Al Pacino est un véritable passionné de théâtre, en particulier de William Shakespeare et de sa pièce "Richard III", et il tient à nous faire partager sa passion. Et il y arrive parfaitement nous expliquant scrupuleusement ce chef d'oeuvre théâtral pour le rendre accessible à tout le monde et aussi à travers de nombreux points de vue tous aussi intéressants les uns et les autres. De plus, Al Pacino montre à travers les extraits de la pièce qu'il a filmé qu'il aurait été un interprète formidable pour le rôle du roi bossu tout comme le reste d'un casting très prestigieux. Qui a dit que des acteurs américains ne pouvaient pas jouer du Shakespeare ? En tous les cas, c'est une passionnante leçon de cinéma et bien sûr de théâtre que nous a concocter Al Pacino.
Déroutante. Telle est la première impression laissée par le premier film d'Al Pacino. Il s'agit d'une réflexion sur un moyen d'expression (le théâtre) à travers la représentation de la pièce "Richard III". De fréquents commentaires viennent interrompre cette représentation sans qu'on ait l'impression de passer du théâtre au cinéma. En faisant disparaître les raccords du montage parallèle, Pacino "fusionne" en quelque sorte la pièce proprement dite et tout ce qui se rapporte à elle (micro trottoir, analyses de spécialistes, discussions entre les acteurs et le metteur en scène sur la psychologie des personnages...). Seule sa caméra, plus rapide dans la vie qu'au théâtre, sépare le vécu du théâtre. Bien exploitée, cette idée ouvre des perspectives qui démontrent une fois de plus que le cinéma ne doit pas être au service de l'art mais constituer une forme artistique propre. Relativement rares sont ceux qui ont su faire autre chose que du théâtre filmé à partir d'une pièce. En son temps, Sacha Guitry a su faire éclater les conventions théâtrales de ses propres pièces et c'est à lui qu'on pense tout naturellement en voyant "Looking for Richard". Car le film de Pacino a une liberté de ton et une aisance communicative que celui qui a longtemps méprisé le cinéma, avant d'en comprendre la portée, auraient sans doute apprécié. Au delà de sa forme originale, le film est une habile dénonciation de la duplicité, des complots et de l'ambition. Richard III, magistralement interprété par Al Pacino, est un monstre froid, pas vraiment antipathique, mais rongé par la soif du pouvoir. Il entraîne les autres personnages dans sa folie mégalomane et la mort sanctionne ceux qui ne suivent plus la logique du prétendant au trône. Dans un mouvement croissant de tension et au rythme des chapitres de la pièce, il recrée de façon saisissante le mythe de Richard III symbolisé par le célèbre "mon royaume pour un cheval".
A la fois reportage, docu-fiction, pièce de théâtre, interviewes, explications historiques et intentions de l'auteur, cet hommage de Richard III par Al Pacino est passionnant; l'acteur est formidable; oui, il est possible de jouer du Shakespeare avec l'accent du Bronx.
Al Pacino rappelle ici qu'il est avant tout un homme de théâtre avant d'être un acteur de cinéma. Guidé par sa passion pour Shakespeare, il nous livre ici sa vision de l'oeuvre et les clés pour la comprendre. Mi-film, mi-documentaire, Pacino nous montre également le cheminement et la difficulté d'adapter une pièce de théâtre aussi complexe que Richard III. Certains plans tournés à l'arrache avec peu de temps et de moyens, caméra à l'épaule, sont là pour le prouver de même que la poésie du Molière anglais que peu de monde avoue comprendre. Force est de constater que Al Pacino touche droit au but. Son envie, son amour pour l'auteur anglais est communicative et il arrive, lui, à nous faire comprendre l'intrigue, alors que ce n'était pas gagné d'avance, alors que les plus grands pédagogues en sont incapables. Une belle leçon pour les metteurs en scène et acteurs en herbe, discussions et lectures avec les acteurs et les techniciens, répétitions, tout nous est montré, pédagogique, drôle parfois quand il se heurte au désintérêt des gens pour la pièce et surtout magnifiquement interprété en costumes par Pacino himself qui s'octroie en plus de tout le premier rôle et campe un Richard III plus fourbe, rusé et sanglant que jamais. Notons aussi que le bonhomme a su s'entourer d'acteurs reconnus comme Alec Baldwin, Winona Ryder ou encore Kevin Spacey pour l'aider dans sa tâche. ça se passe de commentaire, à regarder au moins une fois pour découvrir Shakespeare ailleurs que dans les livres.
Un casting éblouissant, une mise en scène très bonne et une idée de réalisation percutante. En tout cas, un tel procédé c'est du jamais vu pour ma part. Entre documentaire et fiction, le film balance entre les discussions des comédiens autour de l'histoire, des personnages, quelques rires durant la lecture et passe au film qu'ils mettent en place sur Richard III. On sent les comédiens investis, tant dans le film que dans la mise en abîme. Al Pacino y est très bon, et soutenu par un très bon casting comme dit précédemment : Alec Baldwin, Kevin Spacey ou Winona Ryder. Plus qu'un film c'est une ode au théâtre, une ode aux comédiens. Et tout le processus de lecture du texte, de questionnement transcrit bien la réalité du monde théâtral où on ne se résumé pas qu'à apprendre un texte, mais à le comprendre, à le questionner. Et en plus de ça, c'est une porte d'entrée à la compréhension de l'Histoire d'Angleterre et de William Shakespeare. Même si parfois le montage est étrange, incrustant des scènes très courtes de la vraie vie dans le film ou inversement sans que j'en comprenne l'intérêt. Mis à part ça, le film est bon et bien porté par de bons acteurs.
Un documentaire brillant et très pédagogique sur la pièce complexe de Shakespeare, Richard III, intéressant également de voir comment procède des comédiens professionnels d'un point de vue dramaturgique pour décortiquer la pièce. Un mot, merci Al!
Une oeuvre peu banale et au combien interressante. Nous y découvrons le travail d'acteurs et de mise en scène ainsi que la difficulté qu'il y a à réaliser une telle adaptation car derrière chaque phrases peuvent se cacher différents point de vues d'interprétations. Au final je pense que ce documentaire (classons le ainsi) atteint son but en donnant une certaines envie de découvrir Shackespear au spectateur lambda.
La scène avec Al pacino et Wynona Ryder est peut-être l'une des plus belles de l'histoire du cinéma,Al est dans Looking for Richard tout simplement égal à lui-même,c'est à dire époustouflant.Scandalisant que ce film n'existe pas en dvd en France...
Looking for Richard, est une œuvre remarquable puisqu’elle permet de sensibiliser tout individu à un des plus grands classiques du théâtre, en facilitant sa compréhension, sans pour autant dégrader la pièce ou la transformer. Ce film-documentaire constitue ainsi une première approche permettant de présenter la pièce de Shakespeare et ainsi donner l’envie au spectateur de s’initier sa lecture plus sereinement, et sans être inquiété par des écrits, parfois complexes, qui peuvent donner lieu à des réticences ou des faux-semblants susceptibles de restreindre l’intérêt de chacun pour le théâtre. Enfin, pour sa première réalisation, qui mélange documentaire et fiction, Al Pacino partage avec le spectateur sa passion pour Shakespeare et lui fait également découvrir les coulisses de la réalisation et de l’adaptation d’une pièce de théâtre. Il lui offre ainsi les outils permettant d’aborder au mieux cette pièce et de façon plus générale le théâtre. L’importance des détails transparaît ici, tout comme la possibilité de reprendre une œuvre classique et se l’approprier, à des fins pédagogiques, sans pour autant la dénaturer.
"Looking for Richard" est un film surprenant. D'une part par son approche singulière et sa mis en scène originale de la tragédie shakespearienne ; d'autre part parce qu'on n'attendait pas forcément l'abonné aux rôles de mafioso qu'est Al Pacino dans une déclaration d'amour à l'auteur de "Richard III". L'intérêt et la passion que Pacino porte à l'oeuvre de Shakespeare ne le conduit pas seulement à réaliser une simple adaptation cinématographique d'une des pièces les plus célèbres du dramaturge ; le réalisateur enquête sur le génie shakespearien, notamment sur la place qu'il occupe dans la culture populaire américaine. D'abord, Pacino sonde le grand public et tente d'appréhender ses préjugés, sa défiance, relativement à une œuvre classique majeure. Puis il interview des spécialistes ou de grands acteurs qualifiés de "shakespeariens", tel John Gielgud. Par la suite, le film est constitué pour l'essentiel d'une alternance de scènes ou Pacino et son équipe réfléchissent à une adaptation de "Richard III", tentent d'en saisir toute la portée et les finesses., et de séquences où les interprètes proposent des morceaux choisis et emblématiques de la pièce. Toutefois, aussi convaincante, aussi intelligemment didactique que soit la démarche de Pacino, le film a LE défaut de ses qualités et de son originalité : sa construction hachée et sa double intention nous privent et nous frustrent de la puissante et féroce histoire de Richard de Gloucester dans son intégralité. Il est vrai que ce n'est pas non plus l'objectif du film.