Le Bonheur
Note moyenne
3,9
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48 critiques spectateurs

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chrischambers86
chrischambers86

16 131 abonnés 13 057 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 novembre 2023
« Le bonheur » selon Agnès Varda qui signait là une oeuvre singulière et absolument glaçante sur la sexualitè du couple! Très dècriè à sa sortie, le film est pourtant l'un des plus aboutis de la cinèaste! On suit cette famille heureuse où Varda suggère l'idèe du bonheur parfait avant l'apparition de cette employèe des PTT très libre qui vient tout chambouler! C'est jouè remarquablement par Jean-Claude Drouot et sa propre èpouse (Claire Drouot) dont c'est ici l'unique incursion au cinèma pour ce rôle! De plus la nature offre ici un cadre idyllique et incroyablement beau à l'èclat du « bonheur » qui, au fond, n'est qu'une façade! Prix Louis Delluc 1964 et Ours d'Argent l'annèe suivante, ce qui n'est que justice tant Varda s'appuie sur quelque chose de très rèel, que ça soit dans les regards, les fondus, le cadre ou le montage! Un classique qui n'a pas pris une ride avec une musique au diapason...
weihnachtsmann
weihnachtsmann

1 611 abonnés 5 674 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2017
Le film possède cette avantage de faire défiler la vie en accéléré. Les sentiments qui apparaissent et disparaissent. L’amour qui va et qui vient. Le bonheur qui se transforme en malheur selon les personnes: « Je suis heureuse et malheureuse » dit l’amante. Une histoire d’amour filmée avec grâce et douceur avec la banalité de la vie sublimée par la caméra et les moments simples de la vie qui créent ce bonheur qui semble en vérité nous échapper sans cesse mais que l'homme défend coûte que coûte, ce qui rend cette dernière scène dans la forêt si belle alors qu'elle est d'une si profonde tristesse.
Hotinhere
Hotinhere

779 abonnés 5 402 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mars 2019
Un conte amoureux cruel qui traite de l’adultère, filmé avec douceur par Agnès Varda, accompagné par la sublime musique de Mozart. Mais que les dialogues sont naïfs et ennuyeux...
traversay1
traversay1

4 433 abonnés 5 303 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 août 2016
Le film a été fustigé à l'époque par son "amoralité". Ce qui était subversif, c'est qu'aimant Émilie, le héros (J.C Drouot, célèbre Thierry la Fronde, pour la première fois au cinéma) n'en aime pas moins Thérèse : il agit par addition et ne comprendrait pas qu'il faille choisir. D'ailleurs sa bonne foi est si entière qu'il parle à Émilie de Thérèse, mais surtout à Thérèse d'Emilie, lors d'un de leurs dimanches à la campagne. Et que dire de la fin, une image du bonheur comme si rien ne s'était passé. Beaucoup de choses à dire sur la forme, un film Nouvelle Vague dans ses cadrages (du Godard "light") et son montage (l'audace des fondus au rose). Et sur la musique de Mozart, omniprésente. La mise en scène de Varda, cinéaste dentellière, est tellement délicate. 45 ans après, le film reste toujours aussi, euh, troublant.
ferdinand75
ferdinand75

716 abonnés 4 398 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 septembre 2019
Un film magnifique qui n'a pris une ride. Un sujet intemporel, l'amour qui va qui vient , qui disparait, mais traité d'un point de vue moderne, actuel. Peut -on aimer deux femmes à la fois ,? Jusqu'ou la liberté sexuelle . Peut on casser les codes du couple traditionnel. ?Tout cela traité dans un style très frais , très décalé . Encore aujourd'hui en 2019, le film est plein de fraicheur et d'originalité dans sa mise en scène . Des couleurs qui varient selon l'humeur de l'interprète . La famille Drouot est formidable , avec J.C. Drouot , le héros de toute une génération avec Thierry la Fronde. Il joue tellement bien ce bel ingénu à la recherche du plaisir et de la liberté. L'actrice Marie France Boyer est aussi formidable . Malheureusement trop peu vu par la suite.. Le final est absolument étonnant , bousculant tous les codes : le bonheur après le drame , mais illégitime. Incroyablement moderne.. Un film magnifique , pas assez reconnu, film phare de la nouvelle vague.
gimliamideselfes
gimliamideselfes

3 415 abonnés 4 006 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2013
Ah je ne regrette pas d'avoir vu ce film. Je n'ai pas forcément vu spécialement de Varda et si j'ai aimé ses films je n'en ai pas fait une réalisatrice à suivre (enfin plutôt où je devais compléter sa filmographie) mais le bonheur pourrait bien changer la donne.

Effectivement, le titre annonce tout : le bonheur et le bonheur c'est beau, c'est simple, ça ne pose pas de questions. Le film possède une identité folle tant sur le choix de la musique incessante, sur les choix des couleurs des décors, des habits, avec une photographie exceptionnelle, mais surtout ce montage. Ah qu'est ce que j'aime ce montage exprimant tantôt le désir, l'amour, le bonheur, le chagrin, la désolation. Tout passe par le montage.

Et on a ces deux jeunes filles qui gravitent autour de cet homme simple, qui aime et qui aime très fort. Le bonheur ça s'additionne alors pourquoi se poser des questions ? La fin ne révèle rien, tant mieux, le bonheur du titre aurait pu être gâché et c'est là que réside la force du film, cette recherche du souverain bien à tout prix. Mais j'aime cette vision simple des choses qui sont infiniment plus complexes et c'est tellement simple que le film parvient à être vrai alors qu'il n'est pas forcément réaliste.

En tous cas c'est assez sublime. D'autant plus qu'il est magnifique bien dialogué. Rien qu'une phrase telle que "tu fais bien l'amour", l'entendre comme ça, l'air de rien, le sourire sur les lèvres, ça transpire l'amour et le bonheur. Je n'aime pas les gens heureux, je n'aime pas le bonheur, mais le bonheur de ce jeune homme avec tout ce qu'il entraîne me fascine.

Je passerai outre la réussite totale des scènes limites érotiques et d'une grande subtilité du film.

Putain de film. Simple mais avec une immense profondeur. Tout ce que j'aime.
Acidus
Acidus

865 abonnés 3 907 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 août 2016
Ah, la Nouvelle Vague et son pouvoir de nous assommer avec une banale histoire d'adultère racontée de manière soporifique, niaise et pédante. Je parle évidemment de ce film d'Agnès Varda qui s'inscrit dans cette veine cinématographique que j'exècre. La réalisation pique les yeux avec des plans laids et un montage laborieux et le scénario donne l'impression d'avoir été improvisé durant le tournage. L'élément qui me révulse le plus dans ce genre de cinéma est la tendance qu'ont les acteurs à réciter leur texte au lieu de le jouer et d'incarner leurs personnages. En plus d'être creux, les dialogues sont donc débités d'une façon robotique, supprimant toute l'âme que l'on pourrait s'attendre d'une romance. C'est plat et ennuyeux.
Fait encore plus incompréhensible: il y a des gens pour apprécier ce style cinématographique. C'est dingue, non?
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

86 abonnés 4 044 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2024
Le bonheur, selon Agnès varda, c'est l'état amoureux sous toutes ses formes. L'originalité du film repose sur une vision édulcorée et irréaliste de l'existence du personnage de Jean-Claude Drouot. François vit un amour conjugal sans scènes de ménage et un amour adultérin sans cas de conscience. Il ne partage pas son amour entre deux femme; il additionne deux amours pour un bonheur doublé, avec une sincérité désarmante.
Varda filme un bonheur sans impureté qui ressemble au bonheur originel, celui d'Adam et Eve, auxquels les promenades bucoliques de François et Thérèse semblent faire référence. Même l'évènement dramatique du film ne remet pas en cause la simplicité naturelle avec laquelle François aborde l'existence.

Les personnages ne sont pas forcément crédibles ou réalistes mais ils relèvent, telles des abstractions, d'une idée philosophique ou poétique. Le film fut intedit à l'époque au moins de seize ans, moins sans doute à cause de quelques scènes amoureuses très prudes qu'à cause de l'absence de jugement moral sur l'adultère de François, sur la liberté qu'il s'octroie de poursuivre sa vie avec sa maitresse de la façon la plus intuitive qui soit. Le film n'est en rien cynique; au contraire, il exalte avec une feinte candeur la sincérité amoureuse de François, son aptitude à s'adapter à la vie, le secret du bonheur probablement.
pierrre s.
pierrre s.

549 abonnés 3 418 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 janvier 2019
Le Bonheur façon Agnès Varda ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais il a le mérite d'exister et de faire réfléchir le spectateur.
TTNOUGAT
TTNOUGAT

694 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2010
Tourné en 1965 ce film a perdu en 2010 tout son coté novateur et provocateur...Au temps des relations éclairs conclues sur le net,il me paraît extravagant d'autant que son ton « nouvelle vague 1960 » est complètement obsolète. Pour moi ,aujourd'hui vieux soixantehuitard, il demeure ce qu'il était: terriblement douloureux au point que je ne peux le regarder seul. Je passe sur son coté esthétisant,coloré et bucolique que madame Jacques Demy ,en parfaite symbiose avec son mari, à su rendre de parfaite façon sans oublier les teintes vives des vêtements et des décors intérieurs comme extérieurs,je passe aussi sur les acteurs dont le jeu paraît un peu décalé bien que très présent,je passe aussi sur quelques gros plans et quelques ralentis à répétition qui me déplaisent ainsi que la bande son vraiment ringarde de Mozart dans ce contexte. Car,sur ce film le contenu passe avant le cinéma tant le sujet traité est grave:le bonheur,le vrai,le plus dur à atteindre ;celui entre deux êtres destinés à vivre ensemble et à fonder l'avenir familial. Agnes Varda fait un choix courageux,elle se fait l'avocat de l'homme dont les arguments sont parfaits, nonobstant son égoïsme absolu et puis elle passe de l'autre coté ,celui de l'épouse, pour nous montrer sans une seule parole inutile quelle est sa réponse. Enfin,elle termine sur la maîtresse de « jour » pour conclure son propos et sa logique absolue.45 ans après,il me glace toujours autant.
tisma
tisma

353 abonnés 2 274 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2020
Une belle petite pépite d'Anges Varda ! Un moment bucolique, mélancolique, et atypique que nous propose Varda avec une mise en scène édulcoré mais très agréable.
cinono1
cinono1

365 abonnés 2 235 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2025
Film qui tient de la parabole philosophique. Réflexion sur l'égoïsme du bonheur, le film choque par l'amoralité total du dernier quart d'heure. Il interrogé aussi sur l'interchangibilité des êtres. Comme il a ete ecrit sur le site, bonheur semble rimer avec horreur. Le couple est filmé dans ce qui ressemble à un jardin d'éden mais la condition humaine ne l'entend pas de cette oreille. C'est un discours intéressant et bien que maitrisé, par moments besogneux, Varda tout a sa démonstration, edulcore la vie de couple, on s'ennuie un peu devant ces moments un peu irreels, Les mœurs et les comportements ayant évolué jusqu'à cette fin qui choque
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 4 août 2022
Voilà un film profondément ennuyeux, pénible à l’oreille tant le jeu monotone des acteurs est insupportable.
Puis, après visionnage, je me surprends à ne pas oublier ce film ; persuadé qu’il croupit au fond de la corbeille de mon cerveau, il trotte dans ma tête contre toute attente. Au point de me demander si Agnès Varda n’a pas volontairement assumé le côté très niais du récit pour mieux en dévoiler l’inverse de ce qu’elle nous raconte !
J’extrapole mais cette extrapolation me permet de reconsidérer le film.

Si je l’accepte tel que je l’ai vu, ressenti de façon brut, c’est un film insupportable, tellement mal incarné, un film terriblement vieillot, comme on en fait plus.
Les Pagnol, les Duvivier, Grémillon, Sacha Guitry par exemple ont évidemment vieilli en terme de plans et encore pas toujours, mais ils conservent un certain charme et les thèmes abordés et les dialogues peuvent rivaliser avec ceux d’aujourd’hui.
Ce sont des automobiles de collection, bien entretenues qui roulent encore et qui attisent la curiosité des voyeurs et autres amateurs.
Mais là « Le Bonheur », c’est une 4L, rouillée qui repose sur des parpaings au fond d’une ferme !

J’opte pour une niaiserie assumée.
Le bonheur sue de partout, à chaque plan, dans les dialogues, dans la musique, dans la composition de la photo.
Tout est lisse.
Le bonheur c’est dire la vérité, ne pas mentir, avouer ses sentiments ; parler de sa femme et de ses enfants à sa maîtresse sans que celle-ci ne s’en irrite.
Le bonheur c’est le déclamer sur un ton monotone, sans aucune aspérité, c’est accepter d’être trompée avec le sourire !
Le bonheur s’est se suicider pour s’effacer au profit d’une autre afin que son homme soit pleinement dans le bonheur !
Le bonheur c’est le droit de vivre l’adultère sans scrupule, l’esprit tranquille.
Le bonheur c’est tout l’entourage, le patron, les employés, les clientes, les passants, ce ne sont que sourires aux lèvres, dents blanches ; un environnement aseptisé, tout est coloré à l’extrême.
Le bonheur c’est se consoler le temps d’un été du deuil de sa femme.
Le bonheur c’est se marier au plus vite avec sa maîtresse, l’aider à apprivoiser les enfants pour palier la mort d'une maman disparue prématurément.

Dois-je penser qu’Agnès Varda se voulait moderne dans la mesure où son récit doit être pris à contre pied ?
Ne pas prendre les images brute de décoffrage, mais lire entre les images.
N’a-t-elle pas créé un monde volontairement aseptisé, complètement anesthésié par le bonheur ? En ne portant aucun jugement moral sur le comportement de François, Agnès Varda n’a-t-elle pas créé un monde hors du temps, irréel, une sorte de Paradis artificiel en faisant de ses personnages des benêts, des nains de jardin ?
Son récit ne serait-il pas une parodie ce qui expliquerait ces sourires et cette diction exagérément forcés ?
Ainsi, je pourrais en conclure qu’elle ne cautionne pas le comportement de François.
Ce qui me rassurerait, je crois Agnès Varda militante féministe.

Je pourrais aussi en déduire qu’elle n’a pas trouvé utile de donner un droit de réponse à Thérèse.
Là n’était pas son propos.
Le bonheur ne pouvait être que masculin. La notion d’adultère est une signalisation à sens unique, celle conduite par la femme. L’homme qui trompe sa femme n’est pas considéré comme « relation adultère »…
Pourtant, il aurait été intéressant que Thérèse ait à son tour un amant. En agissant comme son mari, François aurait-il reconsidéré sa définition du bonheur ?
Mais Agnès Varda veut s’inscrire dans une époque où la femme subit, se résigne d’être trompée comme si c’était dans l’ordre des choses, comme si c’était un passage obligé.

Agnès Varda noie Thérèse.
Je ne crois pas du tout à la thèse de l’accident, les images fugaces qui alimentent la peine de François quand il prend dans ses bras le corps inerte de sa femme noyée, sont une projection de son interprétation. Il ne peut pas envisager autre chose qu’un accident ; il ne peut pas penser que Thérèse ait mis fin à ses jours.
L’amour qu’il porte à ses deux femmes est sincère, je n’en doute pas. Mais il ne peut pas s’imaginer que Thérèse se soit suicidée après ses aveux. Il la pense comme lui. Persuadé qu’elle est heureuse avec lui, elle ne peut que partager sa notion du bonheur.
Et là, le film, pour le coup, est glaçant de froideur car le bonheur tel que je l’ai décrit plus haut est bien artificiel.
Un trompe l’oeil.
La parodie vire au drame comme pour rappeler aux spectateurs que le bonheur n'est pas une corde que l'on tire indéfiniment.
Non seulement François est égocentré, mais c'est un égoïste malfaisant.

Je ne pensais pas que « Le bonheur » d’Agnès Varda, membre de la Nouvelle Vague m’aurait tant fait écrire.
Toutes ces lignes sont certainement inutiles, dans ce cas, j’en reste à ma première impression :
« Le bonheur » est un film profondément ennuyeux, mal dirigé, j’ignore si l’intonation monotone est voulue, si c'est une des particularités de la Nouvelle Vague, peu importe, je déteste !
C’est niais et terriblement dépassé.
Toutefois, si j’opte pour une Agnès Varda qui assume la niaiserie, « Le Bonheur » mérite au moins 3 étoiles !
Agnes L.
Agnes L.

226 abonnés 1 992 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 décembre 2023
Quand on a la jeunesse, la beauté, la santé, un métier, une femme et des enfants qu'on aime, n'est-ce pas le bonheur ? Seulement la vie vous fait rencontrer d'autres personnes séduisantes et c'est ce qui arrive à François, alias J -C Drouot, bien connu pour son personnage de Thierry La Fronde. L'histoire n'a rien d'extraordinaire mais comme dans tous les films d'Agnès Varda, les dialogues sonnent justes, l'histoire paraît tout à fait plausible. C'est pourquoi j'aime ce que fait cette réalisatrice. Un homme qui tombe amoureux d'une autre femme, cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il oublie celle qu'il a épousée car comme il dit : «  le bonheur, ça s'additionne ! » et c'est bien cela le centre de ce film. Est-ce possible d'aimer deux femmes, de ne vouloir renoncer à aucun de ses amours alors que la société occidentale considère que cela ne se doit pas ? Qu'en pense son épouse ? Il faut regarder le film pour le savoir, un beau film, très humain et très vrai, à l'exception de la fin qui me semble mal préparée. Un autre bémol, le jeu de Claire. Drouot bien loin de celui de son mari (dans la vie), en particulier quand François lui révèle sa liaison.
QuelquesFilms.fr
QuelquesFilms.fr

347 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2022
C’est le troisième long-métrage d’Agnès Varda après La Pointe courte et Cléo de 5 à 7. Et son premier film en couleurs. Un film très intéressant dans son approche de l’adultère, sujet habituellement traité dans le cadre d’une réflexion morale dramatique ou bien sous un angle comique. Ici, la réalisatrice va au-delà des a priori et des clichés, refuse toute considération éthique ou analyse psychologisante. Elle brosse le portrait d’un homme simple, instinctivement enclin au bonheur et rayonnant comme une des fleurs de tournesol que l’on voit au début du film. Un homme tourné en permanence vers le soleil. Cet homme laisse fleurir ses désirs et ses sentiments d’une manière qui fait écho à une phrase prononcée par Paul Meurisse dans Le Déjeuner sur l’herbe, de Jean Renoir (extrait du film dans le film), qui présente le bonheur comme une “soumission à l’ordre naturel”. Cet homme vit donc “naturellement” un second amour : un amour adultère qui n’est que de l’amour en plus, qui n’enlève rien au premier (conjugal). Un nouvel amour perçu également comme une augmentation heureuse de soi-même. Et vécu sans culpabilité. Varda montre un bonheur innocemment égocentrique, d’une naïveté aux conséquences potentiellement cruelles et destructrices. Mais sans jugement. Elle évoque un bonheur qui suit le rythme des saisons, inaltérable, quels que soient les événements de la vie. Elle avance enfin l’idée d’une interchangeabilité dans les relations. Cette approche thématique a valu au film d’être interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles.
Aujourd’hui encore, le propos reste audacieux, la tonalité troublante. Le film laisse une impression de sérénité assez terrible. La musique allègre de Mozart et la beauté de l’image annulent le pathos. On note l’inspiration impressionniste dans les scènes bucoliques, en appréciant le soin apporté à la composition des plans et aux couleurs. Autres qualités du film : le regard “photographique” de la réalisatrice, attentive aux détails et aux symboles, attentive aussi au regard des personnages ; l’esprit des dialogues (très justes) ; et enfin le montage, rythmé et d’une belle inventivité.
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