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TwinPeaks2003
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4,0
Publiée le 16 février 2025
Jacques Rivette nous livre une traversée dans la capitale avec son “Céline et Julie vont en bateau“
Depuis “L’Amour fou“, Rivette n’a qu’une seule obsession: la liberté ! La liberté dans le jeu de ses actrices, qui semblent libérer de toutes contraintes, elles paraissent totalement naturelles dans leurs personnages. Grâce, notamment, à ses plans qui s’étirent au maximum dans le temps, cela permet aux actrices et acteurs de s’emparer d’une certaine folie La liberté dans la mise en scène, dans le montage, dans l’histoire, dans les dialogues et les mouvements.
Des personnages qui vagabondent dans les rues, qui d’une certaine manière, tentent de s’échapper, de fuir cette réalité qui nous emprisonne. La relation entre Céline et Julie fait, bien entendu, extrêmement penser à la relation des deux protagonistes de “Mulholland Drive“ de David Lynch.
Les scènes au cabaret sont totalement magiques, déconnectées. Cela témoigne, une fois de plus, l’’amour de Rivette pour le théâtre. C’est un film qui se base sur l’illusion de la réalité et qu’au fond notre réalité n’est qu’un pur monde imaginaire.
Entre rêve, réalité et conte, l'intrigue joue de références assumées pour créer une mise en abîme qui déclare son amour à la magie du cinéma tout en adoptant une distance avec les clichés esquissés, tournés en dérision par les héroïnes, soit qu'elles en pointent les dérives, soit qu'elles les altèrent elles-mêmes (retrouvailles avec le premier amour, scène de cabaret sensuel, drame sentimental bourgeois). Deux faces d'une même icône, Céline et Julie adoptent la double position d'Alice, à la fois créatrices oniriques et actrices de l'illusion dont les identités se floutent régulièrement. Or, la psychologie n'est pas dédaignée, notamment à travers le portrait très juste de la mythomane, fascinante et dangereuse, pitoyable et pathétique, ou les réflexions infusées à travers les diverses saynètes, sur la misogynie, la jalousie, l'amour, la morosité de l'existence - raison suffisante et nécessaire à l'adjonction de merveilleux dans le quotidien. D'ailleurs, la mise en scène renforce cette quête d'ornementation heureuse, qu'il s'agisse de faire entendre les trois coups du brigadier, d'user d'un bonbon pour brouiller les frontières ou de suivre gaiement la démarche d'un chat dans un parc reposant. Un appel à voguer avec joie et créativité!