Qu'elle était verte ma vallée
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Kiwi98
Kiwi98

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4,0
Publiée le 11 juin 2016
Initialement produit pour William Wyler, « Qu'elle était verte ma vallée », finalement passé sous la main de John Ford, rafle en 1942 l'Oscar du Meilleur Film face à « Citizen Kane » et « Le Faucon Maltais ». Et sans renier la qualité ainsi que la réputation indélébile de ces deux long-métrages, on serait toujours tenté de récompenser « Qu'elle était verte ma vallée » aujourd'hui. C'est tout d'abord, pour son réalisateur John Ford, un retour au source, le film de débagoulant dans l'Irlande minière dont le cinéaste est d'origine. Quitte à délaisser les grands espaces de la Monument Valley, seulement un an après « Les Raisins de la Colère », le réalisateur de « La Poursuite Infernale » dresse un portrait des rapports familiaux, évoquant les luttes sociales contre l'exploitation capitaliste. Une lutte sociale qui n'est qu'un prétexte pour analyser les rapports complexes d'une famille chrétienne traditionaliste, et notamment les rapports de domination, le respect et l'amour.

Radical, le film s'étend sur divers moments et intrigues, lui inspirant une intense richesse. Nous pourrions citer cette hilarante leçon de boxe, cette séquence merveilleuse où le jeune Huw réapprend à marcher, le final magique, voire cette chaleureuse fête, où Walter Pidgeon et Maureen O'Hara chante en cœur pour finir dans un éclat de rire complice. Un instant de bonheur que l'on sait trop beau pour durer, puisque la grève des mineurs amerrit dans la petite ville, entrainant un chaos social. Un chaos tenant plus au récit biblique qu'au portrait sociétal, tournant autant autour d'une comédie burlesque que de la tragédie. « Qu'elle était verte ma vallée » adopte alors une universalité messianique inédite, abordant une vive critique de deux institutions : l'église et l'école, ici inadaptées à la modernité. À cotés, l'humanisme et la poésie de John Ford évite au film de sombrer dans l'académisme, pour se tourner vers une touchante sincérité.

Film de personnages, « Qu'elle était verte ma vallée », parvient donc à mêler un propos politique à l'histoire d'un passage à l'âge adulte, tout cela entre les querelles d'un village isolé. Non content de livrer un film courageux doté d'une réalisation géométrique et d'une précision sensationnelle, John Ford offre en plus une oeuvre universelle et intemporelle. On rêverait de se lover encore et encore dans un tel triomphe humaniste, remettant en cause les valeurs pré-établie et lançant dans nos regards un intense cyclone d'émotions.
Daniel C.
Daniel C.

173 abonnés 734 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 avril 2016
Tourné avant que John Ford ne parte filmer les combats durant la seconde guerre mondiale, je découvre ce film le lendemain des "Raisins de la colère". Transporté au Pays de Galles, dans les mines de charbon, l'idée de s'unir solidairement entre ouvriers pour contrer la fragilisation des travailleurs trouve ici toute son amplitude : la grève s'organise entrainant des conflits familiaux entre père et fils. Certains donneront leur ve à la mine, d'autres émigreront aux Etats-Unis. Le pasteur s'engagera également. Dans "Les raisins de la colère", le pasteur avait perdu la foi, ici il l'articule à la réalité. Voilà ce qu'il faudrait projeter Place de la République ces jours-ci...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 14 avril 2016
Encore un bon film de Ford, porté par des acteurs convaincants, très bien filmé et photographié et bien écrit, que ce soit au niveau des personnages ou de l'histoire qui dégage une grande nostalgie. Dommage que par moment le tout manque de rythme, car ça reste dans l'ensemble réussi.
weihnachtsmann

1 635 abonnés 5 774 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2015
Quelque chose à quitté cette vallée que nous ne pourrons jamais remplacer".
Un film sur les valeurs et les traditions familiales irlandaises avec les sacrifices obligés de la femme dûs aux différences de rangs sociaux à l'aube du 20ème siècle et en toile de fond le travail de la mine et le début du déclin de cette activité avec les grèves et les problèmes sociaux comme dans Germinal. Le film va se développer autour de ce jeune garçon qui voit la société changer; il a l'ampleur d'"autant en emporte le vent". Il est dense et émouvant car attaché à la famille et au travail.
Vixare
Vixare

43 abonnés 369 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juin 2015
Qu'elle était verte ma vallée est l'occasion de découvrir un autre aspect de l'oeuvre de Ford, le réalisateur lyrique et presque engagé auprès de la condition ouvrière, poète et esthète visuel comme à l'accoutumée. Rarement un film n'a évoqué avec autant de justesse la nostalgie d'une enfance heureuse et perdue et même si le film est très ancré dans les codes cinématographiques des années 40, le ton de l'ensemble, entre bonheur et fureur contenue oscille entre Dickens et même Zola. L'ensemble est particulièrement touchant, les personnages interprétés de façon shakespearienne avec beaucoup d'intensité donnent une pointe de magie supplémentaire.
 Kurosawa

677 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2014
La réussite du film tient essentiellement à la spécificité de son décor et à la simplicité de ses personnages. La mine située en hauteur du village est autant le besoin nécessaire de ses habitants que la menace perpétuelle. Ainsi, le film possède une dimension socio-politique complexe et émouvante puisqu'elle finit par déchirer les foyers. Et ce sont bien ces derniers qui sont le sujet principal du film. Ford parle de tout ce qui unit et éloigne les êtres, c'est-à-dire la solidarité, l'amour, le pardon mais aussi l'hypocrisie ou encore l'arrogance, le tout dans un langage cinématographique d'une efficacité et d'une intelligence redoutables, avec un travail de cadrage précis mais jamais étouffant. "How green was my valley" est un retour dans le passé, mais un retour inconfortable, où le réalisme et la cruauté prennent une place importante et n'épargnent jamais des personnages qui suscitent aussi bien l'attachement que la détestation. Classique, beau et lucide.
landofshit0

316 abonnés 1 745 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2014
Si le film contient des moments forts et parfois même intense émotionnellement,ça ne l’empêche pas d’être quelque peu longuet. Le jeu des acteurs (les fils) est trop appuyé dans le dramatique,c'est un jeu d'une autre époque. Qu'elle était belle ma vallée est un beau film sur la famille et les valeurs,il lui manque tout de même d'un rythme plus régulier pour être une franche réussite.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 mars 2014
Un film de John Ford, très beau, porté par des pointures du cinéma, Walter Pidgeon, Maureen O'Hara, Roddy Mc Dowall. Il ne peut pas laisser de marbre ceux qui ont connus le pays minier des années 60-70. Une vraie performance narrative.
Benjamin A

818 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 mars 2014
Très belle fresque familiale de John Ford, qui se serait inspiré de sa propre famille pour la faire. La reconstitution de cette contré Irlandaise est parfaite et minutieuse (pourtant le film est tourné en Californie) mais surtout John Ford arrive à aborder beaucoup de thèmes différent, le travail à la mine, le lynchage, les grève, l'ordre familiale ou encore la place de la religion et tous sont traités de belle manière, subtile et intelligente sans apporter de lourdeur au récit. Il filme sans point de vue, il observe cette famille, ses joies, ses déchirements et ses péripéties. La mise en scène très propre est parfaitement adaptée à son récit. La photographie est vraiment magnifique. Le film est captivant de bout en bout. Les acteurs sont très bon, et Maureen O'Hara sublime. John Ford nous livre un très bon et beau film, touchant, émouvant rêveur et surtout nostalgique. Superbe.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

263 abonnés 2 096 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2013
Tout est magnifique dans ce film : la photo, la musique, les comédiens. Un véritable chef d'oeuvre d'humanisme qui comporte quelques scènes d'anthologie, comme l'accueil de l'enfant de mineurs par un enseignant et une classe de petits bourgeois méprisants ou celle ou un diacre met une paroissienne en accusation pour ses moeurs. Walter Pigeon compose un personnage de pasteur déchiré entre ses sentiments et ses interdits religieux absolument sublime. On peut toutefois se demander si la vie des mineurs du pays de Galles est bien conforme à l'image qu'en donne John Ford qui a reconstitué les décors en studio dans la Fernando Valley. Le grand réalisateur s'est, parait-il, inspiré de son expérience familiale, car il est issu d'une famille d'immigrants irlandais modestes. Mais il a cherché le lyrisme plutôt que le réalisme et a parfaitement atteint son but. L'émotion est au rendez-vous.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 mars 2013
Je viens de voir ce film pour la première fois, en salle et en version pellicule....On reconnait la patte de John Ford pour la réalisation, et sa photo avec des plans fixes, eu égard à son expérience dans le cinéma muet, enfin une excellente Maureen O'Hara:-))
yayo
yayo

77 abonnés 1 221 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2013
Une très belle fresque familiale comme les américains savent les faire. La réalisation d'abord confiée à William Wyler puis dévolue à John Ford (pour cause d'un budget inflationniste) est bonne même si elle reste classique. Le point fort du film est sans nul doute les décors et la photographie vraiment splandides.
JeffPage
JeffPage

43 abonnés 534 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 janvier 2013
Le génie John Ford livre ici un film magnifique, transcendé par la beauté de sa mise en scène. Si l'ensemble est un peu moins sombre que "Grapes of Wrath", il reste un texte très beau, sur fond de religion et famille. Un grand classique qui reste cependant un peu moins bon que "Grapes of Wrath" ou ses meilleurs western.
QuelquesFilms.fr

366 abonnés 1 782 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2023
Saga familiale et fresque sociale, portées par un humanisme chaleureux, mais aussi par une nostalgie et une amertume touchantes. Cette évocation de l’univers minier à la fin du XIXe siècle et au début du XXe insiste sur les conditions de travail et de vie très difficiles, mais aussi sur la fraternité entre les mineurs qui partagent joies et peines. Un réalisme en noir et blanc, qui rappelle celui des Raisins de la colère, du même Ford (1940).
On retrouve ici des thèmes majeurs de l’auteur : la communauté, l’innocence maltraitée, l’injustice… Quant au drame familial qui est au cœur du film (marqué par la pauvreté, la maladie, le deuil, les amours cachées…), il prend de forts accents mélodramatiques, soutenus par une musique très lyrique. Un dispositif romanesque un peu lourd, peut-être, mais d’une sincérité incontestable, avec un réel amour des personnages.
Lotorski
Lotorski

27 abonnés 588 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 février 2012
Pour l'époque, il s'agissait sans doute d'un film avant-gardiste et pétri de bonnes intentions. Mais il a tellement et si mal vieilli qu'on se dit qu'on a quand même bien de la chance de vivre après le passage de Hitchcock et Kubrick.
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