« Tomb Raider » rebooté, Lara Croft relooké. Alicia Vikander succède à la plastique d’Angelina Jolie, laquelle avait quelque chose de Lara Croft. Sa posture sur les affiches de « Lara Croft : Tomb Raider » et «Lara Croft : Tomb Raider, le Berceau de la vie » témoignent que l’actrice était taillée pour incarner ce personnage célèbre issu du catalogue de la PlayStation. Du souvenir que j’en ai, elle était crédible et les deux films, sans être exceptionnels n’étaient pas indigestes. C’était deux rendez-vous manqués, malheureusement. Cela aurait pu être une super franchise. En tout cas, cela n’a pas nui à la carrière d’Angelina Jolie. Quid de ce reboot "Tomb Raider" sous les traits appréciables d’Alicia Vikander ? A part le relooking, c’est le néant. Rebooter pour un résultat aussi inconsistant, selon moi, ça n’en valait pas la peine. Tout est du déjà vu déjà revu. Un manque total d’imagination à commencer par l’aventure elle-même, insignifiante, super bien balisée. Un voyage organisé. On commence avec une Lara Croft naïve qui se fait voler son sac à dos par des jeunes voyous mais on sait pertinemment qu’elle va agir promptement et physiquement pour récupérer son sac. Déjà, on sait qu’elle pratique le sport de combat, qu’elle est adroite et rusée sur son vélo. Vu et revu aussi le soi-disant méchant. Aucun charisme. Rebooter pour nous pondre un méchant caricatural, ça n’en valait vraiment pas la peine ! Il est d’un ennui ce méchant, limite risible. Quand je pense aux scénaristes des Marvel-Netflix, c’est du haut niveau en matière de méchants. A moins que Roar Uthaug, le réalisateur, voulait rendre hommage à René Belloq, le méchant dans « Indiana Jones, les aventuriers de l’Arche Perdue ». Raté. Je lui préfère René Belloq à cet ersatz. Comme tout reboot, on repart de zéro, personnage inclus. L’icône Lara Croft se dévoilera à la toute fin. En attendant, on nous inflige son parcours, celui qui la mènera à être LA Lara Croft. Et ce parcours manque d’intensité, de force, d’originalité, de surprise voire peut-être de noirceur ou à défaut de profondeur. L’unique séquence retenue : celle où elle parvient à s’extraire du courant en se récupérant à l’épave d’un avion suspendu dans le vide. L’unique séquence qui m’a sorti de l’ennui. Quant au personnage de Kristin Scott Thomas, Ana Miller, je le pressentais. Encore une fois vu et revu (Largo Winch, Iron Fist). En soi, ce film est un recyclage de vu et revu. Et c’est bien dommage, car j’aime bien Lara Croft pour y avoir joué durant les années PS1 et PS2 ! Ça remonte ! C’est bien dommage car j’apprécie Alicia Vikander, Kristin Scott Thomas. Je ne leur reproche pas de jouer dans ce « Tomb Raider », ce sont des actrices, elles font leur métier, un bien joli métier, mais d’incarner des personnages qui ne sont pas à la hauteur de l’imagination du jeu et à l’attente des fans. Ce « Tomb Raider » est d’une banalité affligeante. Un reboot sans imagination, sans relief, un reboot à rien. Un second volet est acquis. Tant mieux, oui, tant mieux tant j’espère une réaction des scénaristes. Tant j’espère plus d’envolée, plus d’épique. Le reboot de « King Kong » de Peter Jackson est un exemple de réussite, selon moi. Il en est de même des Batman version Nolan. C’est du lourd. A l’inverse, ce « Tomb Raider » n’a aucun caractère. C’est du surfait. Il manque totalement de personnalité. Sans honte, je lui préfère les deux précédents. Je dis ça, il faudrait les revoir, mais par pur plaisir de provoquer, je persiste et je signe : je préfère les deux précédents ! Surtout après un résultat aussi plat. A croire que les jeux vidéo sont comme les BD : décevants à imprimer sur pellicules ! De toutes façons, en matière d’aventures archéologiques, on ne fera jamais aussi bien que les premiers « Indiana Jones ». THE REFERENCE. A voir en V.O tout de même.