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willycopresto
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4,0
Publiée le 24 novembre 2016
"Le Premier Homme" (27 Mars 2013) France 3 le 22.11.2016
Si vous n'avez pas déjà vu ce film, ne cherchez pas trop à en savoir ou en lire sur lui. Vous gâcheriez le plaisir que l'on éprouve en découvrant un plat nouveau, un pays inconnu et vivez-le plutôt comme une défloration...Car cette histoire, auto-portrait inachevé de Camus est très belle. L'oeuvre a été coproduite par France 3 et quelle bonne idée la chaîne a eue de l'inscrire à son programme, mais pourquoi à une heure aussi tardive, presque à la sauvette ? Car ce n'est quand même pas du cinéma d'art et d'essai réservé à une clientèle spécifique ? Je ne connaissais pas le réalisateur italien Gianni Amelio, mais quel soin il a dû apporter avant de passer à la réalisation de cette oeuvre qui ne laisse rien au hasard. Tout le déroulement du scénario semble avoir été étudié au millimètre, et le résultat est à la hauteur de ces préparations. Les images sont superbes, et la caméra semble se faire parfois intimiste, invitant à ne plus être passif devant l'histoire, mais d'y entrer. Un peu comme en 3D où vous ne regarderiez pas un film en relief mais où vous seriez imprégné de son ambiance. Côté casting, c'est la même bénédiction : les acteurs ne jouent pas mais incarnent vraiment leurs personnages, du plus modeste rôle au plus important ! Jacques Gamblin, qu'on ne s'attendait pas à trouver ici, semble lui-même touché par la grâce et nous fait un de ses meilleurs rôles : même dans ses silences, son visage est caressé par la caméra et nous laisse partager ses pensées... Mais Nino Jouglet, celui qui joue le rôle de Camus enfant, joue aussi à la perfection, et avec cette ingénuité que les adultes ont perdu. Quelle patience le réalisateur a dû avoir, lui qui n' a pas eu de descendance... Certains reprocheront à juste titre à ce film sa lenteur. Mais on n'est pas dans une course de formule Un et justement, elle permet de réfléchir aux images, et de se recueillir comme on le ferait devant une tombe. C'est probablement la dernière oeuvre importante de Amelio : il a aujourd"hui 71 ans,c'est en tout cas une apothéose...J'ai beaucoup aimé. willycopresto
Bien étrange film autobiographique que ce Premier Homme !! Dans un premier temps on est ravi de découvrir l'enfance d'Albert Camus et de découvrir le roman que cet immense auteur n'a pas eu le temps d'achever avant sa mort, les scènes où l'on voit le jeune Jacques petit sont prenantes et émouvantes mais très vite il ne se passe plus grand chose et honnêtement la fin est tout bonnement indigeste. En plus la réalisation est spéciale, le jeu des acteurs encore plus et au final on reste sur une bien drôle d'impression. Un raté il faut l'avouer (et j'ai découvert que ce film est le moins rentable de toute l'histoire du cinéma... ce n'est pas rien !!!)
Je comparerai bien ce film à Winter Sleep, un autre film très long, très beau mais sans fin. L'enfant à un très beau rôle, ce film reste beau meme si decevant. Il ne me reste plus qu'à le lire !
Étant d'origine pied noir, ce film m'a permis d'en savoir un peu plus sur ce conflit entre les algérois et les algériens. Très bien filmé, sans parti pris. Un film a montrer en cours d'histoire quand cette guerre ne sera plus tabou
Adapté du roman d'Albert Camus, ce drame est doté d'un bon scénario traitant de la guerre d'Algérie, une saisissante reconstitution des décors de l'époque et une magnifique interprétation de Jacques Gamblin, cependant le sujet, peu rythmé, manque de force. Divertissant.
vision sympathique de la colonisation algérienne malgré les scènes d'attentats. pour autant l'histoire est bien conduite sur la base du ressort psychologique. très belle interprétation de Jacques Gamblin et Catherine Sola. Film fort et qui nous amène à repenser les rapports humains.
J'ai découvert ce film en avant-première, il m'a emporté. Les images sont superbes, les interpètes sont justes et le sujet bien traité. Il retrace notamment l'enfance de Camus en Algérie et la portée de ce film réside dans une phrase que l'on retrouve d'ailleurs dans la bande-annonce : "l'enfant porte en germe l'homme qu'il deviendra". Pour moi, tout est dit... Bref, un film humaniste qui m'a beaucoup touché et j'ai l'impression que je n'ai pas été la seule au vue de la discussion qui s'en est suivie. Je vous encourage vivement à voir ce film, une belle leçon de cinéma (et d'histoire) en toute simplicité!
Dimah, Je pense que Camus exprimant son amour pour sa mère est universaliste. Tout le monde, bien sûr, a le droit de se reconnaître dans cette phrase et faire ce choix. Quant à l’appellation « Arabes », elle appartient à une simplification de l’époque ; les « vrais » Arabes (venus d’Arabie Saoudite) étaient peu nombreux en regard des « Berbères ».
Film d'une très grande sensibilité. J'y ai retrouvé tous les ingrédients de mes racines, de ma jeunesse. Photo extraordinaire, il n'y manque que les senteurs. Certains ont trouvé de la lenteur dans ce film. Cette lenteur, à mon avis y donne de la profondeur et du relief. J'y ai perçu les mêmes interrogations chez mes parents, les mêmes doutes, le même déchirement, le même abandon. Je ne connaissais pas ce livre inachevé de Camus. Ce film me donne envie de m'y plonger.
Gianni Amelio, Lion d’or pour Mon frère, demeure attaché à un morne style, alors qu’on espérait tant d’un vent camusien sur son art. À la décharge du cinéaste, on lui sait gré de garder toute justesse (notamment dans la représentation de la guerre en Algérie) et de ne point trahir l’œuvre.
Qui est capable de lire un roman en 90 minutes ? Toute transcription cinématographique mérite son qualificatif : adaptation. Dans le cas présent, l'exercice comporte une épreuve subsidiaire : le texte n'est pas achevé. Camus envisageait deux volumes et nous disposons à peine du premier, qui plante le contexte d'une réflexion dont la mort de l'auteur nous privera. En dépit de toutes ces contraintes, y compris l'habileté stylistique de Camus, tous ses adeptes le reconnaissent dans ce film.
Les choix du réalisateur, Gianni Amelio, sont entièrement au service de l'oeuvre écrite. La lenteur précise des images, les temps de parole distillés, qui ne prennent que plus de force lorsque l'on reconnait les mots de Camus. Ensuite les acteurs, parfaitement justes dans leur rôle. Bien sûr on apprécie Jacques Gamblin, il nous donne une version humble et mesurée d'un Camus auto-romancé. Il y a surtout le petit Nino Jouglet, touchant de vérité dans son enfance. Les critiques ne le soulignent pas assez. Ce bel ensemble est à voir, peut-être même à revoir.
L'histoire de Camus enfant, romancée par Camus et adaptée par Gianni Amelio, entraîne le spectateur dans un flash-back depuis le début des terreurs de la guerre des années 50 vers la douceur de l'Algérie colonisée des années 20 contrastant avec la dureté de vie à Alger de sa famille handicapée par la pauvreté et l'absence de patriarches.