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CALDE88
6 abonnés
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4,0
Publiée le 18 novembre 2010
Film magnifique , long mais jamais ennuyeux , un portrait magistralement filmé par un maître , le cinéma coréen est grand , les cinéphiles ne doivent pas le rater
Ce film, à l'esthétique soignée comme le savent le faire les asiatiques, nous offre un portrait très beau et surtout très original de grand-mère sud-coréenne. On suit ainsi le périple de cette femme simple mais si élégante à la recherche d'une vérité et d'un poème à écrire. L’histoire est bien menée, prenante, étonnante même parfois. On regrettera cependant de ne pas avoir toutes les clefs culturelles pour bien comprendre le film : pourquoi est-elle si dévouée à son petit-fils par exemple ?
Allers-retours entre le sublime et le sordide, la saveur des abricots tombés de l'arbre, le suicide d'une adolescente victime de viols collectifs, le tout vu par une femme qui, au moment même de sombrer dans l'alzeimer, trouve le courage de faire ce dont elle a toujours révé: la poésie.
Filmé simplement, loin du côté esthétisant fréquent dans le cinéma asiatique, « Poetry » est un beau portrait de femme, magnifiquement interprétée par l’actrice principale. Le prix obtenu à Cannes pour le scénario est amplement mérité, la construction de l’histoire étant remarquable elle aussi. On est parfois étonné devant les réactions face à certains évènements, sans doute nous manque-t-il quelques codes culturels de la société coréenne. Seul défaut à mon avis de ce film : il est un poil trop long.
"Poetry", c'est le portrait d'une vénérable grand-mère, Mija, qui élève seule son petit fils. Cette femme courageuse, toujours tirée à quatre épingles, veut rester d'un optimisme indéfectible malgré sa vie difficile et décide de s'inscrire à des ateliers de poésie à la maison de la culture de son quartier. Mais tandis qu'elle s'initie à scruter la beauté dans les choses les plus simples, plusieurs malheurs frappent son existence. Elle est victime de petites pertes de mémoire, et le spectateur devine là, bien avant elle, les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Ensuite, elle découvre avec horreur que son petit fils a participé au viol collectif d'une condisciple, qui s'est jetée dans le fleuve après le drame. Alors que la plupart des parents de l'école veulent étouffer l'affaire, Mija ne l'entend pas de cette oreille et veut à tout prix faire éclater la vérité...
Avec un tel cortège d'évènements tragiques, "Poetry" avait tout pour sombrer dans le mélodrame le plus glauque. Le cinéaste coréen Lee Changdong a évité cet écueil, bien aidé par l'interprétation pudique et sensible de Yun Junghee, véritable icône de son pays (c'est en quelque sorte la Jeanne Moreau coréenne) qui fait ici un retour à l'écran après des années d'absence. Hélas, Lee Changdong se perd parfois dans de pénibles longueurs : ainsi, les interminables cours de poésie suivis par la brave Mija alourdissent inutilement le récit, qui aurait mérité des ellipses plus franches et plus efficaces.
Plutôt que le prix du scénario, "Poetry" aurait mérité d'être distingué à Cannes pour son interprète féminine, qui joue avec finesse ce rôle pourtant guetté par tous les excès... Mais à Cannes, les jeux semblaient faits d'avance pour consacrer cette année Juliette Binoche...
Un film édifiant. Loin des cllichés et des poncifs, il aborde des sujets difficiles et douloureux sans pathos excessif et avec une très grande délicatesse. L'héroïne est superbe. A 66 ans, cette petite mamie toujours délicieusement pomponnée, voit tous ses repères basculer. La poésie devient son seul recours. Le prof de poésie est d'ailleurs sensationnel dans le film et on sort de là avec envie de composer des haikus.
Une histoire pareille ne se trouve que dans le cinéma asiatique. Une merveille de scénario. Une actrice sensationnelle, fragile et délicate. Contrairement à son précédent film qui se complaisait dans le misérabilisme de la douleur, celui-ci évite habilement le sordide. Et pourtant, il aurait pu tomber dans le panneau. Tout repose sur le personnage de la vieille dame. Jamais abattue, volontaire, c'est elle qui guide les émotions du film. Il y a malheureusement quelques longueurs, mais la fin est tellement belle qu'on les oublie bien vite.
Tout en subtilité et en sensibilité, l'histoire de cette petite dame bouleversante et boulversée nous est comptée avec grâce. Un peu de finesse dans un monde implacable et brutal.
L'histoire est à la fois belle et cruelle. Comme notre société, finalement, où se côtoient le bien et le mal, la pureté et la fange, la douceur et la douleur. On y suit le parcours d'une vieille dame, un peu fragile, plutôt coquette, assez têtue, dont le petit-fils ingrat est impliqué dans une histoire sordide ayant conduit au suicide d'une jeune fille. C'est pas grave, lui dit-on, il suffit de dédommager la famille, et on n'en parle plus ! L'argent résoudrait-il tout ? Notre grand-mère a le cœur bien lourd et la tête en pagaille, que doit-elle faire ? Pour éclairer sa vie bien terne, elle se met en quête de beauté, en suivant des cours de poésie. On la voit alors s'ouvrir au monde, sentir le souffle du vent, entendre le chant des oiseaux, s'émerveiller devant un abricot. Ils ne faut pas les chercher bien loin, ces moments de grâce, mais tout retombe vite dans la grisaille quotidienne, l'indifférence, le cynisme d'un monde qu'elle ne supporte pas. Ce film étonne par la multitude de petites touches posées doucement sur la toile, jusqu'à composer un tableau humain finalement très complexe et qui sonne juste. On se dit aussi que l'on vive en Corée ou en Savoie, nous sommes animés par les mêmes questions, par la même quête de beauté et de douceur, mais confrontés à de nombreuses agressions extérieures. Film très intéressant donc, à voir, mais dont on peut cependant regretter la lenteur et certains passages un peu superflus.
Une histoire qui est réellement touchante. Poetry restera ce mélange de tendresse et de passion. Une légère déception tout de même due à l'absence de musique qui aurait pus supporter l'élégance de la mise en scène.