Lente, froide, impersonnelle, cette adaptation est oubliée aussitôt son visionnage terminé. Si Jacques Gamblin est toujours impeccable, son jeune homologue Nino Jouglet est mal dirigé et les flash-back en pâtissent.
Gianni Amelio, Lion d’or pour Mon frère, demeure attaché à un morne style, alors qu’on espérait tant d’un vent camusien sur son art. À la décharge du cinéaste, on lui sait gré de garder toute justesse (notamment dans la représentation de la guerre en Algérie) et de ne point trahir l’œuvre.
J'aime l'oeuvre d'Albert Camus, je n'avais pas aimé son dernier roman inachevé dont est tiré ce film et voilà que grâce à cette adaptation, j'ai découvert ce qu'aurait pu être un grand livre. Le réalisateur a su parfaitement traduire ce qu'est la misère simple, brut, sans fard ni concession, le poids des silences de ceux qui souffrent et continuent à vivre pourtant, la dureté des gestes quand bien même sont ils justes comme pour ne pas tricher avec le monde, comme pour garder l'estime de soi, première et unique richesse, et enfin la réalité niée par les idéologies que le peuple algérien était bien composée de deux communauté qui aurait pu vivre ensemble. Un film sincère et sensible
Une très belle lenteur anime ce film, une lenteur toute méditerranéenne..... Je ne sais si on connait l'oeuvre de Camus après avoir vu ce film, même si quelques extraits semblent annoncer la peste.... Mais on poétise son enfance et sa prédisposition à l'intégrité morale, celle du futur prix nobel.... Le film est intimiste et chaleureux......L'enfance est la plus grande partie, même si j'ai trouvé meilleurs (plus concrets et informatifs) l'age adulte interprété par Jacques Gamblin..... Quelques belles citations jalonnent les dialogues et des personnages que l'on ne connait pas, la grand mère (dans une scène terrible à voir) et l'oncle un peu demeuré mais ardemment fraternel.... Le film est à la fois précis et vague, avec notamment en début des sursauts d'humour grandiloquents, Je pense à cette sublime réplique d'un élève à qui l'on demande de définir son père en un mot : " Con" répond-t-il et d'ajouter en criant "vive Napoléon", sublime rime et sublime humour..... La première partie du film est dans cette tonalité..... La seconde est plus sérieuse et mêle une affaire de justice, sans insistance, mais attachante et simple.... Car ce que l'on retient de l'immense écrivain, c'est sa simplicité, refusant de se faire vouvoyer par instant.... Un film à découvrir et qui donne envie de lire le roman plus ou moins autobiographique de Albert Camus......
vision sympathique de la colonisation algérienne malgré les scènes d'attentats. pour autant l'histoire est bien conduite sur la base du ressort psychologique. très belle interprétation de Jacques Gamblin et Catherine Sola. Film fort et qui nous amène à repenser les rapports humains.
Dimah, Je pense que Camus exprimant son amour pour sa mère est universaliste. Tout le monde, bien sûr, a le droit de se reconnaître dans cette phrase et faire ce choix. Quant à l’appellation « Arabes », elle appartient à une simplification de l’époque ; les « vrais » Arabes (venus d’Arabie Saoudite) étaient peu nombreux en regard des « Berbères ».
Du roman posthume et autobiographique d'Albert Camus, Gianni Amelio a tiré un film scolaire et appliqué. S'il rend hommage au personnage de l'écrivain, forgé par ses années d'enfance, Le premier homme ne parvient jamais à rendre compte de la complexité du drame algérien. D'où vient cette fadeur qui imprègne le film ? L'absence de prise de risques, la peur de trahir le livre, la reconstitution ripolinée de l'Alger de 1957 ? Gamblin et Podalydès ne sont pas à blâmer, ils donnent une humanité et une humilité qui touchent. Mais sans jamais réussir à transcender un film qui reste obstinément dans les clous.
Très peu d'émotions dans ce film, le film comme le livre ignore la vie quotidienne de tous les habitants d'Alger. L' humanisme de l'instituteur est agréable à entendre, mais les discours rapportés n'apportent rien , les "arabes" comme Camus-Cormery le dit ont eux aussi une mère, alors ...Peu intéressant.
J'ai vu ce film en avant-première à Nantes. Ce film est lent. Lent comme la vie, lent comme les vies des hommes avec un petit H, ceux de tous les jours. Ces gens pour qui le moindre petit geste est une preuve d'amour. Pour qui une simple pièce est un espoir en l'avenir. C'est cette apparente lenteur qui est en fait gage de réalité. La lenteur n'est-elle pas finalement le rythme normal de la vie?
La performance des acteurs est excellente, surtout celle du petit garçon(Nino Jouglet).
Se pose enfin la question de la grande fidélité(peut-être trop?) du film au livre. Mais quand le livre est un chef d’œuvre, le réalisateur, qui qu'il soi, peut-il s'en affranchir? La fidélité de ce film au roman autobiographique inachevé de Albert Camus est ici très grande. Peut-on s'en plaindre? La violence de l’époque, la vie d'Albert Camus telle qu'il l'a écrite de façon à peine caché, méritent-elles d'être librement adaptées au risque d'être bafouées?
Ce film est beau, profond, puissant. Bien sur moins que le livre, mais le pari est réussi. Il pose des questions, et a la beauté de ne pas imposer les réponses.
J'ai découvert ce film en avant-première, il m'a emporté. Les images sont superbes, les interpètes sont justes et le sujet bien traité. Il retrace notamment l'enfance de Camus en Algérie et la portée de ce film réside dans une phrase que l'on retrouve d'ailleurs dans la bande-annonce : "l'enfant porte en germe l'homme qu'il deviendra". Pour moi, tout est dit... Bref, un film humaniste qui m'a beaucoup touché et j'ai l'impression que je n'ai pas été la seule au vue de la discussion qui s'en est suivie. Je vous encourage vivement à voir ce film, une belle leçon de cinéma (et d'histoire) en toute simplicité!