Le plan, bien connu, orne la plupart des couvertures d'ouvrages cinématographiques : Thomas photographiant une top model allongée au cours d'une séance électrique, avant de remettre sérieusement en question sa pratique. Voici donc "Blow Up" datant de 1966, enfant chéri de tous les théoriciens du septième art. intense réflexion sur l'objet photographique et le visuel en général. Le fécond cinéaste y interroge pêle-mêle la futilité de l'image ou encore l'impact de l'art contemporain. Pour ce faire, Antonioni n'hésite pas non plus à déconstruire les codes du film policier pour servir son propos. On peut enfin y ajouter des qualités plastiques évidentes (l'ambiance londonienne est magnifique) ainsi qu'un final on ne peut plus intrigant et réussi. Cependant, il y a tout de même certains éléments qui ne peuvent être passés sous silence. L'intrigue s'avère en effet extrêmement lente et ennuyeuse. Ainsi l'histoire policière en elle-même met une heure à démarrer réellement ! L'influence de "Blow Up" sur le cinéma contemporain est indéniable. Nous avons donc salué le monument. De là à être en pâmoison devant lui c'est une autre histoire...
Une vision intimiste des conséquences d'un meurtre, sous une atmosphère italienne renfermée sur ses problèmes. On ne vit que grâce au regard d'un photographe qui déteste "l'autre", qui l'insulte, le méprise et le rejette. Antonioni filme son personnage en gros plans, le laissant circuler comme librement dans un cadre pensé selon des angles géométriques. Alors oui, "Blow up" est et restera l'un des plus fabuleux film de la nouvelle vague italienne juste pour sa réalisation mais aussi pour son sens du détail et son contenu. Le son ne venant que du plan et jamais du montage, on s'étonne de quelques morceaux de jazz, diffusés par une platine propre et nette, comme la vie rangée du personnage principal (magnifiquement interprété par un David Hemmings hallucinant). On se met à comprendre la vision, voire la mentalité de l'homme, puis sa personnalité, que certains décriraient comme rustre et obscène, mais qui est pourtant ressemblante avec les fantômes croisés chaque jour dans une rue presque vide... Mais Antonioni ne s'accapare pas ou peu d'autrui, laissant passer une "pétasse" dans un bar ou perdant la trace d'une jeune femme mystérieuse qui offrait une occasion pour trouver de l'inspiration, d'où la même symbolique du placement des angles qui vient et revient, le photographe se torturant les méninges pour trouver de nouvelles idées, à l'image de son oeuvre, qu'il veut ainsi et pour lui, et qui rappelle les manières pour mettre en scène un film. L'exercice de style, grandiose, s'inscrit comme réceptacle de la face thriller de cet objet cinématographique toujours inattendu, mais ne transformant jamais l'ambiance de base pour permettre autre chose que la résolution d'un meurtre. Au détour d'un parc où s'affrontent des mimes se dévoile une identité, névrosée et charnelle, complexe et troublante, grâce à cette caméra qui agit de la même façon que la balle de tennis : invisible, et pourtant qui s'envole pour ne plus laisser de doute quant à sa trajectoire. Et c'est un pari osé : on pourrait trouver ça grotesque, mais, bien loin de là, on trouve cela fabuleux, car il intervient à la toute fin d'une histoire avec ses us et coutumes, juste avant qu'on perde toute trace de l'acteur, et qui laissera un terrain où l'herbe eut bien poussée, intacte, malgré l'impulsion du vent qui n'agit pourtant que comme une caresse.
Un peu comme "Profession Reporter", ce film d'Antonioni me fascine par moments, mais m'ennuie poliment le reste du temps..
Je comprends tout à fait l'intérêt qu'on puisse y trouver, sur des thématiques très cinématographiques : la notion de réalité et d'imaginaire, le regard, le rôle de l'artiste et son côté obscur-industriel. Tout cela a très bien été analysé par d'autres que moi.
Je comprends toute cette richesse, au niveau cérébral, mais je ne la ressens, je ne la vis pas assez dans le film. Les seules scènes qui me transportent vraiment sont : spoiler: celles du concert, du développement des photos du parc, et surtout celles du tennis à la fin, magnifique symbole où tout existe par l'image et le son, sans un mot. Le tennis est mon sport préféré, et en voici la meilleure utilisation au cinéma, avec dans un tout autre genre "Strangers on a train" d'Hitchcock bien sûr!
Le reste du temps, je n'arrive pas à vivre le film, à m'attacher aux personnages ; la lenteur et le vide de certaines scènes me font lâcher prise. Sur une thématique comme le rapport réel-imaginaire, il est dommage de voir qu' Antonioni reste si longtemps dans le réel brut..
Je préfère revoir, sur des thématiques similaires, "Conversation Secrète" de Coppola ou dans une moindre mesure "Le voyeur" de Powell ; là je comprends les idées avec le même plaisir, mais je les vis également beaucoup plus que dans "Blow-up".
Un film intriguant sur le pouvoir de l'image. Le film de référence sur la photographie. Il n' a certes pas beaucoup de rythme mais c'est ce côté ''serein'' qui fait que ce film est troublant, on passe de scènes mystérieuses (spoiler: le visionnage des clichés photos ) à des scènes artistiques et originales (spoiler: le mime du jeu de tennis ).
Alors qu'il contemple les clichés qu'il a pris dans un parc, un photographe voit un détail qui l'intrigue, et par une suite d'agrandissements (d'où le titre du film) se rend compte qu'il a été le témoin involontaire d'un meurtre. Que l'on soit novice ou averti en la matière, un film de Michelangelo Antonioni ne laisse jamais indifférent. Film en avance sur son temps, « Blow Up » ne déroge pas à la règle. Il s'agit là d'un objet original mais qui laisse une tenace impression d'envoûtement et de répulsion à la fois. Esthétiquement parlant, le film est un véritable bijou, tout tombe pile poil. Une nouvelle fois, la mise en scène d'Antonioni semble libre de toutes contraintes. Le cinéaste italien peut s'exprimer comme il le souhaite. Le point culminant est atteint lors de cette analyse des photos où le spectateur est limite happé. Chaque plan, chaque regard arrivant où il faut et quand il faut. Si plastiquement, la réussite est totale, l'écriture quant à elle, laisse très sérieusement à désirer. Il est difficile de ne pas être tout bonnement plombé par ce rythme très lent et par ce manque de rebondissements. Il faut attendre tout de même plus d'une heure avant qu'il ne se passe quelque chose. C'était strictement le cas aussi dans « Profession : reporter », tout était dans le non-dit, mais ça passait mieux. Malgré un sujet de base original et une vraie réflexion sur quelles sont les frontières entre le fictif et la réalité, et sur l'impossible communication entre les êtres, Antonioni ne parvient jamais à intéresser son spectateur de manière continue. A défaut d'être passionnante, la case « Blow Up » est quasi obligatoire pour toute personne s'intéressant de près ou de loin au cinéma.
Blow Up est le second long métrage de Michelangelo Antonioni que je vois après Le Cri il y'a de cela un an. L'atmosphère de ce long métrage diverge, ici le tout est bien plus oppressant et moins axé sur le désespoir et la tristesse mais prend racine dans un Londres équivoque qui donne a réfléchir. Ce film se nourrit d'angoisse et de vice, le tout en conservant une distance qui donne à son metteur en scène une hauteur et une véritable stature. Il cherche à capter l'époque, sa liberté mais aussi ses dérives et réussit son pari avec brio. David Hemmings interprète son personnage avec minutie, il oscille entre la crapule et le dandy excentrique sous couverts d’ambiguïté assumé, il est flippant ! Un film méthodique et tendancieux qui fait la part belle à la mise en scène et à son esthétisme, à revoir dans quelque temps pour l'apprécier à sa juste valeur ...
Blow Up fait partie de ces œuvres qui bousculent le cinéma autant dans sa forme que dans son appréhension. Palme d’Or au Festival de Cannes en 1967, l’œuvre de Michelangelo Antonioni répond à cette volonté de transfigurer le cinéma, et ses codes, pour amener le spectateur à réfléchir sur la réalité de l’image et par-delà à sa propre réalité. Blow Up est une illusion qui repose sur la confrontation entre l’homme et la technique qui modifie la perception du temps. Thomas (David Hemmings), photographe de studio, arrête le réel par le biais de la captation photographique lors d’une sortie dans un parc dans lequel il s’intéresse à deux amants. Une fois la pellicule développée, cette scène d’amour se transforme en une scène de meurtre par le biais des modifications techniques. L’agrandissement des détails amène la réalité à ne devenir que des formes abstraites qui renvoient à la nature des tableaux de Bill (John Castle), peintre contemporain partageant le studio. La réalité se frotte alors au problème de l’unicité du point de vue : Thomas photographiant des amoureux ; la photographie renvoyant à un meurtre ; Antonioni apportant son propre regard par le biais de sa caméra qui guide le spectateur ; le spectateur qui choisit de croire ou non à la thèse du meurtre.
L’œuvre se clôt justement sur cette question de la croyance en l’image. Le groupe de jeunes marginaux qui ouvrait également l’œuvre réapparait autour d’une des scènes les plus signifiantes sur la place de l’image. Grimés en mime, ils entament une partie de tennis sans aucun équipement. L’absurdité de la situation se métamorphose néanmoins en une forme de réalité par la croyance mise par les acteurs. En effet, le collectif entre dans le jeu en suivant la balle invisible des deux « joueurs ». Cette notion de groupe modifie alors la position individuelle de Thomas, incrédule, en la rendant marginale. Antonioni accentue ce changement de perception en ajoutant le son d’une véritable partie de tennis et en suivant la balle invisible avec sa caméra. Il prend alors pleinement son rôle de réalisateur en offrant aux spectateurs une altération de la réalité par le biais de l’image : il donne littéralement vie à l’action. L’adhésion de Thomas se matérialise enfin par le ramassage d’une balle. Le réalisateur italien pense la croyance, notamment celle en l’interprétation, comme une valeur performative. Néanmoins en créant ainsi une réalité irréelle, il pose la question de la véracité du meurtre puisque la solitude de Thomas dans le cadre à la fin met en lumière son échec à convaincre les autres personnages.
Ce manque d’implication d’autrui dans la paranoïa de Thomas met en avant une autre originalité du traitement scénaristique de Blow Up : la notion d’événement ou de non-événement. Le personnage de Thomas ne s’inscrit pas pleinement comme la centralité de l’univers multiple de l’œuvre. Les autres protagonistes continuent à suivre leur propre trajectoire (cf. le dilemme sentimental de Patricia, la création artistique de Bill, la soirée arrosée de Ron). Fait rare, Antonioni jongle avec une archipel de personnages sans tomber dans la facilité du film choral et en gardant un regard mono-personnel. L’unité de l’événement majeur du film, le meurtre, n’a ainsi d’intérêt – et donc de prééminence – que pour les acteurs qui y participent : la victime, le(s) meurtrier(s) et le témoin. Pour les autres, il s’inscrit comme un événement étranger à leur propre hiérarchie des évènements. Un constat qui se retrouve également dans la vie même de Thomas qui troque subitement sa paranoïa (extraordinaire) pour coucher avec deux jeunes filles (ordinaire). Bow Up, auquel on pourrait reprocher une lente mise en place, trouve justement sa force dans son traitement de la temporalité du quotidien de son personnage en montrant l’irruption de l’événement (le soudain) dans le non-événement (le quotidien).
La non-implication dans l’histoire de Thomas par les autres protagonistes fait écho à la société anglaise décrite par Antonioni. Dans ce Swinging London, la société est partagée entre deux dynamiques. D’un côté, une mobilisation pacifiste et utopique – esquissé au travers d’une manifestation contre le nucléaire – ; de l’autre, un délitement des consciences par un rejet psychédélique de la réalité (musique, drogue, sexe). Cette dualité se retrouve néanmoins dans une société de l’image caractéristique des années 1960. La réalité ne prend corps que par et pour l’image qui remplace la parole et l’écriture. Cette dernière joue un rôle central dans la construction des significations du réel – le meurtre ne trouve une existence que par le prisme de la photographie – et dans la construction de la vie sociale – les femmes se divisant sur la question de l’acceptation ou le refus de l’image –.
Blow Up est, enfin, une œuvre initiatique en suivant le parcours de Thomas souhaitant passer d’un photographe « alimentaire » (faire des photographies de mode sans plaisir et émotions) dans un studio qui annihile tout possibilité de spontanéité à un « vrai » photographe qui se concentre sur la structuration du temps au travers d’un recueil avec des sujets « graves » (sa nuit dans un asile). Antonioni pose les jalons de compréhension d’un art moderne tendant toujours plus vers l’abstraction, de l’incompréhension des « gribouillages » de Bill aux pointillismes des agrandissements des photographies. Il finit d’ailleurs par devenir un point évanescent dans le cadre du réalisateur lors de la dernière scène perdu dans une immensité verte. Thomas transcende ainsi sa notion de l’art en voyant la création non pas comme une finalité (la mode) mais comme une création en soi et pour soi. Le sens, notamment celui qu’il donne à sa photographie, est forcé justement par son besoin de sens.
Blow Up est une œuvre riche qui devient l’emblème même de l’époque dans laquelle elle s’inscrit. Elle signe la magnificence d’un cinéma comme socle d’une certaine philosophie de l’image. Avec Blow Up, Antonioni apparaît comme une sorte de magicien de l’image créant le réel en montrant justement ses failles.
J'ai trouvé le scénario très original et vraiment intéressant, les acteurs sont bons aussi mais j'ai trouvé le film assez vide malgré une excellente mise en scène d'Antonioni.. Au final, on s'ennuie pas mal, et il y a peu de rebondissements, mais ce film vaut largement le coup pour son histoire mais aussi pour la représentation du mouvement hippie.
Au fil de cette étrange odyssée, Antonioni interpose soirées festives, scènes d'adolescents libérés et de hippies, et musique rock dans un paysage lugubre et stylisé, coloré de couleurs pop art. Une profonde réflexion sur la réalité ainsi que l'image que nous en avons. Le réel face à l'irréel. Rien est expliqué, tout est à interpréter. Les pistes se multiplient, se troublent, sans jamais être mené à un endroit précis.
Un film étrange, un OVNI plutôt difficile d'accès. Visuellement génial avec une photographie incroyablement ciselée et travaillée mais d'un ensemble alourdi par un rythme franchement mou, une intrigue qui prend beaucoup de temps pour s'installer, un personnage central peu charismatique. Une œuvre qui m'a fait penser à "Orange mécanique". Impeccable, sublime mais un poil prétentieux.
"Blow-Up", c'est le vide incarné. Long à démarré, le film s'emballe enfin, à mi-parcours, à travers un aspect policier peu exploité pour retourner enfin dans les brumes du néant, débouchant sur une fin intéressante mais difficilement compréhensible. Dur de comprendre où le réalisateur souhaite en venir et, à défaut de saisir sa pensée, il perd le spectateur que quelques plans de nus ne saura maintenir éveillé. Malgré tout son talent de metteur en scène et un David Hemmings habité, Antonioni n'arrive à rendre cette trame narrative assez claire et consistante pour nous captiver. Mise à part quelques scènes intriguantes et bien foutues, le constat penche dans le négatif.
J'attendais énormément de Blow up, film adulé par la critique et une grande majorité de cinéphiles. Malheureusement, j'ai en fait découvert qu'il s'agissait de l'une de ces productions qui privilégient la réflexion post-visionnage à l'expérience cinématographique en elle-même. En effet, à première, vue la seule chose de bien que l'on puisse relever de ce long-métrage est la présence de plans magnifiques avec un cadrage irréprochable. Pour le reste, on observera un jeu d'acteur assez artificiel, sauf pour David Hemmings qui endosse assez bien son rôle de photographe à la fois inspiré et nerveux. On notera également une faiblesse scénaristique au niveau des dialogues et de l'action -quelquefois pas très compréhensible-. Et puis, on notera aussi que l'intérêt du spectateur baisse progressivement au fur et à mesure que le film avance et qu'on ne comprend pas pourquoi tant de défauts de la part d'un tel réalisateur (je me rappelle surtout m'être terriblement ennuyé durant la scène ou des adolescents fument un joint). En fait comme dit précédemment, le film privilégie la réflexion post-visionnage (certain appelleront ça de l'avant-garde ou de l'intellectualisme). On comprendra que tout autours du film, c'est une réflexion premièrement sur l'art qui se dresse. D'abord sur la notion de beau (et d'utile), notamment à travers l'achat de cette hélice que Thomas trouve "belle", et que la femme trouverait bien au plafond comme ventilateur. Là, Antonioni fait une sorte de mise-en-abyme vis-à-vis de son propre film, qui n'est en apparence pas vraiment beau, mais qui l'est dans le fond. On voit également de par la présence ou l'absence du corps, une manière de réfléchir sur la réalité (on retombe alors à nouveau dans une réflexion sur l'art). Et puis beaucoup d'autres exemples pourront être relevés (la salle de concert avec ce publique peu enjoué et qui ensuite se rue sur un simple manche de guitare), mais tout cela dans la même optique que celle évoquée ci-dessus. Au final, blow-up est bel et bien un chef-d'oeuvre, mais privilégiant la réflexion après le visionnage et mettant de côté beaucoup d'éléments qui pourraient faire en sorte que l'on prenne plaisir à le regarder. On ne peut donc lui accorder la note maximale. 16/20
Blow Up est une oeuvre mythique du cinéma. Ce film à reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1967 (avec pour président Allessandro Blasetti), le Prix Nationnal Society Of Critic Awards la même année et en 1968 le syndicat de la critique française lui remet le Prix du meilleur film.
Dans ce film nous trouvons deux rythmes différents : La première demi-heur avec un rythme très lent est la pour présenter les personnages, les lieux clés du film, le Londres de 1960 mais aussi pour introduire l'action. Le rythme rapide se met en marche quand Thomas (le photographe) rencontre la jeune femme avec son amant. Dans la toute première scène du film nous voyons Thomas sortir de l'usine (il y était allé pour prendre des clichés photographiques). Dans cette scène la caméra est placé à même le sol et l'ont voit les acteurs sortir et se diriger de gauche à droite. Cette scène peut éventuellement faire référence au film des Frères Lumières "La sortie de l'usine à Lyon" datant de 1985. Le film est aussi un homage à la création du cinéma car il parle de photographie. car sans photographie le cinéma n'aurait jamais existé. Au fur et à mesure que le film avance on se rend compte que Tomas à un énorme problème avec les femmes, on ne sait pas vraiment si il éprouve des sentiments. (Cela rappelle un certain Meursault dans le livre "L'Etranger de ). Thomes est indifférent à tout il est enfermé dans le monde de l'art. Le film évolue dans les charmes de la vieille photographie; cela est assez lent et peut parfois agacer jusqu'à cette scène finale (avec les mimes) lourde de sens. Cette scène met donc le doute chez le spectateur. Est ce que tout ce que le spectateur à vu avant était réel ou iréel ?
Une belle leçon de cinéma que ce Blow-Up ou comment filmer l'illusion, le fantasme. Perdre le spectateur dans ce qui est réel et irréel. Ce qui laisse place à l'interprétation et imaginer ce qu'il y a hors du spectre de la caméra.
Un film captivant, issu de la fin des années 60's où les libertés individuelles prennent leurs essors. Marijuana, rock, psychédélisme et libre sexualité sont autant de toiles de fond de ce thriller psychologique qui amène le personnage de David Hemmings petit à petit dans une perspective parallèle.
Ce qui est intéressant avec ce film, c’est qu’il déjoue les attentes du spectateur. Avec le titre, qui fait référence à une explosion, on s’attend à un thriller à suspens alors que bien sûr ce n’est pas du tout ça. Ce qui est bien, c’est qu’au contraire de faire un film tendu, Antonioni essaye autre chose, le film est plutôt lent et « anti-climatique » si je puis dire. L’intrigue, que je pensais être au premier plan, tarde à s’enclencher et n’est pas si importante que ça. La fin pourrait même apparaître comme un beau pétard mouillé si le film n’assumait pas son parti pris. Parce que du coup, le réalisateur crée une ambiance posée, calme, un peu étrange, le film est assez peu bavard, il y a de longues séquences de silence. A ce titre, j’ai bien aimé la scène où le photographe inspecte ses photos alors qu’il croit avoir vu quelque chose de louche. Pour le coup, là, il crée de la tension avec pas grand-chose, juste les images et le silence. C’est vraiment bien. J’aime aussi beaucoup le début du film, les séances photo avec des mannequins qui sont complètement débiles, qui se laissent faire et (paradoxalement) ne font rien de ce que le photographe leur dit de faire. On arrive à comprendre dès le début la folie du personnage. Après je dirais que le film ne m’a peut-être pas toujours intéressé, la lenteur a la limite de parfois m’ennuyer un peu pendant certaines scènes. C’est le problème que j’aurais avec le film, mais je dois dire que le parti pris est intéressant, pas banal, déroutant, et ça fait plaisir de voir ça au cinéma. Et rien que pour la fin, qui est vraiment déroutante par rapport à nos attentes, ça vaut le détour.