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Tupois Blagueur
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4,0
Publiée le 5 février 2014
Voilà longtemps que je n'avais pas vu un duel verbal aussi intense et passionnant entre deux personnages dans un film. Le tandem d'acteurs principaux est tout simplement impressionnant, particulièrement Vittorio Gassman qui joue l'industriel : ses tentatives de corrompution ou de manipulation du juge incorruptible sont vaines mais brillantes. Même s'il est parfois un peu grandiloquent et qu'il surjoue un peu. Ugo Tognazzi, qui joue le juge, est lui parfait, gardant son sang-froid en toute circonstance. Autour de ce duo exceptionnel, on a une distribution solide qui sait elle rester en retrait (mais sans néanmoins cacher son talent) pour donner au tandem un large champ d'action. La mise en scène est parfois haute en couleur, parfois sobre, mais elle vise toujours juste et nous garde sous la coupe du film. Et la scène de fin est très intéressante : spoiler: le juge est tiraillé entre l'envie de tout révéler ou de tout garder pour soi, tout en nous montrant les italiens en liesse et complètementent débridés après leur victoire en Coupe du Monde . Cette scène, tout comme le titre du film, est ambigüe : faut-il que le juge révèle le contenu scandaleux du journal et provoquer des évènements graves dont il ne contrôlerait peut-être pas l'issue, au nom de la justice et de la vérité ? Ou faut-il ne rien dire et enterrer des secrets aussi lourds, pour protéger le peuple italien de ces mêmes conséquences fâcheuses ? Le choix est cornélien, mais quel qu'il soit il aura des conséquences sur lui. Il existe sûrement d'autres interprétations mais c'est la plus évidente qui me vient à l'esprit. En tout cas c'est une morale intéressante qui reste toujours d'actualité...
Ce très riche film, qui fait partie des très grandes comédies Italiennes, utilise le canevas d’une enquête policière pour jouer sur plusieurs tableaux : c’est une cinglante dénonciation du développement libéral et anarchique de l’Italie des années 1960 et 1970, où règnent la loi du plus fort, les connivences entre pouvoirs politique et économique, les malversations, la corruption. Où la « réussite » ne s’encombre pas de l’intérêt de la population ou de ses méfaits écologiques. C’est aussi, surtout dans sa première partie, une formidable comédie, pleine de bons mots et de personnages aussi étonnants que savoureux ; la mise en scène est extrêmement enlevée, faisant s’entrecroiser courtes scènes, flashbacks et voie off pour créer de puissants effets comiques. Tout au long du film, Dino Risi manie très habilement le faux et le vrai, mêlant images d’un passé parfois réel, parfois inventé, images de la réalité, mais aussi de la façon dont un personnage imagine la réalité. La seconde partie du film est plus concentrée sur la confrontation entre l’industriel (Vittorio Gassmann) et le juge (Ugo Tognazzi), et comme souvent chez Risi ou dans la comédie Italienne de cette époque, le rire commence à se faire jaune…. Le spectateur choisit rapidement son camp dans cet affrontement entre les deux personnages principaux, tant l’un apparaît odieux et l’autre guidé par sa conscience et son sens du devoir. Mais la force de Risi est de s’éloigner petit à petit du manichéisme, et de distiller un questionnement, voire un doute, dans les convictions du spectateur, pour terminer par une grande question morale.
Un parmi les nombreux exemples de ce qui fit l'age d'or du cinéma italien. C'est u nbrin caricatural amis c'est caustique à souhait. Tognazzi et Gassman sont excellents, leur scènes communes sont de grands moments.
tout à fait d'actualité ce film qui posait déjà il y a quarante ans les problèmes environnementaux , au travers la rencontre de cet industriel qui cumule toutes les corruptions collusions , d'un cynisme hors du commun et du magistrat zélé qui ne vit que pour la vérité la droiture , et forcément la rencontre marche quand d e plus elle es t menée par deux monstres du cinéma italien et orchestrée par le maître de la comédie et de la satire , , alors on y va !
En 1971 Gassman Berlusconi face à Tognazzi petit juge. Comme Pasolini à la mème époque, Risi anticipe le monde néolibéral et corrompu de la consommation festive permanente, à partir des années 1980:"Cette révolution capitaliste…exige des hommes dépourvus de liens avec le passé ( qui comportait l’épargne et le moralisme). Elle exige que ces hommes vivent dans un état d’impondérabilité - ce qui leur permet de privilégier, comme seul acte existentiel possible, la consommation et la satisfaction de ses exigences hédonistes." Gassmann déguisé en romain de péplum, utilisant le jargon de la com post moderne, est fabuleux. La fin est tragique. Pour le petit juge, il n'y a pas de bonne solution.
Je ne savais pas à quoi m'attendre et j'ai été très agréablement surpris par ce scénario intéressant, intelligent, beaucoup moins manichéen que l'on aurait pu le croire au début du film. Et le retour aux années 60 et tout ce qui annonçait déjà notre époque est excellent.
Une histoire judiciaire qui est loin d'être explorée à la française malgré les similitudes culturelles. Ce film ne prend pas ce plaisir chafouin à fouiller les recoins de l'enquête ; amateurs de Maigret, vous en serez pour vos frais. Mais il a aussi des qualités qui prouvent la supériorité du cinéma italien sur la France, comme ce rythme si soutenu, accompagné d'immenses quantités de texte, qui nous éloignent tant de la langueur orientale que du perfectionnisme occidental. C'est une étude psychologique de personnages un peu exagérés dans leurs antagonismes mais crédibles dans leur inconstance. Encore que dans le genre, ce spécimen à l'humour très pincé tire un peu en longueur.
Le film débute sur un mode satirique, cette satire se veut comique dans un premier temps puis de plus en plus amer. Le portrait que Risi donne du fameux peuple italien est peu flatteur, le personnage de salopard joué avec un plaisir évident par Ugo Tognazzi, peut être vu comme un lointain ancêtre de Berlusconi, mais au finale il se révèle n'être qu'une partie du problème, la soif de justice de ce magistrat vertueux débouche sur une impasse.spoiler: Finalement la passion trivial du foot l'emporte sur la vérité dans une scène finale d'une grande misanthropie, prophétisant l'Italie que l'on connait aujourd'hui.
Commençons par les reproches pour en finir : une inégalité dans le rythme et globalement c'est trop bavard, le second étant peut-être en partie responsable du premier... Autrement Dino Risi prend l'histoire d'un drame policier social mais en le traitant sous l'angle de la comédie satirique voir même sous celui de la bouffonnerie, ne faisant rien pour nous épargner la pourriture qui règne en puissance sur la Société italienne (d'ailleurs très ressemblante avec la Société française, qui est peut-être pire même !!!) qu'on finit par totalement s'identifier au personnage joué par Ugo Tognazzi, qu'on se demande même très sérieusement si on n'aurait pas fait la même chose que lui à la fin. Un beau duel entre deux géants et beaucoup d'ironie complètent le tout.
Ce film fait partie des oeuvres importantes de la Comédie italienne, mouvement cinématographique qui s'est construit en réaction au néoréalisme de l'après-guerre. Risi prend plaisir à opposer les deux personnages joués par Ugo Tognazzi et Vittorio Gassman. Le riche industriel corrupteur et addict aux femmes, Vittorio Gassman préfigure Berlusconi. Ugo Tognazzi est un juge de gauche pur et dur comme ceux qui mettront en examen la classe politique italienne lors de l'opération Manu pulite (1992). Cette comédie manie le mélange des genres, du tragique au burlesque. Elle n'oublie pas de décrire la société italienne de l'époque.
J'avais vu le Fanfaron du même réalisateur, il n'y a pas si longtemps, avec V. Gassman. Il y jouait une sorte de filou et J. L. Trintignant, son compère beaucoup moins troublion. Dans cette satire, on a aussi un binôme assez clivant avec Gassman d'un côté, l'arnaqueur, et de l'autre un juge posé, interprété par U. Tognazzi. C'est un véritable portrait de la société italienne, de bas en haut et de haut en bas. Portrait qui s'adapte à tous les pays industriels. Encore une fois, ce genre de film ne vieillit pas, car le modèle qu'il décrit n'a pas beaucoup changé. Les riches et les puissants d'un côté, les autres de l'autre et au milieu tous ceux qui fon tout pour s'approcher de leurs rêves. Ce film demande aussi une lecture attentive pour être apprécié au mieux et ce n'est pas le plus facile.
Cette comédie amer de Dino s inscrit très bien à l époque du néo realisme à l italienne, est en est même pour ma part l un de ses sommets de ce mouvement. Le film se résume sur un duel moral entre les 2 personnages principaux, l un juge qui nous fait penser à cette italie rigoriste, juste,ou la loi fait foi et qui donne un sens à la justice joue par ugo tognazzi et l autre un homme d affaire cynique, vereux et venal et qui représente cette nouvelle italie amoral, épris d argent et de pouvoir, joué par vittorio gassman. Ce que j ai adoré dans ce film c est cette cruauté, très drôle, typique des films de Dino risi. Sa mise en scène est volontairement sèche et froide mais enveloppe de dialogues avec cette ironie mordante typique de la comedie italienne. Un film magnifique facilité par les interprétation de tognazzi et gassman.
"Au nom du peuple italien " est parfois présenté comme une des oeuvres majeures de Dino Risi. Ce n'est pas mon avis, même si le film montre de nombreuses qualités. En résumé il s'agit de l'histoire d'un juge d'instruction (Ugo Tognazzi ici selon moi dans un de ses meilleurs rôles et une de ses meilleures prestations), qui enquête sur la mort d'une jeune fille. Son enquête et ses préjugés idéologiques le conduisent à orienter son enquête en direction d'un capitaine d'industrie (Victorio Gassman, excellent comme à l'accoutumée). Risi adopte ici un ton grinçant et donne des coups de griffe aux élites économiques ( qu'il portraiture comme des gens cyniques, sans vergogne voire même arrogant envers le peuple qu'ils méprisent). Risi termine son tour d'ensemble sociétal en égratignant aussi.de manière savoureuse ( comportement hystérique des supporters Italiens lors d'une rencontre de football) la populace qu'il assimile finalement au peuple. C'est d'ailleurs le seul reproche qu'on pourrait lui faire : celui d'essentialiser son regard. Mais reconnaissons que son point de vue sur la nature humaine, est loin d'être complètement erroné. Au plan plastique, ( photo et mise en scène) le film n'a rien d'exceptionnel, même s'il présente un résultat honorable. La force du film repose sur son interprétation, ses dialogues et sa thématique. A mes yeux la période reine de Risi est celle de l'âge d'or du cinéma italien ( années 50 et 60). Le film date de 1971 est l'on est à la sortie de ces décennies bénies des Dieu. Et cela se sent déjà dans "au nom du peuple italien ". A voir.