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Un visiteur
5,0
Publiée le 28 novembre 2013
Il faut se souvenir que ce film est sorti bien longtemps avant notre époque ainsi le sujet traité était pour l'époque très engagé et socialement révolutionnaire !! Et même maintenant je trouve que ce film devrait être beaucoup plus connu pour cette portée citée ci-dessus et qui à notre époque peut manquer. Ce film dramatique pose les bonnes questions et ne nous fait pas rester inactifs, les rires et les doutes se mêlés, ainsi que les joies et les angoisses. Un film à savourer et à re-savourer pour être sur de bien cerner toutes les portées du réalisateur et toutes les émotions des personnages.
De tous les films qu'il a tournés, celui-ci était le préféré de Mankiewicz. C'est assez étonnant, tant il apparaît mineur. Un peu trop écrit dans ses dialogues, un peu trop appuyé côté émotion, notamment lors des scènes finales. Son scénario n'est pas des plus équilibrés, avec trois histoires (celles de Praetorius, de Shunderson et de Deborah, la patiente) et trois tonalités (drame, comédie et mélo). On a connu Mankiewicz plus subtil et cynique, mais on peut se laisser surprendre par cette histoire finalement légère, ce petit quelque chose d'euphorisant et de charmant, qui doit beaucoup au cabotinage de Cary Grant. Certains ont vu également dans ce film, datant de 1951, une critique de la chasse aux sorcières qui sévissait alors.
Très bon film, qui redonne de l'optimisme dans la ligné d'un Capra. Avec une bonne intrigue et de très bons acteurs. Manckiewicz montre son talent dans un de ses films préféré.
Film complexe, certainement l'un des plus recherchés de Mankiewicz. Soulevant à la fois des problèmes philosophiques, les rapports de l'homme à la nature, sociaux, culturels... La majeure partie du film tourne autour de cette réflexion sur l'homme et la mort autour de ses différents aspects ; la morale peut-elle justifier la mise un mort d'un homme, n'y-a-t-il pas possibilité de se racheter et donc de remplacer la mort par l'effort et la contrainte; qu'est-ce que l'homme par rapport à la nature, par rapport à la vie, puis par rapport à lui-même? Le docteur Praetorius le dira, être médecin ce n'est pas soigner une maladie mais soigner un homme. L'homme dépasse sa simple dimension naturelle, son mécanisme : il ne s'agit pas de changer une pièce, mais de rétablir l'équilibre qui s'est brisé. Et c'est ainsi que Praetorius agira grandiosement, se comportant réellement comme un médecin en sauvant cette jeune fille du suicide, et par une formidable métaphore, ce viel homme du trépas et de la culpabilité éternelle. L'oeuvre est brillante et parvient à montrer à la fois la grandeur de Praetorius, et par la mise en évidence de la beauté de la compréhension des rapports entre l'homme et la nature et sa profondeur vertigineuse. Le procès de la fin n'en est que l'achèvement nécessaire, il fallait que Praetorius soit reconnu par ceux qui n'ont en réalité rien compris et qu'ainsi le public se tourne vers lui; et que la vie de tous soit une harmonie, un concert qu'il dirige fièrement mais avec générosité; une utopie non pas idiote, mais à laquelle chacun travaille et concoure à sa propre place. Du point de vue de la mise en scène, certes on préférera "L'aventure de Madame Muir", mais on se laissera emporter par la générosité des plans, la profondeur et la sensibilité d'une "image cristal" légère, la gestion du mouvement honnête et la formidable prestation de Cary Grant. Mankiewicz signe ici un film à son image : formidable (15.7/20)
Si l'on peut aisément d'ordinaire reprocher à Mankiewicz son obsession de la maîtrise (scènes et dialogues sur signifiants,scénarios intraitables...) au détriment d'un cinéma qui laisserait en confiance, advenir les choses,il faut bien avouer que ce film ci laisse plutôt perplexe tant il semble au contraire avoir été tourné "au fil de la bobine". On est saisi par cette absence de cohérence et de nécessite qui rends terriblement vain ces dialogues certifiés mais qui involontairement donne au film un aspect étrange et déconcertant.
Ce film est un chef-d'oeuvre comme on savait si bien le faire à cette période. Tout est parfait! Les acteurs, comme l'intrigue, comme le mélange des genres.
Un excellent film qui repose sur un scénario brillant mélangeant habilement les genres, on passe de la comédie au polar avec brio et l'histoire est pleine de rebondissements. Les acteurs sont incroyables de charisme et la mise en scène est irréprochable.
Un habile mélange des genres reposant sur un scénario complexe est plein de rebondissement! De la comédie à la comédie romantique en passant par le polar et le drame humain! Des acteurs incroyables de charisme!
Grand fan de Mankiewics je dois avouer pourtant que ce film reste l'un de ses plus mineurs. 1ère chose ce film est d'abord un formaidable message politique puisqu'il est un des rares films à dénoncer le maccarthysme (et non le Code Hays) alors en plein boum. Mais Mankiewicz semble avoir été prisonnier de son propos. Malgré un film techniquement quasi parfait l'histoire sentimentale du docteur prend le pas sur les rumeurs. Ces dernières sont au premier plan au début du film et dans le dernier quart d'heure mais au milieu du film il s'agit avant tout du lien entre le docteur et la femme enceinte. Les secrets déballés à la fin (surtout ceux de l'ami du docteur) ne semble pas cohérent avec le traitement de l'histoire dans le film. Un film majeur pour son anti-maccarthysme, avec un duo de star parfait et aux dialogues toujours justes. Mais ce film reste mineur dans la filmo du maestro Mankiewicz qui s'est laissé aller et en a perdu le fond de son propos, les rumeurs.
Certes, ce long métrage de Joseph L. Mankiewicz ne peut faire partie des plus réussi de ce réalisateur, la faute à une histoire qui fait finalement dans le dejà-vu. Toutefois, le tout se suit agréablement grâce, une fois de plus, à une mise en scène inspirée du célèbre metteur en scène américain, à un duo de comédiens ( Cary Grant dans le rôle d'un médecin avant-gardiste, Jeanne Crain dans celle d'une femme au comportement suicidaire ) qui nous offre une interprétation de qualité, et à une photographie très classe de la part de Milton Krasner. Une oeuvre donc sympathique et qui est à découvrir par simple curiosité.
Un film important dans la biographie de Mankiewicz. Pour sa rencontre avec Cary Grant, le réalisateur fait feu de tout bois et propose un scénario hâletant de bout en bout, alliant comme toujours finesse des dialogues, intrigue resserrée autour de la psychologie de ses héros, direction d'acteur magistrale. Le résultat est saisissant et prouve encore combien Mankiewicz était un précurseur, fin connaisseur de l'âme humaine, qualité qui font encore de lui un des réalisateurs les plus modernes qui soient.
A la trame évidente un polar decrivant la vie dans une ville de province, avec cette jeunesse sacrifiée trop vite promue à qui l'on donne "tout" à la fin d'etudes reussies et les autres; ainsi que les graves envieux faisant parfois institution tout en etouffant ces autres ambitions ou talents plus originaux comme ce heros chef d'orchestre; Bref le médiocre au quotidien sans issue en dépit d'une certaine monotonie.
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3,0
Publiée le 17 décembre 2011
Un mèdecin aux mèthodes et au comportement anticonformistes est l'objet de la jalousie d'un collègue! Tournèe en pleine pèriode de la chasse aux sorcières par le cinèaste Joseph L. Mankiewicz, cette comèdie sentimentale, pètri de bons sentiments et curieusement ètrange voir totalement imprèvisible, se paie avec esprit la tête de Joseph McCarthy, soutenu par une distribution de rêve: Cary Grant, la belle Jeanne Crain, Hume Cronyn et l'ètonnant Finlay Currie! Une mise en garde contre l'intolèrance et la rumeur publique avec des dialogues brillants et une mise en scène fluide de Mankiewicz! Un film à dècouvrir...
La parole est une des bases foncières de l’œuvre de Joseph L. Mankiewicz. «People will talk» (USA, 1952) peut en résumer sa puissance sur l’esprit mais aussi en révéler ses limites sur l’imaginaire. Tout se déroule dans une ville de petite démographie apparente où un singulier médecin, Noah Praetorius (Cary Grant), est en proie à la jalousie d’un collègue. De singulier le docteur a la faculté de soigner davantage par les mots que par les voies traditionnelles de la médecine. Les mots sont ici pour Mankiewicz non pas seulement les vecteurs de la pensée mais des formes agissantes et puissantes. C’est par les mots que le mal est fait, que par la simple annonce qu’elle attend un enfant une jeune mère tente de se suicider, et c’est par ceux-là mêmes qu’il est anéanti. Il n’y a pas un seul heurt visible, les seuls actes de violence nous sont donnés par les paroles. C’est une lutte que donne à voir le film, cette même lutte qui parcourt l’œuvre de Mankiewicz où les mots se disputent leur puissance bénéfique ou maléfique. L’alliance de l’élégance de Cary Grant avec la finesse d’écriture de Mankiewicz est plaisante mais elle aurait pu l’être davantage si seulement Mankiewicz ne reposait pas son œuvre sur la seule justesse du dialogue et sa direction d’acteur. Au profit de ces deux parts essentielles d’un film, le cinéaste en oublie les apports majeurs : la réalisation, le découpage, l’esthétique et la plastique. Non pas que le film en soit dépourvu mais plutôt qu’ils sont relégués à des rangs mineurs. Ainsi le film se défait d’une part supplémentaire d’intérêt. Toutefois l’ingéniosité avec laquelle Mankiewicz réussit à critiquer le «code Hayes» à travers une simple histoire suffit à justifier l’œuvre. La tranquillité sournoise de l’université en vue de la quiétude véritable de Praetorius et cette guilde du cinéma américain qui luttait contre les communistes, contre les «anormaux». Même s’il s’entiche d’une intrigue policière, le film possède une forte valeur politique.
La grandeur pinces sans rire de Cary Grant est exploitée à merveille, la petitesse de l'être humain également dans cette comédie dramatique de Mankiewicz, avec un noir et blanc sublimé. Des esprits mesquins et/ou envieux, t'en fais quoi toi, Joyce ?