Drapé dans une atmosphère pesante, sans aucun trait d'humour, ce film n'a pour seul mérite que de surfer sur les bons sentiments que l'on ressent vis à vis des victimes d'une dictature. De musique il est beaucoup question, mais insérée sous forme de clips, pour des chansons jamais complètes, du coup c'est principalement de la frustration que l'on ressent à la sortie : on a rien vu, mais aussi (et c'est dommage) rien entendu.
Plus grave cependant, c'est la confusion totale qu'il y a là entre la fiction et le documentaire, la fin du film nous le rappelle violemment : on regarde un film qui est avant tout une histoire, pas un documentaire sur l'Iran. De l'Iran, on ne voit d'ailleurs que peu de choses, et la répression que l'on voit, mise en scène comme le reste, en devient presque exagérée. "Inspiré de faits réels" a beau offrir une caution 100% vérité, il y a beaucoup de mise en scène derrière, qui ne fait que caresser dans le sens du poil tous les à-prioris possible sur l'Iran. Ni la ville, ni les Iraniens n'ont d'importance dans l'histoire, seuls comptent le départ et le ras-le-bol des personnages. D'eux, on ne saura que deux choses : ils jouent de la musique, et ils veulent partir. Le film a beau se vendre sur le premier aspect, c'est bien le deuxième qui écrase tout dans le film.
Finalement, ce sont les défauts du film qui en deviennent presque intéressants : l'envie de quitter ce pays des personnages est presque caricaturale, semble faite pour un public européen friand de ces histoires où leur pays apparaît par contraste comme un paradis. Le désespoir, la pauvreté et l'absence d'humour que cette jeunesse trimbale à l'écran permet de sentir nettement l'intention lacrymale du réalisateur.
Peut-être que tout ça est réaliste. Mais ça n'est pas intéressant pour autant, et ça ne fait pas un grand film, loin de là.
Bonne idée mal réalisée, "Les chats persans" n'a rien de l'élégance que laisserait supposer son titre.