Je ne m'attendais certes pas à des miracles, mais il n'empêche que je sors de ce Happiness Therapy sans comprendre ni le consensus global autour de sa qualité ni ses 8 nominations aux oscars. D'accord, le film de David Owen Russel avait tout pour plaire au jury, un sujet sérieux traité sur un ton classique, de manière consensuelle dans le fond (bien qu'on essaye de nous vendre tout ça sous des airs de comédie à part), mais au final, il est quand même loin d'atteindre des sommets. Cette alchimie improbable entre deux personnages névrosés peut au premier abord paraître originale, mais les clichés, Russel ne les contourne discrètement que pour mieux, au final, foncer droit dessus. Bien écrit, mais un peu roublard quand même. Ensuite question mise en scène, c'est à nouveau sympathique, la caméra divisée entre plans très mobiles et rapides et plans fixes rappelant dans sa schizophrénie la névrose des protagonistes, mais là encore, on aurait pu souhaiter un peu plus osé. David O'Russel (dont le "Fighter" avait raflé deux oscars pour Christian Bale et Melissa Leo deux ans auparavant) rappelle quand même qu'il est un excellent directeur d'acteurs, rendant le vieux De Niro (celui que je déteste, à l'heure actuelle, voire cabotiner sans arrêt) plutôt touchant, et Bradley Cooper (qui n'est jusque là jamais parvenu à me convaincre réellement) assez attachant. Jennifer Lawrence, quant à elle, est convaincante dans les divers registres auxquels elle s'essaye et décline une palette intéressante. Mais enfin, de là à lui refiler un oscar... bref, une romcom agréable dans l'ensemble, mais dans le fond bien conventionnelle et pas aussi salvatrice qu'elle veut bien le prétendre.