Le destin des personnages des films d'Antonioni est souvent pour le moins singulier: que ce soit Thomas ( le photographe de mode de Blow Up ) ou David Locke ( le héros de Profession: Reporter ), leur parcours est étrange et vide de toute signification, car il s'agit la plupart du temps d'une évolution vaine, fondée sur l'absurdité de l'existence. Il en est de même pour Mark, le protagoniste de Zabriskie Point, jeune étudiant américain qui se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commit et qui prend la fuite jusqu'à se retrouver en pleine Vallée de la Mort. S'en suivra une superbe séquence dans laquelle Mark et Daria ( la sécrétaire d'un riche architecte, elle même vouée à la vacuité de l'existence, et fuyant son employeur et la société de consommation ) se retrouveront pour mieux se perdre...Zabriskie Point est un film à la structure formelle déroutante, dont la scène érotique ( ou psychédélique ? ) dans la désert vaut à elle seule le visionnage. Antonioni magnifie l'espace désertique, la poussière et la chevelure de ses personnages, dans des plans d'une incroyable beauté. La musique des Pink Floyd est en adéquation parfaite avec l'image, et la mise en scène du cinéaste séduit par son caractère brut ( les comédiens sont pour la plupart amateurs et la caméra est instable pour une bonne partie du film ). Zabriskie Point rappelle Easy Rider ( qui est sortit à la même époque ) de par la marginalité spirituelle des personnages et leur refus des normes établies par la société américaine. Le film d'Antonioni inspira certainement Gus Van Sant pour Gerry...Très réussit dans l'ensemble, malgré les scènes précédant le départ de Mark en avion, que m'ont parfois semblé ennuyantes....
Extraordinaire critique libertaire d'Antonioni sur la société de consommation et la répression contre toutes les formes de contestations altermondialistes. Son film soulève quantité de réflexions et de questions portant sur la liberté de pensée et de vivre dans notre société. Un long-métrage révolté aux images fortes, visionnaire et indispensable...
Superbe. Si le fond, ouvertement contestataire, pourra énerver certains (easy rider n'est pas bien loin), la forme suffit largement a donner un intérêt au film. La scène finale, clippesque, scotchante, terriblement cathartique, est à voir et à revoir, tant elle est moderne, superbement réalisée et montée.
Un coup de génie pour ANTONIONI. Documentaire subversif sur les Etats-Unis, histoire d'amour et de liberté dans un milieu métaphorique, étude psychologique de contestataires et de leur trip. Un film culte !
Ce film est un immense navet Bien sûr il y a une musique réussie et une photo pas trop mal (voir les explosions finales) Mais ça ne suffit pas à faire supporter ce navet ridicule et immature au discours du genre "les patrons, la morale, l'autorité, tous des pourris". Ici, tuer un flic est normal, faire sauter des maisons, c'est le gros trip et voler, c'est apperemment le seul moyen de lutter contre notre société de propriétée. Et que dire de la fameuse partouze dans le désert, sous entendant de la façon la plus ringuarde possible "peace and love pour tous"..... Au finale, que retient-on? Rien. D'habitude, la lenteur va bien avec le réalisme d'Antonioni. Ici, elle rend tout pompeux, dogmatique, prétentieux. Evidemment, on peut toujours dire qu'il s'agit d'un témoignage d'une jeunesse completement conne dans sa simplicité pseudo-marxiste, mais si le film se complaît aussi dans la bêtise de ces idées (en les montrant de façon ennuyeuse pour faire genre "je suis un sage qui communique avec la nature"), alors je peux me permettre de dire que ce film est le pire d'Antonioni, un grotesque pensum de petit bourgeois révolté.