La discrimination capillaire est un sujet original, c'est vrai, mais est-ce une raison pour le traiter n'importe comment? Avec un scénario qui semble presque improvisé, une direction d'acteurs déplorable, un discours violent, moqueur et homophobe se voulant porteur d'un message d'acceptation de soi, ses personnages grotesques et une mise en scène si peu rythmée que les quelques répliques amusantes paraissent espacées par une trop longue attente, Romain Gavras nous prouve une fois de plus que le talent ne se transmet pas automatiquemnt de père en fils, il ferait mieux de rester aux clips.
C'est dommage de sombrer dans une violence inutile d'allure nihiliste, quand on tient un sujet pareil. Prendre la rousseur comme trait discriminant, discriminateur et propice à maltraitances multiples, c'est une belle idée. Nous voyons peu à peu cette rencontre entre Patrick et Rémy se transformer en une quête initiatique, qui relie un jeune et un autre, son ainé, en une sorte de guerre moyenâgeuse contre tous les préjugés raciaux, sexistes. Patrick, le psychanalyste quête la singularité. Rémy est un frêle adolescent victimisé, qui ne sait se défendre. Patrick emmène, conduit Rémy sur le chemin de son désir propre. Chaque fois que Rémy s'égare, il s'oppose brusquement à ses non choix, il contraint Rémy à chercher ce qu'il veut vraiment. Est-ce d'aller à la rencontre de "mêmes que lui", un peuple de roux ? Est-ce comme ça qu'il va s'affirmer en se noyant dans la masse des autres semblables ? Un prospectus lui a vanté le miracle de l'Irlande, terre d'accueil de tous ceux qui ont la même couleur capillaire que lui. Est-ce de l'homo, du pareil qu'il recherche ? C'est crânes rasés et par les airs, qu'ils vont tenter de conclure leur entreprise donquichottesque. Un film assez "barré", trop souvent malsain, mais qui a le mérite d'interroger la question d'une minorité multiethnique, qui s'attire souvent l'hostilité générale, comme si la sorcellerie restait sous-jacente à cette particularité capillaire...
Drôle, imprévisible, touchant. J'avoue que je ne m'attendais pas à voir ça de la part de Gavras.. Mais qu'il est bon de se faire surprendre parfois, un excellent premier film qui bouscule un peu tout ce cinéma français très ennuyant ces derniers temps. Et mention spéciale a Cassel et Barthélemy qui jouent vraiment très bien. A voir!
Se dédouanant de toutes contraintes pouvant le ralentir dans sa fureur nihiliste, Gavras fait de son film une fuite en avant, une escapade dont l'objectif est sans cesse remis en cause, car finalement moins excitant que la passion de la vie et de ses excès. Le chemin est plus enivrant que l'arrivée, il se nourrit de ce qui donne à la vie sa couleur, la destruction, le chaos, la recherche à tout prix de l'assouvissement de pulsions débordantes et primaires qui deviennent le but même de cette vie car ils en constituent le cœur passionnel et affirme le caractère animal de l'homme. De cette volonté de puissance nietzschéenne Notre Jour Viendra tire une magnifique poésie de la douleur, perceptible dans le jeu d'acteurs, dans le rapport ambigu mais tellement conjoint et apparenté des deux protagonistes. Rappelons tout de même que la quête initiatique était l'affirmation des deux compères de leur identité d'êtres " sans peuple, sans langue, sans armée ", d'avoir seulement en commun leur chevelure rouquine qu'il ne cherchent pas vraiment à défendre, sinon à s'en servir comme prétexte. Plutôt que de se propulser vers le haut, à la manière de Martin Luther King, d'un Gandhi affirmant la fierté qui est la leur d'être ce qu'ils sont, Rémy et Patrick préfèrent tirer les autres vers le bas, les ramener dans des tréfonds barbares. Qu'ils soient juifs, arabes, gays, geeks... tout le monde y passe, non sans un sens peu commun du sarcasme en suggérant, même explicitement, l'homosexualité de Rémy. En utilisant savamment cet humour noir corrosif qui s'allie magnifiquement avec l'art de la palabre dont fait preuve Patrick (Cassel), capable de convertir le curé le plus pieux en homme décadent à la Dorian Gray, si si, c'est tout le film qui s'embrase dans cette sorte de folie furieuse, destructrice qui pourtant se pare d'arguments fuyants paradoxalement tellement vrais. Dans la ligné d'un Blier, Gavras veut montrer à travers sa paire de roux ( je vous épargne la blague de la bicyclette... ) que l'individualisation prétendue a en fait amené à une homogénéisation du genre humain, lié par sa bêtise, son intolérance, auxquelles s'oppose l'ultra-violence certes, mais l'honnêteté troublante qui se dégage du duo. Cette violence toute à la fois physique et psychologique n'est pas sans rappeler celle d'un Pasolini qui avait clairement mis son art au service de l'explicitation de celle ci.
Mais Notre Jour Viendra n'est pas seulement sujet à exploiter la violence comme fin, il s'en détache et la transcrit comme un cri de désespoir et de rage, qui dans un dernier sursaut de vie, blessés mais remplit de courage, permet à nos deux compagnons de s'envoler vers leur dernière aventure, leur dernier combat, qu'il soit livré ou pas, finalement l'essentiel n'est pas là...
Ce qui sauve le film c'est très surement sa mise en scène et sa photographie toutes deux de bonne qualité, les acteurs n'arrivent pas à donner un once d'empathie ou de réalisme à leurs personnages figures nihilistes qui ne trouvent jamais écho dans le public.Le film recèle quelques bons passages mais la narration et l'ensemble ne sont pas très convaincants au final.
Pour son premier long-métrage, Romain Gavras signe un film rageur et prometteur, bordélique, bancal et parfois hésitant, mais parvient à retranscrire à merveille la misère sociale et affective de certaines villes et insuffle à son road-movie une poésie indéniable, soutenue par un duo exceptionnel.
Autant les vingts premières minutes du film sont vraiment cultes, Cassel est hilarant et enchaîne les pépites. Autant le reste du film est complètement dénué d’intérêt. J'ai beaucoup de mal à comprendre ou a voulu en venir le réalisateur. La morale aurait pu être sympathique du genre: "tu es différent alors fais-en une force" mais non. La morale se cantonne à un pauvre "caches tes différences, fuis comme un lâche et direction le pays des bisounours". Ce n'est pas comme ça que la vie fonctionne... Bref, "Notre jour viendra" est au final assez décevant.
y a que les inconditionels de "la dictature de la majorité masculine "blanche"" pour ne pas etre fan de cette oeuvre de fiction... HONTE a l'oppresseur, HONTE aux Collabos ... ce film est un miracle, derriere tellement de bouses infames et futiles.
"Ils ne sont même pas vraiment roux spoiler: pour accentuer leur fantasme sur une communauté qui n'existe que dans leur esprit " est important à souligner pour la compréhension de ce film étrange, mais puissant. Vincent Cassel et Olivier Barthelemy, malgré un léger manque de persuasion nous traînent dans les paysages désertés du nord de la France entre choc et conquête.
Un film avec un scénario de départ intéressant mais qui ne débouche sur rien si ce n'est sur un navet,la fin du film est ridicule et malgré les 1h25 de film l'histoire ne va nulle part et l'ennui nous gagne très vite,reste la performance d'acteur de vincent cassel plutôt originale même si celle ci reste assez vaine .
Malgré qu'il ne parvienne pas à échapper aux traditionnelles erreurs émanant d'un premier film, Romain Gavras arrive sans trop de difficulté à nous plonger dans cette lente descente aux enfers de ces deux êtres perdus à la recherche d'un Eldorado salvateur qui leur permettrait d'échapper à leur triste condition. Vincent Cassel est parfait en père spirituel et Olivier Barthélémy porte avec efficacité le costume d'adolescent influençable prêt à tous les sacrifices pour échapper à son quotidien, à cette affiche de poil de carotte qui lui colle à la peau. A cela s'ajoute une réalisation nerveuse à laquelle viendra se scotcher une musique magnétique rendant le tout oppressant. Un très bel ovni qui nous prouve que la "Nouvelle Vague" du cinéma français n'a pas encore tiré toutes ses cartes.
Un film très intéressant mais qui me laisse perplexe, Romain Gavras a fait un film très fort et visuellement époustouflant, quand a Vincent Cassel il confirme qu'il est un génie dans son rôle où il excelle et que contrairement à beaucoup d'autre il ne cède pas à l'appel de l'argent pour de grosse production, sinon le film est trés impressionnant aussi au niveau du son et c'est une vrai expérience cinématographique Barthélémy est aussi assez bon, le problème c'est que ça s'arrête là car le scénario n'a ni queue ni tête, et on ne comprend pas trop le message où la signification du film. Un film prometteur pour peut-être un nouveau Gaspar Noé.
Un bien curieux film Oh combien déroutant, mais pas si mauvais que j'ai pu le lire. Le sujet traité est largement intéressant et la mise en scène complètement hallucinante. On plonge dans un univers totalement décalé emmené par un Vincent Cassel excellent comme souvent. Un film a voir assurément mais qui rebutera a coup sure un bon nombre de spectateurs.