Que voila un film étonnant ! Totalement démodé, tellement que l'on pourrait croire qu'il a 80 ans, difficile de faire plus bien-pensant et plus explicatif. Il devait forcement correspondre à la demande du public des années 50 qui s'est pressé à sa sortie. C'est à la fois triste par l'étroitesse d'esprit et émouvant par l'envie de bien faire. Le scénario est l’inverse de celui du roman de Maupassant Pierre et Jean. Tino Rossi qui mettait la larme à l'oeil des dames, comme les chants des fados le font encore aujourd'hui dans les bistrots de Lisbonne, est l’anti-comédien par excellence. Il n'empêche que nous sommes heureux de le voir dans ses œuvres qui nous font revenir à l'esprit les souvenirs affectifs de nos parents disparus. Le jeune garçon (Jean-Claude) joue parfaitement son rôle d'acteur en herbe et force l'admiration par son application. Quant au grand-père il apporte toute son expérience théâtrale. Reste Louis de Funes qui est ici utilisé à contre emploi jusqu'à la caricature. Pour bien prouver sa mentalité de pirate, Daniel-Norman a été jusqu'à lui faire porter un cache œil noir qu'un enfant de 6 ans refuserait…Le comble du ridicule! Son adjoint qu'interprète Jean Dunot est difficilement dépassable dans la niaiserie, il faut voir cela pour le croire. Cet invraisemblable micmac produit un film quasiment inregardable aujourd'hui mais pour les vieux cinéphiles comme moi, il possède un charme étrange dont il serait passionnant de parler dans un ciné club. Impossible à noter objectivement; la moyenne s'impose dans ce cas car la mise en scène est d'un classicisme sans reproche.
Une femme qui abandonna jadis son nouveau-né le réclame aujourd'hui aux gentils parents qui l'ont adopté. Le scénario est grossièrement écrit dans un esprit si complaisamment mélo que j'ai décroché tout de suite. Les épais bouts de ficelles du sujet et la réalisation qui les aligne, sans plus d'idées que de sincérité, tirent le film vers le pathos clé en main. Pas du larmoyant mais du très affecté. C'est un film qui a dix ans de retard ; il aurait bien convenu aux conventions familiales du cinéma pétainiste. Tino Rossi, dont le film n'existe probablement que pour lui, est un mauvais acteur et il se surpasse ici dans l'inexpression. Même quand il chante, il est incroyablement atone. Pas le genre à électriser les foules lorsque son personnage d'ancienne vedette de la chanson reconvertie dans le hippisme (!) décide de remonter sur scène. Blanchette Brunoy, son épouse jalouse dans le film, est chargée du rôle le plus mièvre, celui par lequel l'intrigue prend un tour sentimentalo-gnangnan très faux. D'autant que le film évoque un amour filial...qu'on ne ressent chez aucun des personnages. Ce qui n'est pas surprenant puisque que les auteurs sont incapables de produire une scène sensible et des sentiments vrais. Louis de Funès, dans le rôle d'un détective roublard et crapuleux, joue sur le mode grimaçant qu'on lui connait dans les années 50 et sa présence est presque incongrue relativement à l'esprit du film.
Très mauvais film au scénario insipide et des dialogues affligeants. Très mal tourné, sans moyens et surtout très mal interprété par un Tino Rossi aussi raide qu'une statue stalinienne. Portant le film est entièrement fait à sa gloire et pour caressé son image de marque dans le sens du poil. Aujourd'hui on appelle cela une opération marketing et c'est rarement mieux.