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galau7
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4,0
Publiée le 9 février 2012
Un scénario torturé pour des personnages qui ne le sont pas moins. Une famille en décomposition jusqu'à l'explosion finale. L'amour maternel passé à la moulinette. You should have talked before...
We need to talk about Kevin provoque des sensations ambivalentes. Beaucoup de spectateurs sont pétrifiés d'enthousiasme, d'autres sont terrassés d'ennui et agacés par sa prétention. Autre attitude possible (c'est la mienne) : une certaine tièdeur sur un film sur lequel tant d'informations ont déjà circulé, désamorçant la surprise. On admet volontiers la brillance de la mise en scène, l'intensité des face à face entre l'adolescent et sa mère, le mystère quant à la personnalité du "monstre". En revanche, on peut regretter la sursymbolisme (la couleur rouge, ok, on a compris), la confusion entretenue de la première partie avec ses allers et retours incessants dans l'espace-temps. N'allons pas jusqu'à parler de "purge arty-farty" (Les Inrocks) ou de "petit cinéma crâneur et condescendant" (Les Cahiers), mais il y a de cela, quand même. Ah le regard méphistophélique de Kevin ! Oh, le visage constamment consterné de sa génitrice (Tilda Swinton est moyenne, surtout comparé à sa partition dans Julia de Zonca, pour ne citer qu'un rôle). En somme, on peut passer un moment presque confortable devant ce film, y trouvant un certain intérêt, mais sans jamais y voir autre chose qu'un regard de cinéaste, un exercice de style manipulateur, aux ficelles parfois grossières et jamais réalistes. Ne pas être touché par We need about Kevin, est-ce que cela fait de soi un monstre ?
We Need to Talk About Kevin est un drame prenant et très dur, l'histoire d'une mère que son fils déteste et lui fera payer, elle se remémore la naissance, l'enfance et le moment horrible de la vie de son fils, elle cherche à savoir pourquoi il est devenu comme ça, la simple réponse est évidement un manque d'amour de la part de sa mère quand il était bébé. Etre haïe par son enfant, surement le pire cauchemar des parents, donc ce film n'est pas à conseiller à n'importe qui car il est assez démoralisateur et ne vous attendez pas à un happy end. Tilda Swinton incarne à merveille cette mère en détresse, John C. Reilly est lui aussi très bon mais le plus épatant reste les acteurs incarnant le gosse, Jasper Newell et Ezra Miller sont franchement incroyables. La réalisation est sans défauts apparent, la mise en scène est à mon gout très bonne, la bande son est superbe et le scénario est très bien écrit.
Soyons clair, vous souhaitez très bientôt fonder une famille ou vous êtes sur le point d’en fonder une, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour regarder ce film. Lyne Ramsay s’attache ici à faire le portrait d’une mère et de son fils déviant. Suite à un acte dont on devine la monstruosité sans en connaitre l’exacte nature, Eva (Tilda Swinton) se remémore sa relation mère-fils de la procréation à maintenant. Pourquoi Kevin est-il Kevin ? Est-il né déséquilibré ou l’est-il devenu ? Quelles erreurs a-t-elle commise ? Quelle part d’inné et d’acquis ? Eva culpabilise évidemment.
Il faut dire que cette relation était d’emblée mal engagée. Grossesse non désirée. Mère limite dépressive. Enfant difficile. Un père (John C. Reilly, très bien dans le film) qui ne participe pas à l’éducation de son fils et pire culpabilise sa femme. Ainsi, d’un bébé non désiré et qui pleure beaucoup (au point que sa mère s’arrête près d’un chantier et savoure le bruit qui couvre les cris de son enfant) Kevin deviendra un enfant très intelligent mais dont on sent déjà poindre l'agressivité voire la perversité à travers le conflit permanent avec sa mère. Il est animé par un désir de destruction permanent (bureau de sa mère, céréales, etc.). A l’âge de 8ans il porte encore des couches simplement pour obliger sa mère à continuer à le torcher. Déjà l’art de la manipulation dont il fait preuve notamment avec son père, son double jeu permanent est extrêmement inquiétant. De temps en temps il accorde un répit à sa mère, et se comporte normalement et feint l’amour et la tendresse, juste ce qu’il faut pour la faire douter. Il est bien aidé en cela par un père qui ne voit pas ou refuse de voir la véritable nature de son fils, au point de conseiller à sa femme de voir un psy.
Ce portrait n’est pas à charge et c’est ce qui en fait la principale réussite. Il n’est pas question de pointer du doigt les responsables, si tant est qu’il y en ait, ou d’apporter des réponses à l’origine des troubles psychologiques. D’ailleurs, à l’ultime question du film, Kevin répond quelque chose comme : « A l’époque je pensais savoir. Maintenant je ne sais plus trop. » Ce film propose des pistes et questionne habilement sur la nature de l’amour maternel, sur le doute voire quand tout ne va pas pour le mieux sur le sentiment de culpabilité des parents.
En prenant l’option, d’un thriller Lyne Ramsay permet de captiver plus facilement le spectateur qu’avec un film quasi réaliste qui pourrait de plus facilement tomber dans le misérabilisme. Malheureusement elle utilise les codes du genre peut être de manière un peu trop scolaire et abusive. Oui du rouge = du sang, un voile ou un rideau blanc = fantôme, le regard du dessous = folie, etc. Un petit peu plus de subtilité dans la mise en scène aurait été préférable. C’est néanmoins très bien filmé et bénéficie d'un montage par flash-back très bien ficelé.
Enfin que dire de Tilda Swinton ? Elle est tout simplement extraordinaire. Elle n'a même pas besoin de mot pour exprimer toute la détresse de cette femme. Toutes les émotions transpire par son visage et son corps.
Un film fort , angoissant , presque d'horreur, avec des rapports mere fils difficile à comprendre à admettre...Envie de faire réagir ce pere qui se met des oeilleres et qui laisse assumer sa femme qui ne pourra qu'assumer l'état et les actions jusqu'a l'irréparable de son monstre de fils... Un film qui nous laisse avec plein de questions... Un petit bémol, le début du film avec des images allers retours qui laissesnt enfin entrevoir les personnages et l'histoire mais qui ne servent pas à grand chose ainsi que la fiesta au jus de tomate...Pas tout saisi le rapport...
Ne tournons pas autour du pot:ce film est terriblement c****t et prétentieux,et surtout,comme il a été dit par d'autres internautes,il n'apporte pas l'ombre d'une esquisse d'explication("Elephant" de Sant non plus mais justement tel était la force de son film,d'une beauté formelle hallucinante).
Une construction bien trop alambiquée, des tics auteuristes, l'absence d'humour ou de distance, tout ceci agace légitimement; Mais le pire c'est la caricature qui est faite de cet adolescent réduit à une silhouette maléfique à la Daimen The Omen... Incompréhensible que ne se dégage jamais la moindre humainté de cette espèce de vampire de chair et de sang... Ce faisant, le réalisateur a tout faux dans son traitement et ne sait jamais comment aborder intelligemment et honnêtement un sujet par ailleurs casse-gueule (Elephant s'était déjà pris les pieds dans le tapis). Complètement hors sujet. Très mauvais.
Si l'on excepte la première demi-heure bourrée d'effets tous aussi ratés les uns que les autres alors il y a de quoi être comblé par cette petite bombe cinématographique. Concernant la première partie, ce n'est pas tant le fait que Lynne Ramsay empreinte à Aronofsky le style, la qualité en moins, qui dérange ; mais plus que la réalisatrice semble vouloir nous montrer qu'elle sait manier le jouet cinéma avant de nous présenter ses personnages. Comportement nombriliste en soi et qui rend cette portion du film assez détestable.
Car si le film parvient à trouver la grâce qui est la sienne ce n'est que lorsqu'il devient plus sobre. Quand les effets de style s'effacent au profit de plans plein d'intimités alors on se sent réellement complice du discours, jusque là vague et crispant. La relation entre une mère et un fils se dessine sous nos yeux, nous partageant entre dégout et consternation. Le film nous montre en quoi ce qui devait être un cadeau du ciel devient un lourd fardeau. Kevin, le fils, se transformant en poids pesant qui déteint sur toute une famille, comme un œuf pourri qui ruinerait un nid à lui tout seul.
La tension des dialogues et des regards est poussée jusqu'à l'asphyxie. De l'enfance à l'adolescence le fils joue avec la mère en tissant avec elle une complicité malsaine, qui n'est faite que de haine et de mépris. Le vice du gamin est tel qu'il tend à nous rappeler les personnages les plus cruels d'un Haneke. Il nous est impossible de comprendre qui il est, pourquoi il agit comme ça, et cette incompréhension nous la partageons avec la mère, souvent interdite devant les réactions de son fils. C'est un quotidien empoisonné qui s'empare de son esprit, et même de son corps ; la peau rayonnante disparaissant au profit d'une peau blême et inerte, comme si elle était en train de sombrer à petit feu. C'est un travail d'usure auquel semble s'adonner Kevin, qui en devient donc un bourreau, dont chaque regard, chaque sourire, chaque parole, sont toujours une charge de plus à supporter.
Et malgré ce comportement inexplicable il n'y a finalement pas de réactions de la part des parents, ce qui en devient encore plus gênant ; c'est un enfant-roi qui règne à la maison. En ce sens le titre est plutôt ironique car il suggère de parler d'un problème, celui du fils, et au contraire on n'en parle jamais, le père étant aveuglé par le double jeu mené habilement par son fils et la mère étant si faible qu'elle n'a pas la force de réagir comme elle devrait le faire. Les années passent et la situation reste la même, et malgré les conflits psychologiques qui détruisent littéralement la famille il n'y a pas de crises majeures – ce qui rend le tout encore plus fascinant –. La mère s'accroche à donner l'illusion d'y croire encore, d'essayer de fuir les réalités pour simuler une vie de famille qui pourrait être « normale », ce qui agace encore plus son fils, tombant de son propre gré dans une spirale destructrice où tout ce qui l'entoure lui devient répugnant, ironisant sans cesse la médiocrité du quotidien auquel sa mère voudrait qu'il prenne part, finissant de rompre avec tout lien qui le rattacherait encore à une certaine humanité.
Le film est construit de sorte que les évènements nous sont présentés dans le désordre. Nous avons une idée assez précise de la fin avant même de connaître le début, et c'est plus sous forme de souvenirs que nous apparaissent les images. Puisque c'est bien la mère qui semble nous raconter, par bribes disparates, comment elle a pu en arriver là – une femme seule qui visite son fils en prison et se fait insulter par tous ses voisins et collègues de travail à longueur de journées –. La faiblesse de cette femme devient le point d'ancrage émotionnel, et la voir se battre jusqu'aux dernières secondes pour garder l'illusion d'une vie maîtrisée en devient très touchant (en témoigne la discussion avec sa mère au téléphone).
En définitive We Need to Talk About Kevin est un film très inégal, qui aurait gagné à s'épurer formellement pour rester dans les clous de l'histoire qu'il raconte. Il est quand même difficile de contester la qualité indéniable avec laquelle Lynne Ramsay nous présente l'usure d'une vie de famille éclatée de l'intérieur, où une domination psychologique de longue haleine dévaste tout sur son passage. Quelques situations mettent vraiment mal à l'aise et le film se conclut par un aveu assommant du fils qui laisse cette impression de chaos apaisé, comme si deux êtres s'enlaçaient au cœur d'un terrain miné. La passion pour le rouge, le sang, la nourriture (qui fait office de dégustation lente et désagréable) et toute forme physique désagréable est là pour rendre concrets les troubles de l'esprit. Bien mise en valeur par un casting magistral, la réalisation de Ramsay, aussi sulfureuse puisse-t-elle être, est donc loin de laisser indifférent.
"We need to talk about Kevin" est un film froid et glaçant qui raconte l'histoire d'un enfant qui déteste sa mère sans raison particulière (faut dire qu'avec un prénom pareille, il y a de quoi lui en vouloir). Une histoire qui m'a mis étrangement mal à l'aise. Le gosse qui joue le Kevin en question est beaucoup plus flippant que n'importe quel gamin livide issu des film d'horreur japonais, et Tilda Swinton semble magistralement dépassé par le monstre qu'elle a enfanté. J'ai rarement éprouvé autant d'empathie pour un personnage de cinéma. On notera que la partie qui traite de l'adolescence est un peu plus convenue, mais l'ensemble du film reste très convaincant.
Ahah, quand je pense que je ne savais pas quel genre de film j'allais voir... la surprise fut de taille ! Comment un gamin peut-il devenir ainsi ? C'est le terrible mystère qui plane sur l'ensemble du film... Autant dire que niveau casting on est servis : Ezra Miller et Tilda Swinton sont impressionnants, comme la complexité et l'âpreté de leurs relations. L'atmosphère est irrespirable et on ne cesse de se demander ce que le jeune Kevin nous réserve, enfin surtout à sa famille... Psychologiquement haut de gamme mais effrayant, "We Need to Talk about Kevin" n'est pas à mettre devant tous les yeux... Les miens ont adoré ! Le final d'une très grande force est fascinant et nous fait nous poser bien des questions après-coup sur les rapports mère/fils... Transperçant.
Je suis en pleine lecture de cette histoire. Seule la mère existe le fils le sait sa naissance n'est pas désirée son père n'était pas prêt a cette présence dans sa vie intime alors il préfère aduler son garçon qui souffre de ce manque de reconnaissance de sa cellule familiale alors il a décidé Kevin de pourrir sa propre vie et celle de son entourage pas de scrupules pas de peine la détresse se servir de la violence des failles des peurs dominer que lui fera la société rien après le massacre il fera régner SA loi. Dans le livre seule la mère est présente dans la vie de Kévin au tribunal face aux voisins, son fils porte le nom de sa mère, le père a pris la fuite emportant sous son bras sa fille laissant Kévin aux bons soins de son ex-épouse la lâcheté de cet homme est à vomir dans cette famille c'est lui seul l'homme qui manque de couilles. Elle, elle ne lâchera jamais son monstre qu'elle elle a mis au monde par défi. Que cette femme est forte
La mise en scène sensorielle composée de flash-back dévoilant progressivement l'intrigue convient assez bien à ce dur portrait d'une famille américaine, psychologiquement ambigu et comportant des zones d'ombre. Le symbolisme est toutefois un peu trop appuyé par moments, notamment l'omniprésence de la couleur rouge - la passion, les pulsions (destructrices ou vitales). Le film nous présente une mère de famille dépressive ( Tilda Swinton, tendue du début à la fin) qui ne sait communiquer ni aimer avec sincérité un enfant difficile et particulier (mais ce n'est pas l'antéchrist pour autant), qui en grandissant focalisera toutes ses obsessions sur sa mère, un père présent physiquement , jovial, mais absent spirituellement (qui ne voit jamais le mal et semble croire que le confort matériel du rêve américain sauvera sa famille. Des jouets et un frigo rempli, que demander de plus?), un entourage indifférent, tout cela contribue à la construction d'un drame. La violence nihiliste du fils à la fin semble là pour faire passer un message à la mère, quelque chose comme: "Tu as maintenant une bonne raison de me détester, toi qui depuis ma naissance ne m'as jamais aimé". Je pense qu'elle a eu des sentiments pour lui, certes maladroits, qu'elle s'est forcée à l'aimer car elle voulait assumer son rôle de mère malgré son handicap émotionnel (sinon elle n'aurait pas autant souffert ni fait preuve de culpabilité), mais elle n'y est jamais vraiment parvenu, et personne ne semble s'en être réellement préoccupé dans son entourage, pas même les médecins (vu qu'ils n'ont rien trouvé de mieux que de droguer légalement le fils - aussi torturé que la mère malgré sa froideur et son absence de compassion - en lui prescrivant du prozac). Elle n'était pas prête à être mère (on voit comment elle se comporte avec lui dès son plus jeune âge, elle est incapable de communiquer avec lui sans malaise et ne contrôle pas ses émotions, et l'enfant perçoit cela comme de la haine), elle ne comprend pas son enfant , ce dernier confère à sa mère une importance démesurée et agit uniquement en réaction contre elle, et la situation s'envenime peu à peu , jusqu'au point de non-retour. Tragique.
Grosse déception à la vision de ce film dont j'attendais, compte tenu de certains retours parfois dithyrambiques, peut-être trop et ce, tant au niveau du fond que de la forme. Poser implicitement comme postulat de départ que Kevin serait né avec les "gênes du mal" fragilise d'emblée un propos qui aurait pu être pertinent d'autant que les rares éléments factuels, au demeurant très stéréotypés, que la réalisatrice nous propose sont loin de nous apporter un éclairage suffisant susceptible de favoriser la compréhension de la dérive meurtrière du héros principal. En l'occurrence, spoiler: une grossesse non désirée (combien le sont-elles vraiment ?), la pratique de jeux vidéo violents, une fellation entraperçue dans la chambre parentale, une addiction au tir à l'arc , ...amènent-elles nécessairement un adolescent, même en souffrance affective, à devenir un tueur de masse ? Cela me semble pour le moins un peu court... Par ailleurs, Tilda Swinton, dont je n'apprécie que très modérément les talents de comédienne, me paraît ici être une grosse erreur de casting : son jeu univoque, son air perpétuellement hébété n'apportant guère de crédibilité au personnage complexe qu'elle est supposée interpréter. Quant à la forme, tout m'a semblé lourdement démonstratif, stérilement esthétisant, prétentieux en de supposées fulgurances aussi vaines que redondantes le tout baignant dans une musique country franchement déplacée. Etait-il par exemple opportun d'abuser d'une horripilante et inutilement suggestive sursaturation au rouge ? Ne risque-t-on pas aussi d'atteindre certains sommets de vacuité à jouer d'une symbolique aussi simpliste que :spoiler: œufs brisés/fiasco d'une grossesse non souhaitée, œil crevé de la sœur/litchi goulûment dégusté par le frère ,... ? Bref, à vouloir apparemment user des codes du film de genre tout en se targuant de velléités psychologisantes, la réalisatrice s'est manifestement perdue en chemin pour notre plus grand déplaisir.