Le réalisateur Joël Schumacher adapte après « Le Client » un autre roman de John Grisham alors très en vogue dans les années 90 et signe un thriller juridique dans lequel au cœur du Mississippi rural un avocat défend un homme de couleur ayant tué les deux violeurs de sa fille de 10 ans. En dépeignant une Amérique sudiste en proie au racisme, le cinéaste déploie une vision acérée très pertinente d’autant qu’il installe une atmosphère poisseuse propre à la région. Cependant, en se faisant l’apologie de la justice individuelle et de la vengeance personnelle, le film se montre plus que tendancieux dans sa morale finale. Néanmoins, l’emballage du long-métrage est plus que convaincant, conduit avec maitrise et savoir-faire tandis que le casting prestigieux est à la hauteur avec en tête d’affiche un jeune et convaincant Matthew McConaughey parfaitement entouré, de Samuel L. Jackson à Sandra Bullock sans oublier Kevin Spacey. Un film de qualité que le message trouble vient quelque peu gâté.
Un casting de qualité, un scénario bien ficelé, une réalisation carrée, des photos réussies, quelques surprises et une plaidoirie finale magnifique... que demander de plus? Peut-être une neutralité du côté du réalisateur car là, on sent son parti pris, mais pouvait-il faire autrement? Alors je ne dévoilerai pas le verdict final mais est-il vraiment juste? Là est la question, on ne ressort pas de ce film sans se poser de questions : "qu'est-ce qu'on aurait fait à la place de Samuel L. Jackson?" mais également "a-t-on le droit de tuer même si le mobile est légitime?"
Après Le Client, Joel Schumacher persévère dans le film de procès avec l'adaptation d'un autre roman de John Grisham, bien connu comme étant le roi des thrillers juridiques et dont est ici adapté son tout premier roman, "Non coupable", où un jeune avocat ambitieux tente l'impossible en défendant un Noir de l'Amérique Profonde ayant voulu faire justice soi-même après le viol de sa petite fille. L'affaire n'est pas aisée, d'autant plus que le décor peuplé de racistes et d'hommes corrompus en tout genre ne va pas plaider en la faveur de l'avocat... Joel Schumacher et les années 90, c'est l'efficacité à l'écran en dépit de quelques défauts pas très gênants. Sortant à peine du cartoonesque Batman Forever, le metteur en scène conserve ici toute sa fougue avec un dynamisme éclatant d'où en résulte un rythme à la fois intense et soutenu saupoudré de séquences violentes qui gardent en éveil le spectateur. Pourtant, le film dure presque deux heures trente mais, grâce à un scénario poignant et un casting de choc, on ne voit pas les minutes défiler. Car oui, le casting est ici impressionnant avec en tête d'affiche le brillant Matthew McConaughey (découvert alors dans Lone Star), la star des nineties Sandra Bullock, le toujours aussi magnétique Kevin Spacey, l'omniprésent Samuel L. Jackson, le vieillissant Donald Sutherland ainsi que les habitués du réalisateur à savoir Oliver Platt et Kiefer Sutherland. Toujours à l'affût du script le plus dingue, Schumacher s'intéresse ici à l'histoire du procès d'un Noir dans une bourgade quasi-intégralement raciste, de quoi pimenter le genre. S'y ajoutent toute une galerie de personnages douteux, des flics et des juges corrompus, des membres du Ku Klux Klan qui prennent l'affaire très à cœur, une documentaliste forcenée et plein d'autres éléments qui ajouteront leur grain de sel à ce drame émouvant aux allures de thriller à l'ancienne (on pense énormément à Mississippi Burning, bien entendu). Au final, malgré quelques exagérations hollywoodiennes et un ou deux écarts de jeu, Le Droit de tuer ? est une franche réussite dans le genre et un des meilleurs films de Joel Schumacher, qui démontre désormais clairement ici qu'il est capable du meilleur comme du pire.
Capable du meilleur comme du pire, Joel Schumacher nous propose ici un sympathique film judiciaire. L'intrigue se suit avec plaisir au rythme du procés et des différents rebondissement mais le tout sonne néanmoins de manière très téléphoné, parfois même lisse jusqu'à sa conclusion exagérément larmoyante. Cette tendance du réalisateur à trop en faire s'estompe face à un casting d'enfer où chaque acteur rivalise de talent. Classique mais sympathique.
Une petite fille de dix ans, noire, pensait rapporter les commissions à ses parents, mais a croisé la route de deux pervers racistes à qui le pantalon démangeait... Sûrs de s'en tirer à bon compte dans cette Amérique reculée, elle-même raciste (le Ku Klux Klan y règne), les deux voyous ignobles n'avaient cependant pas prévu que le père de la petite victime les descende, mais voilà que ce dernier risque maintenant sa tête pour cet acte désespéré. Sur ce postulat ultra-intéressant, Le Droit de tuer ? s'offre les meilleures pages de John Grisham, un casting alléchant composé de Matthew McConaughey (brillant comme d'habitude), Samuel L. Jackson (touchant) et Sandra Bullock (en retrait par rapport aux deux autres, mais non moins efficace), une partie adverse qui est manichéenne mais qui fonctionne bien (on adore détester Kevin Spacey en avocat sans scrupules). Et comment ne pas lâcher quelques jurons copieux face aux encagoulés du KKK qui nous révulse et nous donne des envies viscérales de coups de pelles dans l'occiput... Même le si la fin est assez niaise et peu probable (comment croire spoiler: que les douze jurés prêts à condamner Hailey ont changé d'avis sur une plaidoirie de dernière minute ? Aussi vibrante et émouvante soit-elle, on a du mal à croire au retournement de situation complet et soudain ), on s'en accommode pour la beauté du message qu'elle nous transmet. Les dernières minutes sont quant à elles le vrai coup de cœur du film, qui nous placent un sourire un peu bête sur les lèvres et l'indéfectible envie d'espérer qu'un jour le monde en soit ainsi. 2h30 qui en valent vraiment la peine (acquittée).
Ce film ravive les tensions et les vieux démons du sud des Etats-Unis. Ils n'ont jamais complètement disparu et c'est partout pareil. J. Schumacher livre un très bon film, une belle adaptation d'un roman de Grisham. La réalisation est de qualité et ça se sent dès les premières scènes. Il y aussi une belle brochette d'acteurs avec le jeune et fringant McConaughey te la non moins jeune et fringante Bullock, avec pas mal de seconds rôles, Jackson, Sutherland, Spacey pour ne citer que les plus connus. Donc c'est un film à voir!
A Time To Kill est l'exemple d'un livre et d'un film qui marchent ensemble. Laissant juste la bonne place à l'écrivain, Schumacher parvient à concevoir un véritable roman interactif où chaque acteur a autant sa place que le moindre élément d'intrigue. Mais est-ce un bien ?
La conséquence est à attendre : le sentiment qu'il y a parfois du bourrage d'idées. Difficile de faire autrement quand on manie simultanément un prétoire, la vie de famille, la politique, la morale, un drame et un récit qui se veut satisfaisant à lire comme à voir. Schumacher manque de peu faire un film qui combinerait une épopée judiciaire jouissive à un drame bien épais où la satisfaction, coupable cette fois, serait de voir les protagonistes surmonter une pluie d'épreuves injustes.
Ces limites qu'il faillit à transcender ne l'empêchent pas de savoir tout contrôler à la fois, un peu comme s'il était écrivain lui-même. Et pour cause, souvent il semble simplement surligner le roman, lui donner une substance sans partir du principe que le lecteur en était démuni. C'est de ce principe que partirait un adaptateur comme Darabont, mais Schumacher préfère révéler que substituer.
En conséquence, le film n'est presque pas assez film. Il semble se contenter d'être l'image et le scénario sa légende, et c'est à se questionner sur les mérites qu'il faut accorder, et à qui, pour parler de l'œuvre comme il se doit. Best-seller devenu best-screener, l'œuvre est brillante à bien des égards et surtout pour l'intégration d'un casting fantastique qui, lui, a droit à tous les éloges les plus cinématographiques. Mais n'en est-ce pas, justement, le seul aspect purement cinématographique ?
Chef-d'œuvre timoré, le film est le frère siamois du roman. Difficile dès lors de les séparer en quelques mots, et surtout de savoir à qui les adresser.
Un thème déjà abordé et de façon plus habile par d'autres fait que ce film trop long et malgré une bonne palette d'acteurs tombe dans de gros clichés avec des passages bien poussifs. Un sujet qui mérite plus d'intelligence au niveau écriture et dialogue et non un traitement purement holywoodien avec son lot de stéréotypes et de séquences sentimentales ridicules.
Joel Schumacher est un cinéaste assez hétéroclite dont la carrière est émaillée tout à la fois de succès publics et d'échecs retentissants. La critique est logiquement très divisée à son sujet. Il porte comme un fardeau d'avoir plombé la saga Batman en livrant après les deux opus réussis de Tim Burton deux films "kitchissimes" avec des hommes chauves-souris pour le moins improbables, Val Kilmer tout d'abord et George Clooney ensuite pour finir de décrédibiliser complètement la série qui ne s'en relèvera pas avant l'arrivée en 2005 de Christopher Nolan aux commandes. "Le droit de tuer ?" arrive juste après le flop de "Batman forever". Schumacher se lance dans un film de procès dans la lignée de ses illustres prédécesseurs que sont Otto Preminger ("Autopsie d'un meurtre"), Sidney Lumet ("Douze hommes en colère") ou Robert Mulligan ("Du silence et des ombres"). Comme Preminger et Mulligan profite de l'occasion pour dénoncer le racisme qui gangrène encore l'Amérique de cette fin de siècle. Il adapte un roman de John Grisham auteur à succès, chouchou des scénaristes d'Hollywood. Schumacher réussit à attirer à lui une pléiade d'acteurs en vue ou en devenir tels Kevin Spacey, Samuel L Jackson, Donald Sutherland et son fils, Patrick Mc Goohan, Sandra Bullock, Ashley Judd et Matthew Mac Conaughey. C'est ce qu'on appelle un casting d'enfer. Schumacher s'en tire plutôt bien,arrivant à trouver une place à chacun. Le péché mignon du réalisateur est d'en faire souvent un peu trop en appuyant immodérément ses effets, on pouvait donc craindre le pire avec un sujet à forte densité dramatique. S'il frôle souvent la correctionnelle sur ce film, il parvient à garder une forme de cohérence à l'ensemble sur les quelques deux heures vingt du métrage. Bien sûr aucun des clichés du genre ne nous est épargné, comme l'avocat déchu alcoolique qui fait directement écho à "Autopsie d'un meurtre" où James Stewart était cornaqué par un impayable Arthur O'Connell . Patrick Mac Cooghan quant à lui en ligne directe du juge Weaver d'"Autopsie d'un meurtre" (joué par un véritable juge) donne comme Sutherland la touche de légèreté bienvenue à une démonstration d'un formalisme un peu trop manichéen. Schumacher n'a pas la finesse de Mulligan et on ne pouvait attendre de lui toutes les nuances introduites par ce dernier dans son magnifique " Du silence et des ombres" qui reste la référence dans le genre. Enfin on peut se demander pourquoi la critique est si sévère avec Sandra Bullock dont la plastique irréprochacle s'accompagne d'un jeu qui en vaut bien d'autres ?
Très bon film mêlant le jugement humain (que l'on ose encore appeler "justice") face à l'acte de vengeance et le racisme. "Le droit de tuer" propose de forts moments émouvants grâce à la puissance de certains dialogues et notamment le discours final de McConaughey troublant de réalisme.
Un titre en forme d’interrogation. A-t-on le droit de se faire justice soit-même pour un crime aussi répugnant que le viol d’une jeune gosse. Samuel L. Jackson ne s’est pas trop posé cette question dans cette adaptation du roman de John Grisham, il a appuyé sur la gâchette en toute connaissance de cause. Le contexte géographique et raciale du film rend le sujet particulièrement intéressant même si son déroulement, un peu longuet toutefois, aborde un bon nombre d’aspect caricatural et un parti pris cousu de fil blanc. Servi par un excellent casting sous la caméra de Joel Schumacher, « le Droit de Tuer ? » à l’avantage de lancer le débat.
bon film qui reste sur la bonne voie mais la réalisation reste assez fade,manque de panache ,d'explications,de flashs bref de quoi faire un résumé et porté le spectateur.