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Un visiteur
3,0
Publiée le 4 décembre 2011
L'ensemble est de qualité autant dans la mise en scène que dans le scénario mais on regrettera l'absence de Kurosawa qui semble mettre de côté le questionnement subtil qu'il introduit généralement dans l'image action. Le film manque de sens et cela se ressent particulièrement dans le final.
Doté d'une superbe mise en scène, cette adaptation du " MacBeth " de Shakespeare fait clairement partie des plus grosses réussites du grand Akira Kurosawa. Mais si ce long métrage s'avère aussi captivant à suivre après chaque vision, il le doit aussi grandement par rapport à la grosse performance d'un des acteurs fétiches du réalisateur japonais, à savoir Toshiro Mifune qui est on ne peut plus brillant. Notons également une très belle photographie en noir et blanc de Asakazu Nakai et une BO de Masaru Sato qui apporte sa dose de mystère.
Malgré une réalisation que l'on imagine de haut-niveau pour l'époque, et l'ampleur de la mise en scene, cette adaptation de Shakespeare (Macbeth) se distingue par de grosses longueurs. Je le recommande quand meme pour Toshiro Mifune, un acteur exceptionnel, et le coté "Japon des anciens temps", qui est retrancrit avec soin.
Enième collaboration entre le maître Kurozawa et le grand Mifune, Le château de l’araignée est sans surprise une franche réussite ! Adapté de Macbeth écrit par Shakespeare, ce Chambara qui lorgne parfois vers le fantastique nous offre une mise en scène dans le plus pur style du réalisateur, des personnages charismatiques et une intrigue pour le moins originale dans le genre. Toshirô Mifune crève l’écran mais les autres acteurs n’en sont pas moins tout aussi exceptionnels. Le film possède une atmosphère oppressante qui magnifie parfaitement les instincts meurtriers de ses personnages en quête de pouvoir. Même s’il n’est pas son film le plus abordable, notamment à cause de ses quelques longueurs, Le château de l’araignée de Kurozawa est un grand film conclu par un final surprenant et saisissant.
Encore un Kurosawa avec Mifune, oui mais cette fois il s'agit d'une transposition dans le Japon médiéval du Macbeth de Shakespeare! Les amateurs de chanbara retrouveront avec plaisir tous les éléments du genre, ans le plus pur style de Kurosawa. Le spectateur lamba pourra cependant être décontenancé devant la lenteur contemplative de certaines scènes, ainsi que le surnaturel qui hante le film d'un bout à l'autre. Moins spectaculaire que les autres chanbara, Le château de l'araignée est une œuvre à part, qui peut repousser ou fasciner le spectateur. L'amateur de films de sabre pourra ne pas y trouver son compte...
Deuxième film de Kurosawa que je vois, et c'est une vraie révélation, tout cela en attendant de voir Les Sept Samouraïs qui s'annonce déjà fantastique pour moi. En attendant, ce Chateau de l'Araignée ne m'a pas autant plu que Rashomon, reste que j'ai passé un tres bon moment.
Je ne connais pas Macbeth de Shakespeare, j'en connais les grandes lignes mais je ne l'ai jamais lu. Donc je jugerai Le chateau de l'araignée en ignorant l'oeuvre de W.S . Car une fois encore, même si l'histoire originale se déroule en Angleterre et en Ecosse, Kurosawa a bien senti son sujet pour l'adapté avec les codes japonnais, et en faire une critique constructive. Encore une fois, comme Rashomon, la critique principale de l'oeuvre concerne les questions d'honneurs et les tentations qui entourent ces questions. Ici, Kurosawa critique l'ambition et la folie du pouvoir, qui met a bas les principes d'honneurs, de respect et de vérité. Comment aussi nous sommes prêt à entendre uniquement ce que nous voulons entendre, et que nos tentations nous aveuglent ou nous rendent sourd. Comment les beaux discours, qu'ils soit prophétiques, ou délirants, comme celui de la femme du général Washizu, vous amène a faire les pires âneries, a vous mener a votre propre perte et à celle de vos sujets. Toshiro Mifune est incroyablement barge dans son rôle, possédé par la folie tandis que Isuzu Yamada est une Eve des temps des samouraïs, véritable tentatrice, et incarnation de la puanteur de l'ambition. Outre cela, les plans sont travaillés et le montage réussit, on est jamais perdu, ni ennuyé par une progression maitrisée. Un tres bon film.
Librement adapté du "Macbeth" de Shakespeare,ce film de sabres du grand Akira Kurosawa adapte cette histoire tragique au Japon médieval,du XVIème siècle plus précisément,gorgé de trahisons et de luttes de pouvoirs.Influencé par une sorcière,le général Washizu se débarrasse pour régner sur le château de l'araignée.Il sera perdu à la fois par sa trop grand crédulité envers les prédictions,et par les manipulations de sa femme Asaji.Toshiro Mifune,fameux acteur nippon des années 50,avec son air sévère et son expressivité étonnante,adopte la méthode du théâtre nô:peu de mots,statisme et jeu outrancier.Kurosawa se sert de ce comportement fou,irréaliste,pour diriger une métaphore sur l'échec des entrées en guerre du Japon contre la Chine ou les Etats-Unis.Le thème de la rebellion contre un maître-félon était assez osé,alors que le film de sabres était très codifié et porté sur l'honneur.La mise en scène épurée,presque fantastique,avec ce château caché au millieu d'une forêt embrûmé accouche néanmoins d'une oeuvre trop lente,peu active,à peine relevée par 2-3 scènes plus agités,comme bien sûr le criblage de flèches final.Du pur Kurosawa.
Du grand Kurosawa... Une adaptation brillante de Macbeth de Shakespeare, transposée dans le Japon médiéval, a la mise en scene naturellement extraordinaire, Akira n'est pas un guignol, et au scenario d'une grande finesse. Un film envoutant et saisissant, et même une véritable leçon de cinéma, qui montre a merveille la manière dont Akira Kurosawa travaille sur l'adaptation, c'est tres intéressant.
Nous sommes au Japon féodal alors que les guerres civiles font rage. Rentrant victorieux d'une nouvelle bataille, les généraux Washizu et Miki font la rencontre d'un esprit dans une forêt. Celui-ci leur fait une prophétie : Washizu deviendra seigneur du château de l'Araignée à la place de Tsuzuki tandis que le fils de Miki lui succédera. Troublé par cette prophétie, Washizu se confie à sa femme Asaji. Celle-ci lui conseille de forcer le destin en assassinant Tsuzuki de ses propres mains... Vous l'aurez compris, "Le Château de l'Araignée" est une adaptation de "Macbeth" par Akira Kurosawa. C'est d'ailleurs à ce jour la meilleure adaptation de la pièce. Si Kurosawa a confié avoir oublié l'histoire de "Macbeth" pour faire de cette histoire une histoire de son pays (qui fut lui aussi déchiré par les guerres de clans pendant une longue période), l'intrigue est essentiellement la même. On y retrouve d'ailleurs la Lady Macbeth la plus terrifiante de l'histoire du cinéma en la personne d'Asaji, incarnée par Isuzu Yamada. Fourbe, influençant sans scrupules son mari pour qu'il accède au pouvoir, Asaji est un personnage fort, retors et sans remords. Washizu, lui, est plus nuancé, rongé peu à peu par ses actes et par sa paranoïa qui lui font massacrer tous ses proches pour garder le pouvoir. Dans ce rôle, c'est Toshirô Mifune que l'on retrouve, forcément impeccable dans ce personnage complexe et torturé, violent et en proie au doute. Mais "Le Château de l'Araignée" doit beaucoup à sa mise en scène. Visiblement très inspiré, Kurosawa puise ses influences dans le théâtre Nô : les mouvements des comédiens sont minimes et leurs expressions se concentrent essentiellement sur leur visage ou alors à l'arrière-plan. Tourné au pied du mont Fuji, là où le décor du château a été créé, tout le film baigne dans la brume et prend vite des aspects gothiques, voire surnaturels. La forêt et son esprit, le château et sa brume, les arbres s'avançant vers le château, les flèches s'abattant sur Washizu lors de la scène finale... Kurosawa fait en sorte d'imprimer dans notre esprit des images fortes, pas loin de l'expressionnisme. Que ce soit lors des scènes d'actions spectaculaires ou des scènes plus intimistes où l'esprit des personnages est mis à mal par la prophétie, la mise en scène est magnifique, imposant "Le Château de l'Araignée" comme un Kurosawa majeur, reflet de la folie des hommes et de leur ambition. Shakespeare n'est pas loin et le cinéaste japonais ne cessera de prouver son talent de dramaturge à de nombreuses autres occasions.
A force je me demande vraiment ce que je vais pouvoir écrire de plus tant mes superlatifs semblent être usés jusqu'à la corde. Une adaptation de Shakespeare exceptionnelle qui doit aussi énormément au talent du légendaire Tôshiro Mifune. Les calculs politiques, les tourments intérieurs, les trahisons... tout est étudié au peigne fin et joué à merveille. Mais le film qui aurait pu chez certain se contenter d'une mise en scène très théâtrale (bref ce qu'aurait fait n'importe quel réalisateur français), arrive à surprendre notamment dans la spectaculaire scène finale avec la chute de Washizu, une séquence tout simplement incroyable. Kurosawa restera quand même le premier à m'avoir fait découvrir et aimer Shakespeare.
Kurosawa restitue tout un art, venu du théâtre japonais, du rituel, de la stylisation des gestes, des costumes (les costumes guerriers sont stupéfiants), du maquillage, dans sa mise en scène cinématographique. Le brouillard est plus qu’un simple accessoire, ça devient un élément agissant, comme la forêt. Le sens du surnaturel presque animiste tire le film vers le fantastique. Kurosawa réussit à magnifier un sommet de l’art dramatique anglais, européen, avec un art spécifiquement japonais, sans dénaturation. C’est ce qui s’appelle toucher à l’universel.
Le chateau de l'araignée est très réussi : transposition de la pièce de Shakespeare "Macbeth" dans le Japon du 16ème siècle, alors évidemment l'adaptation est parfois quelque peu libre, mais heureusement aussi. Autrement nous n'aurions pas eu droit à cette magie japonaise omniprésente ou à la fameuse scène de la forêt qui avance ou encore la trahison des sujets du nouveau seigneur, soit Toshiro Mifune, encore une fois excellent dans ce rôle. Le scénario est formidable et la mise en scène n'est pas moins que la réussite absolue, encore un chef d'oeuvre du maître Kurosawa pour lequel mon admiration grandit de jour en jour... A ne pas louper !!
Le scénario, c'est du Shaekspire, donc c'est excellent. La mise en scène, c'est du Kurosawa, donc chaque plan est un tableau de maître. Les acteurs, c'est surtout Toshiro Mifune qui comme à son habitude, crève l'écran. Je ne rajouterai guère d'éloges inutiles à ce film, qui comme tout ceux du Maître, frise la perfection.
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3,5
Publiée le 25 juillet 2010
Le travail de Kurosawa sur "Le château de l'araignèe" est beaucoup plus l'oeuvre d'un metteur en scène que celle d'un auteur! A part l'hallucinante scène finale (Macbeth transpercè de mille flèches), la pièce de Shakespeare est en effet scrupuleusement respectèe, mais le traitement visuel est absolument prodigieux! Kurosawa traite certaines scènes avec un dèpouillement digne du thèâtre Nô puis dèchaîne brusquement une pluie diluvienne sur des personnages sanguignolents, hurlant et gesticulant avant de replonger dans des images brumeuses d'où n'èmergent que les silhouettes indistinctes de deux cavaliers perdus dans une blancheur laiteuse! Le rèsultat est beau et fort shakespearien avec son atmosphère survoltèe de bruits et de fureur...
Un magnifique film aux confins du fantastique dont le début est de toute splendeur, les scènes dans le brouillard sont vraiment envoûtantes de plus l'intrigue cruelle (inspirée de Shakespeare) est parfaitement servi par des acteurs prodigieux. Énigmatique et fascinant Le Château de l'araignée se regarde avec plaisir jusqu'à son final saisissant.