Il y a un peu plus d’un an, sortait sur nos écrans Eyes of War (2009) avec Colin Farrell. Le film traitant du même thème, il était donc logique que le film de Steven Silver ne puisse pas bénéficier d’une exploitation en salle (si l’écart entre les deux films avait été plus espacé, cela aurait pu être différent). Toujours est-il qu’avec Shots of War (2011), on se retrouve à nouveau confronté avec des photographes de guerre, avec pour seul acteur connu du grand public, un certain Ryan Phillippe. Premier long-métrage de cinéma pour Steven Silver (plus habitué à réaliser des documentaires pour la télévision) qui essaie tant bien que mal d’adapter le roman de João Silva (qui s’inspire de sa propre expérience) en nous replongeant pendant les derniers jours de l'apartheid en Afrique du Sud. D’une durée excessive de 110 minutes, ce qui aurait pu être un formidable biopic se transforme en une banale retranscription dénuée de saveur (si les scènes de guérilla s’avèrent réalistes, le reste du film nous paraît interminable et lassant). Au final on se retrouve devant un DTV sans grand intérêt et qui avait toutes les raisons de sortir dans l’indifférence générale.
Au départ, l’intérêt du film était notable: l'image qui voulait parler de l'image. La question est d'autant d'actualité dans notre société. Cela dit, le tout sombre vite dans l’incohérence, mais surtout les clichés très usés relatifs au genre. Du coup, la raison d'être même du film n'est plus. C'est tiré en longueur, très classique et absolument inutile.
Un immersion dans le travail des photographe de guerre, ici avant que tombe l'apartheid. On se rend compte une fois de plus ("Harrisson's Flowers" l'a déjà traité) des difficultés, des dangers, de l'incompréhension de l'extérieur, de la stupidité des donneurs de leçons mais surtout du dégât psychologique que ces professionnels doivent subir et vivre, en mémoire, des scènes dévastatrices. Le film en lui même avec une mise en scène assez classique, balaie bien le métier, les échanges et l'environnement ainsi que les attentes de reconnaissance. On mesure également la prise de conscience du danger que l'on essaye de dompter mais que l'on subit en fin de compte. De très belles images mais une photographie un peu en dedans surtout vu le sujet. De bonnes interprétations et une cohérence sur l'ensemble du scénario laissant une part pour l'envers du décor. 3.5/5 à découvrir !!!