J'ai adoré ce film et la langue iranienne que j'ai trouvé trés douce.Il y a tout les ingrédients:film"choral",performance des acteurs,suspense,vision de l'Iran et de ses contradictions.Les actrices sont trés belles et la caméra invisible. Courrez-y.
Des scènes poignantes servies par une image et un mouvement de caméra exceptionnels (la recherche de l'enfant dans la mer), la profondeur des personnages, l'intensité des émotions, en font un film bouleversant, que je recommande vivement.
Un film iranien encensé par la critique, pourquoi pas? L'intérêt de ce film est son aspect culturel, des couples "modernes", où la femme semble (un peu) libérée, de beaux acteurs, une façon de fimer originale. Mais on a vraiment du mal à adhérer au "sens de l'honneur" qui est à des années lumière de notre culture du divorce facile, une femme qui n'aime plus son fiancé et qui souhaite rompre, plus grave que sa disparition!!! Et que de longueurs, on s'y ennuie beaucoup.
un peu de mal a accrocher au debut, car pas habituée aux films iraniens, le genre de dialogues etc...mais dès que je me suis mise dedans, j'ai été tenue en haleine du début a la fin. J'ai énormement apprecié ce film, il nous laisse une étrange sensation en sortant. Il est bien tourné, simplement, les acteurs sont tres bien, simples également mais réussissent vraiment à faire sentir la pression et le climat de tension au spectateur.
On pense à un grand Sautet, le suspens en plus. Des personnages d'une incroyable proximité, conduits par un remarquable scénario à des affrontements d'une justesse impressionnante. La mise en scène grave des scènes dans la mémoire (la disparition sur la plage). Un très grand film qui, mieux que toute démonstration, nous rapproche à vie du peuple iranien.
Avec À propos d’Elly, Asghar Farhadi trouve la forme qui deviendra sa signature : une architecture dramatique au service d’un vertige moral. Ici, quelques couples de la classe moyenne téhéranaise partent en week-end sur la mer Caspienne. On chante, on plaisante, on organise presque innocemment une rencontre amoureuse pour Elly, institutrice. Puis Elly disparaît. Et le film se resserre sur ce drame.
Ensuite, le film n'essaye pas de résoudre une énigme mais surtout d’observer un délitement. La disparition expose les petites lâchetés, les mensonges pratiques, les ajustements de version. Qui a insisté pour qu’Elly vienne ? Qui surveillait les enfants ? Qui a menti au propriétaire de la maison ? Le vertige naît de l’impossibilité d’établir un récit commun.
La scène du sauvetage constitue le cœur formel du film. Un enfant disparaît dans les vagues, les hommes se jettent à l’eau. La caméra à l’épaule se débat avec les corps, le vent, les cris puis ensuite avec les conversations partielles. Aussi, l'espace devient une véritable dramaturgie. Dès l’arrivée à la villa, la caméra circule entre les pièces, traverse les seuils, cadre des conversations à travers des embrasures de porte. Les personnages se déplacent, se regroupent, s’isolent. Farhadi compose des cadres qui incluent et excluent, laissent hors champ des informations cruciales, retardant un aveu. Ainsi, plus le groupe parle, plus la vérité se dérobe. Chaque tentative d’éclaircissement ajoute une couche d’opacité.
Ce qui frappe, c’est l’absence de véritable méchant. Personne n’est foncièrement pervers (ou plutot tout le monde l'est). Les personnages mentent pour protéger un ami, préserver une réputation, éviter un scandale. Le mal émerge non d’une somme de petites lâchetés. Elly, quant à elle, devient surface de projection. Absente, elle est racontée par les autres, modelée selon leurs besoins. Tout est cruel.