Malizia a l’élégance de son actrice principale, Laura Antonelli, et interroge le désir refoulé au sein d’une société italienne où règnent l’interdit et la censure après la Seconde Guerre mondiale. Salvatore Sempi prend un malin plaisir à subvertir la morale et s’attache à des personnages qui, quel que soit leur âge ou leur origine social, transgressent, chacun à leur manière, la frontière entre le Bien et le Mal, conformément à la définition du Mal tel que circonscrite par Georges Bataille dans son essai La Littérature et le Mal : spoiler: une angoisse partagée, laissant supposer que tout risque d’aller mal – nous nous sentons constamment au bord de la catastrophe –, un sentiment de culpabilité lié à deux pulsions concurrentes, le voyeurisme et l’exhibitionnisme, c’est-à-dire la fascination de voir sans être vu et, a contrario, d’être vu en feignant de ne pas le voir, une inversion de la sacralité, le film n’ayant de cesse de dégrader le culte chrétien en autant d’occasions offertes au péché . Et l’intelligence de Malizia réside justement dans ce partage du Mal à tous, hommes comme femmes : le spoiler: jeu de cruauté qu’entretient Nino avec Angela finit par s’inverser durant une séquence de spoiler: cache-cache magistralement mise en scène, sa volonté d’abuser de la domestique de maison se heurte à une inexpérience que saisit cette dernière pour assouvir à son tour ses désirs . Aussi Angela s’inscrit dans une galerie de femmes puissantes qui gouvernent un masculin persuadé du contraire, habitué à hurler sur ses ouvriers, à parler haut et à croire en sa supériorité : l’épouse disparue continue de hanter la famille, la mère atteste une autorité matriarcale qui raccorde le chef de famille prétendu au petit garçon qu’il était, la servante occupe l’esprit des hommes et parvient à occuper le centre de leur vie, et leur milieu social. Revient comme un refrain l’image du « jeu », explicitée dès le début du long métrage par la balle spoiler: que veut faire rebondir Enzino dans des pièces occupées à accueillir la préparation de l’enterrement, qui correspond à cette corruption innocente des personnages , oxymore digne d’intérêt que sublime la photographie de Vittorio Storaro.
Totalement séduit par ce film érotique et pourtant si sage à la fois. L'histoire explore des thèmes délicats avec une certaine finesse, la réalisation est soignée, mêlant comédie et érotisme subtil. Alessandro Momo, dans le rôle de Niño, incarne un personnage mystérieux, à la fois provocateur et sage, créant un contraste que j'ai trouvé captivant et révélant les tensions entre innocence et désir. Laura Antonelli joue également très bien. Son personnage, pris dans un tourbillon d'émotions, oscille entre soumission et rébellion, et ce jeu malicieux entre ce garçon et sa séduisante servante m'aura tenue en haleine tout du long
Tendres débuts..... Le savoir-faire d'un réalisateur italien....malicieux, qui a orienté la sensualité d'une ribambelle de galopins, pour le meilleur.
Classique de la comédie érotique, "Malicia" commence plutôt bien, du ton enjoué qui sied à ce cinéma transalpin des années 70. Hélas, n'est pas Risi ou Monicelli qui veut !, malgré la présence d’Alessandro Momo, que l’on retrouvera dans le génial « Parfum de femme ». Ici, on s'englue très rapidement dans la grivoiserie la plus attendue et le dernier tiers est une suite de scènes plus invraisemblables et grotesques les unes que les autres... Seul soleil dans ce triste pensum, Laura Antonelli, belle et ingénue au point de frôler la caricature.
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3,5
Publiée le 19 mars 2023
Un veuf et ses fils tombent sous le charme de Laura Antonelli! Mais attention il y a une expression bien connue qui dit : « Jeux de mains, jeux de vilains » car le deuil se porte dans le coeur et non dans les sous-vêtements! Succès historique et populaire en Italie, "Malizia" (1973) profite d'une libèration des moeurs avec une Laura Antonelli au sommet de sa beautè naturelle! Une femme de chambre bonne à tout faire et qui pense à tout dans les moindres dètails! Que tous ceux qui regardent pour la première fois ce film parlant du dèsir sexuel se rappellent de son sex-appeal dèvastateur! L'occasion de lui rendre hommage ainsi qu'au jeune Alessandro Momo, victime malheureuse d'un accident de moto à seulement dix-sept ans spoiler: , celui qui met une rose rouge tous les matins en pensant à La Barbera, celui qui a « le vertige » quand il monte sur une èchelle de bibliothèque, et surtout celui qui fait tomber la culotte de la nouvelle gouvernante avant une partie de cache-cache homèrique d'une Antonelli complètement nue fuyant la lumière... . Culte...
Un standard du genre comédie dramatique érotique. Le charme tout en nuance d'Angela (Laura Antonelli), la malice panique de Nino (Alessandro Momo mort trop jeune ), et en filigrane la touffeur de la société sicilienne avec des interdits et ses rites. Un regard acéré sur les désirs adolescents. Dans la veine des films capiteux le désir et les angoisses masculins, à coté de "Ce merveilleux automne" de Bolognini ou "Parfum de femmes" de Risi.
Le film avec Laura Antonelli qui a fait fantasmer l'italie dans les années 70. Bon il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard avec la classique histoire de la femme de chambre qui plait à toute la famille. Un film qui n' a pas du plaire au MLF car pour le coup le personnage de Malicia n'a pas vraiment de malice. J' imaginais tout de même un scénario plus intéressant et un film plus amusant.
Erotique. Un des meilleurs films sensuels que j'ai pu voir dans ma jeunesse . J'ai adoré ce film et la plastique parfaite de Laura Antonelli . Souvenirs quand tu nous tiens . A voir absolument .