Entre le réalisme social des frères Dardenne, l'humour trash de certaines comédies belges contemporaines et la truculence d'un Ettore Scola, dans la veine d'Affreux, sales et méchants, Felix van Groeningen a voulu créer un mariage détonant de beauferie, de rudesse, de drôlerie, de mélancolie. Pari à moitié réussi. Certes, on se laisse porter par l'histoire, non sans plaisir, mais le scénario apparaît faussement original. Il s'articule autour d'un personnage mal né qui va échapper à son destin. Et la distance (pas forcément aimable) que le narrateur établit avec son milieu d'origine empêche la sympathie. Au mieux, la présentation de cette famille est prétexte à une galerie "pittoresque" de portraits, une série amusante d'anecdotes, mais sans véritable amour des personnages, et donc sans émotion. Le réalisateur a beau recourir parfois à la musique liturgique (!) pour jouer sur la corde sensible, ça ne prend pas complètement...
T'es un Strobbe ou t'es pas un Strobbe? Inspiré d'un épisode de l'excellente émission 'Striptease' qu'on peut d'ailleurs regarder à l'issue du film (et paraît-il également inspiré d'un livre), bienvenue dans les bas-fonds de la misère sociale en Flandre, mais ça pourrait être partout ailleurs. Le film est drôle (Il faut adhérer à ce genre d'humour, mais c'est mon cas) et réalisé très discrètement, monté comme un épisode de l'émission, c'est à dire 'brut de décoffrage'. Une immersion au pays de l'alcool et de la glandouille. Et de Roy Orbison.
La Merditude des Choses est un drame social inspiré d'un épisode de l'emission strip tease, c'est assez drôle mais toujours dans un contexte malsain et alarmant. Si vous vous attendez à une grosse comédie sur les barakis, passez votre chemin. Cet excellent film m'a surpris et je ne me suis pas dutout ennuyé car l'histoire évolue et les scènes sont terribles.
Mon dieu que j'ai ri. Et pourtant, quand on voit ça on devrait en pleurer. Le film raconte l'histoire d'un homme qui apprend qu'il va devenir père. S'en suit une série de flashs-back relatant sa propre enfance entouré par les gens de sa famille, les Strobbe. Les Strobbe sont des porcs. Ils sont sales, alcooliques et passent leur temps dans les vieux cafés. Mais étonnement au fur et à mesure du film on commence à éprouver une véritable affection pour cette tribu crasseuse. Un bijou du cinéma flamand. A voir et en VO alstublieft !
Quand on parle de cinéma belge, on évoque tout de suite les frères Dardenne, Jaco Van Dormael, Benoît Mariage, Lucas Belvaux ou Bouli Lanners, c'est à dire des réalisateurs qui tournent en français et produisent en Wallonie. Normal, car la communauté de langue assure à ces films une distribution "naturelle" en France. Pourtant, quand on regarde le box office belge depuis 1996, parmi les 50 films ayant eu le plus de spectateurs au plat pays, noyés au milieu des blockbusters américains et de trois comédies françaises, on ne trouve que trois films 100 % belges, tous flamands : "Loft" et "La Mémoire du Tueur", d'Erik Van Looy, et "Oesje !", de Ludo Cox.
La sisson entre le cinéma francophone et neerlandophone n'est pas récente, puisqu'elle date de l'apparition du parlant. Si pendant des décennies, réalisateurs wallons (Delvaux) et flamands (Kümel) partagent le réalisme magique, aujourd'hui le cinéma francophone se caractèrise par le réalisme social d'une part, et le goût de l'absurde d'autre part, alors que le cinéma flamand lorgne plutôt du côté des films à l'américaine, et rares sont les films belges qui rencontrent le succés dans les deux communautés linguistiques. Citons juste l'exception représentée par Stijn Coninx, réalisateur flamand qui a tourné "Soeur Sourire" en français.
Présenté à la Quinzaine de Réalisateurs, "La Merditude des Choses" se présente sous la forme d'un récit à coup de flashbacks, celui de Gunther devenu adulte et en passe de devenir père à son tour, et qui revient sur son enfance à Reetveerdegem (traduit par Trouduc-les-Oyes). Il se rapproche en cela d'autres chroniques familiales décalées comme "C.R.A.Z.Y." du Québecois Jean-Marc Vallée, ou "Les Berkman se séparent", mais s'il y a une indéniable nostalgie pour la folie et l'amour au sein du clan, la conclusion qu'en tire le héros est qu'il a eu raison d'en partir pour sa propre préservation.
Car s'ils ne sont pas vraiement méchants, les Strobbe sont affreux et sales, et leurs occupations vont du Karnaval flamand , "rite de purification annuel", où déguisés en filles ils écument les bars, aux courses cyclistes nues organisées par le bistrot local ou aux concours de beuverie dont on repart au volant, et les principes éducatifs qu'ils assènent au jeune Gunther méritent chacun un appel au 119 : "ta vie commence quand tu baises", "Un Strobbe ne fuit pas" (quand il demande à aller en internat), ou "C'est bien, ça te fait grandir" (quand il a pris une cuite).
Seul personnage à peu près raisonnable dans la tribu, la grand-mère, sorte de Ma Dalton angélique que l'on voit compter les quelques Francs Belges du foyer sur la musique de "Pretty Woman", le tube de Roy Orbison, chanteur préféré des quatres frères qui vont se taper l'incruste chez le voisin iranien pour assister à son retour sur scène, la télé ayant été embarquée par l'huissier. On le voit, Felix Van Groeningen ne fait pas dans la dentelle, en étant semble-t-il fidèle au roman de Dimitri Verhulst, et la complaisance dans la description du quotidien de ce lumpenprolétariat alcoolisé et tribal gêne plus d'une fois.
"La Merditude des Choses" souffre sans doute d'un problème de tonalité : la description souvent cocasse de la misère intellectuelle et sociale des quatre frangins et de leur environnement se veut être contrebalancée par le point de vue de Gunther devenu adulte et de son rapport à la paternité, mais cet aspect contemporain de la narration tombe vite dans le larmoyant ; et là encore, Felix Van Groeningen s'arrête à mi-chemin, avec la scène finale qui contredit l'intention annoncée durant tout le film. A la fois trop sale et trop sage, le film ne parvient finalement ni à choquer radicalement, ni à émouvoir franchement.
Je m'attendais pas à ça en regardant ce film. Je pensais que c'était plutôt une comédie et finalement pas tellement. Certains passages sont drôles mais la majorité du film ne l'est pas. Au final c'est peut être mieux comme ça. Si vous vous attendez à une comédie bien grasse passez votre chemin. Assez paradoxalement cette histoire de gros beaufs flamands est plutôt fine. J'ai trouvé certains passages vraiment émouvants et le jeu des acteurs est vraiment bon. Le personnage de Gunther a une personnalité rarement vu au cinéma, il conserve une dualité très intéressante notamment lors des passages du film où il est adulte. On le voit osciller entre sa volonté de se sortir de ce bourbier qu'est sa famille de gros lourd et en même temps son attachement à ces loosers. En somme vraiment c'est un bon film à voir.
Edit : par contre j'oubliais, l'épisode de l’émission Strip Tease qui a inspiré ce film est par contre lui franchement drôle à regarder ! Il est disponible dans les bonus de l'édition DVD.
Un film inspiré d'un episode de strip tease. Tout comme la série réaliste de france télévision, la merditude des choses est un voyage dans la Belgique profonde par le biais d'une famille flamande. Un film qui fait du bien et qui donne envie de se mettre une grosse mine à la fin.
Relevant plus du drame que de la comédie, les personnages s'amusent et nous donne tout de même le sourire. On ne s'ennuie pas pendant ce film, l'histoire évolue, surprend, à voir :)
Une plongée au coeur des classes plus que moyennes dans un trou perdu au fin fond de la Belgique qui choque au début et émeut ensuite. On se demande dès le départ si c'est du lard ou du cochon tant tout semble exagéré mais au fur et à mesure, on est prit par le destin tragi-comique de cette famille marginale qui survit tant bien que mal dans un climat social des plus déplorable. Le récit est d'une tristesse infinie mais chose incroyable, on se prend à rire de temps à autre et on se retrouve en totale empathie avec tous les protagonistes, plus amoraux les uns que les autres. Cette merditude des choses est un véritable tour de force selon moi et le réalisateur arrive à filmer au plus près des acteurs époustouflants, une oeuvre forte à découvrir sans plus tarder.
Récit autobiographique initiatique d’une jeunesse dans le quart-monde d’un trou perdu flamand. Le sordide de l’histoire serait insupportable si ça baignait dans le misérabilisme, mais à hauteur du témoignage d’un adolescent et d’un jeune homme cultivé, les évènements sont vus dans leur aspects dérisoires ou absurdes, autant que dans leur violence. La douleur, les séquelles de cette existence n’apparaissent réellement qu’au terme, dans une impossible paternité réellement assumée. De l’art de montrer du très lourd tout en finesse, avec une mélancolie consolatrice.
Un garçon de 13 ans vit avec son père et ses oncles tous chomeurs et alcolo.Une comédie dramatique noire et touchante qui pourrait donner le cafard mais qui est au contraire revigorante.