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Philippe G.
131 abonnés
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1,0
Publiée le 25 novembre 2018
Très mauvais cru. On dirait que le film est en roue libre, et que tout le monde cherche un sens à son propre rôle. C'est un peu étrange de la part de Kitano.
On peut parfois beaucoup aimer un film de justesse. C'est le cas avec "Violent Cop", qui témoigne d'un bon nombre de défauts, dont un scénario banal et un montage étrangement articulé dans une première partie qui présente artificiellement ses personnages. Mais on ne peut ignorer que dès la première vision du film, celui-ci laissera en tête des images fortes, des situations rendues singulières par un sens inouï du tempo et de la mise en scène. Prenons un exemple et cette séquence de course-poursuite entre deux flics et un tueur fou dans des ruelles; l'intérêt ne réside pas dans un quelconque suspense (l'arrestation ou non du tueur) mais dans la construction spécifique du moment que l'on pourrait grossièrement résumer ainsi : scène ultra-violente filmée au ralenti, poursuite à pieds, flics en voiture contre tueur à pied hors de portée, tueur retrouvé qui tente de fuir en courant avec sa batte de baseball à la main. Par ses multiples recherches formelles et ses ruptures de rythme, le spectateur est tour à tour stupéfait, tendu, mis à distance et impliqué, incapable de s'ajuster devant un moment de cinéma en perpétuel mouvement. C'est cet inconfort qui permet de ne jamais décrocher du film, d'être toujours rivé au regard de ce flic sans morale incarné par un Takeshi Kitano fascinant : la terreur qui se dégage du personnage vient certes de ses actions mais aussi d'une inexpressivité qui rend son intériorité impénétrable. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film porte bien son titre tant la violence peut y être insupportable, en particulier quand celle-ci devient graphique et donc douteuse. Mais "Violent Cop" frappe par ses choix jusqu'au-boutistes assumés et par une impressionnante soif de cinéma.
Un premier film où le réalisateur pose quelques bases de son travail futur dont une bonne place pour l'ironie. Il y a quelques bons plans et des scènes sympas mais ça reste assez brouillon tout de même.
Violent Cop est un excellent film policier, peut-etre meme un chef-d'oeuvre : Mise en scène superbe, histoire prenante, acteurs tous très bon, ce film est pour moi une réussite.
La musique est également bien choisi. On y trouve de l'humour, surtout dans la première moitié, l'atmosphère devenant de plus en plus noir et sérieuse jusqu'à un final d'une puissance rare. Les seuls reproches que je pourrais faire seraient la narration parfois décousue et un certain refus de la part du film à nous donner des explications.
Malgré tout, le film reste compréhensible, et cette "pudeur" à l'égard des personnages, cette volonté de laisser une place à l'imagination des spectateurs ajoute quelque chose de spécial au film. Ce style narratif aux nombreux non-dits, la profondeur de l'histoire ainsi que la mise en scène aux cadres travaillés et au rythme particulier m'ont beaucoup fait penser au cinéma de Melville.
Takeshi Kitano est évidemment excellent dans le role de ce flic dur mais attachant.
Pour résumer, on a là un film policier qui a sa place à coté des classiques du genre, d'une grande violence (autant physique que morale), au rythme plus lent qu'un film policier américain (mais lent ne veut pas dire ennuyeux), mais surtout doté d'une réelle profondeur, d'une humanité touchante et d'une grande audace dans sa façon de montrer certaines réalités peu reluisantes de nos sociétés modernes.
Violent Cop, premier film de Takeshi Kitano est l'étrange naissance d'un réalisateur étrange, qui a pris les commandes du projet après le désistement de Kinji Fukasaku sans la moindre notion de mise en scène. Beat Takeshi, animateur télé et humoriste auquel personne n'a longtemps cru au Japon, avait pourtant des choses à dire et à montrer. De son style, déjà en place avec Violent Cop, il a tiré quelques grands films, de vrais moments de beauté pure, lavée par son univers violent et sa mélancolie des règles morales qui la rendent parfois convenue. Même si je n'ai vu de ses films les plus plébiscités que Hana-Bi et Sonatine, et que je trouve le premier inégal, le second était une vraie petite claque, et me restera durablement en tête. Le problème, pour ce coup d'essai, c'est que tout demeure quelque peu à l'état de prototype pendant une bonne heure de pellicule. Les personnages léthargiques souvent résignés à subir, l'humour grinçant, la caméra si peu mobile qu'on la dirait récalcitrante et entraînée malgré elle par le mouvement du film, la musique synthétique, et même la présence symbolique de la mer : tout est déjà là, mais trop dissous pour générer une véritable emprise. Résultat, Violent Cop ressemble pendant un bon moment à un policier certes anti-académique mais loin d'être renversant, et même légèrement longuet sur les bords. Heureusement, Kitano sauve son film par un déballage final où ses obsessions se mettent davantage en place. Ses montées de violence tout d'abord, dont les personnages ne cherchent pas à se protéger, comme si pour vaincre l'adversaire il fallait davantage encaisser ses balles que chercher à lui en loger une dans la tête. Toujours cette impression de marche forcée, d'avancée insensée vers l'autodestruction dans un système ou les règles gouvernent d'une main de maître, pas les règles morales que le personnage de Kitano contourne si aisément, mais bien les règles immuables de la mort. Déjà aussi la sensation qu'il est impossible de vivre pleinement, à travers le personnage de la sœur frigide, puis ce côté dérisoire et inconséquent que Kitano donne sans cesse à ses plans, ce refus d'appuyer quoi que ce soit. Dommage que Joe Hisaishi n'ait pas déjà été de la partie, et que Violent Cop mette si longtemps à se lancer. Son final signait quand même déjà la naissance d'un réalisateur majeur des années 90 asiatiques, original et mine de rien tout à fait percutant.
La première réalisation de Takeshi Kitano est juste démentielle, on connaissait depuis toujours son génie d'interprétation mais avoir autant de talent dans les deux domaines est incroyable ! On aime ce flic pourri et on en redemande. A voir !
1er film de Takeshi Kitano. Autant le cinema japonais a inspiré bon nombre d’oeuvres occidentales, autant on sent clairement ici « L’inspecteur Harry » dans l’esprit de Kitano. Simple histoire d’un flic un peu violent et en conflit avec sa direction qui va dépasser les bornes pour rendre justice à sa sœur violée et son ami défunt. Rien d’extraordinaire comparé à ses films futures mais on perçoit très bien son style de mise en scène aux plans si particuliers accompagnés de musique kitsch au synthétiseur que l’on retrouve dans tout ses films noirs. Il n’est pas très violent mais la fin met quand même un coup par une excellente idée de scène dans un hangar où il joue à merveille avec l’ombre et la lumière sur les personnages...
Dans sa première réalisation, qu’il a tenu à assumer après la démission du metteur en scène initial (Kinji Fukasaku, qu’il retrouvera onze ans plus tard à l’occasion de Battle Royale), Takeshi Kitano n’a certes encore réussi à mettre en place son style de narration plein de poésie qui donnera leur charme à Sanatine et Hana-bi, mais il s’est créé un personnage fort, celui d’un être froid et solitaire qui n’est pas sans rappeler les antihéros des films de Jean-Pierre Melville. Le film est difficilement accessible du fait de rythme qui, du début à la fin, reste terriblement lent, l’enquête et les rapports de force entre les personnages n’étant pas particulièrement palpitants mais la tension réussie à se maintenir omniprésente et, bercée par une douce musique enivrante qui déteint de la noirceur de l'univers qui est dépeint, nous fait ardemment patienter jusqu’à l’explosion de violence finale, filmée en toute sobriété, qui donne à Violent cop sa teneur fataliste éclatante et le rend inoubliable.
Deux choses marquent vraiment dans ce film : l'univers froid, violent mais d'où ressort une logique presque juste, magnifiquement présenté par la photographie, la lumière et les décors ; et le personnage de Kitano, réplique humaine de cet univers : violent, presque insensible, mais qui poursuit sa logique, encore une fois assez juste. Dans tout cela, la musique et l'amateurisme corrompu dont font preuve les flics ajoutent une petite touche de légèreté. Un bon film.
Un film d'apparence minimaliste mais en réalité d'une profondeur impressionnante. Un peu lent, dans la plus pure tradition du cinéma asiatique, épuré, une œuvre très forte qui en impose. Excellent, hallucinant ! Takeshi Kitano, quant à lui, avec son absence totale d'expression faciale, révolutionne littéralement le jeu d'acteurs. Grandiose !
Violent Cop est le premier film de Takeshi Kitano et est une bonne réussite . On retrouve un personnage sombre et violent remplit de colère mais qu'il cache en lui , le rythme lent ne plaira pas a tous mais instaure une certaines ambiance . Le scénario rame un peu jusqu’à 1h puis se lance de façon puissante et nous offre un final très bon . Rajoutons a cela une Bande son vraiment bonne et des plans bien pensé , a voir au moins une fois .
Takeshi Kitano frappe fort, trés fort pour son premier long métrage derrière la caméra. Sa réalisation froide et figée accentuent l'impact des scènes de violence et entretiennent ce climat de tension durant tout le film. Le réalisateur japonais arrive à sublimer et rendre originale une histoire pourtant déjà vu et revu. A voir et à revoir...
Situation grotesque , je reconnais que Takeschi Kitano reste un grand acteur , mais certaines situations frisent le ridicule , l'histoire du flic qui est hors norme , situation reprise trop souvent et pour moi celle là n'est pas la meilleure
(...) Le style de Kitano est alors né (quoiqu’il faudra attendre définitivement Sonatine pour s’avancer pareillement), et le fan de cinéma est aux anges. Critique complète sur : http://www.leblogducinema.com/critiques/critique-polar/critique-violent-cop/
Un film ultra-violent et très noir sur un flic solitaire, aux méthodes expéditives... L'action se concentre sur ce personnage assez antipathique, bien interprété par Takeshi Kitano. Plaisant à regarder, typique du style de son réalisateur, Violent Cop reste cependant destiné a un public averti.