La fable mi-écologiste, mi-philosophique de Coline Serreau n'enfonce guère que des portes ouvertes. Par l'entremise du personnage qu'elle compose, une extraterrestre descendue sur Terre pour y observer les humains, la réalisatrice-actrice feint la naïveté pour mieux dénoncer, croit-elle, les abus et l'inconséquence de la civilisation terrienne.
En dépit de situations cocasses ou incongrues, les effets comiques sont souvent maladroits. L'agressivité, l'individualisme, la pollution qui sont, entre autres choses désagréables, les maux de la société (de consommation) occidentale, font ici l'objet d'une satire un peu sententieuse. De platitudes en évidences, le message écologiquement correct de Coline Serreau parait, finalement, relever davantage d'un discours rétrograde que d'une rêverie utopique.
Sous couvert de constats de bon sens démontrant les servitudes de la société contemporaine, la cinéaste propose rien moins qu'un retour à la primitivité (liberté,dialogue et bienveillance, troc, nature et vie au grand air...). Dans ce registre, il est préférable de revoir "L'an 01" de Jacques Doillon, plus subtil et moins complaisant. D'autant que la mise en scène de Serreau n'est pas bien brillante. De sorte, qu'à tout point de vue, le film est raté.