Le Château de l'araignée
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74 critiques spectateurs

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Ezri L.
Ezri L.

56 abonnés 73 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 décembre 2006
Adapter Shakespeare au cinéma. L’exercice de style est loin d’être nouveau. Mais quoi de plus incongru que de retrouver l’une des pièces majeures de l’œuvre du maître portée sur grand écran par un réalisateur japonais (et pas des moindres) dont la sensibilité et la culture sont intrinsèquement différentes ? Si l’écueil du théâtre filmé a été le résultat de bon nombre de films s’étant aventurés sur les pentes savonneuses de l’adaptation, Le château de l’araignée déroge brillamment à la règle. Le génie de Kurosawa aura été de récupérer le MacBeth original, se l’approprier entièrement et le transposer, le « conjuguer » au temps du Japon féodal, selon les codes et affects propres à la culture nippone. L’aboutissement de ce travail n’en est pas dénaturant pour autant, la trame narrative restant suffisamment fidèle à la base inspiratrice malgré tout. Le film, d’ailleurs, est fortement empreint d’un occidentalisme certain, en se référant régulièrement à ses mythologies et autres croyances. Le film crée ainsi une interpénétration singulière de deux cultures en apparence divergentes mais complémentaires, en définitive. Kurosawa livre, dans "Le Château de l'Araignée", une réflexion passionnante sur la nature humaine et les passions « inflammables » qui l’animent jusqu’à la consumer, thème récurrent de son œuvre. Si le film possède, aujourd’hui encore, une résonance troublante quasi visionnaire, c’est par l’universalité et l’intemporalité de son propos, nous prouvant non sans amertume que « jadis, maintenant, rien ne change»...
Plume231
Plume231

4 415 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2010
Transposition très réussie de la pièce de Shakespeare "Macbeth" de l'Ecosse du XIème siècle au Japon du XVIème siècle. En faisant évoluer ses personnages dans des lieux brumeux, pluvieux, onirique parfois même aux confins du surnaturel, Akira Kurosawa cumule les scènes mémorables en limitant pourtant l'action du film en trois lieux : une forteresse, le fameux château et bien sûr cette fantasmagorique forêt. On retient surtout l'apparition de la sorcière au début du film, le plan du château dans la brume, l'assassinat en hors-champ du souverain et bien sûr Washizu criblé de flèches par ses propres hommes achevant le film par un des plus grands finals du cinéma. En outre le décor du château est impressionnant et Toshiro Mifune est impérial dans la peau de ce Macbeth japonais tout comme l'est Isuzu Yamada dans celle de la diabolique Lady Macbeth. Une oeuvre phare du Maître.
Lenalee23
Lenalee23

42 abonnés 369 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2010
Voila un film bien intéressant dans la manière dont il est abordé. Très surprenant ce film qui est tiré du célébre Macbeth ne lasse pas le moins du monde alors qu'on dénombre peu de situations. Terriblement bien interprété par Toshiro Mifune le personnage principal tirailllé entre son honneur et sa loyauté d'un coté et par son orgueil et sa soif de se voir régner sur le chateau de l'autre va se laisser entrainer sur la voie ténébreuse emmené par l'image même de la femme tentatrice telle qu'elle se voit représentée dans les esprits et écrits judéo-chrétiens. Admirablement bien filmé et jouissant d'une ambiance sonore d'une qualité rare pour l'époque le film traverse les époques et ne prend pas une ride. Un remake pourrait même être envisagé tant le scénario offre de possibilité de réadaptation dans le contexte techno-culturel de notre époque. Les domaines techniques et technologiques d'aujourd'hui apporteraient aux scénes surnaturelles ou d'autres une dimension toute autre. Malheureusement conscient aussi de tout les déchets engendrés de nos jours et du caractère propre au remake de dénaturer l'oeuvre jusqu'à se faire se retourner l'auteur dans sa tombe parfois nous éloigne d'un tel rêve. Il faut rendre à Kurosawa ce qui appartient à Kurosawa et vénérer à travers les décénnies ces exemples de cinéma que nous livrent le réalisateur japonnais.
aldanjah
aldanjah

89 abonnés 705 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2006
Un très bon film japonnais, que je vous encourage de découvrir en VO. Comme souvent, la valeur principale est l'honneur, mais les personnages se laissent dominer par la soif de pouvoir, ce qui mène à la trahison. Les mains sales, la folie, la paranoïa : tous ces thèmes sont présents pour un film d'une excellente qualité pour son époque (1957).
Estonius
Estonius

4 749 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 avril 2013
Macbeth transposé au Japon, pourquoi pas ? Réalisation impeccable, des plans magnifiques (ces longs travellings accompagnant les scènes de chevauchées). Le jeu quelque peu hystérique de Toshiro Mifune est compensé par celui extrêmement calme d'Isuzu Yamada. Il y a quelques longueurs qui auraient pu être évités (la scène des deux cavaliers dans le brouillard, ou la fin où Mifuné est visé par une centaine de flèches qui se plantent presque toutes à côté), sinon c'est très bon !
Arthur Debussy
Arthur Debussy

190 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2017
Grandiose! La transposition de Macbeth au pays du soleil levant est une des grandes réussites d'Akira Kurosawa, fervent admirateur de Shakespeare. Le film s'ouvre sur le néant et se referme sur des ruines, seule trace du passage sanglant des hommes en ce bas monde. La stature tragique des personnages n'a d'égale que leur folie : la soif insatiable du pouvoir les corrompt tous et un à un, hommes et femmes, les menants inévitablement à leur perte. Les interprètes sont tous exceptionnels (Mifune en tête), démesurément humains, dépassés par leurs passions meurtrières. L'atmosphère du «Château de l'Araignée» est quant à elle lourde et oppressante, comme la mort qui plane au-dessus des protagonistes maudits. Les châteaux, la forêt maléfique, les plaines arides... tous ces lieux ancrent l'oeuvre dans le mythe, l'imaginaire le plus sombre, peuplé d'esprits ou de sorcières. Formellement, Kurosawa atteint une fois de plus des sommets : dans un noir et blanc crépusculaire il met en scène la Nature immuable, traversant impassiblement les âges tandis que les hommes se déchirent entre eux dans des guerres vaines et stupides. Car un des enseignements du film est que bien mal acquis ne profite jamais : la violence engendre la violence dans un cercle vicieux que seule la mort peut rompre, la quête du pouvoir ne laisse pas de survivants, et celui qui se battait contre l'oppresseur se retrouve à son tour attaqué une fois au pouvoir, victime de sa cruauté et de sa paranoïa. Chef-d'oeuvre de noirceur, «Le Château de l'Araignée» est un Kurosawa à ne pas manquer! [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 12 avril 2010
Le scénario, c'est du Shaekspire, donc c'est excellent.
La mise en scène, c'est du Kurosawa, donc chaque plan est un tableau de maître.
Les acteurs, c'est surtout Toshiro Mifune qui comme à son habitude, crève l'écran.
Je ne rajouterai guère d'éloges inutiles à ce film, qui comme tout ceux du Maître, frise la perfection.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 mars 2007
Dans cette "version japonaise" de la légendaire histoire de McBeth, Kurosawa présente une succession d'images époustouflantes, entourées de brumes et de mystère onirique, qui dépeignent a la fois le thème de la trahison et le Japon de l'époque. Un film qui peut sembler long par moments, et qui est, selon moi, uniquement a voir dans une salle de cinéma. En tout cas, un bijou visuel.
babidi
babidi

7 abonnés 275 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2018
akira kurosawa revisite macbeth

des acteurs impeccables et isuzu yamada juste geniale

une réalisation très a la hauteur de ce genie du cinema asiatique

le melange du theatre no avec une réalisation actuelle fait de se film une oeuvre unique

un film a voir pour tout passionne de cinema
MAX
MAX

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2026
Excellent film ! On ressent vraiment à travers le récit, l'inspiration directe de l'œuvre de Macbeth ! spoiler: On voit ainsi un samouraÏ et son compagnon découvrir une sorte de sorcière dans la forêt qui va leur faire une prophétie quant à leur avenir.
Ainsi j'ai trouvé ce film visuellement superbe, les plans sont beaux et bien cadré, la marque d'une époque (année 50/60) par rapport aux films actuels qui se distinguent d'un découpage différent des plans. Pour autant j'ai trouvé quelques scènes vraiment longues, je n'ai pas compris pourquoi en rajouter, quoi montrer de plus ? Ce qui m'a marqué c'était surtout la fin, qui était vraiment cool et "badasse" :). Malgré la grande qualité artistique de ce film, je l'ai trouvé assez court, comme si il manquait quelques scènes qui puissent rendre "complet" et total, il manquait un artifice quelque chose comme ça pour que ce soit totalement grandiose. C'est ainsi une belle mise en scène du japon féodal ou d'époque par rapport à la composition théâtrale de Shakespeare. Très bon film, quasi un chef-d'oeuvre.
LeTempledAkäzan
LeTempledAkäzan

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2025
Alerte chef-d'œuvre !!
J'ai absolument surkiffé regarder ce film de Akira Kurosawa.
Le scénario est plus qu'intéressant, celui-ci nous plonge dans une époque remplie de trahison et d'action, j'ai trouvé ce film très bien écrit avec une histoire original, les scènes sont super bien filmées, les personnages sont intéressants, la photographie est très bonne, les scènes d'action sont très bien réalisées, les différents retournements de situations sont excellents et que dire de cette ambiance d'une époque très lointaine !! Pour conclure, j'ai adoré mon visionnage de ce classique du réalisateur Akira Kurosawa, et je le recommande vivement !!! ☺️
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

96 abonnés 4 415 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 août 2026
La rencontre entre Shakespeare et Kurzawa est impressionnante. Les thèmes de Macbeth et l'exercice de style (s) du cinéaste produisent un film dense et brutal, commencé dans la brume et dans une forêt lugubre, en laquelle la prophétie d'une étrange créature interpelle les chefs de guerre Washizu et Miki et leur promet un avenir puissant.
Introduite par une élégie à propos de la folie des hommes d'hier et d'aujourd'hui, l'histoire évoque les ambitions, la violence, la culpabilité, le châtiment. Dans les scènes d'intérieurs, dans les châteaux de bois du Japon féodal, le dépouillement prévaut et prend une forme éminemment théâtrale. C'est agenouillé à la façon japonaise que le seul personnage féminin (hors la figuration) du film, l'épouse de Washizu, prodigue ses conseils funestes à son mari devenu son âme damnée. Elle est aussi le seul personnage qui ne soit pas un soldat, un combattant, un seigneur de guerre. Mais elle ne vaut pas mieux que les hommes.
Ce japon médiéval que filme le cinéaste impressionne aussi par ses costumes de guerre, ses étendards au vent, cette toujours étrange et fascinante civilisation japonaise.
A l'extérieur, l'action -et parfois la figuration nombreuse- baigne dans un noir et blanc cafardeux et comme irréel. Elle trouve un apogée particulièrement spectaculaire dans le dénouement revu par Kurozawa, où l'araignée a fini de tisser sa toile du destin.
Je ne connais pas assez le théâtre japonais pour savoir si Toshiru Mifune, dans le rôle de Washizu, reproduit l'art du kabuki mais l'acteur propose une interprétation frénétique saisissante, qui ne me semble pas avoir d'équivalent dans le théâtre occidental.
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