4870 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
197 critiques spectateurs
5
55 critiques
4
41 critiques
3
33 critiques
2
38 critiques
1
18 critiques
0
12 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
SpecOmega
14 abonnés
338 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 3 décembre 2011
Le film est un peu spécial, on a l'impression qu'il ne démarre jamais vraiment... Et c'est finalement un peu le cas, quand on connaît l'histoire du tournage : Antonioni n'a pas eu les moyens (financiers) de tourner des scènes importantes (notamment celle du meutre) et a dû monter les scènes qu'il avait déjà et réussir à donner du sens. Il a réussi ce tour de force, mais on a tout de même l'impression d'un objet bancal. D'un point de vue cadrages et plans, c'est sobre et assez beau. L'absence de musique, les silences des personnages, notamment dans le parc où l'on entend que le vent est assez perturbant. La scène du club est également un peu posée là, sans but. Palme d'Or tout de même.
Considéré comme le chef-d’œuvre d'Antonioni, "Blow-up" est une expérience cinéphilique sensorielle et inclassable. On comprend même sans aucun problème pourquoi David Lynch dit l'adorer. Avec un regard contemplatif sur ce qu'il filme, le célèbre réalisateur italien entoure sa pellicule d'un climat pesant, d'une ambiance mystérieuse à souhait, le tout rythmé par de bruyants silences. Une œuvre culte car maudite, Antonioni n'ayant pu tourner quelques scènes présentes dans le scénario dont la scène centrale de l'intrigue, faute de moyens financiers et de temps, problèmes causés par des brouilles avec la production. Le cinéaste récompensé par la Palme d'Or cannoise en 67 a donc du tout repenser lors du montage de ses prises de vues, et faire preuve d'astuce et d'habileté afin d'aboutir à un résultat qui ne serait pas chaotique, mais qui a certainement rajouter au côté énigmatique. Cette mise en abyme d'un jeune artiste londonien tourmenté par ce qu'il découvre au cœur même de ses propres clichés est une déclaration d'amour emprunte de philosophie à la photographie, la peinture, la comédie, l'art en général. Le personnage de ce photographe frimeur, fougueux et branché, qui découvre sur ses photos ce que ses yeux n'ont pas vu, est d'ailleurs l'un des grands attraits du film. En effet, David Hemmings livre une prestation habitée, alors que ses partenaires de jeu sont un gros bémol. On peut d'ailleurs voir Jane Birkin, ici au tout début de sa carrière d'actrice, apparaître au générique. Avant-gardiste et terriblement moderne pour l'époque, donc forcément kitsch aujourd'hui, « Blow-Up » souffre justement de ce côté très austère et hyper-intellectuel, de son tempo lent et sourd, mais réussit bizarrement à nous hypnotiser, alors qu'il faut bien le dire, il ne si passe pas grand chose. Les dialogues sont rares, le suspense inexistant, et les questions soulevées ne se voient apportées aucun élément de réponse. Si l'on s'ennuie parfois, faute à un scénario trop léger, on est tout de même happé par la mise en scène d'une précision métronomique, sobre et épurée, au visuel lumineux et élégant. A l'image de la scène finale et cette partie de tennis jouée par un cours de mime, un film vraiment étrange, parfois plat, mais d'une surprenante beauté. Retrouvez toutes mes critiques, avec photos et anecdotes, sur mon blog : http://soldatguignol.blogs.allocine.fr/ N'hésitez pas, merci !
Que reste-t-il du brillant réalisateur de "L’Avventura" dans ce trip londonien fumeux et maladroit ? Une séquence initiale forte, avec ce shooting à forte connotation érotique. Et puis le talent d’Antonioni pour composer de belles images, jouer avec les reflets, les couleurs, la profondeur de champ… On a malheureusement l’impression que c’est tout ce qui intéresse le maestro, tant le reste est sans intérêt et multiplie les pataquès. Séquences interminables sans aucun contenu, acteurs mal dirigés (David Hemmings !) ou envoyés au casse-pipe dans des rôles sans intérêt (Jane Birkin). La thématique centrale du film, ce flou entre illusion et réalité, est intéressante, et l’idée de la traiter par le biais de la photographie est bonne, mais la mayonnaise ne prend pas. La dernière demi-heure, avec ses plongées totalement hors-sujet et absolument pas crédibles dans l’univers de la jeunesse festive londonienne (concerts, fêtes, drogue…) est à la limite du ridicule. Dans l’ensemble, un beau raté.
Film très lent à l'esthétisme assumé (Antonioni étant allé jusqu'à repeindre en vert... le gazon du parc où est tournée la scène centrale du film), "Blow Up" a des allures de thriller (il y a indéniablement quelque chose d'hitchcockien dans la scène sus-mentionnée), mais se trouve surtout être une sorte de réflexion sur les relations entre art et réalité. Antonioni nous avait déjà fait le coup avec "L'Avventura" : on ne saura pas le fin mot de l'histoire. Le personnage incarné par David Hemmings était-il paranoïaque, fantasmait-il sur ce meurtre ? Quel est le véritable sens de la scène finale avec ces mimes jouant au tennis ? Antonioni gardera toujours pour moi des zones d'ombre. Toujours est-il que le film est visuellement très beau et que la mise en scène est toujours un plaisir à analyser. Le scénario est certes très léger (c'est souvent le cas chez Antonioni) mais la lenteur a parfois du bon. A voir aussi pour la première scène de nu féminin intégral dans un film anglais : la jeune demoiselle en question étant une jeune débutante du nom de Jane Birkin.
Le film « in » d’Antonioni des années soixante avec ambiance londonienne garantie et clin d’œil appuyé aux Beatles et à Lindsay Anderson… Un film sur la photo bien sûr, mais surtout sur l’image, dans sa fonction essentielle, c’est-à-dire celle de voir ce qui est caché, voire ce qui est invisible. La scène de la fin, extraordinaire de poésie et d’humanité, est essentielle pour la compréhension du propos : sur un court de tennis, une troupe ambulante de mimes feint de jouer une partie imaginaire avec une balle invisible, jusqu’à ce que le photographe (rôle à facettes joué très justement par David Hemmings) finisse par entrer dans le jeu en renvoyant la balle d’une façon aussi symbolique que réelle… Les acteurs sont évidemment dirigés à la perfection par un des maîtres en ce domaine, les images sont léchées et possèdent autant de force esthétique que narrative, le scénario est pensé à chaque seconde et déroule peu à peu une histoire dont nous ne saurons pas plus que ce que les images voudront bien nous en montrer… Qui a tué qui et pourquoi ? Il y a toujours forcément un moment où on ne peut pas agrandir davantage une image… C’est à ce moment précis que l’imaginaire vient prendre le pas sur la réalité, révélant la construction tout aussi imaginaire de l’être humain et sa vacuité devant le monde… Un chef-d’œuvre de plus d’Antonioni, à la fois sur le plan cinématographique et sur le plan philosophique.
Bon alors j'ai bien aimé. C'est vrai qu'on a un peu l'impression de se faire avoir parfois quand on connait l'histoire car on attend ça mais en fait le film n'est pas juste sur ça. C'est sûr en même temps, c'est du Antonioni, c'est pas juste un thriller, ça se veut être une réflexion plus profonde. C'est une bonne chose. Mais ce qui est bien dans Blow-up c'est que même si ça peut sembler lent, je trouve pas ça longuet genre ennuyeux. Y a une certaine fascination quand même, enfin je ne pense pas que ce sera le cas pour tout le monde mais j'ai été intéressé tout du long.
Blow-Up est une expérience de cinéma pour le moins déroutante, accompagnée d'une maîtrise stylistique absolument bluffante.
Visuellement, le film de Michelangelo Antonioni est génial. D'excellentes idées de mise en scène viennent ponctuer des dialogues saccadés, un autre trait essentiel du film. Antonioni est loin d'être un blagueur et j'ai de bonnes raisons d'espérer adorer ses autres films. Le cinéaste parvient à capter des tensions sexuelles refoulées de manière très convaincante.
Quant au message subliminal, c'est peu de dire qu'il est parfaitement adapté au propos : il s'agit d'une réflexion sur les rapports exigus qu'entretiennent la violence et l'Art, le meurtre étant alors rêvé comme le fantasme artistique ultime.
Mais voilà, la sauce ne prend qu'à moitié. La réserve concerne le scénario, trop linéaire pour être intéressant, et trop pauvre pour éviter l'écueil de l'ennui et de la lassitude. Disons-le clair et net, la partie thriller est bâclée, elle laisse trop peu de place au doute et elle est trop tardivement intégrée au récit.
Certes, le casting est très correct, mais les personnages ne sont que superficiellement creusés. À croire que Antonioni était plus intéressé par la forme que par le fond, au point de donner parfois l'impression que son film cultive uniquement sa propre vanité
Un des films les plus étranges qu'il m'ait pu donné de voir. L'intrigue de ce polar anglais arrive très tardivement , au bout d'une bonne heure et quinze minutes sur l'heure cinquante de film, c'est assez surprenant. Si elle arrive tard, que se passe t-il donc avant?! Pas grand chose à vrai dire, ça tourne un peu en rond, Londres est bien filmé, David Hemmings joue bien son rôle de jeune photographe amateur de jolies demoiselles et on est correctement installé dans son univers professionnel. Le scénario jouant sur la confrontation entre le réel et le semblant m'a paru toutefois trop facile pour que le film retienne, toujours coincé entre des scènes fatigantes à l'image de la dernière totalement incompréhensible et d'autres pas mal tournées. Heureusement mes paupières ne sont pas beaucoup tombées, la bande originale d'Herbie Hancock , un grand maître du jazz m'a aidé à bien tenir. C'est au final un bon Antonioni qu'il ne faut pas regarder épuisé...
J'ai eu la chance de voir ce film au cinéma, grâce à une projection du ciné-club Le Silencio de Thonon/Evian. C'est peut-être ce qui m'a empêché de m'endormir, ou de zapper si j'avais vu ce film à la télé. Parce que franchement, il faut être motivé pour aller jusqu'au bout de ce film étrange, rempli de scènes d'une lenteur et d'un vide assez abyssal. Plastiquement, il faut avouer que l'image est très travaillée, bien que froide. Presque 2 heures à suivre ce jeune photographe qui découvre une scène de crime sur des photos prises dans un parc. Réalité ou illusion ? A vrai dire, le plus intéressant du film aura été le débat qui s'en est suivi avec la poignée de spectateurs courageux restés dans la salle !
A nouveau un chef d'œuvre d'Antonioni, "Blow Up" est le film d'une génération, d'une période. Marquée par la société de consommation, mais aussi par l'art, la photographie, la musique... Le film dispose d'une qualité de photographie exceptionnelle. Antonioni joue toujours sur l'élargissement du temps, l'incommunicabilité et l'abstraction de l'image. Et là, il est au sommet de son art. Thriller expérimental, où la photographie prend toute sa valeur et crée une dimension artistique inégalée. Les couleurs, les formes, les grands espaces (le parc, le studio du photographe...). Film nécessairement artistique en somme, et tout simplement sublime.
Antonioni signe ici un chef-d'oeuvre grâce à la beauté des images, l'excellent jeu des acteurs et le thème exploité: le rôle de l'art. Le réalisateur montre l'intérêt que l'on doit porter sur une oeuvre artistique telle une enquête à élucider. Il faut scruter l'oeuvre pour la comprendre car elle apparaît tout d'abord peu signifcative: comme le peintre, il affirme peindre sans réfléchir et c'est ensuite en prenant du recul qu'il déchiffre ses peintures et leur donne un sens. De même pour Thomas, le photographe, il découvre des éléments clés, involontairement pris, sur la vie chaotique de l'infidèle inconnue, après avoir longuement analysée cette photo. C'est ensuite au spectateur de comprendre le message que le film veut faire passer: chaque oeuvre artistique dénonce quelque chose, il suffit d'imaginer les choses qu'on ne voit pas pour mieux les comprendre.
Des plans superbes, une histoire qui pousse le spectateur à chercher au plus profond de lui-même la clé de ce film... Tout ça, Antonioni nous le sert avec brio.
Une petite déception pour ce film qui est mon premier de Antonioni et je reste sur ma faim, voyons ce que donnera Zabriskie Point, l'Eclipse et j'en passe.... Pour ce qui est du film, je dirais que le gros point positif est ses plans ( pour un film sur la photographie ça ne peut que être normal ) c'est visuellement très intéressant ( les scènes dans l'atelier sont les meilleurs pour ma part). Les plans sont donc bourré de détails et de subtilités. Mais voilà je me suis assez ennuyé pour le reste, le synopsis est pas mal, le questionnement sur le poids du fictif... mais purée c'est très très lent pourtant j'aime ça mais là je me demandais comment en 20 minutes le réalisateur peut trouvé une fin aussi rapide. Bon après niveau acteur, c'est plutôt pas mal, le photographe joue pas super bien, sa personnalité est plutôt sympa et assez loufoque mais je n'ai pas réellement adhérer à sa performance par contre l'actrice qui joue la femme à la recherche de ses photos "volées" je l'ai trouvé très intéressante. Je pense qu'il faut que je le revoie, je n'étais pas dans un bon état, pour essayer de rentrer dans le délire de l'artiste.