La Vérité sur Bébé Donge
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2025
Alors que les médecins et l'opinion publique s'agitent, l'époux empoisonné (imposant Jean Gabin) revit son histoire maritale, faisant par l'analepse en focalisation interne amende honorable pour un comportement s'opposant aux espoirs romantiques de sa femme (intense Danielle Darrieux). Même si certains dialogues manquent de naturel (et que le mixage son n'aide pas!), la critique d'une bourgeoisie hypocrite, envieuse, aveugle conserve sa pertinence, à l'instar du questionnement sur le bonheur conjugal et sur les fantasmes (romanesques) d'absolu féminins. "Vous aimez bien nous demander de repartir de zéro, comme si c'était faisable..." Une version en miroir de Madame Bovary où nul espoir, nulle absolution ne semblent accessibles.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2017
Un film important de Decoin, où Gabin et Darrieux rivalisent dans l'interprétation de personnages pas si conventionnels dans cette société bourgeoise de province. Le montage a vieilli mais le propos reste assez captivant, essentiellement grâce à un parfait casting.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2023
« Oh c’est une gamine (…) enfin, pour ce que je veux en faire, je la trouve très bien. »

La Vérité sur Bébé Donge est le troisième roman de Simenon adapté par Henri Decoin après « Les Inconnus dans la Maison (1942) et L’Homme de Londres (1943). Si Gabin gabine déjà sur le chemin de son grand retour au cinéma, en riche industriel particulièrement sexiste et odieux, Danielle Darrieux interprète à la perfection son rôle trouble, à la fois piquante, naïve et sombre.

Les meilleurs Simenon sont lents, tout le monde sait cela : il faut du temps pour découvrir la minutieuse peinture socio-psychologique des personnages. Cette fois, comme souvent, c’est au coeur de la bourgeoisie industrielle de province que nous plonge le récit, entre moment présent sans concession (les détails de l’hospitalisation de François/Gabin nous sont narrés cliniquement) et flashbacks mitigés entre le romantisme de Bébé/Darrieux et le cynisme de son époux. Le talent, pourtant peu novateur, de Decoin doublé du génie de Simenon, c’est de parvenir à donner, grâce à une direction d’interprètes à la fois cadrée, à la fois laissant libre cours à la personnalité de ses acteurs·trices, chair et sens à un propos qui pourrait, en d’autres mains, passer pour fade ou sans relief. C’est lent au début mais on veut savoir et on s’accroche. Alors, quand la narration se densifie, on ne voit plus passer les minutes et on en veut encore, toujours plus. Alors certes, aujourd’hui, le principe des flashbacks a vécu, à force de surexploitation, mais quand ils sont, comme ici, distillés et intelligents, on en redemanderait presque.

Au final, cette œuvre un peu oubliée a tout du grand classique, pour l’interprétation et le rythme parfaitement maîtrisé, à l’image de la musique de l’éclectique Jean-Jacques Grunenwald. Une œuvre qui gagne en densité, en intensité, voire en violence, au fil du récit avec, cerise sur le gâteau, une rarissime interprétation de Gabin en homme à la fois haïssable et amoindri. Un récit miroir comme on en fait peu.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2015
Après une première demi-heure un peu brouillonne, ce long-métrage porté par Jean Gabin et Danielle Darrieux se structure très intelligemment. Tout en observant finement les mœurs et l'hypocrisie de la bourgeoisie de province, ce « faux film policier » adapté d'un roman de Simenon raconte de manière cruelle le naufrage annoncé d'un mariage unissant une femme amoureuse et romantique et un mari volage rongé par son ambition personnelle.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2006
Adaptation d’un roman de Georges Simenon paru en 1940. Jean Gabin incarne un industriel au succès florissant, cynique, coureur de jupons. Il épouse finalement Bébé qui s’attendait à une histoire d’amour pleine de romantisme. La jeune fille naïve va désenchanter rapidement et finira par empoisonner ce mari volage. Un couple qui fonctionne à merveille, des acteurs au sommet, servis par un scénario ciselé et des dialogues épatants : « Les femmes, c’est comme les affaires, il y a celles qu’on a du premier coup et les autres qu’il faut attendre »…Chef d’œuvre.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juin 2025
Victime d'un empoisonnement, l'industriel François Donge se souvient, sur un lit d'hôpital, de sa rencontre et de ses dix années de mariage avec Elisabeth, dite Bébé.
C'est donc sous la forme de flashback, tandis qu'on ignore si Donge va s'en sortir, qu'Henri Decoin relate une relation conjugale dans la bourgeoisie de province. D'après Simenon, le film est d'abord une satire assez féroce de la bourgeoisie et de ses mariages d'argent. Sauf que Bébé est probablement sincèrement amoureuse du vieux garçon amateur de femmes qu'est François Donge.
La satire est acerbe et la mise en scène de Decoin est plutôt habile pour évoquer les ressorts psychologiques du drame conjugal. Danielle Darrieux et, surtout, Jean Gabin sont convaincants dans une relation qui commence sur le ton de l'ironie spirituelle ou le cynisme et qui se poursuit dans l'amertume.
Le cinéaste a sans doute un peu de mal à maintenir une intensité dramatique, peut-être à cause du résumé elliptique un peu abrupt de la vie commune des époux Donge, mais sa réalisation n'est pas sans finesse et non-dit, ce qui permet de se détourner du mélo ou d'un mode romanesque appuyé. Et si on peut juger succinct le portrait des deux personnages principaux, l'essentiel de leur relation et du malentendu qu'est leur mariage est bien présenté.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2025
Tiré du roman éponyme (1942) de Georges Simenon (1903-1989), le film, bien que sombre, raconte une l’histoire d’amour pas du tout synchrone (10 ans, présentés sous forme de flash-backs) entre un industriel de province (Dauphiné,) fabricant de chaussures en cuir, François Donge (Jean Gabin, 48 ans), et Elisabeth, dite Bébé (Danielle Darrieux, 35 ans). Le premier a enchainé les liaisons féminines avant de se marier avec la sœur de la femme de son frère (qui travaille avec lui) tandis que la seconde a une vision passionnée de l’amour, un peu naïve (d’où son surnom ?) et égoïste, refusant d’effectuer les tâches ménagères et la cuisine, et d’enfanter, la rendant aussi un peu proche d’Emma Bovary. On retrouve les thèmes récurrents de Georges Simenon tels que l’incommunicabilité du couple [cf. « La mort de Belle » (1952)] ou les réflexions d’un homme sur son lit d’hôpital [cf. « Les anneaux de Bicêtre » (1963)]. Le film, magnifié par la photographie en noir et blanc de Léonce-Henri Burel (1892-1977), est d’une grande noirceur concernant ses personnages : Elisabeth Donge en premier lieu, déçue par sa vie maritale ( spoiler: elle reproche à François, d’abord d’être indifférent et de vivre sa vie, plus que de la tromper), ayant hésité entre son suicide et l’empoisonnement [au sublimé ou bichlorure mercurique (HgCl2) présent dans la tannerie et versé dans le café de François Donge
] de son mari, et la marquise d’Ortemont (Gabrielle Dorziat, 72 ans), marieuse cynique. Le film et le roman) constituent une variation sur une femme qui empoisonne son mari, bien différente de celle de « Thérèse Desqueyroux » (1927) de François Mauriac (1885-1970) où le personnage titre a bénéficié d’un non-lieu et prépare sa confession auprès de son mari Bernard, soucieux du respect des conventions et de l’honneur [adapté au cinéma par Georges Franju en 1962 avec Emmanuelle Riva et Philippe Noiret puis par Claude Miller, en 2012, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche].
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
C'est à la fois le plus beau film de Decoin et la meilleure adaptation d'un roman de Simenon.
Tragédie d'une noirceur rare, l'oeuvre est parcourue par un trouble perceptible et une atmosphère très soignée.
Darrieux et Gabin y sont sublimes.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 10 mai 2019
Sur un scenario tiré au couteau, deux acteurs d'une parfaite justesse jouent sur les tourments de l'amour. Une réalisation impeccable accompagne ce petit chef d'œuvre de sensibilité, auquel un noir et blanc ajoute une nuance de nostalgie envers un cinéma de qualité que l'on devrait revisiter plus souvent.
Deroo Blar
Deroo Blar

1 abonné 178 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mai 2026
Superbe film qui nous emmène dans les recoins de l'âme d'un homme et d'une femme. Surtout d'une femme qui croit en l'amour, qui veut l'amour sans pour autant se soumettre à la vision de la femme au foyer. Elle veut être aimée. Il veut vivre sa vie.

C'est bien orchestré par le réalisateur et bien filmé. Psychologique et sociologique quand on le regarde en 2026, 74 ans après sa sortie. Les mœurs de la bourgeoisie, les mariages arrangés, la fidélité, l'amour, la réussite sociale... Autant de thèmes abordés de manière assez subtile.

Les moments de romance du film sont très beaux visuellement et émotionnellement, sur de la musique qui certes a fait son temps mais accompagne merveilleusement l'image.

En parlant de merveille... Danielle Darrieux était une grande actrice avec ses grands yeux expressifs et son éloquence dans sa façon de dire les textes. Bref passage d'une minute sur l'ina où elle parle de sa rencontre avec Gabin lors du film. Parfois Gabin est cantonné à une jeunette, ici le couple fonctionne. Pas besoin de dire qu'il est bon le vieux..

J'ai du mal à croire que le film est de 52 mais cela donne évidemment envie de redécouvrir le vieux cinéma.
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