Le film est envoûtant par son rythme, sa musique et ses dialogues concis. Il est également beau visuellement. Elle parle des mythes et des légendes qui finalement meurent quand ils deviennent réalité. Désirer une chose est plus fort que de posséder cette même chose. Beau comme un conte.
Produit par la TV française, ce premier film en couleurs du grand Orson Welles est un petit bijou. Plus mélancolique qu'à l'accoutumée, cette Histoire immortelle reprend donc les thèmes chers au plus grand formaliste qui soit. Le personnage interprété par Orson Welles lui-même (prestation qui force le respect) s'inscrit dans la droite lignée de Charles Foster Kane ou Mr Arkadin : un homme puissant, vieux et ici aigri. Étonnant et émouvant, le film est également accompagné par une musique magnifique. À noter la présence de la géniale Jeanne Moreau dans un des rôles principaux. À voir absolument.
Une fois encore, Orson Welles donne une leçon de cinéma et prouve à ceux qui ne l'auraient pas encore compris que la durée d'un film ne fait pas tout en matière d'art cinématographique. Car avec cette "Histoire immortelle", il faut bien encore parler d'art quand d'autres ne font que du cinéma. Welles démontre là un sens aigu du récit et de la mise en scène. Servi par des acteurs soumis et entièrement voués à la cause du réalisateur de la "Soif du mal", cette oeuvre demeure en tout point magistrale.
Orson Welles s’est constamment mis en scène dans des personnages de démiurges démoniaques et tragiquement vulnérables, allant à leur déchéance ou à leur perte. Le Monsieur Clay d’ « Une histoire immortelle » est parfaitement dans cette lignée. L’histoire est un conte moral à la limite du fantastique, ou tendant plutôt au légendaire, à l’intemporel, comme le manifeste explicitement le titre (et qui aurait très bien pu inspirer un Raoul Ruiz). Le film est un moyen métrage très sobrement et délicatement mis en scène. Une production mineure de son réalisateur, quant aux moyens employés, mais des plus personnelles. C’est réellement un enchantement.
Charles Clay (Orson Welles) est un riche marchand de Macao qui sentant sa fin venir et parce qu’il ne croit pas aux légendes, aux prophéties paye 2 inconnus pour réaliser une vieille légende que tous les marins asiatiques se racontent : un jeune marin de 17 ans aurait reçu 5 guinées d'or pour coucher avec une jeune fille. Clay sans descendance veut pour son simple plaisir que cette histoire devienne réelle ! Cette jeune fille (Jeanne Moreau) est bien sûr plus âgée et plus ou moins prostituée (alors que Paul est puceau) mais elle est également la fille d’un ancien employé que Clay a fait tuer pour on ne sait quelle raison. L’histoire ne se déroulera bien sûr pas comme prévu et Clay d’en mourir au petit matin. Cette histoire est truffée de références : le jeune couple s’appelle bien sûr Paul et Virginie ; l’employé de Clay chargé de « négocier » l’affaire est comptable et l’archétype du juif errant ; Clay en anglais signifie l’argile … comme un colosse au pied d’argile avec peut-être une référence au mythe du Golem ; Clay laisse tomber un coquillage tout comme dans « Citizen Kane » (1941) il laisse tomber un globe de verre avec le fameux « Rosebud ». Je n’ai pas été convaincu par cette histoire curieusement tournée en couleurs, mais on y retrouve assurément la patte d’Orson Welles en termes de cadrage par exemple, d’utilisation des miroirs...
Une atmosphère bizarrement envoûtante pour cette oeuvre pour le moins étrange par son histoire qui joue magistralement sur la confusion entre mythe et réalité, par son utilisation habile de la couleur (chose nouvelle pour Orson Welles, qui avait beaucoup envers celle-ci, si on fait exception d'une séquence d'"It's All True"!), des décors ainsi que des focales, par la musique d'Erik Satie et par son jeu d'acteurs impeccable. Toutes les oeuvres du Maître sont uniques, et celle-ci est loin de faire exception. Magistral.
Fable lancinante sur le pouvoir démiurgique(thème o combien shakespearien cher à l'auteur)racontée par un génie du 7è Art.Le bonus DVD fourmille d'anecdotes croustillantes-les faux raccords par exemple- et révélatrices du talent immense du maître.
Orson Welles adapte ici une nouvelle de Karen Blixen et en restitue une oeuvre troublante et aux longs monologues. Une Histoire immortelle (1967) est un moyen-métrage de 45 minutes produit par la télévision française (l'ORTF), avec dans les principaux rôles Jeanne Moreau & Orson Welles. Le film raconte l'obsession d'un riche, vieux et mourant marchand fasciné par une légende qu'il souhaite par tous les moyens donner vie avant de succomber. Le résultat donne ici une oeuvre complexe et très riche tant au niveau des dialogues qu'au niveau des décors et des costumes. Lancinant et contemplatif à la fois, le réalisateur prend son temps pour traiter son sujet alors que la durée du film est pourtant très limitée. Pourtant, en très peu de temps, Orson Welles parvient à donner vie à une oeuvre passionnante et empli de poésie, le tout, au grès d'une B.O envoutante.
Splendide. Les mots me manquent pour décrire cette petite merveille, puisque la perfection est atteinte, il ny aurait rien à redire. Orson Welles orchestre admirablement son chef duvre, tout en interprétant le vieux et puissant Mr Clay, lui-même tirant les fils de ses marionnettes, actrices dune fable que largent rendra réelle. Jeanne Moreau, admirablement bien filmée, plus belle que jamais, charme dès sa première apparition On parvient même à la croire quand elle murmure doucement que « oui, elle a 17 ans ». Les magnifiques images, aux couleurs dune Chine onirique, sont accompagnées dun thème au piano dEric Satie absolument enivrant. 55 minutes passent lhistoire se termine mais le rêve continue
Un véritable chef d'oeuvre. Eblouissant, somptueux, simple et dense, le géni d'Orson Welles nous offre une oeuvre intemporelle, une poésie douce amère, véritablement immortelle.
Des quelques films que j'ai vu de Welles en tant réalisateur j'ai été pour l'instant peu enthousiasmé dont son célébre Citizen Kane et j'ai donc regardé sans trop d'espoir Une Histoire immortelle mais vu sa courte durée je me suis dis que que j'avais pas grand chose à perdre. Et j'ai bien fait car Une Histoire immortelle m'a envoûté même Jeanne Moreau est belle dans ce film.
Une histoire, racontée par un commerçant, celle d'un marin qui séduit la femme d'un homme riche, devient réalité... La grande qualité de ce film d'Orson Welles, qui à été tourné pour la télévision, provient de sa mise en scène qui est vraiment d'une réelle élégance et qui fait oublier son histoire qui est pas franchement passionnante. Le casting composé d'Orson Welles, de Jeanne Moreau ou encore de Roger Coggio s'en sort très bien, tandis que la très jolie photographie lui procure une atmosphère assez bizarre et envoùtante. A noter pour finir, qu'il s'agit de la toute première oeuvre en couleur pour le réalisateur de " Citizen Kane ", et celui-ci s'en approprie très bien sur certaines séquences.
Après Falstaff, Orson Welles a beau être universellement reconnu comme un grand cinéaste (Citizen Kane étant déjà considéré comme étant le plus grand film de l’Histoire du cinéma dans le classement du revue Sight and Sound), il rencontre toujours d’énormes difficultés pour financer ses films en tant que réalisateur. Il accepte donc la proposition de l’. d’adapter L’Éternelle histoire, une nouvelle de Karen Blixen, mettant en scène Jeanne Moreau pour le lancement de la couleur sur la deuxième chaine. Les délais ne furent pas respectés et le cinéaste aboutit à une œuvre en deux versions : une française respectant la durée imposée de 50 minutes et une anglaise un peu plus longue et qui eut l’honneur du grand écran. Le résultat est assez surprenant car, si Welles traite à nouveau d’un mégalomane utilisant l’argent pour plier le monde à ses désirs, Une histoire immortelle est assez différente des précédents films de l’acteur-réalisateur. En effet, il emploie pour la première fois la couleur dans une œuvre de fiction (même si un sketch d’It’s All True devait être tourné ainsi), ce qui ne l’empêche pas d’en faire une magnifique utilisation grâce au travail du directeur de la photographie Willy Kurant. De même, son style de réalisation est clairement différent puisqu’il abandonne ses courtes focales habituelles pour privilégier des plus longues et adopte un rythme nettement plus lent, ce qui aboutit à une réalisation plus sobre qu’à l’accoutumé même si Welles fait toujours preuve d’une grande maitrise des cadrages. Ce style plus télévisuel et classique découle d’une histoire plus minimaliste qui peut décontenancer de sa part, voire susciter un intérêt relatif même si l’ensemble possède une ambiance assez envoutante. En effet, Welles arrive à retranscrire une atmosphère assez irréelle (notamment grâce à certains raccords étranges quand ce ne sont pas des faux raccords flagrants) qui est assez propice à la thématique du conte. Une histoire immortelle est donc une œuvre déroutante pouvant à la fois envouter ou ennuyer qui appartient pleinement à son réalisateur même si elle ne fait pas partie de ses grands chefs-d’œuvre.
Une curiosité que ce téléfilm de Welles pour la télévision française. On y retrouve pourtant ses thèmes (un personnage qui porte des masques et à défaut veut diriger la vie des autres) et son goût pour la profondeur de champ et les cadrages baroques. Dommage que ce soit si court (55 minutes dans la version anglaise). A voir surtout pour les amateurs de Welles. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com