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Artriste
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3,5
Publiée le 23 novembre 2013
Le cinéma Belge nous offre encore un film comme seul eux savent les faire avec une histoire qui se veut réaliste et pessimiste. On suit des personnages qui sont au bord du gouffre, pathétique et désemparé mais qui représente le peuple. La réalisation presque amateur joue avec les filtres et les flash-back renforce l'impression de désespoir. L'émotion est au rendez-vous grâce à une b.o. sublime et certains dialogues du narrateur qui sont touchant par leur vérité. Les personnages sont plus dingues et perdus les uns que les autres et les acteurs qui les incarnes sont convaincants. La Merditude des choses est un bon film mais aurait gagné à nous offrir une histoire plus développer, malgré cela c'est un film que je conseil.
Je ne connaissais rien de ce film, j'ai profité d'une rétrospective au cinéma pour le découvrir. Du cinéma belge je ne connaissais que Dikkenek qui ne m'avait vraiment pas plu mais là pour le coup on peut dire que j'ai beaucoup aimé ce petit film venu tout droit de Belgique flamande.
La Merditude des choses... Un titre bien étrange qui résume pourtant assez bien l'esprit du film. Ca parlera de choses assez graves mais avec une légèreté qui fait plaisir. On y suit des morceaux de vie d'un personnage, Gunther Strobbe à plusieurs instants de son existence, une fois adolescent, et une fois adulte. L'histoire est centrée sur sa vie en famille, entouré de son père et de ses oncles, de vrais marginaux ne pensant qu'à boire et à écumer les bars. Le film de Félix Van Groeningen sous ses allures de drame sociologique se révèle pourtant être très drôle. Cette famille est amorale, composée de gros cas sociaux mais ils sont juste attachants car on sent quand même en eux ce soupçon de réalité et leur authenticité leur confèrent ce capital sympathie. Ces acteurs méconnus sont d'ailleurs très bons, la qualité de l'interprétation est au rendez-vous. Ce film parle de la vie, vu surtout sous un angle d'enfant coulissant un peu brutalement dans le monde adulte. Il y a quelque chose de poétique, de sincère, sur la découverte de l'amour, du désir et sur l'esprit de famille qui anime tous ces personnages hauts en couleur. Ce film aborde aussi ce problème de l'entrée dans la vie adulte, où l'impasse sur l'innocence du passé semble inévitable et où on se rend compte que progressivement on s'enlise dans cette "merditude des choses", ces petits aléas de la vie qui rendent l'existence pourtant si savoureuse. Ce film présente un drôle de contraste entre la comédie et le drame, entre l'espoir et la misère, il en résulte quelque chose de fort. Certains passages comme le concours de vélo, de bière et la visite de l'assistante sociale sont hilarants. Sur la fin c'est plus rude mais la séquence géniale se révèle être touchante et porteuse d'espoir. La réalisation est correcte, ça reste plutôt inventif mais l'intérêt du film réside ailleurs je pense. Assez bouleversant, frais et original, cette curiosité vaut le détour.
Un film belge qui montre le quart monde flamand, une famille où tous les membres sont alcooliques, obsédés et vulgaires. Le réalisateur montre la vie du plus jeune qui veut s'en sortir et trouve des moyens pour ne pas devenir comme toute sa famille. J'ai trouvé que c'était drôle mais aussi parfois effrayant. Un bon film
Un film sur la misère sociale ordinaire, l'alcolisme, la violence, la marginalité. Les personnages sont pathétiques et vulgaires, mais aussi attachants et unis dans l'épreuve. Les acteurs sont géniaux, le film touchant et triste. Une très bonne surprise que cette chronique sociale criante de vérite. Du bon cinéma.
Bel essai sur les questions de filiation, transmission, de déterminisme... les thèmes de la condition sociale désastreuse, les petits bourgs ou la campagne, l'alcoolisme, la patriarcat et son machisme, les moeurs... Superbe travail de mise en lumière de réalisme social sans surcharge émotionnelle artificielle et moralisatrice, c'est là la plus grande qualité du film, qualité rare de surcroît, à montrer l'humain dans ses défauts sans le condamner d'avance d'office et de manière rédhibitoire à demeurer dans son état, et à montrer que que l'amour fraternel a d'autres formes que celles du diktat du modèle sociétal.
Coup de coeur pour ce film qui parvient à la fois à être fort drôle et triste. Ca m'a fait penser à l'emission Strip Tease avec un bon scénario et des personnages qui arrivent à avoir une certaine épaisseur.
Tirée d'un best-seller autobiographique, une véritable petite merveille émotionnelle, par instants difficile mais toujours drôle, foutrement attachante, parfois poétique et d'une tendresse incommensurable envers ses personnages fracassés, tous interprétés par des comédiens talentueux.
La merditude des choses est tiré d’un roman autobiographique, et ça se sent. A son parfum de nostalgie douce-amère, à sa musique mélancolique et son grain de photo souvenir. A son caractère un peu vain aussi. A travers la reconstitution de Felix Van Groeningen, l’auteur nous décrit une jeunesse singulière. Mère en fuite, père alcoolique, il vit avec ses oncles braillards et tire-au-flanc chez sa mémé qu’il vénère. La pauvre vieille est admirable d’abnégation. Elle est le ciment qui resserre les liens familiaux, le cœur qui irrigue la fratrie de son sang. Le quotidien offert par le quatuor se passe principalement dans les troquets. Sur les tables, des verres de Chimay, de Carlsberg ou d’Affligem, des cendriers Ricard et des plateaux Stella. Avec leurs potes d’un soir, ils enfilent les pintes, pissent dans les couloirs, vomissent sur les paliers. C’est ici qu’a grandi le petit Dimitri Verhulst – Gunther Strobbe pour l’histoire – dans la débauche de quatre poivrots violents et fusionnels, avec pour seule image de la femme leurs brèves et méprisées conquêtes de beuveries, et leur exacte opposée grand-mère courage. Alors quand il est seul, il lit, il compose, il écrit. Et il raconte comment il est devenu un homme. Intéressant.
Je n'ai pas eu l'impression de voir un film, mais plutôt une sorte de reportage, les acteurs sont vrais, jouent à la perfection et l'histoire est simplement belle. Une petite leçon de vie, je dirai même plus.
Tantot lassant tantot poilant ,le film s'avère souvent trash et assez souvent réussi.Les sacrés trognes d'acteurs sont attachantes les situations parfois marrantes, c'est là un peu tout le film du souvent drole et du parfois lassant ce qui nous laisse un peu sur notre faim.
Ne surtout pas se fier au titre du film, ce long-métrage n'a rien d'une merde... un film qui nous montre tout simplement la vie telle qu'elle est avec des personnages, pas glamour du tout, mais pourtant, on sort de la salle de cinéma, le coeur ému... Bon film !
Drôle mais dramatique, subtil mais brusque, touchant mais révoltant... un film poignant qui présente habillement les contradictions de la Vie, entre avoir l'envi de s'éloigner de son environnement sans pouvoir jamais sans affranchir totalement, entre avoir l'envi d'être quelqu'un d'autre sans jamais pouvoir annihiler totalement celui que l'on est, entre le fait d'en vouloir à la Vie de ce qu'elle nous donne tout en s'en réjouissant ! Voilà ce qu'est le nouveau long-métrage de Felix Van Groeningen, un pur délice qui joue avec ce que la Vie peut nous donner et nous reprendre, entre les inégalités à la naissance, les bons et les moins bons moments, la Merditude des Choses quoi...
Bien loin des idéologies cinématographiques actuelles, ce film à dimension populaire est une belle surprise, une humble réalisation mais réussie! La Merditude des choses, titre bien étrange qui résume pourtant assez bien l'esprit du film dans la belgique flammande, trop oubliée et parfois dénigrée... Mais l'atmosphère est réaliste, et en ça la réalisation y est intéressante, entre humour glauque et questionnement déangeant : quel est le vrai héritage que l'on va reproduire...
"La merditude des choses" est un poème filmique atypique où les mots sont crus mais la sonorité étonnante, où les strophes mêlent une absurdité hallucinante à un réalisme trash percutant, où les ver(re)s vous enivrent alors que l'ivresse nocive semble ici incurable et repoussante, où les métaphores sont brutales mais et les allégories poignantes. Sous ses aspects crasseux et d'un réalisme social tiré à son paroxysme, ce film ne verse jamais dans la caricature et se permet même un humour corrosif et efficace, teinté de joie et de bonne humeur. La "belgitude" de l'ensemble apporte une générosité, du coeur, une innocence et une empathie propre à ce plat pays, qui ne font pas oublier les difficultés et les impasses de la vie sans renier un certain art de vivre, heureux et soudé. Les interprétations sont impeccables de naturel et touchantes. Felix Van Groeningen, réalisateur-poète, fait mouche narrant la "merditude" insoluble en une ode émouvante et sensible à la vie.
Alternant couleur et noir et blanc, moment présent et flash-backs, humour gras, poésie noire et scènes profondément malaisantes, Felix Van Groeningen propose un film naturaliste sans concession sur une famille prolétaire flamande, ce qu’on appellerait de ce côté de la frontière linguistique des « barakis » (ou , en France, des « cassos »). On peut d’ailleurs se demander si la série wallonne du même nom ne s’est pas largement inspirée du pitch initial.
S’il faut souligner l’interprétation outrancière de la plupart des interprètes, principalement les tontons du narrateur, ainsi que celle toute en finesse de Kenneth Vanbaeden, on retiendra surtout une réalisation parfaite, à la fois fluide et saccadée, qui ajoute à l’émotion brute qui se dégage de cette fresque sociologique. Le tout est saupoudré d’énormément de tendresse et de rage ainsi que d’ironie : c’est en rédigeant un nombre incalculable de punitions en plusieurs pages que le jeune héros deviendra écrivain.
Ce film, flamand, ne pouvait être que belge, dans sa beauté sordide et dérisoire, trash et décalée.