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Un visiteur
4,5
Publiée le 21 novembre 2009
Défi des tabous des anciens ? Tout sur mon père ? L’article un peu brutal de Gérard Lefort dans libé qui commence par "Hellène est le garçon" aurait pu me tuer dans le genre transphobie ordinaire. Mais bon cette critique se rattrape par une adhésion forte viscérale qui vaut bien la mienne totale pour ce film et une belle trouvaille pour la sublime Mina Orfanou qui incarne Strella et que Lefort gratifie de 'grand genre'. Ce film est un bel OVNI qui balance entre le tragique et le léger dans cette ville du monde. Toute en lumières, en érotisme, en amour brûlant, il célèbre la virilité sans le machisme et la féminité construite autour des paillettes mais sans autre besoin que de survivre, vibrer et aimer dans un sous-monde. Et tout prend corps dans le désir brulant des de l’actrice et l’acteur. La folie de Strella, ses dons, son attraction va faire voler en éclat ce que le scénariste a su nouer habilement. Panos Koutras réalise ici un film brut, simple, naïf et brillant. Et effectivement ouvre des scènes magnifiques pour que Mina Orfanou y joue d’une talentueuse et large palette. Un film construit sur ce que beaucoup d’hétéronormés considèrent comme un jeu de genres sans objet. Mais quand, comme Yiorgos, le héros errant, on a à se reconstruire aussi, on comprend un peu qu’il ne peut que l’aimer, elle qui s’est faite sur ses cendres, lui qui verra amèrement qu’il les a brûlés tous les deux. Elle l'a aimé bien avant tout. Alors patiemment ils retrouvent et/ou remontent leurs jouets et se recomposent. Le film restant flou sur ce qui subsiste alors des braises de leur désir si fortement mis en lumière et et chahuté par cette réalisation.
Dans un univers proche de celui d'Almodovar à ses débuts, ou de Fassbinder, et sur une histoire plutôt gonflée sur le plan du scénario, Panos Koutras réalise un beau film. Les 2 acteurs principaux, Mina Orfanou à la féminité trouble qui fait un parfait contraste avec la virilité de Yannis Kokiasmenos, sont pour beaucoup dans la réussite de ce film que je vous engage à aller voir
avant tout une superbe histoire d'amour, hors norme. un film qui ne ressemble à aucun autre et qui vous prend aux tripes. Bouleversant. Une ode à la famille recomposée, un appel à la tolérance. Bref, il faut voir Strella.
C’est comme un Almodovar à la grecque, un feuilleton excessif dans le sujet et dans son traitement. Le résultat est un film appréciable, captivant sans aucune prétention intellectuelle bien qu’on puisse s’avancer à l’interpréter par la psychanalyse. La fin est trop « happy end » pour mon goût, mais à la mesure de la vocation un peu naïve de toute l’histoire.
Comme une tragédie grecque, le scénario de Strella est poussé jusqu’à l’extrême, sans craindre de se vautrer dans le ridicule (c'est limite). Le film de Panos Koutras, réalisateur dans le passé de L’attaque de la moussaka géante (sic), est sacrément gonflé avec une histoire puissante, dérangeante, glauque jusqu’à l’écoeurement, qui n’a pas peur de choquer dans un monde où se mêlent la Callas et les travestis athéniens, et où un inceste tient autant de l’amour que de la rage. Ce cinéma en fusion l’est davantage par ses thèmes que par sa mise en scène, somme toute plutôt classique, bonne idée, car sans cela, le film aurait pu aller au-delà de l’excès. Au contraire, la modestie de la réalisation lui donne une authenticité indéniable, un portrait de la Grèce et de sa capitale très sombre et troublante, loin, bien loin des cartes postales ensoleillées pour touristes, vision confortable à mille lieux de la vérité du quotidien.