui a le pouvoir. Frustration de la jeunesse, satisfaction bourgeoise. De 1970 à 2009 qu'est-ce qui a vraiment changé ? Les peurs et les ignorances sont les mêmes. L'esthétisme du film est somptueuse, la beauté du désert comme seul place possible du paradis. Un paradis fait de sexe, d'oisiveté, est-ce possible ? Non, retour à la civilisation qui ne veut plus de vous, marginal que vous êtes. Un film déroutant et qui a un goût bien amer au vue de l'histoire écoulée depuis...
Cordialement invité aux Etats-Unis par la MGM après le succès de Blow Up, Antonioni fait sauter le capitalisme américain à la dynamite en guise de réponse ! Les "States" sont représentés comme une terre vierge sans cesse conquise par des exploiteurs-rapaces, prêts à construire quartier pavillonnaire au beau milieu de la Vallée de la Mort, dernier refuge de deux jeunes paumés, Mark et Daria. L'un refuse l'ennui des réunions d'universitaires révoltés mais immobiles et soumis au moindre mot signé Karl Marx, l'autre est une jeune fille qui part au beau milieu du désert pour "penser à la pensée". Antonioni nous offre alors leurs errements très érotiques dans la Death Valley, sans but ni raison, ce qui reflète pas mal le malaise de cette époque. Au final, Mark, déjà trop engagé, est comme rappelé par le conflit : il retourne à Los Angeles, attendu par des dizaines de policier pour avoir volé un avion privé. Daria, quant à elle, repart vers Phoenix, un "coin paumé", probablement sans révoltes. Elle ne peut qu'imaginer l'explosion du capitalisme dans une vision fantasmée, avant de repartir vers le soleil. Antonioni met donc son style unique, fait de temps-morts et de scènes désarticulées, au profit des jeunes Américains des seventies, et livre encore une très belle oeuvre.
Après Blow out, son opus londonien, voici qu'Antonioni se lançait à l'assaut de l'Amérique. Zabriskie Point est une quête désanchantée vers une société meilleure, portée par l'amour improbable et fulgurant entre Mark Frechette et Dalia Harprin dans les vastes étendues désertiques de la Vallée de la Mort. Enigmatique et fascinant !
"Zabriskie Point" commence par une scène d'AG, en Californie à la fin des années 60. Horreur. Je craignais que le film dure 1h40 de cette façon, Antonioni étant réputé difficile d'accès (c'est la première fois que je vois un de ses films). Finalement, le personnage principal masculin, suite à un échange de coups de feu auquel il n'a pas participé, est obligé de fuir dans le désert. C'est là que le film commence vraiment. Il rencontre une jeune femme. Ils font l'amour lors d'une des plus belles scènes érotiques que j'ai pu voir, sur une excellente musique de Jerry Garcia (des Grateful Dead). Il ne se passe pas grand chose d'autre, hormis le final, grandiose et anarchiste. Antonioni filme merveilleusement la Vallée de la Mort. Ce sont d'ailleurs assez souvent des cinéastes européens qui filment le mieux les grands espaces américains (on en a encore eu la preuve récemment avec Sorrentino), avec un regard peut-être moins blasé, plus porté par le fantasme. Magnifique film.
J'attendais beaucoup de ce Zabriskie Point : l'ère psychédélique, la contestation, l'engagement, Pink Floyd, l'Amérique, cela semblait être un cocktail merveilleux. Hélas, je ne suis pas du tout rentré dedans. Le manque de propos, de fond, du film m'a désarçonné. Malgré une scène d'ouverture intéressante et quelques séquences assez hypnotiques, le film traîne en longueur, ne raconte que peu d'histoire et ne connaît aucun moment fort. De plus, la froideur et l'insensibilité de ses personnages rendent le film encore plus insipide. Bien qu'Antonioni ait un regard bien à lui et que ce film soit plein de bonnes intentions, il ne m'a pas procuré de grandes sensations. Il reste et demeure néanmoins un film important à voir
Le génie d'Antonioni éclate pour une fois au grand jour : nullement adressé à une élite (ce qui était le cas de sa trilogie "Monica Vitti", mention spéciale pour La Nuit), Zabriskie Point relate des évènements de la tendance contestataire de la fin des années 60. Des scènes marquantes s'enchainent les unes après les autres, l'avion et ses dessins psychologiques, l'amour dans le désert, et enfin le final étourdissant : ce film s'achève magnifiquement avec le rêve de la fille, qui imagine l'explosion d'une villa luxueuse représentant toute la société qu'elle rejette, bourgeoise et conformiste, sur un sublime morceau de rock progressif dû au groupe mythique Pink Floyd. Le seul film de Michelangelo Antonioni que l'on peut voir en boucle sans se lasser.
Des gros plans sur des visages d’étudiants, sur des doigts levés et des cheveux longs nous embarquent directement vers la fin dans années 1960 aux Etats-Unis. Noyée sous une lumière jaune, l’assemblée générale ressemble à un brouhaha, dont la longue focale entasse les étudiants dans leurs revendications, dans leur jeunesse en pleine crise existentielle. C’est la frustration et le désir d’utopie des jeunes contre l’Amérique de surconsommation que filme Antonioni dans Zabriskie Point, une oeuvre intemporelle, tant par son esthétique que par son appel à la liberté.
Son échec à sa sortie démontre l’avant-gardisme de son créateur, qui met en opposition deux mondes, la ville, lieu de l’incommunication, et celui du désert, lieu de tous les échanges possibles.
Pour lire la suite: http://quaiducinema.wordpress.com/2011/02/15/brulot-anti-capitalisme/
Pur chef d'œuvre. Sur le plan formel, l'œuvre est un bijou : mouvements de caméra audacieux, travellings d'une finesse désarmante, images d'une très grande beauté. Mais c'est surtout le génie du montage qui frappe d'emblée dans le film de Antonioni. S'ensuit un rythme complètement saccadé, bourré d'énergie qui confère à Zabriskie Point une ambiance assez tripesque, truffée de trouvailles visuelles en tous genres (le final, superbe). Mais outre la virtuosité évidente de Antonioni derrière la caméra, Zabriskie Point demeure un objet décalé, décapant et subversif, baroque et magnifique. Une véritable perle qui évoque autant Blow-Up du même réalisateur que les Badlands de Malick. Absolument génial.