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GéDéon
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2,0
Publiée le 19 décembre 2023
A sa sortie en 1965, le troisième long-métrage d’Agnès Varda a secoué les consciences de l’époque (film interdit au moins de 18 ans notamment). En effet, dans cette histoire ingénue, un homme marié et comblé dans son couple ajoute du bonheur à sa vie en s’entichant d’une autre femme. Le récit de cet adultère se parcourt comme une douce promenade bucolique mais manque de points saillants. La théâtralité des sentiments, l’égocentrisme du personnage principal et l’absence de jugement de la part de la réalisatrice donnent à cette œuvre un caractère surréaliste. Bref, une comédie de mœurs agréable sans être transcendante.
ce merveilleux film me conforte sur l'étendue du talent d'Agnés Varda, qui est une vraie cinéaste, avec un oeil averti sur les couleurs, les cadrages, la façon de filmer les scénes intimes avec la caméra en mouvement... trés moderne pour le début des années 60, son film a bien vieillit.
La mise en scène est comme toujours belle et inventive et le traitement simple de faits complexes intéressant. A première vue, c'est un film très problématique : le récit d'un homme patriarcal, égoïste, qui ne s'intéresse qu'à lui et à son bonheur personnel. Mais la dernière partie où le héros remplace si facilement sa défunte femme dont il a provoqué la mort peut aussi montrer la cruauté infinie de cet homme d'un égocentrisme banal, typique de son genre (Pas sûre cependant que ce soit le propos d'Agnès Varda..).
Quand on a la jeunesse, la beauté, la santé, un métier, une femme et des enfants qu'on aime, n'est-ce pas le bonheur ? Seulement la vie vous fait rencontrer d'autres personnes séduisantes et c'est ce qui arrive à François, alias J -C Drouot, bien connu pour son personnage de Thierry La Fronde. L'histoire n'a rien d'extraordinaire mais comme dans tous les films d'Agnès Varda, les dialogues sonnent justes, l'histoire paraît tout à fait plausible. C'est pourquoi j'aime ce que fait cette réalisatrice. Un homme qui tombe amoureux d'une autre femme, cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il oublie celle qu'il a épousée car comme il dit : « le bonheur, ça s'additionne ! » et c'est bien cela le centre de ce film. Est-ce possible d'aimer deux femmes, de ne vouloir renoncer à aucun de ses amours alors que la société occidentale considère que cela ne se doit pas ? Qu'en pense son épouse ? Il faut regarder le film pour le savoir, un beau film, très humain et très vrai, à l'exception de la fin qui me semble mal préparée. Un autre bémol, le jeu de Claire. Drouot bien loin de celui de son mari (dans la vie), en particulier quand François lui révèle sa liaison.
Tourné en 1965 ce film a perdu en 2010 tout son coté novateur et provocateur...Au temps des relations éclairs conclues sur le net,il me paraît extravagant d'autant que son ton « nouvelle vague 1960 » est complètement obsolète. Pour moi ,aujourd'hui vieux soixantehuitard, il demeure ce qu'il était: terriblement douloureux au point que je ne peux le regarder seul. Je passe sur son coté esthétisant,coloré et bucolique que madame Jacques Demy ,en parfaite symbiose avec son mari, à su rendre de parfaite façon sans oublier les teintes vives des vêtements et des décors intérieurs comme extérieurs,je passe aussi sur les acteurs dont le jeu paraît un peu décalé bien que très présent,je passe aussi sur quelques gros plans et quelques ralentis à répétition qui me déplaisent ainsi que la bande son vraiment ringarde de Mozart dans ce contexte. Car,sur ce film le contenu passe avant le cinéma tant le sujet traité est grave:le bonheur,le vrai,le plus dur à atteindre ;celui entre deux êtres destinés à vivre ensemble et à fonder l'avenir familial. Agnes Varda fait un choix courageux,elle se fait l'avocat de l'homme dont les arguments sont parfaits, nonobstant son égoïsme absolu et puis elle passe de l'autre coté ,celui de l'épouse, pour nous montrer sans une seule parole inutile quelle est sa réponse. Enfin,elle termine sur la maîtresse de « jour » pour conclure son propos et sa logique absolue.45 ans après,il me glace toujours autant.
D'un formalisme extrême souvent superbe, 'Le Bonheur' montre exactement ce qu'il annonce : un bonheur conjugal champêtre, léger, familial. C'est toutefois quand [spoiler] l'adultère et la mort s'en mêlent que ce bonheur prend de l'épaisseur. Envers et contre tout, Varda choisit de s'en tenir à son programme. S'ensuit une conclusion douce-amère courageuse et belle.
François vit avec Thérèse et leurs enfants. Ils sont heureux. Un jour, François rencontre une autre femme Emilie, dont il tombe également amoureux sans pour autant délaisser sa femme. Agnès Varda s'intéresse à la notion de bonheur à la fois comme concept individuel et collectif et de sa fragilité. Son film tel la nature "rousseauiste" où il prend place est d'une fluidité sans pareil. Elle dépeint avec honnêteté les relations de François et de "ses femmes", leur bonheur mais aussi leurs désillusions. Le Bonheur constitue un film d'une étonnante modernité aussi bien par sa quête de celui-ci mais aussi par sa vision de la famille. Un très grand film!
Le bonheur, selon Agnès varda, c'est l'état amoureux sous toutes ses formes. L'originalité du film repose sur une vision édulcorée et irréaliste de l'existence du personnage de Jean-Claude Drouot. François vit un amour conjugal sans scènes de ménage et un amour adultérin sans cas de conscience. Il ne partage pas son amour entre deux femme; il additionne deux amours pour un bonheur doublé, avec une sincérité désarmante. Varda filme un bonheur sans impureté qui ressemble au bonheur originel, celui d'Adam et Eve, auxquels les promenades bucoliques de François et Thérèse semblent faire référence. Même l'évènement dramatique du film ne remet pas en cause la simplicité naturelle avec laquelle François aborde l'existence.
Les personnages ne sont pas forcément crédibles ou réalistes mais ils relèvent, telles des abstractions, d'une idée philosophique ou poétique. Le film fut intedit à l'époque au moins de seize ans, moins sans doute à cause de quelques scènes amoureuses très prudes qu'à cause de l'absence de jugement moral sur l'adultère de François, sur la liberté qu'il s'octroie de poursuivre sa vie avec sa maitresse de la façon la plus intuitive qui soit. Le film n'est en rien cynique; au contraire, il exalte avec une feinte candeur la sincérité amoureuse de François, son aptitude à s'adapter à la vie, le secret du bonheur probablement.
Une oeuvre incroyable, visuelle tout d'abord, avec une esthétique inspirée des peintres impressionnistes, mais aussi morale.. L'histoire est terriblement dérangeante. C'est pour ces raisons que tout est réussi, tout est impeccable. Probablement le long métrage de Varda le plus éblouissant de sa carrière.
Film qui tient de la parabole philosophique. Réflexion sur l'égoïsme du bonheur, le film choque par l'amoralité total du dernier quart d'heure. Il interrogé aussi sur l'interchangibilité des êtres. Comme il a ete ecrit sur le site, bonheur semble rimer avec horreur. Le couple est filmé dans ce qui ressemble à un jardin d'éden mais la condition humaine ne l'entend pas de cette oreille. C'est un discours intéressant et bien que maitrisé, par moments besogneux, Varda tout a sa démonstration, edulcore la vie de couple, on s'ennuie un peu devant ces moments un peu irreels, Les mœurs et les comportements ayant évolué jusqu'à cette fin qui choque
Une belle petite pépite d'Anges Varda ! Un moment bucolique, mélancolique, et atypique que nous propose Varda avec une mise en scène édulcoré mais très agréable.
C’est le troisième long-métrage d’Agnès Varda après La Pointe courte et Cléo de 5 à 7. Et son premier film en couleurs. Un film très intéressant dans son approche de l’adultère, sujet habituellement traité dans le cadre d’une réflexion morale dramatique ou bien sous un angle comique. Ici, la réalisatrice va au-delà des a priori et des clichés, refuse toute considération éthique ou analyse psychologisante. Elle brosse le portrait d’un homme simple, instinctivement enclin au bonheur et rayonnant comme une des fleurs de tournesol que l’on voit au début du film. Un homme tourné en permanence vers le soleil. Cet homme laisse fleurir ses désirs et ses sentiments d’une manière qui fait écho à une phrase prononcée par Paul Meurisse dans Le Déjeuner sur l’herbe, de Jean Renoir (extrait du film dans le film), qui présente le bonheur comme une “soumission à l’ordre naturel”. Cet homme vit donc “naturellement” un second amour : un amour adultère qui n’est que de l’amour en plus, qui n’enlève rien au premier (conjugal). Un nouvel amour perçu également comme une augmentation heureuse de soi-même. Et vécu sans culpabilité. Varda montre un bonheur innocemment égocentrique, d’une naïveté aux conséquences potentiellement cruelles et destructrices. Mais sans jugement. Elle évoque un bonheur qui suit le rythme des saisons, inaltérable, quels que soient les événements de la vie. Elle avance enfin l’idée d’une interchangeabilité dans les relations. Cette approche thématique a valu au film d’être interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles. Aujourd’hui encore, le propos reste audacieux, la tonalité troublante. Le film laisse une impression de sérénité assez terrible. La musique allègre de Mozart et la beauté de l’image annulent le pathos. On note l’inspiration impressionniste dans les scènes bucoliques, en appréciant le soin apporté à la composition des plans et aux couleurs. Autres qualités du film : le regard “photographique” de la réalisatrice, attentive aux détails et aux symboles, attentive aussi au regard des personnages ; l’esprit des dialogues (très justes) ; et enfin le montage, rythmé et d’une belle inventivité.
Ce n'est pas un hasard si, dans une des premières scènes du "Bonheur", la télé du petit appartement du couple Drouot diffuse "Le déjeuner sur l'herbe". Il règne, en effet, une sérénité, une paix dans la vie du menuisier qui renvoient à l’œuvre de Renoir, un certain éloge de l'hédonisme que spoiler: même la tragédie finale ne saurait remettre en cause. C'est à la fois troublant et magnifique, car, en fin de compte, les relations humaines relèvent ici d'une évidence absolue, ne laissant place ni au doute, ni à la défiance. On est sûrement plus proche de Pialat que de Demy, le naturalisme ambiant rappelant beaucoup l'univers de l'auteur de "Loulou".
J'ai eu envie de rire au début , tout ce sucre , ce cul-cul-la praline , et j'ai été embarqué par tout ce qu'elle a voulu dire , montrer , faire passer . Et les qualités esthétiques de couleurs , cadrages en font un petit frere des demoiselles de Rochefort . Film audacieux , rare, et bien fait. Merci , thème classique, mais vision très personnelle .On voyage en plus dans une époque . Quelle artiste ! Tellement à contre-courant de tout ce qu'on peut voir .
Quel était le but de Varda dans ce film ? Dénoncer l'égocentrisme masculin, ou au contraire célébrer le polyamour sans même s'apercevoir qu'elle ne donnait cette liberté qu'à son héros, donc aux hommes exclusivement ? Et si une épouse se remplace aussi aisément, il aurait fallu montrer François, à la fin, croiser une nouvelle femme désirable... qui à son tour aurait fini par prendre la place d'Emilie ! Et si, en fin de compte, son voeu secret n'avait-il pas été de voir sa première femme mourir pour être débarrassé d'elle et vivre pleinement son nouvel amour ? Etait-ce là le but inconscient de sa confession à Thérèse, à qui il n'était pas tenu de tout dire ?... Tant de "si", mais que l'inquiétante musique de fin, tout comme les couleurs jaune et rouge fortement symboliques qui l'illustrent, tendent à valider. Auquel cas le héros ne serait innocent qu'en apparence, ruinant l'image idéale qu'il conçoit de lui-même.